Rapports annuels
Lettre de la présidente, Louise Arbour
Tout au long d’une année particulièrement tumultueuse, Crisis Group a développé des analyses régulières et partagé des recommandations pertinentes avec des dirigeants à travers le monde. L’année qui commence promet encore davantage d’incertitude. Pour ne prendre que deux exemples, le conflit en Syrie s’aggrave, et les répercussions des évènements au Mali, encore largement imprévisibles, s’annoncent considérables. Relever ces défis exige de nouveaux efforts et une compréhension profonde des dynamiques et des facteurs de conflit dans les différentes régions du monde.
Alors que la guerre civile en Syrie s’intensifiait au cours de 2012 et que les nombreuses tentatives pour restaurer la paix demeuraient vaines, nos analystes ont continué à couvrir cette catastrophe humanitaire et militaire dans un environnement particulièrement complexe. Les rapports de Crisis Group sur la radicalisation du conflit et les courants extrémistes au sein de l’opposition ont fait la lumière sur des éléments essentiels à la compréhension du conflit. En Afrique centrale et de l’Ouest, la prolifération des extrémistes armés et des groupes rebelles révèle la facilité avec laquelle des forces radicales exploitent les faiblesses politiques et institutionnelles des pays en transition. De même, plusieurs pays nord-africains font face à de nombreux obstacles dans leur transition vers la démocratie, notamment l’instabilité politique et économique solidement ancrée en Egypte et les menaces sécuritaires permanentes en Libye.
A l’égard de ces conflits et de bien d’autres, Crisis Group a fourni aux dirigeants politiques des opinions avisées et des conseils pratiques essentiels pour réduire et prévenir la violence. Notre analyse des évènements au cours de l’année dernière s’est avérée souvent exacte, et nos démarches ont produit des résultats tangibles, comme la levée des sanctions contre le Myanmar et le vote d’une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU critiquant l’échec du gouvernement sri-lankais à promouvoir la réconciliation et faire la lumière sur la mort présumée de 40 000 civils à la fin de la guerre civile. Crisis Group surveille également avec attention les crises émergentes ou sous-médiatisées : en 2012, nous avons publié nos premiers rapports sur le Nord-Caucase, cette région de la Russie qui connait de fortes turbulences, ainsi que sur la montée des tensions en mer de Chine méridionale et la prolifération de la piraterie et du crime organisé dans le golfe de Guinée.
Pour cette nouvelle année, Crisis Group va accentuer ses efforts pour traiter des questions de sécurité dans les pays en situation de conflit armé, ainsi que dans ceux qui en émergent et ceux où l’instabilité risque de faire sombrer le pays dans la violence. Nous allons également promouvoir le dialogue sur une série de sujets liés à la sécurité, notamment l’Etat de droit, l’efficacité des sanctions et les droits des minorités nationales, afin d’assurer que ces questions soient traitées adéquatement au sein des milieux responsables.
Il va de soi que le succès de toute organisation réside avant tout dans le talent et le dévouement de son personnel. Je souhaite par la présente remercier mes collègues pour leur remarquable travail et les féliciter pour l’impact réel qu’ils ont eu en matière de promotion de la paix et de la stabilité à travers le monde.
Bruxelles, 1er février 2013
Louise Arbour, présidente-directrice générale
Lire le Rapport annuel 2013 (en anglais)