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Garantir la sécurité en Haïti : réformer la police

Briefing Amérique latine/Caraïbes N°26 8 sept. 2011

SYNTHESE

Les frontières terrestres et maritimes perméables du pays demeurent vulnérables aux trafics de drogues, contrebandes et autres activités illégales qui affaiblissent l’Etat de droit et privent l’Etat de recettes fiscales vitales. L’insécurité post­­séisme met en évidence la vulnérabilité aux crimes violents et à l’instabilité politique. Les bidonvilles surpeuplés, en proie à une pauvreté profonde et des opportunités économiques limitées, la faiblesse des institutions gouvernementales, particulièrement la police nationale d’Haïti (PNH), ont produit des groupes armés et demeurent une source de vaste instabilité. Si l’administration de Martelly doit garantir la sécurité des citoyens avec succès, elle doit destituer les officiers corrompus et développer la capacité opérationnelle et institutionnelle de la PNH dans tout le pays à travers la réforme qui intègre la police de communauté et des programmes de réduction de la violence.

Les récentes élections furent seulement une première étape vers la détermination du futur de la reconstruction et du développement du pays. Le vrai travail exige maintenant que la classe dirigeante politique – les pouvoirs exécutif et législatif confondus – fasse des efforts significatifs pour répondre aux besoins fondamentaux La clé est l’identifica­tion de points communs avec l’opposition politique, les citoyens ordinaires et les élites des affaires, dans le but de renforcer un consensus national pour une transformation d’Haïti qui donne la priorité aux emplois fondés sur la décentralisation, la protection égalitaire devant la loi et la sécurité de la communauté.

Le président Michel Martelly a déclaré que Haïti est ouverte aux investissements étrangers dans son discours inaugural du 14 mai, mais une PNH professionnelle et fonctionnelle est une condition préalable pour faire avancer le pays. La réforme de la police a permis de faire des progrès significatifs mais celle-ci est loin d’être achevée après presque cinq ans. Les carences de la PNH, le désir des partisans de Martelly de rétablir l’armée ainsi que l’op­po­­si­tion nationale à la présence continue des casques bleus de l’ONU (MINUSTAH) renforcent les propositions de créer une seconde force armée. Des questions sérieuses entourent cette notion problématique. Si cette proposition est poursuivie, il doit y avoir une vaste consultation avec la société civile, incluant les organisations populaires et particulièrement les victimes des abus de l’ancienne armée. Mais  il est d’abord primordial de continuer le renforcement de la PNH en :

  • achevant le recrutement, y compris des femmes, la formation et le déploiement complet ;
  • construisant l’intégrité de la police en accélérant l’épu­ration de tous les agents en service et le personnel, à travers la création d’une structure d’appel afin de retirer le pouvoir à tous ceux qui ne répondent pas aux normes à cause de violations de droits humains ou d’activités criminelles et de certifier ceux qui y répondent, et en prenant des actions immédiates pour suspendre et le cas échéant, poursuivre en justice les agents qui se trouvent impliqués dans des crimes graves ;
  • révisant le plan de réforme afin de se concentrer sur des domaines clairement définis pour améliorer la qualité de la sécurité que fournit la PNH et la construction de la confiance communautaire, tels que la formation et le renforcement des unités spécialisées, les enquêtes criminelles, la patrouille des frontières et la police communautaire et de proximité tandis que la police de l’ONU (UNPOL) encadre plus activement ces efforts ;
  • adoptant la loi organique pour le secrétariat d’Etat à la Sécurité publique qui éclaircit son rôle et celui des autres organes du pouvoir exécutif vis-à-vis des responsabilités de la PNH ; et
  • reliant la réforme de la police avec les efforts de reconstruction actuellement coordonnés par la Commission intérimaire de reconstruction d’Haïti (CIRH), en déployant une police mieux formée dans les provinces pendant que la décentralisation économique progresse.

Port-au-Prince/Bruxelles, 8 septembre 2011

 
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