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Indonésie: Nouvelle éruption de violence à Ambon

Briefing Asie N°32 17 mai 2004

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RÉSUMÉ

Après deux années relativement calmes, la ville d'Ambon, capitale des Moluques, a été le théâtre de violences le 25 avril 2004 alors qu'un petit groupe de partisans de l'indépendance s'était réuni pour commémorer le 54ème anniversaire de la proclamation de la République des Moluques du Sud (Republik Maluku Selatan, RMS).

A la date du 5 mai, le bilan s'élevait à 38 personnes tuées, musulmans pour les deux tiers. Le fait que beaucoup aient succombé sous le feu de tireurs isolés a répandu l'idée que la violence avait été provoquée. Deux églises, un lycée musulman, le siège d'agences humanitaires onusiennes et des centaines d'habitations ont été incendiés. Près de 10.000 personnes ont dû quitter leurs domiciles, s'ajoutant aux quelques 20.000 déplacés lors des phases antérieures du conflit qui ne peuvent toujours pas regagner leurs habitations d'origine. Jusqu'au 5 mai, les meurtres et incendies criminels étaient confinés à la ville d'Ambon; les chefs religieux et communautaires ont réussi à contenir plusieurs des communautés au bord de l'explosion, qui avaient été sévèrement touchées auparavant ailleurs dans l'île et dans l'archipel central des Moluques, un hommage aux efforts de réconciliation de ces deux dernières années. Mais ce même jour, deux personnes étaient tuées par des bandits armés sur l'île de Buru, et par la suite il y eut des éruptions de violence isolées, bien que la ville elle-même était revenue à un calme tendu. Plus cela prendra de temps pour démasquer les auteurs de ces derniers accès de violence, plus le risque d'une nouvelle éruption sera grand.

Tant au niveau local que national, la réponse du gouvernement indonésien a été insuffisante, allant de la myopie de la police à la représentation peu utile qu'il a été fait de la violence dans certains quartiers comme d'un affrontement entre d'une part des militants indépendantistes chrétiens et d'autre part les défenseurs musulmans de l'unité nationale. Ceci étant dit, la violence a été largement contenue. Dès lors ce qu'il faut c'est une enquête approfondie, impartiale, professionnelle et transparente sur les causes.

Mais comme le stipule le Jakarta Post dans son éditorial du 6 mai, les évènements survenus à Ambon s'inscrivent peut-être dans un jeu politique plus large. A l'approche des élections présidentielles du 5 juillet prochain, la question est de savoir à qui profiterait de telles agitations. Comme à l'accoutumée, les théoriciens du complot ont travaillé dur, et comme d'habitude, les preuves solides en faveur de telles théories sont extrêmement rares.

Jakarta/Bruxelles, 17 mai 2004


La version française de ce résumé a été rendue possible grâce au soutien financier de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie.


 
 
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