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Tunisie : lutter contre l’impunité, restaurer la sécurité

Tunis/Bruxelles  |   9 mai 2012

Forte d’une transition relativement pacifique, la Tunisie fait figure d’exception dans un monde arabe en proie à l’agitation politique, mais la justice et la sécurité doivent néanmoins être améliorées pour garantir la stabilité.

Tunisie : lutter contre l’impunité, restaurer la sécurité, le dernier rapport de l’International Crisis Group, souligne les nombreux défis auxquels fait face la Tunisie. Les signes de progrès sont réels depuis le renversement du régime de Ben Ali, mais des questions épineuses restent en suspens et ternissent l’image d’une transition essentiellement pacifique. Une véritable justice transitionnelle tarde à se mettre en place et la lutte contre l’impunité est devenue une revendication primordiale.

« Une vision commune et unifiée de la justice transitionnelle fait cruellement défaut », selon William Lawrence, le directeur du projet Afrique du Nord de Crisis Group. « Le système judiciaire n’est pas encore apte à satisfaire les droits des victimes et, en même temps, dépasser les rancœurs du passé. Cohérence et centralisation effective sont nécessaires pour faire face aux nombreuses demandes inassouvies de justice et être à la hauteur des exigences ».

Contrairement aux autres pays arabes, la Tunisie a pu entamer sa transition dans une certaine harmonie et se mettre d’accord sur certaines règles démocratiques. Des élections ont eu lieu dans le calme, la liberté d’expression n’est plus une chimère et la société civile participe véritablement au processus démocratique. Mais on ne se défait pas si facilement du passé et les divisions – entre régions périphériques et centre, entre islamistes et forces laïques, entre forces de l’ordre et société civile, entre héritiers de l’ancien régime et défenseurs de l’ordre nouveau – restent prégnantes. Des troubles réguliers fragilisent la sécurité, et les victimes de la dictature exigent des compensations et s’insurgent contre l’impunité.

Le gouvernement tunisien actuel et ses successeurs devront résoudre ces problèmes grâce à un dialogue inclusif et des compromis. Réformer les forces de sécurité et tenir pour responsables les auteurs de crimes sous la dictature, tout en surmontant la méfiance entre policiers et citoyens, doivent être des priorités. Une réforme de la justice devra accompagner ces mesures, afin de garantir son indépendance et de renforcer ses capacités. Enfin, les autorités devront accorder aux régions périphériques longtemps délaissées les droits politiques et sociaux qu’elles réclament. La communauté internationale, et notamment les Etats ayant récemment opéré une transition démocratique, peuvent fournir une aide financière et technique dans la plupart de ces domaines, bien que la responsabilité principale de la transition incombe aux Tunisiens.

« La clé du succès réside dans un dialogue large », selon Robert Malley, le directeur du projet Moyen-Orient/Afrique du Nord de Crisis Group. « L’objectif ultime est de réformer les forces de sécurité sans trop les provoquer, rendre justice aux victimes de la dictature sans céder à la chasse aux sorcières, et assurer une justice efficace tout en tenant compte des limites du système judiciaire en place ».