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CrisisWatch 2019: December Trends & January Alerts
CrisisWatch 2019: December Trends & January Alerts
Briefing 101 / Africa

Cameroun : mieux vaut prévenir que guérir

La stabilité apparente du Cameroun dissimule une multitude tensions internes et externes qui menacent le futur du pays. Sans un changement social et politique, un Cameroun fragilisé pourrait devenir un autre foyer d’instabilité dans la région.

Synthèse

L’apparente stabilité du Cameroun et les récentes améliorations institutionnelles ne dissimulent plus sa vulnérabilité. Alors que le régime du président Paul Biya a verrouillé le jeu électoral et consolidé son emprise, la vie politique est anémiée, le mécontentement social se généralise et de nouvelles menaces sécuritaires émergent. La combinaison des menaces externes (Boko Haram et la crise centrafricaine) et de l’in­satisfaction interne constitue un cocktail déstabilisateur. Paradoxalement, la force du régime ne réside pas dans le parti au pouvoir ou les services de sécurité, mais dans le fait que la plupart des Camerounais pensent que ce régime est un moindre mal. Pour minimiser le risque de crise violente avant la prochaine élection en 2018, le pouvoir et l’opposition doivent renouer le dialogue et s’accorder sur une profonde réforme politique et institutionnelle.

La question pour tous les observateurs de la vie politique camerounaise, qu’ils soient camerounais ou étrangers, est toujours la même : celle de la transition politique post-Biya et de la stabilité du pays. Après 32 années de présidence, Paul Biya, âgé de 81 ans et réélu en 2011 pour sept ans, ne semble pas prêt à renoncer au pouvoir en 2018. L’International Crisis Group soulignait déjà en 2010 les fragilités dissimulées par le statu quo non violent et les dangers d’une trop grande fracture entre le régime et la société. Depuis lors, les fragilités se sont accentuées.

Malgré des améliorations institutionnelles demandées de longue date par l’op­po­sition et la société civile (nouveau code électoral et création du Sénat), le parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), exerce toujours une domination outrancière du champ politique. Sur fond d’allégations de fraudes électorales, les scrutins de 2011 et 2013 ont réduit l’opposition à un rôle de figurant au parlement, dans les villes et communes, et signifié l’improbabilité d’une alternance par les urnes.

Malgré la prolifération des médias et des associations, la société civile a perdu l’in­fluence qu’elle avait durant les années 1990. Une partie est sous l’influence du régime, l’autre sous la perfusion des financements étrangers. A cause de la corruption, du chômage et de la pauvreté, le secteur des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations est devenu un véritable marché, avec comme conséquence une faible influence sur les politiques publiques.

Par ailleurs, certains des piliers du régime se fissurent. Le RDPC est travaillé par des tensions internes tandis que les forces de sécurité apparaissent divisées et sous forte pression. Leur mise à l’épreuve par les menaces extérieures que sont Boko Haram, qui a étendu ses activités à l’extrême Nord du Cameroun, et la crise centrafricaine, pourrait accentuer la fragilité de l’appareil de sécurité et amplifier le mécontentement interne.

La conjonction d’une pression sécuritaire externe et d’un blocage social et politique interne est un cocktail explosif en cas de transition imprévue. Comme l’ont démontré les scrutins de 2011 et 2013, ni l’opposition ni la société civile ne sont en mesure de canaliser un mécontentement social qui s’approfondit sur fond de fracture générationnelle et laisse augurer des luttes sociales violentes, marquées par l’irruption des cadets sociaux. La population majoritairement jeune (l’âge moyen de la population est de dix-neuf ans) et souvent sans emploi perçoit l’élite dirigeante vieillissante comme le principal facteur de blocage du pays.

Les recommandations du précédent rapport de Crisis Group (transparence du processus électoral, mise en place des institutions prévues par la Constitution et réforme de la lutte contre la corruption) demeurent valides. Elles doivent être complétées par un accord de gestion de la transition post-Biya entre les tenants du régime, l’opposition et la société civile, garanti par un témoin international (l’Union africaine) et qui prévoit :

  • la création d’un cadre de dialogue entre le pouvoir et l’opposition pour négocier et adopter les réformes institutionnelles ;
     
  • le rajeunissement de la classe politique camerounaise, notamment par l’instau­ration de quotas d’âge dans les instances dirigeantes des partis politiques ;
     
  • la promesse du président Biya de ne pas se représenter en 2018 en échange d’une absence de poursuites (hors crimes relevant du statut de Rome) et du maintien de ses avoirs ;
     
  • l’organisation de primaires dans les partis politiques camerounais, y compris au sein du parti au pouvoir, avant 2018 ;
     
  • la réorganisation des modes de désignation des membres de la Cour suprême, du Conseil constitutionnel et de l’instance chargée de l’organisation des élections pour garantir l’indépendance de ces organismes ; et

la réduction du mécontentement au sein des forces de défense par l’octroi des mêmes équipements, salaires et avantages financiers aux unités d’élite et aux unités de l’armée régulière déployées à l’extrême Nord, et par leur rotation régulière.

Nairobi/Bruxelles, 4 septembre 2014

Commentary

CrisisWatch 2019: December Trends & January Alerts

The latest edition of Crisis Group's monthly conflict tracker highlights dangers of escalating conflict in Central African Republic, Mozambique, Iran, Iraq and Libya.

In December, retaliatory attacks in Iraq raised U.S.-Iran tensions to new heights, compounding Iraq’s political and security woes and presaging further escalation in January. In Syria, regime and Russian forces stepped up their offensive in the north west, and Turkey’s potential deployment of troops in Libya could add fuel to the fire. In Burkina Faso, suspected jihadist attacks and intercommunal violence surged, and in Niger jihadists carried out a major assault against security forces. Boko Haram intensified its attacks in Cameroon’s far north and Chad’s west. Fighting erupted in the capital of the Central African Republic and picked up momentum in the north east, where a battle for the provincial capital looms. In Mozambique, suspected Islamist militants intensified their insurgency in the far north, and an armed opposition faction may follow through on its threat to mark the president’s inauguration on 15 January with attacks on civilians. North Korea threatened to resume nuclear and long-range missile tests; India’s controversial citizenship law sparked widespread protests; and a tide of killings shook the prison system in Honduras. On the positive side, an independence referendum was held in Papua New Guinea’s Bougainville, part of the 2001 peace agreement, and the resolution of a political dispute in Somaliland could open the way for parliamentary and local elections.

In the Middle East and North Africa, the U.S.’s incendiary killing of Iranian General Qassem Soleimani in Iraq early in the New Year followed a month of escalatory strikes between the U.S. and Iran’s allies. Responding to a series of attacks on U.S. assets, including one that killed a U.S. contractor, the U.S. launched airstrikes on the Iran-backed militia Kataib Hizbollah, killing at least 25. Militia members and their supporters protested outside the U.S. embassy in Baghdad, breaking into the compound and setting the scene for further escalation in January. The confrontation compounded Iraq’s own political and security problems: wrangling over who will succeed Adel Abdul-Mahdi as Prime Minister prolonged the country’s political paralysis and security forces continued their deadly crackdown on anti-government protests. In neighbouring Syria, regime and Russian forces intensified airstrikes and a ground offensive in the north west, taking territory from rebels. In Libya, forces answering to Field Marshal Khalifa Haftar made some advances in their campaign to take the capital Tripoli from the UN-backed Government of National Accord (GNA). Turkey’s potential deployment of troops to help the GNA could escalate fighting in coming weeks.

In Africa, suspected jihadist attacks and intercommunal violence surged in Burkina Faso’s east and north, and in neighbouring Niger members of Islamic State’s Sahel affiliate continued to launch attacks against the military in the west near the Malian border, including one that killed 71 soldiers, the deadliest attack against security forces in the country’s history. In the Lake Chad basin, Boko Haram increased the rate and deadliness of its attacks in both the Far North region of Cameroon and in western Chad. In northern Mozambique, suspected Islamist militants also intensified their attacks on civilians and security forces, while a spate of deadly raids against civilian traffic hit the centre of the country; the breakaway armed faction of opposition party Renamo denied responsibility, but threatened strikes in the area on 15 January, the day President Nyusi is due to be sworn in for his second term. Violence erupted over informal taxes in Bangui, capital of the Central African Republic, leaving at least 50 dead, and fighting intensified between armed groups, especially in the north east, where a fierce fight for the provincial capital Birao is imminent. Good news from Somaliland, where the ruling and opposition parties resolved their long-running dispute over the composition of the electoral commission, opening the way for delayed parliamentary and local polls.

In Asia, North Korea threatened to resume nuclear and long-range missile tests, placing the blame on the U.S.’s continued “hostile policy” toward the DPRK. During the Workers’ Party conference on 28-31 December, Kim Jong-un warned that Pyongyang will soon possess a “new strategic weapon”. In India, a controversial citizenship law sparked protests across the country, leading to deadly clashes with security forces that left dozens dead, including at least nineteen in Uttar Pradesh. In Papua New Guinea, the autonomous region of Bougainville successfully held a non-binding referendum on whether to become independent of the national government. The vote, which had been delayed twice in 2019, was part of the 2001 Bougainville Peace Agreement, which ended ten years of conflict over revenues from mining and its environmental impact. Residents voted overwhelmingly for independence.

In Latin America, a series of killings shook the penitentiary system in Honduras, prompting President Hernández to impose a state of emergency in prisons. Unidentified assailants killed both a high-profile lawyer and the director of El Pozo jail, and mutinies broke out in several prisons, leaving dozens of detainees dead.

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Contributors

Director of Research
iarradon
Senior Research Analyst
neddalby