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Rwanda's lessons yet to be learned
Rwanda's lessons yet to be learned
Les FDLR doivent desarmer
Les FDLR doivent desarmer
Op-Ed / Africa

Rwanda's lessons yet to be learned

Originally published in The Boston Globe

AT A MOMENT during the forthcoming film "Hotel Rwanda" when all hope for a meaningful international response to the 1994 genocide seems lost, the main character Paul Rusesabagina proclaims, "We must shame them into helping." Nothing else had worked. Pictures, pleas, facts, international conventions, and United Nations resolutions all had produced a cowardly retreat by a world unwilling to stand up to evil.

The point of such a scene and such a film is not just to document the story of what happened so that we can understand it better. It is much more about the future, so that the overused phrase "Never Again" might one day have some shred of meaning, some shred of truth.

The future is now. In Congo and Sudan, unspeakable atrocities are being committed in the context of civil wars which have taken the lives of approximately six million people. The parallels of this modern-day holocaust to 1994's genocide in Rwanda are stark. Militias are doing most of the killing. Specific ethnic groups are targeted and inter-communal rivalries are stoked by governments. Hardliners are threatened by peace processes and commit crimes against humanity to promote instability.

The similarities in the international response to Rwanda then and to Congo and Sudan now are equally haunting. Lines of responsibility for war crimes continue to be muddied, in order to avoid making tough political choices about intervention or confrontation. Observing cease-fires that don't really exist are still favored over the application of real force or sanctions against the perpetrators.

Deadlines and warnings continue to be issued, with little consequence. Humanitarian Band-Aids remain our tool of choice, as we cite the millions of dollars in food aid we send to exonerate ourselves for not intervening to protect people from being murdered.

The failure to act forcefully in Sudan and Congo highlights how little progress the world has made since the events of 1994. These debacles also remind us that the world body chargged with leading the response to crises of this kind -- the United Nations Security Council -- remains unwilling or unable to confront the perpetrators of mass atrocities in the world's peripheral zones. Divisions within the Security Council over whether to act remain huge, and the divisions themselves become an excuse for inaction.

The main difference, however, between 1994 and today is that we still have time to act to help save lives in Congo and Sudan. Millions of lives. The death tolls have mounted in slow motion in Congo and Sudan compared to Rwanda, where 800,000 were killed in a hundred days, the fastest rate of killing in recorded history. It is not too late to act.

Let's go back to the lessons of the Rwandan genocide. It was perpetrated with ease by the Rwandan government and its militias because there was no accountability for the killing and no protection for the targets. These two ingredients -- accountability and protection -- are precisely what are missing from today's response in Congo and Sudan.

First, accountability. The message needs to be sent to the perpetrators and orchestrators of the killing that the days of impunity are over. That can be accomplished through a number of tools: international prosecution for war crimes, arms embargos, travel bans, and asset freezes, all focused on those that are most responsible.

Second, protection. When a government abdicates its responsibility to protect its own citizens, then all international efforts must go toward protecting those people. In both Sudan and Congo, international forces have been deployed to observe tenuous cease-fires. But the real problem is predatory militias (like the Sudan government-backed Janjaweed, or "devils on horseback") that prey upon civilians and carry out the political objectives of their patrons in nearby capitals.

The African Union force in Sudan and the UN force in Congo must both be greatly increased in size and have their mandates refocused on the protection of civilian life. To do that, the militias and their sponsors must be confronted. Leaving them free guarantees a continuation of the killing, and leaves the external forces with front row seats.

How the world responds to genocide and other crimes against humanity represents one of the greatest moral tests of our lifetime. Citizens all over the United States are mobilizing to tell our government that what is happening in Darfur is unacceptable. But that is only the beginning.

Let's remember Paul Rusesabagina's plea to shame the world into acting. Otherwise, just imagine the shame of 6 million more fresh graves.

Contributors

Former Program Co-Director, Africa
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Don Cheadle
Actor
Op-Ed / Africa

Les FDLR doivent desarmer

Originally published in Le Soir

Pourchassé par les armées du Congo (RDC) et du Rwanda et isolé politiquement par la communauté internationale, le groupe rebelle Hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a entamé depuis janvier 2009 une campagne de représailles massives contre la population des provinces du Kivu. Après 15 années de présence armée au Congo, Ignace Murwanashyaka, le président des FDLR qui réside en Allemagne, a conduit ses combattants dans une impasse politique et stratégique totale.

Le 6 août dernier, le président rwandais Paul Kagame était à Goma, la capitale du Nord-Kivu, pour s’entretenir avec son homologue congolais Joseph Kabila de coopération économique régionale et des suites de la campagne militaire que leurs forces avaient menée conjointement contre les FDLR au début de l’année. Alors que les deux anciens adversaires discutaient dans un hôtel de la ville, l’armée congolaise conduisait l’opération Kimia II à travers le Nord et le Sud-Kivu, pour désarmer les quelque 6.000 combattants restant des FDLR. En Europe, des diplomates étudiaient de nouvelles approches juridiques pour sanctionner les dirigeants du mouvement vivant dans leur pays, complices des violations des droits de l’homme commises par leurs troupes au Congo.

La situation actuelle des FDLR offre un contraste saisissant avec celle qui prévalait en 2002, lorsque le groupe rebelle bénéficiait encore du soutien officiel du gouvernement congolais.

A cette époque, les 15.000 à 20.000 combattants des FDLR constituaient une force d’appoint essentielle pour Kinshasa, dans son bras de fer permanent avec Kigali. Les dirigeants du mouvement, dont certains avaient participé au génocide de 1994 avant de se réfugier au Congo, tentaient d’imposer par la force leur retour politique au Rwanda. Malgré leur idéologie révisionniste et leur recours à la lutte armée, ils constituaient alors toujours des interlocuteurs légitimes aux yeux de membres modérés de l’opposition rwandaise en exil. Sur le terrain, les FDLR bénéficiaient également de la collaboration de certains Congolais, reprochant au Rwanda son occupation et les crimes de guerre commis contre les populations civiles pendant les deux guerres de 1996-1997 et de 1998-2003.

Suite à l’accord de paix de Pretoria de juillet 2002 qui contraint Kabila à mettre fin à l’alliance officielle entre Kinshasa et les FDLR, les membres du groupe armé rebelle n’ont plus eu les moyens militaires de combattre véritablement le régime de Kigali, comme en témoignait déjà l’échec cuisant de l’opération Oracle du Seigneur contre le Rwanda en mai-juin 2001. La hiérarchie des FDLR a donc maintenu ses combattants mobilisés, par l’espoir que la communauté internationale soutienne le concept de « dialogue inclusif interrwandais ». L’ouverture de ce dialogue, similaire au dialogue intercongolais de 2002 ayant conduit à la participation de divers chefs rebelles à un gouvernement de transition, aurait alors contraint Kagame à partager le pouvoir avec eux.

Aujourd’hui, la réalité est très différente de la propagande élaborée par la hiérarchie des FDLR pour motiver ses combattants. L’accumulation des témoignages documentant depuis sept ans la systématisation des crimes commis contre les populations civiles démontre que le groupe n’est pas un mouvement d’opposition armé en exil, mais une organisation criminelle d’occupation. Les années de fuite au Congo ont transformé le mouvement rebelle en une organisation tout entière vouée au pillage des ressources naturelles du Kivu.

Pour imposer leur contrôle aux populations locales, les FDLR multiplient régulièrement les atrocités, dont les massacres et les viols collectifs. Lors de l’opération Umoja Wetu menée par la coalition Rwanda-Congo de janvier à février 2009, les villageois du Nord-Kivu ont spontanément collaboré avec l’armée rwandaise. Surpris et furieux de ce qu’ils ont considéré être une trahison, les responsables du mouvement ont alors ordonné une campagne de représailles contre les civils congolais. Malgré les violations des droits de l’homme imputables aux soldats congolais, ce sont les rebelles rwandais qui portent la responsabilité principale des 800.000 nouveaux déplacés congolais observés depuis le début de l’année par les Nations unies au Kivu.

In fine, en dépit des lacunes démocratiques graves du régime rwandais, aucun projet politique ne saurait justifier cet asservissement des populations congolaises. L’absence de résultats significatifs obtenus par Umoja Wetu ou Kimia II démontre moins la capacité de résistance opérationnelle des FDLR aux tentatives de désarmement forcé que l’obstination de leurs responsables politiques à refuser la réalité de leur isolement et la dégradation considérable de leur situation stratégique ces derniers mois.

Les dirigeants des FDLR ne reprendront pas le pouvoir à Kigali par la force et aucun acteur extérieur n’imposera à Kagame leur présence dans un gouvernement de transition. La seule option des combattants du groupe rebelle réside dans le désarmement et leur réintégration à la vie civile au Rwanda ou dans un pays tiers.

En refusant d’admettre l’échec irrémédiable de son projet politique, Ignace Murwanashyaka retient en otage la population des Kivu de même que l’ensemble des combattants voulant désarmer. Il lui faut désormais tirer les conséquences de son isolement et de ses échecs, mettre fin à cette guerre qui n’a pas de sens ou tôt ou tard, assumer les conséquences judiciaires de ses actes.