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Congo: Le processus électoral vu de l'Est

6 Septembre 2011: Le compte à rebours a commencé en République Démocratique du Congo: les élections présidentielle et législatives auront lieu le 28 novembre prochain. Sur le terrain, Thierry Vircoulon, Directeur du Projet Afrique Centrale de Crisis Group, nous parle des enjeux électoraux dans les provinces des Kivus et de l'Ituri. 4:29

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Thierry, comment se déroule le processus électoral dans les zones fragiles que sont les Kivus et l'Ituri ?

A la surface l'enregistrement des électeurs s'est bien déroulé. Mais, dans le détail, en profondeur, certains problèmes persistent. Dans toutes ces régions, cela signifie une hausse très significative du nombre d'électeurs par rapport aux dernières élections de 2006. Il y a également une bonne nouvelle, c'est que les groupes armés n'ont pas joué les perturbateurs. Ils n'ont posé aucun problème pour les opérations d'enregistrement des électeurs, si ce n'est dans des zones très localisées, que sont le Sud de l'Iru en Ituri, le territoire de Shabunda au Sud Kivu et les territoires de Massissi et de Rutshuru au Nord Kivu. La raison de la non-perturbation de l'enregistrement par les miliciens est extrêmement simple: les miliciens, comme les citoyens ordinaires ont besoin de la carte électorale, parce qu'en RDC, elle fait office de carte d'identité. Cela signifie que les groupes armés, s'ils n'ont pas perturbé les opérations d'enregistrement électoral, peuvent néanmoins avoir une stratégie différente lors des scrutins, il faut garder ça en tête. Alors, au-delà de la non-perturbation par les groupes armés et des résultats quantitatifs de l'enregistrement, on note toutefois des problèmes de respect de la loi électorale, des problèmes de monitoring, de dialogue et un accès déséquilibré aux médias d'Etat.

Comment les politiciens de ces régions sensibles perçoivent-ils les élections à venir?

Globalement, le personnel politique à l'Est n'envisage pas la défaite du Président sortant. Cela tient à trois facteurs. Le premier, c'est l'asymétrie des forces politiques, les moyens financiers, et l'accès aux médias d'Etat sont du côté du parti au pouvoir. Les grands politiciens locaux sont alignés sur la majorité, c'est le deuxième paramètre. Et le troisième paramètre, c'est que l'opposition est d'implantation récente. L'Union pour la Nation Congolaise de Vital Kamere a été créée l'année dernière et il ne faut pas oublier que la zone dont on parle, l'Est du Congo, a voté à plus de 90% pour Jospeh Kabila en 2006. Donc tous ces facteurs contribuent au fait que le personnel politique local n'envisage pas la défaite du président sortant. Par contre, il y a beaucoup d'incertitudes sur les législatives et les provinciales. Le parti au pouvoir craint un recul au niveau provincial et peut-être même au niveau législatif dans les provinces des Kivus. Du coup, les enjeux des scrutins sont beaucoup plus locaux que nationaux.

Pourquoi y a-t-il actuellement une polémique sur l'enregistrement des électeurs entre la Commission Electorale Nationale Indépendante et les partis d'opposition ?

Alors, l'enregistrement des électeurs est actuellement controversé, car la commission électorale a fait mieux en 2011 qu'en 2006, en moins de temps et avec moins de centres d'inscription. En 2006, il y a eu 25.7 millions d'électeurs inscrits, cette année, 32 millions. Il y aussi certaines variations dans l'augmentation de l'électorat qui ont surpris. Kinshasa, la capitale, qui est de notoriété publique acquise à l'opposition, n'a eu une augmentation d'électeurs que de 300 000 personnes, alors que des provinces rurales comme l'Equateur et le Katanga ont chacun plus d'1 millions d'électeurs par rapport à 2006. Alors tout cela conduit l'opposition à s'interroger très fortement sur le travail fait par la commission électorale et cette opposition réclame une contre-vérification du fichier électoral. Pour sortir de cette situation et rétablir la confiance dans le processus, il est nécessaire que la CENI publie le fichier électoral conformément à la loi électorale. Il est aussi nécessaire qu'elle publie les résultats des enrôlements par districts et territoires et enfin qu'elle explique sa méthodologie de consolidation de fichier électoral.

C'était Thierry Vircoulon, Directeur du Projet Afrique Centrale de Crisis Group. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter notre dernier rapport sur la République Démocratique du Congo sur notre site Internet www.crisisgroup.org . Merci d'avoir écouté ce podcast d'International Crisis Group.

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