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Myanmar: point de situation sur la lutte contre VIH/SIDA

Briefing Asie N°34 16 déc. 2004

This briefing is currently only available in English.

RESUME

Depuis la publication d'un briefing par Crisis Group il y a deux ans [1], le gouvernement militaire de Myanmar a reconnu qu'il avait un problème grave de VIH/SIDA, permettant ainsi à des professionnels de la Santé, des organisations internationales et des bailleurs de fonds d'apporter les débuts d'une réponse coordonnée. La communauté internationale a augmenté les financements et s'est montré plus disposée à trouver des moyens pour aider les victimes et contrer la pandémie. Bien que le caractère autarcique du régime demeure inchangé, certains obstacles gouvernementaux ont été levés. En raison de l'impératif humanitaire, le parti de  l'opposition, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), qui habituellement rejetait l'aide impliquant un contact avec la junte, a soutenu de nombreuses mesures en faveur de la lutte contre le SIDA. L'urgence consiste désormais à renforcer les compétences du personnel local et à rendre plus efficace l'utilisation des fonds qui affluent dans le pays. Dans la mesure où la société civile, les petites ONG et les autres organisations locales peuvent être sollicitées, cela peut éventuellement contribuer à préparer une transition démocratique.

Toutefois, subsistent d'importants problèmes. Environ 1,3% de la population adulte birmane aurait contracté le virus, un des taux le plus élevé d'Asie [2]. Les dépenses gouvernementales en matière de santé et d'éducation sont dangereusement insuffisantes et l'économie a été très mal gérée par la junte militaire. Le VIH continue de représenter de sérieux risques pour la population, la sécurité et les pays voisins [3].

Des voix critiques contre une assistance au Myanmar ont pu dire que le gouvernement détournerait les fonds sans que cela n'eût été pourtant le cas jusqu'à maintenant. L'accroissement des contacts internationaux avec le gouvernement dans ce domaine l'a poussé à adopter des positions plus pragmatiques et a ouvert des possibilités inexistantes en 2002. A cette époque, la prévention et le traitement du VIH souffraient d'un manque de ressources et d'ignorance. Aujourd'hui, la principale carence réside dans la capacité de mise en œuvre des groupes chargés de la prévention du virus et des soins. Les mesures indispensables qui doivent être prises comprennent:

  • une extension de l'aide par le biais de tous les canaux disponibles aux zones frontalières où le VIH est particulièrement virulent;
  • un accroissement de la capacité nationale à traiter le problème du VIH, notamment grâce à davantage d'assistance technique et de formation;
  • un soutien accru aux organisations locales et communautaires afin de renforcer leurs capacités et de leur permettre de devenir des prestataires plus important en matière d'éducation primaire, de conseils et de traitements;
  • un travail de proximité plus efficace à l'égard des communautés minoritaires et ethniques autant en termes de prévention, d'éducation que de conseil et de traitement du VIH/SIDA;
  • une rationalisation des procédures de déboursement, d'évaluation et de contrôle des fonds; et
  • une expansion des programmes de réduction du fléau.

La situation politique à Myanmar est extrêmement aléatoire. L'ancien Premier ministre, Khin Nyunt, est actuellement emprisonné, accusé de corruption. Il avait présidé un comité gouvernemental essentiel en matière de santé et encouragé un engagement accru des ONG internationales dans la lutte contre le virus du SIDA. Quant à savoir si des efforts supplémentaires seront entrepris, c'est désormais très incertain.

Yangon/Bruxelles, 16 décembre 2004


[1] Voir Briefing Asie de Crisis Group, Myanmar: The HIV/AIDS Crisis, 2 avril 2002.
[2] Remarque sur la terminologie: ce rapport utilise le nom officiel tel que libellé aux Nations Unies, par le gouvernement national et la plupart des pays, hormis les Etats-Unis et l'Europe. Cela ne devrait pas être perçu comme une appréciation politique ou un jugement porté sur le droit du régime militaire à changer le nom du pays. En Birmanie/Myanmar, les termes "Bamah" et "Myanma" ont tous deux été utilisés pendant des siècles, étant l'un et l'autre respectivement l'appellation coutumière et celle plus formelle du pays en langue birmane.
[3] Voir Rapport Thématique N°1de Crisis Group, HIV/AIDS as a Security Issue, 19 juin 2001.


La version française de cette synthèse a été rendue possible grâce au soutien financier de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie.


 
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