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Congo: Le processus électoral vu de l’Est

Kinshasa/Nairobi/Bruxelles  |   5 sept. 2011

Les préparatifs techniques des élections présidentielles et législatives prévues le 28 novembre ainsi que le début de la campagne électorale dans l’Est du Congo ont généré une méfiance telle qu’elle risque de se transformer en crise de confiance dans l’ensemble du processus électoral.

Congo: Le processus électoral vu de l’Est, le dernier briefing d’International Crisis Group, examine l’enrô­lement des électeurs et le début de la campagne vus du terrain, dans les provinces du Kivu et le district de l’Ituri, et met en évidence les enjeux des scrutins à venir dans une région qui reste fondamentale pour la stabilité durable dans le pays.

« Les miliciens des groupes armés n’ont pas perturbé l’inscription des électeurs car ils ont aussi besoin de cartes d’électeurs qui font office de papiers d’identité en République Démocratique du Congo », affirme Marc-André Lagrange, analyste senior d’International Crisis Group pour le Congo. « Toutefois, la forte et surprenante augmentation de l’électorat annoncée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le manque de dialogue avec les partis politiques et l’absence de vérification des listes électorales par les électeurs eux-mêmes alimentent une suspicion latente mais généralisée dans les milieux d’opposition et la société civile ».

Dans le contexte électoral actuel, le district de l’Ituri ainsi que le Nord et le Sud Kivu sont des zones clés pour deux raisons: ce sont les seuls territoires du Congo où opèrent encore des groupes armés et ils ont représenté un important réservoir de voix pour le parti au pouvoir lors des élections de 2006. Cependant, le paysage politique a changé dans cette région: un parti d’opposition a émergé − l’Union Nationale pour le Congo dirigée par Vital Kamerhe, l’ancien président de l’Assemblée Nationale − et la popularité du gouvernement est en baisse en raison de la persistance de l’insécurité.

Afin de garantir des élections crédibles, il est nécessaire d’améliorer la transparence, de respecter la loi électorale et d’établir un forum de dialogue entre la CENI, les partis politiques et la société civile. La com-munauté internationale doit observer la suite du processus électoral dans le détail, en particulier dans les zones rurales. La CENI doit scrupuleusement respecter le code électoral, notamment pour l’accréditation des observateurs, et établir une plate-forme officielle de dialogue avec les partis politiques et la société civile tant au niveau national que provincial. La majorité présidentielle et l’opposition devraient, dans l’éven­tualité d’un report des élections, négocier un accord qui fixerait un nouveau délai pour leur tenue et prévoirait que le gouvernement se contente d’administrer les affaires courantes jusqu’à ce qu’elles aient lieu.

Le code de bonne conduite présenté par le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations unies devrait être accepté par toutes les parties prenantes au processus électoral. La mission des Nations unies au Congo (MONUSCO) devrait encourager un respect total de la liberté politique ainsi que le dialogue entre la CENI, les partis politiques et la société civile aux niveaux national et provincial, le dialogue étant l’élément clé pour établir un climat de confiance. La MONUSCO devrait également continuer à déployer ses troupes dans les zones où les groupes armés restent actifs et renforcer ses capacités logistiques pour un déploiement du matériel électoral dans les délais impartis.

« En raison de l’asymétrie des forces politiques, le personnel politique local considère que l’élection prési-dentielle est déjà jouée à l’Est et les élections législatives et provinciales sont l’enjeu principal dans cette région », explique Thierry Vircoulon, directeur du Projet Afrique Centrale d’International Crisis Group. « A ce stade, la transparence électorale et un climat de confiance entre les autorités électorales, les partis politiques et la société civile sont essentiels pour assurer un vote pacifique et la reconnaissance des résultats électoraux par le peuple congolais ».

 
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