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Dialogue sur le Cameroun anglophone : le plus dur reste à faire
Dialogue sur le Cameroun anglophone : le plus dur reste à faire
Report 160 / Africa

Cameroun : Etat fragile ?

L’apparente stabilité du Cameroun est trompeuse : même s’il parvient à faire face aux défis qu’il doit relever à court terme, une détérioration de la situation sur le long terme pourrait provoquer des violences civiles.

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Synthèse

La stabilité apparente du Cameroun dans une région turbulente ne peut pas être considérée comme étant acquise. La cooptation des élites grâce à la distribution des ressources de l’Etat, et l’émigration de nombreux jeunes éduqués fournissent une soupape de sécurité contre les tensions, mais l’échec de la réforme et le maintien de pratiques caractéristiques de la mauvaise gouvernance ont amené beaucoup de Camerounais à ne plus croire en l’Etat de droit ou en la possibilité d’une transition politique pacifique. De multiples risques de conflit existent à l’approche des élections présidentielles de 2011 et au-delà. Ce rapport de fond, le premier de Crisis Group sur le Cameroun, analyse les racines historiques de l’impasse actuelle.

L’histoire du Cameroun révèle un schéma de périodes de stabilité apparente suivies de crises violentes. Au cours de longues périodes (début des années 1950, années 1970), les problèmes ont été masqués sans être résolus. A la fin des années 1950, des troubles généralisés ont accueilli l’interdiction du principal parti opposé à la domination française, et se sont transformés en une longue et sanglante guérilla. L’indépendance est accordée en 1960, mais dans un contexte de violences étendues. En 1961, alors que la partie Sud du Cameroun anglophone sous domination britannique vote pour rejoindre le Cameroun francophone, le Nord choisit de rester au sein de la fédération nigériane.

La fin des années 1960 et les années 1970 marquent une période de paix relative. Le régime nourrit une obsession pour l’unité et la stabilité après les traumatismes des années 1950, mais, après avoir combattu l’unique véritable mouvement de libération, il manque de légitimité historique. Il est autocratique, et le pluralisme et la diversité sont accusés de menacer de manière inacceptable le projet de construction de la nation. Néanmoins, l’économie croît, et un réel développement prend place.

La démission du président Ahidjo en novembre 1982 et la transmission du pouvoir à son Premier ministre, Paul Biya, se passe tout d’abord en douceur. Mais très vite, les tensions émergent, et aboutissent en avril 1984 à une tentative de coup d’Etat, dont on accuse les partisans d’Ahidjo. Elle est violemment réprimée et n’est suivie d’aucun processus de réconciliation, et le traumatisme de cette époque demeure une source d’amertume parmi beaucoup d’ha­bitants du Nord, la région d’origine d’Ahidjo. Parallèlement, certains Camerounais du Sud, y compris dans les forces de sécurité, ont un sentiment d’inachevé et craignent des actes de vengeance communautaire suite à la répression de 1984.

Au début des années 1990, des partis d’opposition voient le jour, et des élections multipartites sont organisées. Pendant deux ans et demi, le régime est sérieusement menacé dans les bureaux de vote et dans la rue, et les frustrations provoquent des violences généralisées en 1991. Mais après avoir survécu à ce nouveau défi, le président Biya et son parti parviennent à faire reculer les réformes et restaurent un régime autoritaire derrière une façade de pratiques démocratiques.

Aujourd’hui, le projet de construction nationale semble à bout, alors que l’économie stagne et que le chômage et les inégalités s’accroissent. L’économie est tirée en arrière par la corruption et l’inertie, et la population n’a vu que peu de la croissance économique principalement issue de l’exploitation des ressources naturelles du pays. Tandis que les forces de mobilisation potentielles sont faibles et dispersées, la colère populaire demeure forte.

Le régime a conservé ses vieux réflexes conservateurs, mais les expériences et attentes d’une population jeune ont évolué. L’opposition politique est affaiblie par des divisions internes et l’érosion de l’espace démocratique, ce qui limite les possibilités d’exprimer un mécontentement légitime. L’explosion de colère en février 2008, provoquée par la décision de Biya de faire modifier la constitution pour briguer un autre mandat présidentiel, a souligné les dangers de cette situation.

Le Cameroun partage un certain nombre de caractéristiques avec des pays qui ont connu un conflit civil, dont notamment des instances dirigeantes hautement centralisées et personnalisées, une manipulation politique des tensions ethniques et une corruption étendue. Même s’il parvient à surmonter les défis immédiats, la possibilité d’une détérioration, à long terme, qui provoquerait un conflit ouvert ne peut pas être exclue. En Côte d’Ivoire, une longue lutte pour la succession du président fondateur a posé les bases d’une guerre civile. Alors que le président Biya a maintenant 77 ans, et en l’absence de déclarations claires sur ses intentions, la question de la succession présidentielle ne peut qu’inquiéter.

Les événements en Guinée en décembre 2008, où un Etat de droit faible et la manipulation de la constitution ont servi de prétexte à de jeunes officiers pour prendre le pouvoir avec des conséquences désastreuses, invitent tous ceux qui s’intéressent au Cameroun à réfléchir. La constitution et l’Etat de droit de façon générale y sont peu respectés. La fin de la présidence Biya, la deuxième seulement qu’a connue le pays, risque fort d’être tendue. Mais elle pourrait aussi être une occasion d’engager les réformes nécessaires à la garantie de la stabilité à long terme du pays.

La communauté internationale a souvent fourni une aide décisive au régime camerounais. Bien que cette aide ait été accompagnée de pressions en faveur de réformes, très peu d’entre elles ont vu le jour. Le danger est que le régime voie maintenant dans toute ouverture une menace fondamentale à sa survie et durcisse ses positions à l’ap­proche de l’élection présidentielle.

La plupart des bailleurs de fonds et autres partenaires internationaux sont réticents à critiquer le régime et semblent prêts à tolérer son jeu du chat et de la souris de fausses réformes politiques et économiques. Mais un Cameroun instable, ou simplement quelques années supplémentaires de mauvaise gouvernance, risquent de menacer une région fragile. Ces problèmes soulèvent des inquiétudes légitimes au-delà du Cameroun et suggèrent un cas classique de prévention précoce d’un conflit. Mais les intérêts particuliers internationaux et nationaux devront être remis en cause pour engager les changements nécessaires afin d’éviter l’instabilité. Les bailleurs de fonds devraient peser de tout leur poids, à la fois financier et diplomatique, pour envoyer un message sans ambiguïté au gouvernement camerounais.

Dakar/Nairobi/Bruxelles, 25 mai 2010

Supporters of the ruling CPDM, Cameroon Pepole's Democratic Movement of incumbent Cameroonian President Paul Biya walk under the watch of a gendarme in the Omar Bongo Square in the majority English-speaking South West province in Buea, on October 3, 2018. AFP/Marco Longari
Statement / Africa

Dialogue sur le Cameroun anglophone : le plus dur reste à faire

President Paul Biya has proposed a national dialogue aimed at resolving the Cameroonian government’s conflict with Anglophone separatists. But the mooted dialogue will include neither separatists nor, it appears, other important English-speaking constituencies. Biya should allow greater Anglophone participation and neutral facilitation for the dialogue.

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Le 10 septembre, le président Paul Biya a proposé un dialogue national visant à dénouer le conflit qui oppose son gouvernement aux séparatistes anglophones et qui a, depuis deux ans, dévasté les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Cette initiative semble répondre à la fois à l’exaspération de la population face à l’incapacité des forces de sécurité à contrer les séparatistes, et aux inquiétudes croissantes que la crise suscite au niveau international. Le dialogue pourrait être l’occasion, pour son gouvernement et les dirigeants anglophones, de rechercher d’éventuelles solutions. Mais tel qu’envisagé, il exclut les dirigeants séparatistes et ne laisse que très peu de place aux anglophones qui soutiennent le fédéralisme sans remettre en cause les frontières actuelles du Cameroun. Il risque donc d’exacerber la frustration des anglophones, de creuser encore plus le fossé qui sépare les deux camps et de renforcer les tenants d’une ligne dure. Pour améliorer les perspectives du dialogue, le gouvernement devrait accorder plus de place aux anglophones, en particulier aux fédéralistes qui souhaitent y participer. Il devrait aussi rechercher un facilitateur neutre et accepter l’aide de l’Union africaine (UA) et de l’ONU. Un dialogue fructueux devra poser les jalons de nouveaux pourparlers entre le gouvernement et les anglophones de tous bords, y compris les séparatistes, dont le Cameroun ne pourra faire l’économie

L’annonce du président Biya survient dans un climat de violence persistante dans les régions anglophones. La crise a commencé fin 2016, sous la forme d’un mouvement de protestation contre la discrimination des anglophones dans les secteurs de l’éducation et de la justice. Elle s’est rapidement muée en conflit armé, à mesure que les forces de sécurité réprimaient les manifestants et que certains séparatistes anglophones prenaient les armes contre l’Etat.

Les rebelles combattent les forces de sécurité depuis 2017. Les deux camps auraient commis des exactions contre la population, notamment en incendiant des villages, en fermant des écoles et en tuant des civils. Ces violences auraient fait environ 3 000 morts, déplacé un demi-million de personnes à l’intérieur du pays, et poussé 40 000 autres à fuir au Nigéria; 700 000 enfants sont encore privés de scolarisation dans leur région d’origine, et un tiers de la population des régions anglophones a besoin d’aide humanitaire. Le 20 août, le gouvernement a condamné dix figures du mouvement séparatiste à la prison à perpétuité ; les séparatistes ont réagi en intensifiant leurs attaques. Début septembre, ils ont décrété un « lockdown », une grève générale qui a de nouveau empêché la rentrée des classes. Presque toutes les écoles des régions anglophones sont fermées depuis presque trois ans, les séparatistes ayant imposé, parfois violemment, un boycott de l’école.

Il est vital pour le Cameroun de trouver une issue à cette crise [alors que son] économie est en berne.

Il est vital pour le Cameroun de trouver une issue à cette crise. L’économie est en berne. Les activités de la Cameroon Development Corporation et de PAMOL, deux des plus grandes entreprises agricoles du pays, toutes deux détenues par l’Etat, ont ralenti de près de 80 pour cent. En septembre 2018, les entreprises implantées dans les régions anglophones ont annoncé des pertes d’un demi-milliard de dollars depuis le début de la crise. Les forces de sécurité, qui combattent non seulement les séparatistes anglophones à l’Ouest, mais aussi le groupe islamiste militant Boko Haram au Nord, sont dépassées. En outre, la crise politique déclenchée par l’emprisonnement du chef de file de l’opposition Maurice Kamto, qui continue de revendiquer la victoire à l’élection présidentielle de 2018, exacerbe les antagonismes communautaires à travers le pays.

Le dialogue proposé par le président Biya se tiendra du 30 septembre au 4 octobre au Palais des Congrès de la capitale Yaoundé. Il en a confié l’organisation au Premier ministre Joseph Dion Ngute, un anglophone.  Ngute a entamé des consultations auprès d’un large panel de Camerounais. La plupart, néanmoins, ne sont pas anglophones et ne jouent pas un rôle déterminant dans les régions anglophones du pays.

Les séparatistes anglophones, qui dominent de vastes zones de ces régions, n’y participeront pas. Ni eux ni le gouvernement ne semblent très enclins à la réconciliation. Quelques timides contacts informels ont eu lieu cette année entre les deux parties, mais les efforts internationaux de médiation se sont récemment heurtés à l’intransigeance des deux camps. Le 22 septembre, les principaux dirigeants séparatistes à l’étranger ont réaffirmé leur volonté de négocier avec le gouvernement, mais ont rejeté la proposition de dialogue qu’ils qualifient de « purement interne ». Ils n’ont pas manifesté la moindre intention de revenir sur les conditions qu’ils ont toujours posées pour participer à des pourparlers avec le gouvernement : qu’ils se déroulent en présence d’un médiateur international, à l’étranger, et que les termes de la séparation soient le principal point à l’ordre du jour. Le gouvernement n’a fait aucune concession qui pourrait les convaincre de revoir leur position. Il n’a pas appelé à un cessez-le-feu ; n’a pas envoyé d’invitation ni garanti la libre circulation des séparatistes en vue du dialogue ; et n’a fait aucun geste pour la libération des prisonniers anglophones (bien que Biya n’ait pas exclu l’éventualité de grâces pour les dirigeants séparatistes, à un stade ultérieur).

Même les anglophones plus conciliants craignent d’être marginalisés. Parmi eux figurent les fédéralistes, dont les appels à revenir aux dispositions constitutionnelles entre 1961 et 1972 qui réunissaient un Etat francophone et un Etat anglophone au sein d’un système fédéral, séduisent un grand nombre d’anglophones. Certains chefs de file fédéralistes sont très sceptiques quant aux intentions du président Biya, mais d’autres saluent le principe du dialogue. C’est le cas du Cardinal Christian Tumi, influent président de la Conférence générale anglophone (CGA), créée en juillet 2018 et qui réunit des figures anglophones catholiques, protestantes et musulmanes. La CGA a participé aux consultations menées par le Premier ministre  Ngute et sera présente au dialogue.

En prenant l’initiative de ce dialogue, le président Biya a reconnu publiquement, pour la première fois, qu’une approche sécuritaire ne pouvait à elle seule résoudre la crise.

Néanmoins, l’ordre du jour provisoire établi par le Premier ministre laisse peu de temps à la CGA pour présenter son point de vue. En outre, cette année, le gouvernement a empêché la CGA de se réunir pour définir une position anglophone commune. Les consultations du Premier ministre ayant impliqué un large éventail de représentants nationaux, dont beaucoup n’ont rien à voir avec la crise anglophone, le dialogue à venir risque de noyer les éventuelles propositions des anglophones dans une pléthore de préoccupations nationales. Dans ce cas, le dialogue ne permettra pas de prendre en compte les griefs des anglophones ou d’envisager des solutions telles que le fédéralisme, qui séduit de nombreux anglophones. En ne laissant pas suffisamment de temps de parole aux anglophones, le gouvernement risque de se tirer une balle dans le pied. Tenus à l’écart, les fédéralistes ne seront pas en mesure d’encourager les séparatistes à modérer leur position. Leur exclusion risque également d’entraver les discussions qui pourraient aider les fédéralistes à trouver un terrain d’entente avec les partisans d’une forme de décentralisation moins radicale – et beaucoup moins populaire parmi les anglophones –, qui consisterait à accorder une plus grande autonomie aux conseils régionaux qui devraient éventuellement être élus, notamment sur leur personnel, leur budget et l’éducation au niveau local.

Les intentions du président ne sont pas claires. Il agit probablement sous la pression des citoyens déçus de son incapacité à résoudre la crise, et des acteurs internationaux (notamment les Etats-Unis et l’UE), en particulier dans le contexte de l’Assemblée générale des Nations unies, à laquelle participe son ministre des Affaires étrangères. Il doit également jouer les équilibristes entre deux camps au sein du gouvernement et du parti au pouvoir. Certains hauts responsables ont publiquement affirmé que le dialogue s’inscrivait dans un processus à plus long terme – reconnaissant ainsi que le gouvernement devra prendre des mesures supplémentaires pour résoudre la crise. D’autres, plus belliqueux, semblent vouloir détourner le dialogue pour entraver toute tentative d’engager de réels pourparlers de paix et pour mieux faire entendre ceux qui encouragent le gouvernement à ne pas baisser les armes. En prenant l’initiative de ce dialogue, le président Biya a reconnu publiquement, pour la première fois, qu’une approche sécuritaire ne pouvait à elle seule résoudre la crise. Mais dans son discours du 10 septembre, il a évoqué la « marginalisation supposée » des anglophones, refusant par ces termes d’entendre leurs griefs et d’allumer véritablement le calumet de la paix. Dans le pire cas de figure, les tenants de la ligne dure pourraient tenter, lors du dialogue, de faire adopter des conclusions en décalage avec l’opinion anglophone, puis s’appuyer sur ces conclusions pour empêcher la tenue de pourparlers de paix.

Au sein de l’opposition francophone, certains se félicitent de ce dialogue qui représente à leurs yeux – malgré ses défauts – une occasion de sortir d’une crise qui menace de plonger le pays dans une véritable guerre civile. Ils estiment que dans le contexte actuel de violence, il est essentiel de saisir toutes les chances, aussi minces soient-elles, de trouver un accord négocié. « Le président s’est peut-être contenté d’ouvrir une fenêtre plutôt qu’une porte », a-t-on ainsi confié à Crisis Group à Yaoundé, « mais qu’à cela ne tienne, passons par la fenêtre ».

Même en cas de dialogue plus équilibré, il restera crucial d’engager des pourparlers plus approfondis en présence d’un médiateur entre le gouvernement et les chefs de file anglophones.

Quant aux partenaires étrangers du Cameroun, le gouvernement français, l’UE, l’UA et l’ONU ont également salué ce dialogue, tout en demandant qu’il soit plus inclusif. En privé, de nombreux diplomates à Yaoundé s’inquiètent du peu de temps imparti aux préparatifs et à la tenue du dialogue, étant donnée la complexité des enjeux, et de l’absence de facilitateurs neutres et chevronnés ; ils émettent aussi des réserves sur l’ordre du jour et la multitude de participants sans lien direct avec la crise anglophone.

Dans le peu de temps qu’il reste avant la tenue du dialogue, le gouvernement pourrait augmenter ses chances de contribuer à une sortie de crise en prenant les mesures suivantes :

  • Accorder un temps de parole adéquat aux anglophones, y compris aux fédéralistes, pour qu’ils puissent présenter leurs propositions. Cela impliquerait de réduire le temps de parole prévu pour la multitude de francophones que le Premier ministre a consultés au cours de la phase préparatoire ;
  • Rechercher un facilitateur bénéficiant de la confiance de tous les acteurs, à la différence du Premier ministre  Ngute, dont le gouvernement est partie au conflit.
  • Accepter les offres de bons offices de l’UA et de l’ONU pour aider à surmonter les clivages entre les fédéralistes anglophones et le gouvernement, avant ou pendant le dialogue.

Même en cas de dialogue plus équilibré, il restera crucial d’engager des pourparlers plus approfondis en présence d’un médiateur entre le gouvernement et les chefs de file anglophones. Il est primordial d’ouvrir des canaux de communication avec les séparatistes, ce qui nécessitera probablement de nombreuses navettes diplomatiques et des mesures visant à renforcer la confiance des deux côtés. Le gouvernement pourrait libérer certains détenus et rebelles signalant, sans doute discrètement dans un premier temps, qu’ils sont disposés à accepter un cessez-le-feu et à assouplir leur position sur l’indépendance. Le gouvernement devrait également envisager d’ouvrir des pourparlers directs avec les fédéralistes qui peuvent peut-être contribuer à convaincre les séparatistes d’abandonner la lutte armée. Cela impliquerait, en premier lieu, d’autoriser la réunion de la Conférence générale anglophone, qui réunirait une grande diversité d’anglophones. Les acteurs internationaux qui entretiennent des relations étroites avec le Cameroun et disposent ainsi d’une certaine influence sur son gouvernement devraient garder un œil sur le pays et encourager le président Biya à entamer ce type de pourparlers. En attendant, le dialogue de fin septembre permet au moins de garder l’option du dialogue sur la table et ainsi de juguler la guerre civile.