Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Youtube
Cameroun : mieux vaut prévenir que guérir
Cameroun : mieux vaut prévenir que guérir
CrisisWatch 2018 June Trends & July Alerts
CrisisWatch 2018 June Trends & July Alerts
Briefing 101 / Africa

Cameroun : mieux vaut prévenir que guérir

La stabilité apparente du Cameroun dissimule une multitude tensions internes et externes qui menacent le futur du pays. Sans un changement social et politique, un Cameroun fragilisé pourrait devenir un autre foyer d’instabilité dans la région.

Synthèse

L’apparente stabilité du Cameroun et les récentes améliorations institutionnelles ne dissimulent plus sa vulnérabilité. Alors que le régime du président Paul Biya a verrouillé le jeu électoral et consolidé son emprise, la vie politique est anémiée, le mécontentement social se généralise et de nouvelles menaces sécuritaires émergent. La combinaison des menaces externes (Boko Haram et la crise centrafricaine) et de l’in­satisfaction interne constitue un cocktail déstabilisateur. Paradoxalement, la force du régime ne réside pas dans le parti au pouvoir ou les services de sécurité, mais dans le fait que la plupart des Camerounais pensent que ce régime est un moindre mal. Pour minimiser le risque de crise violente avant la prochaine élection en 2018, le pouvoir et l’opposition doivent renouer le dialogue et s’accorder sur une profonde réforme politique et institutionnelle.

La question pour tous les observateurs de la vie politique camerounaise, qu’ils soient camerounais ou étrangers, est toujours la même : celle de la transition politique post-Biya et de la stabilité du pays. Après 32 années de présidence, Paul Biya, âgé de 81 ans et réélu en 2011 pour sept ans, ne semble pas prêt à renoncer au pouvoir en 2018. L’International Crisis Group soulignait déjà en 2010 les fragilités dissimulées par le statu quo non violent et les dangers d’une trop grande fracture entre le régime et la société. Depuis lors, les fragilités se sont accentuées.

Malgré des améliorations institutionnelles demandées de longue date par l’op­po­sition et la société civile (nouveau code électoral et création du Sénat), le parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), exerce toujours une domination outrancière du champ politique. Sur fond d’allégations de fraudes électorales, les scrutins de 2011 et 2013 ont réduit l’opposition à un rôle de figurant au parlement, dans les villes et communes, et signifié l’improbabilité d’une alternance par les urnes.

Malgré la prolifération des médias et des associations, la société civile a perdu l’in­fluence qu’elle avait durant les années 1990. Une partie est sous l’influence du régime, l’autre sous la perfusion des financements étrangers. A cause de la corruption, du chômage et de la pauvreté, le secteur des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations est devenu un véritable marché, avec comme conséquence une faible influence sur les politiques publiques.

Par ailleurs, certains des piliers du régime se fissurent. Le RDPC est travaillé par des tensions internes tandis que les forces de sécurité apparaissent divisées et sous forte pression. Leur mise à l’épreuve par les menaces extérieures que sont Boko Haram, qui a étendu ses activités à l’extrême Nord du Cameroun, et la crise centrafricaine, pourrait accentuer la fragilité de l’appareil de sécurité et amplifier le mécontentement interne.

La conjonction d’une pression sécuritaire externe et d’un blocage social et politique interne est un cocktail explosif en cas de transition imprévue. Comme l’ont démontré les scrutins de 2011 et 2013, ni l’opposition ni la société civile ne sont en mesure de canaliser un mécontentement social qui s’approfondit sur fond de fracture générationnelle et laisse augurer des luttes sociales violentes, marquées par l’irruption des cadets sociaux. La population majoritairement jeune (l’âge moyen de la population est de dix-neuf ans) et souvent sans emploi perçoit l’élite dirigeante vieillissante comme le principal facteur de blocage du pays.

Les recommandations du précédent rapport de Crisis Group (transparence du processus électoral, mise en place des institutions prévues par la Constitution et réforme de la lutte contre la corruption) demeurent valides. Elles doivent être complétées par un accord de gestion de la transition post-Biya entre les tenants du régime, l’opposition et la société civile, garanti par un témoin international (l’Union africaine) et qui prévoit :

  • la création d’un cadre de dialogue entre le pouvoir et l’opposition pour négocier et adopter les réformes institutionnelles ;
     
  • le rajeunissement de la classe politique camerounaise, notamment par l’instau­ration de quotas d’âge dans les instances dirigeantes des partis politiques ;
     
  • la promesse du président Biya de ne pas se représenter en 2018 en échange d’une absence de poursuites (hors crimes relevant du statut de Rome) et du maintien de ses avoirs ;
     
  • l’organisation de primaires dans les partis politiques camerounais, y compris au sein du parti au pouvoir, avant 2018 ;
     
  • la réorganisation des modes de désignation des membres de la Cour suprême, du Conseil constitutionnel et de l’instance chargée de l’organisation des élections pour garantir l’indépendance de ces organismes ; et

la réduction du mécontentement au sein des forces de défense par l’octroi des mêmes équipements, salaires et avantages financiers aux unités d’élite et aux unités de l’armée régulière déployées à l’extrême Nord, et par leur rotation régulière.

Nairobi/Bruxelles, 4 septembre 2014

Commentary

CrisisWatch 2018 June Trends & July Alerts

The latest edition of Crisis Group’s monthly conflict tracker highlights dangers of escalating conflict in Yemen, Syria and Somaliland. CrisisWatch also notes improved relations between Ethiopia and Eritrea, South Sudan’s leaders, Macedonia and Greece, as well as diplomatic engagement between North Korea and the U.S.

In June, Yemeni forces backed by the United Arab Emirates accelerated their offensive to take the Huthi-held city of Hodeida. A fleeting opportunity exists to find a mediated settlement and avoid prolonged urban warfare. In Syria, pro-government forces intensified efforts to retake territory in the south west, risking worse violence in July, while in Libya, new fighting over oil facilities aggravated tensions. The conflict between Somalia’s Puntland and Somaliland spread, and looks set to escalate; attacks linked to Nigeria’s farmer-herder conflict left over 200 dead; and radical Islamists in Mozambique stepped up attacks. The month saw heightened political rivalry in Tunisia, and election-related violence in Zimbabwe and Papua New Guinea. High-level engagement between North Korea and the U.S. paved the way for a diplomatic process, and Macedonia and Greece reached an agreement on their name dispute. Opportunities to advance peace opened up in Africa with Ethiopia and Eritrea taking tentative steps to address their border dispute, and South Sudan’s warring leaders signing an initial framework agreement.

In Yemen, forces backed by the United Arab Emirates stepped up their offensive to take the port city of Hodeida from Huthi rebels, pushing up to the city’s southern suburbs. As we explained, mediation efforts led by UN Special Envoy Martin Griffiths toward a solution that safeguards all sides’ vital interests could – with strong international pressure on the warring parties – produce a settlement for the city, and serve as a basis for talks on a way out of the wider conflict. But if the belligerents continue to reject his proposals, a battle for Hodeida – home to 600,000 – would likely have devastating humanitarian consequences.

In Syria, pro-government forces – backed by Russian air power – ramped up their campaign to retake territory toward the Jordanian border, raising the risk of further escalation in July. Fighting again rocked Libya’s oil industry. Field Marshal Khalifa Haftar’s east-based Libyan National Army was forced to cede and then retook oil export terminals at Sidra and Ras Lanuf. Its announcement that oil sales from areas under its control would go through the east-based National Oil Corporation, unrecognised internationally, further aggravated political tensions and risks deepening the country’s economic woes.

A feud between Tunisia’s prime minister, Youssef Chahed, and President Essebsi intensified, with Chahed firing the interior minister, Essebsi’s ally. Ahead of the 2019 presidential election, the rivalry is polarising the political field and could hamper much needed legislative reform.

Fighting between Somaliland and Somalia’s semi-autonomous Puntland region over contested territory spread from Tukaraq – where both sides continued to beef up their positions – to Las Anod, capital of the disputed Sool area. Incendiary rhetoric from both sides bodes ill. To stave off war, the UN – backed by Somalia and Ethiopia – should renew its mediation to broker a ceasefire, ensure both sides commit to withdraw troops, allow in humanitarian aid and launch talks aimed at a long-term settlement.

In Mozambique’s neglected and predominantly Muslim far north, Islamist militants, active since October, stepped up the rate of attacks, raiding some seven villages and killing at least 39 people. Ahead of Zimbabwe’s elections in July, an explosion at a rally for President Mnangagwa killed two and raised concerns for security around the vote. In Nigeria, attacks linked to the conflict between herding and farming communities took a yet more horrifying toll; over 200 are thought to have been killed in attacks and reprisals over five days in Plateau state.

Violence erupted in Papua New Guinea’s Southern Highlands province as protesters, angry about a failed court challenge to the 2017 provincial election result, set fire to an aeroplane and official buildings in the provincial capital, prompting the government to declare a state of emergency and deploy troops.

A historic summit between North Korean leader Kim Jong-un and U.S. President Donald Trump on 12 June produced a vague statement including a reaffirmation by Pyongyang of its commitment to work toward “complete denuclearization” of the peninsula. As Crisis Group wrote, the summit represented a shift from a confrontational track to a diplomatic one, but needs to be followed by the hard work of hammering out a path toward denuclearisation. Later in the month, U.S. officials were quoted saying that Pyongyang has been stepping up production of enriched uranium at secret sites.

Macedonia and Greece signed a historic agreement resolving their decades-long dispute over Macedonia’s official name, now to be the Republic of North Macedonia. The deal, which still needs to be ratified in the face of opposition in both countries, unblocks Greek opposition to Macedonia joining the European Union and NATO.

Relations between Ethiopia and Eritrea, hostile since the 1998-2000 border war, began to thaw. Ethiopian Prime Minister Abiy’s pledge to cede contested territory and initial talks opened the door to greater neighbourliness and regional stability. In another boon for the region, South Sudan’s warring leaders, President Salva Kiir and former Vice President Riek Machar, signed an initial framework agreement to enact a ceasefire, work toward a new transitional government and, with Sudan, secure the oil fields. We welcomed this best, and only, hope for a breakthrough and urged other African leaders to lend it cautious support.

Go to CrisisWatch.

Contributors

Director of Research & Special Adviser on Gender
iarradon
Research Manager
BranczikAmelia
Senior Research Analyst
neddalby