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Elections en Corée du Sud : qu'attendre du président Lee

Briefing Asie N°73 21 déc. 2007

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SYNTHESE

Le 19 décembre 2007, la Corée du Sud a élu Lee Myung-bak président. À moins d’une évolution sensationnelle dans l’enquête en cours sur un scandale qui le suit de près, Lee, le candidat du Grand National Party (GNP ou « Hannaradang ») conservateur sera investi le 25 février 2008. Il succèdera à Roh Moo-hyun, au pouvoir depuis cinq ans et que la constitution empêche de se présenter pour un second mandat. Ancien cadre exécutif chez Hyundai, Lee a promis d’être le « président de l’économie » et de « relancer l’économie grâce à son expérience pratique des affaires ». Bien qu’il présente des différences idéologiques avec son prédécesseur libéral, il est peu probable qu’il opère des changements spectaculaires en matière de politique étrangère et de sécurité.

Lee a remporté 48,7 pour cent des voix contre 26,2 pour cent pour Chung Dong-young, le candidat du Nouveau Parti démocratique unifié (NPDU). Lee Hoi-chang, le candidat défait du GNP en 1997 et 2002 et qui se présentait cette fois en tant qu’indépendant a terminé troisième avec 15,1 pour cent des voix. Le taux de participation n’était que de 62,9 pour cent, un record pour une élection présidentielle, bien en-deçà des 70,1 pour cent enregistrés en 2002.

Il est probable que Lee fasse des efforts vis-à-vis des États-Unis, avec lesquels les relations se sont détériorées au cours du mandat Bush, et cherche à resserrer les liens avec le Japon et la Chine. Il sera toutefois soumis aux mêmes contraintes que ses prédécesseurs dans le cadre des relations avec ces trois pays, des relations qui ont tendance à souffrir des événements échappant au contrôle du gouvernement sud-coréen. Le litige territorial qui oppose le pays au Japon et revêt une forte dimension émotionnelle ne progressera sans doute pas de façon significative durant son mandat. Lee a déclaré vouloir investir davantage en Chine et établir une consultation plus étroite avec Beijing sur les questions de sécurité mais il est improbable qu’un tel rapprochement se fasse au détriment de la relation essentielle que Séoul entretient avec les États-Unis.

On s’attend à ce que le président Lee poursuive les efforts sud-coréens en vue d’un rapprochement avec la Corée du Nord et même à ce qu’il insiste plus fermement que son prédécesseur sur le principe de réciprocité. Il a proposé un plan visant à resserrer l’écart économique entre les deux pays en investissant au Nord et à aider à la création d’une économie d’exportation de produits manufacturés. Il existe en Corée du Sud un consensus large sur l’engagement envers la Corée du Nord, aussi le seul changement anticipé de la part de Lee est-il qu’il insiste davantage pour que Pyongyang honore ses engagements.

Le gouvernement dispose de larges pouvoirs en matière de politique étrangère, en ce qui concerne la politique de sécurité nationale et les relations intercoréennes. Néanmoins, depuis la démocratisation de 1987, l’Assemblée nationale est devenue plus puissante et plus assurée ; or, le gouvernement aura besoin du soutien de celle-ci pour mener à bien nombre de ses actions. Des élections parlementaires sont prévues pour avril 2008 dont les résultats pourraient avoir un impact sérieux sur les priorités politiques du nouveau président. Actuellement, le GNP dispose de 128 sièges à l’Assemblée sur un total de 299, soit treize de moins que le NPDU.

Séoul/Bruxelles, 21 décembre 2007

 
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