icon caret Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Line Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Youtube
AU Heads of State Summit needs to whip Nkurunziza back into line
AU Heads of State Summit needs to whip Nkurunziza back into line
Protesters run after police fired tear gas during a protest against Burundi President Pierre Nkurunziza and his bid for a third term in Bujumbura, on 19 May 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Briefing 111 / Africa

Burundi : la paix sacrifiée ?

Les conditions pour une confrontation violente au Burundi sont réunies. Le putsch raté du 13 mai a renforcé l’opposition au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Après dix ans de paix, les lignes de fracture qui ont conduit le pays à la guerre civile risquent de réapparaître.

  • Share
  • Save
  • Print
  • Download PDF Full Report

Synthèse

Malgré l’échec de la tentative de putsch du 13 mai, la mobilisation contre le troisième mandat du président sortant Pierre Nkurunziza n’a pas faibli et la confrontation entre le pouvoir et ceux qui se rallient sous la bannière du mouvement « Halte au troisième mandat » s’intensifie. Plus de 90 000 Burundais ont fui leur pays et une épidémie de choléra vient de se déclarer là où ils sont les plus nombreux, dans l’ouest de la Tanzanie. Alors que le président reste sourd aux pressions internationales et compte organiser des élections municipales et législatives le 5 juin et le scrutin présidentiel le 26 juin, tous les éléments d’un conflit ouvert sont en place. Pour éviter une amplification de la spirale de violence, il ne faut pas seulement retarder les élections ; il faut aussi rétablir un climat politique et sécuritaire qui rende possible un scrutin pluraliste et libre. Le sommet de l’East African Community (EAC) organisé le 31 mai à Dar es Salaam en Tanzanie offre une occasion à saisir pour réfléchir et agir dans ce sens.

La semaine après la tentative de putsch a été marquée par la radicalisation du pouvoir et des tentatives d’arrestation de journalistes et de politiciens. Le 18 mai, le mouvement « Halte au troisième mandat » a lancé un mot d’ordre de reprise des manifestations à Bujumbura et la rue y a répondu avec conviction. De leur côté, les initiatives diplomatiques n’ont permis aucun progrès. Le dialogue entre les représentants du gouvernement et de l’opposition établi par l’envoyé spécial des Nations unies qui a été interrompu quelques jours après l’assassinat ce 23 mai de l’opposant Zedi Feruzi dans le quartier de Ngagara à Bujumbura reste fragile et l’opposition vient d’annoncer qu’elle ne participera pas aux élections.

Dans ce climat de peur et d’incertitude, plusieurs scénarii sont envisageables pour le futur immédiat du Burundi, allant du très improbable retrait de la candidature du président Nkurunziza aux bien plus dangereux chemins menant à un conflit plus ou moins violent et persistant. Toutefois, une issue pacifique est encore possible si les mesures suivantes, visant à apaiser les tensions électorales et améliorer les conditions sécuritaires et politiques, sont prises rapidement :

  • Lors du sommet de l’EAC, les présidents devraient demander au président burundais le report immédiat des scrutins de juin. Ils devraient également préconiser d’élaborer, sous l’égide de l’envoyé spécial des Nations unies, un nouveau calendrier électoral répondant à la fois aux attentes de l’opposition et du pouvoir en place, tout en s’assurant que les conditions sécuritaires et politiques nécessaires pour organiser les élections sont restaurées.
     
  • Parmi ces conditions figurent, entre autres, la libération des personnes arrêtées lors des manifestations, le rétablissement de la liberté d’expression, de réunion pour l’opposition et la liberté d’information pour les médias indépendants, l’accep­tation du déploiement des observateurs des droits de l’homme de l’Union africaine (UA) et l’usage proportionné de la force par les services de sécurité.
     
  • Certains médias ainsi que les discours des hommes politiques devraient faire l’objet d’un suivi précis, notamment par la société civile et par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), en termes d’incitation à la haine ethnique.
     
  • Le screening du personnel burundais envoyé dans les missions de maintien de la paix devrait être renforcé afin d’empêcher la participation des Imbonerakure et des services de sécurité burundais ayant pris part aux violences.
     
  • Enfin, les agences des Nations unies et les humanitaires devraient lancer une opération humanitaire dans l’ouest de la Tanzanie et au sud du Burundi afin d’endiguer l’épidémie de choléra.
     

En cas de refus par le pouvoir burundais de repousser les scrutins et d’un renforcement du climat répressif, les mesures suivantes devraient être prises :

  • Sur le plan de l’aide au développement, les donateurs du Burundi, devraient suivre l’exemple de la Belgique qui a publiquement annoncé le changement des modalités de son aide et envisage de la réorienter vers la société civile burundaise. Les bailleurs du Burundi devraient également suspendre toute aide budgétaire au gouvernement en place et réaffecter une partie de l’aide institutionnelle en aide humanitaire pour les réfugiés burundais.
     
  • L’Union Européenne (UE) devrait sans tarder initier les consultations prévues par l’article 96 de l’accord de Cotonou. Si ces dernières, relatives au respect par le Burundi des clauses prévues par l’article 9, devaient s’avérer peu concluantes, l’UE devrait suspendre son aide institutionnelle, en particulier son contrat d’appui à la consolidation de l’État (143 millions d’euros) qui comprend aide budgétaire et appuis sectoriels (justice, finances publiques et décentralisation). L’UE devrait davantage augmenter son soutien financier à la société civile et son aide humanitaire envers les réfugiés burundais.
     
  • Sur le plan judiciaire, le procureur de la CPI devrait ouvrir une enquête sur les violences et assassinats commis depuis le début des manifestations et établir la responsabilité du commandement des Imbonerakure et des services de sécurité burundais dans ces violences.
     
  • Sur le plan de la participation aux missions de maintien de la paix, l’Union africaine (UA), les Nations unies et les autres partenaires internationaux du Burundi devraient avertir le président Nkurunziza et les responsables des services de sécurité que la participation du Burundi à ces missions sur le continent sera réexaminée.

Bruxelles/Nairobi, 29 mai 2015

Op-Ed / Africa

AU Heads of State Summit needs to whip Nkurunziza back into line

Originally published in The East African

African heads of state should press Burundi to open the political space, in particular letting opposition politicians campaign freely and safely and allowing in international observers, in order to prevent a reprise of past violence or worse.

Presidential elections in Burundi are less than a year away and a repeat of the violence that marred the last poll seems likely.

In April 2015, President Pierre Nkurunziza sparked months of mass protests and brutal repression when he sought – and later won – a contested third term.

Since then, Nkurunziza and the ruling party pushed through a referendum to change the Constitution, potentially enabling the president to stay in power until 2034. Nkurunziza says he will not stand, but with the vote looming, tensions remain dangerously high.

Today, with many expecting government interference in the ballot and the risk of confrontations rising, the AU should act.

Four years ago, the African Union denounced Nkurunziza’s decision to seek a third term and refused to observe the subsequent polls, calling for their delay because the conditions were not conducive to free and fair elections.

Today, with many expecting government interference in the ballot and the risk of confrontations rising, the AU should act.

African heads of state should press the government to open the political space, in particular letting opposition politicians campaign freely and safely and allowing in international observers, in order to prevent a reprise of past violence or worse.

Already, there are worrying signs ahead of next year’s vote. Competition for power among ruling party cadres, although under the surface for now, remains acute.

Over 400,000 people fled to neighbouring countries following the 2015 violence and nearly 350,000 remain abroad. A small number of them have joined armed groups, which, although unable to have a strong impact, remain active in the region.

Opposition

In the country, the security services and the Imbonerakure, the ruling party’s youth militia, continue to crack down on the opposition, many of whose members have been attacked, arbitrarily arrested or killed, or have disappeared.

The National Congress for Liberty, long-time opposition leader Agathon Rwasa’s new party, has suffered a particularly ferocious assault.

Even the Catholic Church, the country’s primary moral authority, has come under verbal attack during government orchestrated protests. In February, the government forced the UN Human Rights Office to close its Burundian operations.

Meanwhile, uncertainty over Nkurunziza’s intentions adds a volatile element to the mix. Although he has said he will step down, many Burundians and international actors do not believe him.

Since 2015 and even before, senior officials, including in the army, have strongly objected to his presiding in perpetuity.

Indeed, this was a major cause of violence in 2015. If he does seek another term, he will face opposition from within the party and perhaps again on the streets.

This would increase the sense that the country is drifting ever further from the inclusivity enshrined in the 2000 Arusha peace agreement that brought an end to Burundi’s civil war.

Conversely, if he does not run, a likely scenario is a fierce struggle to succeed him within the ruling party. Intra-party competition in 2015 resulted in an attempted coup and subsequent violent crackdown.

Poll observers

After its initial firm reaction to Burundi’s violence and decision not to deploy observers for the 2015 vote, the AU became less involved.

That same year, it ceded responsibility for finding a solution to the crisis to the East African Community under the subsidiarity principle, whereby peace and security issues are dealt with at the most local level.

The EAC-led Inter-Burundi Dialogue, with Ugandan President Yoweri Museveni as chief mediator and former Tanzanian president Benjamin Mkapa as facilitator, tried – and failed – to mediate between the government and the opposition, both those in exile and those who remained in-country.

From the start of talks in May 2016, the Burundian government took an inflexible stance and remained intransigent throughout. The opposition eventually demonstrated greater willingness to compromise but to no avail.

For its part, the EAC, which was established to promote regional economic integration, was ill equipped and underfunded for a complex political mediation process.

Regional leaders, who were divided among themselves and did not see Burundi as a priority, gave Mkapa little support as he sought to bring the parties together.

The government did not even participate in the fifth and final round of talks, during which Mkapa drew up a roadmap to the 2020 elections that he presented as the basis for consideration by all parties.

If elections are to be more credible and peaceful, the government will have to compromise. At the very least, it should allow opponents – both those in the country and those currently in exile – to campaign freely in Burundi without intimidation, arrest or violence. It should also let external monitors observe preparations for the polls, voting and counting.

Smail Chergui, the AU’s Commissioner for Peace and Security, suggested during the UN Security Council meeting on Burundi on June 14 that the dialogue under EAC auspices resume as soon as possible.

Certainly face-to-face talks between the government and opposition could help build confidence. But in themselves they are unlikely to generate different results than previous attempts.

If such talks are to yield anything, the AU must press regional leaders to use all their influence to push Nkurunziza’s government toward a compromise.

This means that the AU itself engages at the highest level in both Bujumbura and neighbouring capitals. It should put additional pressure on Nkurunziza while encouraging regional leaders to do the same.

One important step would be to constitute an AU High-Level Delegation, similar to the one that visited Bujumbura in February 2016.

That delegation, comprising the presidents of Gabon, Mauritania, Senegal and South Africa, as well as Ethiopia’s prime minister, and authorised by the Assembly of AU Heads of State, visited Burundi only once.

Delegation’s mandate

The AU and others cannot remain unresponsive: they must do all they can to keep the Burundi crisis high on the international agenda.

Leaders should also extend the delegation’s mandate, either with the same members or a different composition, to focus on improving conditions for the 2020 elections and shoring up regional action on Burundi.

The AU should also ramp up its monitoring of Burundian politics. Since August 2015, it has deployed a small contingent of human rights observers and military experts in the country. It should negotiate with the Burundian authorities to dispatch more.

The AU team on the ground should monitor opposition politicians’ safety and evaluate electoral preparations, which may require the AU Heads of State to adjust the terms of reference.

The AU Peace and Security Council and the High-Level Delegation can use its reports to inform diplomatic efforts and help decide whether the AU should deploy election observers ahead of the 2020 polls.

Completely free and fair elections in 2020 are likely impossible. But with higher-level and more consistent and concerted African Union and regional engagement in the coming year, there is at least a chance to convince the government to allow the opposition to campaign free from harassment and for greater scrutiny of the vote. This would likely help avert a repeat of 2015’s tumult.

It would also preserve a degree of political pluralism, even if small, that might help prevent a worse slide into conflict. Most important, the AU and others cannot remain unresponsive: they must do all they can to keep the Burundi crisis high on the international agenda.

Contributors

Director of Africa Regional Advocacy
ElissaJobson
Deputy Project Director, Central Africa
PMvandeWalle