Chad’s North West: The Next High-risk Area?
Chad’s North West: The Next High-risk Area?
Table of Contents
  1. Overview
Tchad : le choix de Mahamat Déby
Tchad : le choix de Mahamat Déby
Briefing 78 / Africa

Chad’s North West: The Next High-risk Area?

Chad’s North West may become the next stage for insurgency, drug-running and religious extremism in the Sahel if the government continues to actively neglect the poorest of the violence-plagued country’s poor regions.

I. Overview

For more than five years, public attention relative to Chad has been focused on the armed rebellion in the east and the crisis in the Darfur region of neighbouring Sudan, while totally neglecting the country’s North West. However, there are serious risks that the rise of trans-Sahara drug trafficking and terrorism, emergence of radical Muslim movements in neighbouring countries, development of inter-communal violence, decline of local traditional justice systems and lack of state governance will destabilise that ignored region. The authorities in N’Djamena need to move to change the governance system there and defuse the multiple roots of potential conflict before a crisis explodes.

Historically, the North West has played an ambivalent but pivotal role between the Arab-Islamic culture of North Africa and the sub-Saharan African cultures. Presently, its strategic position makes it increasingly the target of infiltration attempts by armed groups and criminal networks that take advantage of the no-man’s-land areas of the Sahara Desert to expand their activities. Islamic terrorist groups from Northern Nigeria (the Boko Haram sect) and al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM) operating in the Sahel region are making their diffuse but real influence felt. Up to now, this dangerous neighbourhood has not produced instability, but greater vigilance is definitely needed.

Since the end of the 1990s, the government has not been able to reconcile the communities, despite the improved regional security context following the progressive dismantling of the two main rebel groups operating in the region: the Movement for Democratisation and Development (Mouvement pour la démocratie et le développement, MDD), and the Movement for Democratisation and Justice in Chad (Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad, MDJT). The continuous decline of the local traditional justice systems and environmental degradation contribute to the precarious quality of the region’s stability.

In such a context, inter-communal political manipulation is likely to awaken old resentments and aggravate local grievances. Moreover, N’Djamena neglects the North West, as shown by its reactions to the very predictable food crisis that began in 2009 and the flood that destroyed the city of Faya Largeau in July 2010. Instead of implementing a sustainable development policy, the authorities make empty promises and prolong the old colonial mode of governance, based on tight regional control via traditional leaders and security forces.

Although major trouble is still unlikely in the short term, there is already a high level of tension between pastoralists and farmers. The North West, which provided many fighters during Chad’s earlier civil wars, thus has the potential to become the country’s new hot spot. To prevent this, the government needs to promptly improve the way it runs the region, focus on the attempts by international criminal and terrorist networks to expand their influence and tackle inter-communal tensions by:

  • setting up a regional development plan to improve governance in the North West and build social infrastructure and roads. This plan should be based on the demands of the local communities and include financial incentives for civil servants to work there, rational administrative coverage of the territory and appropriate rules for integrating traditional leaders into the new local governance system. N’Djamena must treat development and security as inter-linked issues, given that significant development programs could contribute to calming the situation in the region;    
     
  • updating and implementing local and national justice systems with respect to the role of traditional leaders and the relationship of natural resource issues to conflicts, especially those between pastoralists and farmers, which require reform of the land tenure system, a disarmament program and dispute resolution mechanisms run by neutral authorities;
     
  • creating a regional police unit with adequate legal powers and logistical resources (communication equipment, cars, and helicopters) to monitor and secure the North West border. External partners of Chad like France and the U.S. should offer training and operational mentoring to the unit that will be under the authority of the interior ministry; and
     
  • pursuing involvement in pan-Sahel and Sahara initiatives that seek to improve international cooperation and exchange of information on countering terrorism and drug trafficking and promoting joint operations with the neighbouring countries, especially Niger, Nigeria and Libya.
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Tchad : le choix de Mahamat Déby

Originally published in Le Monde

Op-Ed / Africa

Tchad : le choix de Mahamat Déby

Originally published in Le Monde

Enrica Picco, d’International Crisis Group, appelle le président de transition à nommer une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur la répression des manifestations du 20 octobre.

La journée sanglante du 20 octobre marque un tournant dans la transition tchadienne. Jusqu’à cette date, la junte militaire, qui a pris le pouvoir en avril 2021 à la mort d’Idriss Déby, avait respecté la feuille de route pour un retour à l’ordre constitutionnel. Les risques de déstabilisation du Tchad, après 30 ans de régime autoritaire, semblaient écartés. A la tête d’une transition militaire, Mahamat Déby, 38 ans et fils du président défunt, promettait une ouverture de l’espace public que les Tchadiens espéraient depuis longtemps. La tenue de négociations dès son accession au pouvoir avec les opposants historiques du régime de son père allait dans le sens de cette promesse. Mais la répression violente de la manifestation demandant, jeudi dernier, l’aboutissement de la transition a complètement changé la donne.

L’exception tchadienne

A la mort d’Idriss Déby, l’Union africaine n’a pas considéré la prise de pouvoir par une junte militaire comme un coup d’Etat, contrairement aux décisions qu’elle avait rendues ailleurs dans la région dans des situations similaires. L’organisation continentale a cependant imposé deux conditions aux militaires tchadiens : leur pouvoir devait se limiter à une période transitoire de dix-huit mois, renouvelable une seule fois, et les membres du gouvernement de transition ne pouvaient pas se présenter aux élections à venir. Ces conditions auraient dû permettre, au terme de la transition, une alternance de pouvoir à N’Djamena.

L’année 2022 a débuté avec deux évènements prometteurs : la tenue, à partir de mars, de négociations entre des représentants du gouvernement et de 52 groupes armés rebelles à Doha, au Qatar, puis des consultations à N’Djamena entre le Président Mahamat Déby et tous les représentants de la société civile et des partis d’opposition, y compris les plus réticents à négocier avec le pouvoir. Les pourparlers entamés avec l’opposition et avec les rebelles ont abouti à une même conclusion : leur participation aux étapes de la transition était conditionnée à la garantie claire que les militaires quitteraient le pouvoir à la fin de la transition.

Des frustrations politiques et sociales

Mais en l’absence de cette garantie, de nombreux partis et groupes armés ont refusé de participer au dialogue national. Les conclusions de ce dialogue, qui s’est tenu en leur absence entre le 20 août et le 8 octobre, a mis le feu aux poudres. Encore plus que l’extension de la transition, sur laquelle il y avait un certain consensus dans le pays, c’est le fait que les membres de la transition seront désormais éligibles aux élections qui a provoqué la colère les Tchadiens. La crainte d’une succession dynastique est devenue réelle. Le gouvernement d’unité nationale, mis rapidement en place le 14 octobre, avec des opposants acquis au régime depuis le dialogue, n’a pas apaisé cette colère.

La mauvaise gouvernance et les inégalités sociales ... sont devenues insupportables pour de nombreux Tchadiens.

De plus, les frustrations débordent de la sphère politique. La mauvaise gouvernance et les inégalités sociales, héritage de 30 ans de régime Déby, sont devenues insupportables pour de nombreux Tchadiens. Aux scandales de corruption qui impliquent l’élite au pouvoir s’ajoutent le manque d’opportunités pour les jeunes, les coupures d’électricité récurrentes et des inondations qui ont laissé près 350 000 personnes sans abri dans la capitale au mois d’août.

Ces tensions, politiques et sociales, ont abouti à la journée du jeudi 20 octobre. Le dirigeant du plus important parti de l’opposition Les Transformateurs, Succès Masra, a déclaré le 19 octobre avoir créé un « gouvernement du peuple pour la justice et l’égalité », alors que la plateforme de la société civile Wakit Tama a appelé à une mobilisation permanente contre le gouvernement de transition. A la veille des manifestations, le gouvernement a dénoncé une tentative d’insurrection armée et interdit les manifestations. Mais le lendemain, des milliers de Tchadiens sont descendus dans les rues et le régime a réagi très brutalement.

Les heurts entre police et manifestants ont été d’une rare violence. Les manifestants ont saccagé et incendié le siège du parti du Premier ministre, Saleh Kebzabo, les forces de l’ordre ont ouvert le feu de façon indiscriminée sur la foule. Le bilan officiel est très élevé, plus de 50 morts et 300 blessés, et ne cesse de s’alourdir à mesure que sont relayées les informations venant des provinces. Le même jour, le Premier ministre a annoncé un couvre-feu dans les principales villes et la suspension des activités des partis impliqués dans les manifestations. La situation reste extrêmement tendue dans l’ensemble du pays.  

Moment charnière pour Mahamat Déby

Pour éviter de nouvelles violences, toutes les parties prenantes devraient prendre des mesures urgentes. Le Président Déby devrait condamner l’usage excessif de la force et nommer une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les évènements du 20 octobre. Plutôt que de réprimer toujours plus durement la société civile et l’opposition, il devrait faire appel aux médiateurs nationaux et internationaux, comme le Groupe des religieux et des sages, l’Union africaine et le Qatar, en vue d’inclure les opposants dans la dernière phase de la transition. Il devrait surtout apaiser les tensions en reconsidérant l’éligibilité aux élections des membres de la transition et en s’engageant publiquement à transférer le pouvoir aux civils à la fin de la transition.

L’Union africaine, l’Union européenne, la France et les Etats-Unis, devrait conditionner leur soutien à la poursuite de la transition.

Pour leur part, les opposants devraient également condamner toute forme de protestation violente et utiliser tous les recours légaux prévus dans la charte de transition pour garantir des élections transparentes. Finalement, l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les Etats-Unis, devrait conditionner leur soutien à la poursuite de la transition et à la mise en place de mesures qui garantissent l’inclusion et la représentativité.  

Les évènements du 20 octobre ont sérieusement entaché les espoirs de ceux qui considéraient le Tchad comme une exception parmi les tumultueuses transitions de la région. Mahamat Déby doit faire un choix. Il peut adopter le même régime brutal que celui de son père. Mais il est aussi encore temps pour lui de corriger cette inquiétante dérive autoritaire et de ramener le Tchad sur la voie d’une réelle transition vers un régime plus démocratique.

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