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Afrique centrale : les défis sécuritaires du pastoralisme
Afrique centrale : les défis sécuritaires du pastoralisme
The U.N. Security Council Finally Considers Weighing In on Climate Security
The U.N. Security Council Finally Considers Weighing In on Climate Security
Report 215 / Africa

Afrique centrale : les défis sécuritaires du pastoralisme

Une régulation inclusive du pastoralisme, qui a apaisé les tensions dans certaines zones du Sahel, devrait être étendue à la République démocratique du Congo (RDC) et à la République centrafricaine (RCA) avant que les conflits liés à la progression du pastoralisme vers le sud ne prennent de l’ampleur.

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Synthèse

La pénétration du pastoralisme qui s’accentue depuis plusieurs années en Afrique centrale génère des conflits à la fois fréquents et ignorés dans un monde rural où l’empreinte de l’Etat est particulièrement faible. Ces conflits s’intensifient sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs : l’insécurité croissante, le changement climatique qui pousse les pasteurs toujours plus au sud, l’éclatement des couloirs traditionnels de transhumance, notamment transfrontaliers, l’extension des cultures et l’augmenta­tion des cheptels qui entrainent une compétition accrue sur les ressources naturelles. Même si les défis sécuritaires du pastoralisme ne sont pas de même intensité dans les trois pays étudiés dans ce rapport (Tchad, République centrafricaine et République démocratique du Congo), ils ont deux dénominateurs communs : l’impéra­tif d’une prise en compte de ce problème par les pouvoirs publics et la nécessité d’une régulation de la transhumance qui inclue les différents acteurs concernés.

Bien que, dans les pays sahéliens comme le Tchad, le pastoralisme soit une source de richesse considérable et permette de créer des interdépendances économiques fortes entre agriculteurs et éleveurs, de nombreux conflits émergent dans le sillage des troupeaux. Ces conflits relèvent habituellement de la compétition pour l’eau et les pâturages. Mais ils prennent une tournure plus complexe dans la région concernée – Tchad, République centrafricaine (RCA) et Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC) – pour deux raisons : les écosystèmes pastoraux ne s’arrêtent pas aux frontières des Etats et la transhumance ouvre de nouveaux fronts pionniers en Afrique centrale.

Les transhumances transfrontalières, notamment celle des éleveurs tchadiens en RCA, s’accompagnent de violents affrontements entre transhumants et populations locales. Bien avant que n’éclate la crise centrafricaine à la fin de l’année 2012, ces phénomènes avaient déjà pris une ampleur alarmante : suite au pillage de leurs villages par les transhumants, plusieurs milliers de Centrafricains ont fui et trouvé refuge dans des camps de déplacés au Nord du pays. Ces violences ont été facilitées par la faiblesse de la coopération bilatérale entre le Tchad et la RCA sur la question de la transhumance, par la modification des itinéraires, par l’évolution du profil des pasteurs et des convoyeurs de bétail et leur militarisation croissante.

Plus au sud, la récente migration d’éleveurs peul mbororo, qui sont originaires de plusieurs pays d’Afrique centrale, en Province orientale, à la périphérie de la RDC, génère une cohabitation inhabituelle et des tensions avec les populations et les autorités congolaises. Oscillant entre la répression et l’apaisement suite au moratoire sur l’expulsion de ces éleveurs décidé en 2012, les autorités congolaises n’ont pas apporté à ce jour de réponse efficace aux problèmes posés par leur installation récente en Province orientale. Leur régularisation temporaire doit être envisagée et doit s’ac­compagner d’un vrai bénéfice économique pour la Province, notamment grâce au développement volontariste de l’élevage dans ces espaces très faiblement peuplés.

Contrairement aux pays sahéliens comme le Niger ou le Tchad, qui reçoivent le soutien de partenaires internationaux pour répondre aux défis du pastoralisme et prennent des mesures encore partielles mais réelles pour atténuer ce type de conflits, la RCA et le Nord-Est de la RDC ne régulent pas la transhumance et sont incapables de faire face aux violences. En outre, les gouvernements congolais et centrafricain sont absorbés par d’autres priorités sécuritaires. Mais si le pouvoir situé à des centaines ou des milliers de kilomètres peut se permettre de négliger les violences récurrentes liées au pastoralisme, les populations rurales qui en sont les principales victimes ne le peuvent pas. Ces problèmes s’inscrivent dans un temps long et peuvent dégénérer en conflits intercommunautaires très violents : ils constituent l’ar­rière-plan des affrontements entre Peul et milices anti-balaka en Centrafrique en ce moment.

Si les autorités tchadiennes, de concert avec des partenaires internationaux comme l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne (UE), ont entrepris de sécuriser les parcours de transhumants, d’adapter la législation pastorale et de renforcer la filière élevage, la Centrafrique et la RDC doivent encore se doter d’un système de régulation de la transhumance et peuvent pour cela s’inspirer de certaines initiatives mises en œuvre au Tchad. Les deux pays devraient les combiner avec des mesures de cohabitation entre Peul et population locale en RDC et avec une charte sur la transhumance entre Tchadiens et Centrafricains qui permette une régulation participative de celle-ci en RCA.

Les mesures préconisées dans ce rapport peuvent être entreprises dès maintenant en RDC, où le gouvernement s’efforce de relancer l’agriculture. En revanche, en Centrafrique, elles ne pourront être mises en œuvre que lorsque le pays aura surmonté la crise actuelle et que les tensions entre N’Djaména et Bangui seront apaisées. Toutefois, sous l’égide de l’organisation régionale en charge de l’élevage, débattre de la question de la transhumance avant le début de la saison en octobre pourrait être une occasion de renouer et normaliser les relations entre les deux pays à partir d’un problème concret et dangereux.

Op-Ed / Global

The U.N. Security Council Finally Considers Weighing In on Climate Security

Originally published in World Politics Review

The United Nations Security Council may be about to pass its first-ever resolution on the implications of climate change for peace and security. The council has talked about climate security since 2007, and it has acknowledged that environmental challenges such as droughts and degradation of farming land can fuel conflicts in regions like the Sahel and the Horn of Africa. But it has not laid out a systematic approach to assessing these risks or responding to them.

This could be about to change, as Niger and Ireland—two elected members of the council—plan to table a resolution on climate security this week. The draft asks U.N. Secretary-General Antonio Guterres to prepare a global study of climate security risks. It also encourages U.N. peace operations to pay more attention to these threats. These are quite tentative steps, but they would put the U.N.’s treatment of climate security on a sounder footing.

Coming after the underwhelming outcome of last month’s Glasgow summit on climate change, a Security Council resolution on the topic would also offer an encouraging signal about multilateral institutions’ capacity to respond to global warming. Yet the resolution could still fall victim to major power tensions at the U.N., as China and Russia may block it.

The proposed resolution enjoys widespread support among council members. Germany convened talks on a similar text last year, but shelved it when the climate-skeptical Trump administration promised to veto it. This year, the Biden administration indicated it would support a resolution. This encouraged Ireland and Niger to lead discussions on a new draft, with help from Norway and Kenya. Twelve of the 15 council members back the resolution.

Council members say that it is important that their African colleagues have led the charge on the resolution. Nigerien and Kenyan officials have been clear that they see climate change as threatening their national security, making it hard for its opponents to say it is unnecessary.

A chorus of other states inside and outside the council have flagged their support. Small island states have been vocal about the threat of rising seas to their existence, and Vietnam organized an informal council discussion of sea level rise last month ahead of the Glasgow summit.

Yet the resolution has had powerful opponents. China and Russia have voiced doubts about the proposal. India, an elected member of the council, has also been dismissive. The three skeptics say that there is still not enough evidence of the links between climate change and conflict to warrant a Security Council resolution. They also argue that the council risks trespassing on topics that other multilateral bodies, such as the U.N. Framework Convention on Climate Change, or UNFCC, should handle.

Some other major non-Western economies have flagged similar concerns, perhaps because they worry that the Security Council could one day start interfering in their industrial policies, even if the current resolution does nothing to lay the groundwork for such a move. Indonesia and South Africa, which held council seats in 2019 and 2020, refused to back Germany’s initial effort to develop a resolution. Brazil, which will join the body in January, has indicated that it doesn’t consider the current draft resolution a priority.

Niger holds the rotating presidency of the council in December and wants agreement on a resolution before a high-level council meeting on Dec. 9, which the country’s president will chair. Backers of the resolution argue that China’s position will be crucial. Diplomats note that their Chinese counterparts have couched their criticisms of the initiative in quite moderate terms. They suspect that Beijing is worried about the reputational damage of blocking a resolution that enjoys broad international backing.

China gained credit in Glasgow by agreeing to a joint statement with the U.S. on the two powers’ continued commitment to cooperation in containing global warming. Beijing could see similar advantages in acquiescing to the Security Council resolution, especially as it enjoys U.S. support. If China backs the text or abstains on it, rather than vetoing it, Russia might also let it pass, to avoid a rupture with its main ally at the U.N. If neither Beijing nor Moscow is willing to use its veto, India will not be able to stop the resolution from passing.

Without an overall framework to guide its work and generate momentum, the council’s engagement on climate matters will remain haphazard and advance more slowly.

How important is this resolution? If either China or Russia does choose to block the initiative, those council members that worry about climate security will not give up on the topic. They can continue trying to insert references to climate-related threats into the texts of the mandates of individual U.N. peacekeeping missions and political offices. Germany and Niger launched an informal council working group on climate security last year to discuss such issues. Yet without an overall framework to guide its work and generate momentum, the council’s engagement on climate matters will remain haphazard and advance more slowly.

If, on the other hand, the resolution passes, it could spur efforts inside and outside the U.N. to come to grips with the challenges of climate security. As a point of comparison, Security Council Resolution 1325 on women, peace and security—passed in 2000—has acted as the basis for policy debates about gender and conflict for over two decades. The U.N., other multilateral organizations and concerned governments have a lot of work to do to grasp how processes associated with climate change, such as desertification and forced migration, will influence future conflicts.

If the Security Council can spark more thinking on these themes, the resolution will be worthwhile. In the short term, it could also make the Security Council look a little more relevant to international debates about the climate crisis. All too often, the council seems to be trapped in sterile and unproductive debates about conflicts, like the war in Syria, that it is unable to solve. A climate security resolution would not resolve those arguments. But it would be an opportunity for the council to show that it can adapt to evolving global threats.

Contributors

UN Director
RichardGowan1
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Pyotr Kurzin
Former Crisis Group UN Assistant