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Guinée : remettre la transition sur les rails

Dakar/Bruxelles  |   23 sept. 2011

Si les principaux acteurs politiques guinéens ne parviennent pas à un accord sur l’organisation des prochaines élections législatives, les tensions intercommunautaires risquent de déclencher des violences et de favoriser un retour de l’armée sur la scène politique.

Guinée : remettre la transition sur les rails , le dernier rapport d’International Crisis Group, souligne que la refonte unilatérale du système électoral entreprise par le président Alpha Condé n’a  pas convaincu le reste de la classe politique et que les suspicions sont d’autant plus fortes que les perspectives de son parti pour les élections législatives sont incertaines.

« L’héritage de l’élection de Condé suscite l’inquiétude parce qu’il a donné un poids nouveau à l’idée que l’histoire de la Guinée est celle d’une lutte entre ses quatre blocs ethnorégionaux », estime Vincent Foucher, analyste principal pour l’Afrique de l’Ouest de Crisis Group. « De plus, Condé n’a prêté que peu d’attention, et bien tard, à la réconciliation et au dialogue avec son opposition, très mobilisée ».

L’arrivée au pouvoir de Condé en 2010 est une opportunité extraordinaire de clore 50 années d’autoritarisme politique et de stagnation économique, mais son gouvernement fait face à des défis immenses avec des moyens limités. Les autorités affichent une volonté de bonne gouvernance économique et financière, mais la rigueur budgétaire a,  au moins à court terme, un effet déprimant sur l’économie.

Il est préoccupant que le dialogue avec l’opposition n’ait commencé que récemment et qu’il demeure ambigu. Bien que les forces de sécurité soient responsables des plus graves violences pendant la dernière élection présidentielle, les mobilisations politiques à connotation ethnique ont suscité des heurts et fait des victimes. Les faiblesses organisationnelles du dispositif électoral ont nourri ces tensions en autorisant à chaque étape des accusations de fraudes de l’un ou de l’autre camp. Le nouveau pouvoir a fait peu d’efforts pour gérer ce passif, n’avançant que lentement dans l’organisation des élections législatives indispensables pour compléter le dispositif institutionnel prévu par la Constitution.

Parce qu’une autre période d’instabilité pourrait mettre en danger la jeune démocratie guinéenne, le pouvoir et les principaux dirigeants de l’opposition doivent discuter au plus haut niveau  les modalités  de l’organisation des élections et tous les acteurs politiques doivent s’abstenir d’attiser les tensions interethniques. Le président Condé doit engager au plus vite un dialogue direct et périodique avec les leaders des principaux partis politiques, au moins jusqu’à la mise en place de l’Assemblée nationale.  

La communauté internationale, en retrait depuis la prise de pouvoir du président Condé, doit accompagner cette nouvelle phase  de la transition, en fournissant des garanties pour les élections législatives comme elle l’a fait pour l’élection présidentielle. Les Nations unies, l’Union africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) doivent travailler avec le gouvernement pour établir un calendrier des actions prioritaires,  notamment dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité et de la réconciliation nationale.

« Retarder beaucoup plus les élections n’est pas une option : cela ne ferait qu’aggraver les tensions alors qu’une Assemblée nationale bénéficiant d’un véritable mandat populaire est nécessaire et urgente », selon Gilles Yabi, le directeur du projet Afrique de l’Ouest de Crisis Group. « Pour consolider  la transition vers une démocratie véritable, tous les acteurs politiques doivent abandonner la mobilisation sur une base régionale et ethnique ».  

 
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