Arrow Left Arrow Right Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Twitter Video Camera Youtube
Fields of Bitterness (I): Land Reform in Burundi
Fields of Bitterness (I): Land Reform in Burundi
Table of Contents
  1. Executive Summary
Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire
Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire
Report 213 / Africa

Fields of Bitterness (I): Land Reform in Burundi

Unless the government revives land governance reform in Burundi, long-term peacebuilding efforts will remain compromised.

Executive Summary

Burundi, whose population lives mainly in rural areas, is facing two land problems. The first is structural and due to poor land management, particularly in a context of high population growth, which generates violence and crime. The second is a legacy of the civil war that deprived hundreds of thousands of refugees and displaced people of their properties. Only renewed focus and fresh thinking can help prevent rural criminal violence. However, instead of meaningful reform, only a review of the land code has been implemented. The impact of the absence of a comprehensive change in land governance, especially on conflict resolution, will continue to fuel public resentment, especially for those who have been dispossessed of their properties or have limited access to land ownership. The sense of injustice and the pressing need for land will likely contribute to future conflicts unless the government adopts a new approach.

Burundi’s overcrowded rural population is a challenge to its land management system and is the source of deep socioeconomic resentment that in part fuelled the civil war. With one of the highest population densities on the continent (about 400 people per square kilometre) and 90 per cent of the population dependent on agriculture, Burundi needs to be a good example of land management. On the contrary, however, bad land governance is deeply rooted and old regulation mechanisms are obsolete, thus contributing to conflict, social tensions and a malnutrition rate close to 75 per cent. Fourteen years on, the ambitious land reform provided for in the Arusha agreement has been superficial at best and has not met expectations.

Several shortcomings explain this failure: the absence of tight control over state prerogatives, which generates abuses and increases land insecurity; lack of coordination between reform initiatives, which leads to a duplication of roles and reduces the efficiency of land institutions; lack of independence of the judiciary; inequalities in land access (especially for women); and disappearance of traditional conflict resolution mechanisms.

Resolving land conflicts will require much more than a simple change in the political balance of power between the Tutsi elite, which has dominated the political arena since independence, and the Hutu majority, in power since 2005. Burundi needs a global vision on land that will take into account socio-economic realities and break with bad governance practices of the past.

Preparations for the 2015 elections have started and land issues will be a divisive topic during the campaign. The government should, with the support of international partners, implement the following measures:

  • elaborate a new rural development strategy that fully integrates the land policy;
     
  • pass a law on inheritance to promote gender equality, to include all land users (particularly women and children) in land certification and to allow the advance registration of estates for the purposes of succession (ie, before the concerned person’s death);
     
  • launch a national campaign to promote peaceful land dispute resolution; and
     
  • develop mediation and conciliation within the courts, as well as establish sustainable local land management services.

This report, the first in a two-part series, examines why reform has failed to improve land governance since the 2000 Arusha agreement. It suggests a way forward to relaunch land reform initiatives in a comprehensive and coherent manner. A second report will analyse the complex land restitution policy for refugees and displaced persons.

Nairobi/Brussels, 12 February 2014

Interview / Africa

Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire

Originally published in Yaga Burundi

Le 5 avril dernier, l’International Crisis Group sortait un rapport sur les tensions et dissensions qui s’observent au sein de la Force de Défense Nationale (FDN) depuis le début de la crise née de la volonté de Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat en avril 2015. Le rapport fait le contour des problèmes qui minent l’institution militaire. Thierry Vircoulon, un des auteurs du rapport, a répondu aux questions de Yaga.

Peut-on considérer le Cndd-Fdd aujourd’hui comme l’Uprona des années 70-80 qui avait la mainmise sur toutes les institutions de défense et de sécurité ?

Oui, on a bien vu dès le début de cette crise qui vient de durer deux ans que la police et le Service national de renseignement ont joué un rôle majeur dans la répression des manifestants dès 2015. Deuxièmement les dissensions qui ont eu lieu dans l’armée après la tentative de putsch ont finalement été contrôlées par le régime qui a réussi à éviter, en tout cas jusqu’à présent, qu’il y ait une autre tentative de renversement du pouvoir.

Dans votre rapport vous soulignez qu’en 2016 le gouvernement n’a pas appliqué les quotas 50-50, tel que précisé par les Accords d’Arusha, mais plutôt 60% pour les Hutus et 40% pour les Tutsis pendant ses recrutements dans l’armée. Peut-on craindre que ça puisse continuer, c’est-à-dire voir le régime appliquer 70-30 puis 80-20, pour enfin arriver à une armée 100% hutu ?

Non, je ne pense pas. Au fait, c’est le porte-parole de l’armée qui avait fait l’annonce sur les 60-40%. Le régime va essayer de rester sur ce quota-là, qui est prévu par les Accords d’Arusha mais pour les institutions civiles. Plutôt la question qui se pose est de savoir s’il va réussir à trouver les 40% de Tutsi pour les recrutements. Mais aussi on peut se demander s’il va y avoir beaucoup de recrutements pour les années à venir dans l’armée.  Je pense le contraire. Les recrutements vont diminuer parce que l’armée va de plus en plus avoir des difficultés financières. Et puis il conviendrait aussi de noter que les dernières mises à la retraite ne sont pas à l’avantage des officiers tutsi puisque ce sont les plus concernés.

Votre rapport précise aussi que l’intégration entre ex-FAB (anciens militaires des Forcées armées) et ex-PMPA (anciens rebelles) avait été un succès, que les deux parties ont appris à mieux se connaitre. Ce qui d’ailleurs explique en partie pourquoi des officiers issus des deux camps ont pu mener ensemble le putsch raté de 2015. Ça veut dire que le pouvoir actuel tire profit de la tension actuelle entre les ex-FAB et ex-PMPA, que ça le met à l’abri d’un autre putsch ?

Le rapport dit que l’intégration a été un succès mais n’a pas conduit à la cohésion de l’institution militaire. Même avant la crise, au sein de la FDN, le clivage entre ex-FAB et ex- PMPA restait très fort et n’avait pas été gommé par l’intégration. La grande faiblesse du processus d’intégration est de n’avoir pas généré de la cohésion. Et dans la situation actuelle il y a une grande méfiance voire une paranoïa entre les personnels militaires, chacun faisant très attention  à ce qu’il dit à ses collègues, parce qu’on a peur d’être dénoncé par les autres. Et le faite que ce clivage entre ex-FAB et ex-PMPA n’ait jamais été complètement dépassé  génère cette paranoïa interne, que le régime entretient pour en être le premier bénéficiaire.

Le défi majeur du pouvoir actuel qui constituait aussi un risque de déstabilisation de la transition, en tout cas selon toujours votre rapport, a été le processus de démobilisation de 15  000 hommes ex-PMPA contre 41 000 ex-FAB pour atteindre l’objectif d’une FDN faite de 25 000 militaires entre 2004 et 2008. Mais ceci a été une réussite. Comment se fait-il que le régime puisse réussir là où il pouvait échouer facilement pour enfin échouer là où le risque d’échec n’était pas si éminent, c’est-à-dire maintenant ?

D’abord le pouvoir qui était là quand on a créé la FDN ce n’est pas le même que celui qui est là aujourd’hui. Lors du premier mandat de Pierre Nkurunziza, le Burundi était dans une situation de pouvoir partagé. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et l’intégration accompagnée par le processus de démobilisation a été une réussite parce qu’elle était soutenue internationalement, aussi parce qu’il y avait un accord des élites burundaises là-dessus, qui correspondait au projet partagé par tous au Burundi à ce moment-là. Et comme je l’ai déjà mentionné, la FDN n’a pas pu dépasser le clivage entre ex-FAB  et ex-PMPA, ce qui est resté le problème de l’ « après-intégration ».  Et une des raisons pour laquelle ce clivage est resté, c’est parce que le régime a instauré au sein de la FDN ses propres structures de commandements des ex-FDD, un double commandement qui a sérieusement nui à la cohésion de l’armée burundaise.

Et que faut-il craindre maintenant ?

Le grand risque pour l’armée burundaise est celui d’appauvrissement à cause des problèmes financiers du gouvernement, en plus des aides extérieures apportées à l’armée qui ont considérablement diminué suite à la suspension de différentes coopérations militaires, sans parler de la réduction du nombre de ceux qui peuvent aller en mission de maintien de la paix. Et dans cet appauvrissement de l’armée, il y a le danger d’une déliquescence progressive. La FDN va perdre son image d’une institution privilégiée. Sur le plan socioéconomique, avant comme après les Accords d’Arusha, les militaires ont toujours eu un statut très envié dans la société burundaise : facilité d’accès au crédit pour construire, un système d’appui financier bien mis en place,… tout ceci risque de s’évaporer dans les prochains jours.