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L’Armée de résistance du Seigneur : une stratégie régionale pour sortir de l’impasse
L’Armée de résistance du Seigneur : une stratégie régionale pour sortir de l’impasse
Table of Contents
  1. Synthèse
Improving Prospects for Peace in South Sudan at the African Union Summit
Improving Prospects for Peace in South Sudan at the African Union Summit
Report 157 / Africa

L’Armée de résistance du Seigneur : une stratégie régionale pour sortir de l’impasse

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Synthèse

L’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, ou LRA) est devenue un problème régional qui nécessite une solution régionale. L’opération Lightning Thunder, lancée en décembre 2008, est la dernière tentative de l’armée ougandaise pour éradiquer militairement le groupe rebelle originaire du nord de l’Ouganda. Cette opération a été un échec. Après l’attaque initiale, de petits groupes de combattants de la LRA se sont dispersés en République démocratique du Congo (RDC), au Sud-Soudan et en République centrafricaine (RCA), où ils survivent maintenant en attaquant des civils. Alors que les forces de sécurité nationale sont trop faibles pour protéger leur population dans ces pays, l’armée ougandaise, bénéficiant du soutien américain, est exclusivement orientée vers la traque de Joseph Kony, le chef de la LRA. Les Ougandais ont progressivement affaibli les forces de la rébellion et rendu la communication interne au sein du groupe plus difficile. Cependant, bien que désorganisés, les combattants de la LRA restent un terrible danger pour la population civile vivant dans cette zone transfrontalière incontrôlée. Les armées nationales, l’ONU, et la population civile doivent donc mettre en commun leurs renseignements et coordonner leurs efforts de manière innovante, s’ils veulent en finir avec la LRA une fois pour toutes.

Alors que le processus de paix de Juba aboutissait à une impasse, le président ougandais Museveni s’est efforcé de convaincre le Sud-Soudan et la RDC de participer à une opération militaire conjointe contre la LRA. Pour cela, il a dû surmonter leur défiance à l’égard de l’armée ougandaise, notoirement connue pour ses exactions contre les civils et l’exploitation illégale de ressources naturelles sur le territoire de ses voisins. Les Etats-Unis ont également usé de leur poids diplomatique pour faire avancer les discussions. Même si le Sud-Soudan et le Congo ont finalement donné leur accord, l’Ouganda a compromis ses propres chances de succès en négligeant de coordonner son action avec ses partenaires, leur donnant ainsi peu de raison de s’engager dans la lutte contre la LRA. En l’oc­currence, le mauvais temps et des fuites ont fait échouer l’opération Lightning Thunder dans son objectif premier, à savoir l’élimination de Kony. Un manque de planification à long terme a ensuite permis à la LRA d’effectuer une sanglante démonstration de force contre les civils congolais.

La LRA a depuis profité de l’incapacité du Congo, du Sud-Soudan et de la Centrafrique à contrôler leurs zones frontalières. Des petits groupes rapides de la LRA attaquent ainsi les villages non-protégés pour se ravitailler en nourriture et en habits et capturer de nouvelles recrues, avant de retourner se cacher dans la forêt. Les tueries et les mutilations font partie de la stratégie de terreur de la LRA visant à dissuader les survivants de coopérer avec l’armée ougandaise ou les autres armées nationales. Même avec l’aide de l’imagerie satellitaire et des moyens d’écoute américains, l’armée ougandaise, la seule force véritablement engagée dans cette chasse à l’homme, a connu de grandes difficultés pour suivre la trace de ses cibles. Censée être une offensive soudaine et fatale, la mission d’origine s’est progressivement transformée en une lente et très coûteuse campagne d’usure à travers trois pays. Elle a aussi engendré des coûts humains inacceptables au sein de la population civile locale, et n’a pratiquement pas été tenue responsable de l’absence de protection des civils. En raison de la faiblesse de ces trois forces de sécurité étatiques et des moyens limités des missions des Nations unies au Congo et au Sud-Soudan, les civils n’ont eu d’autre choix que de se débrouiller par eux-mêmes, ce qu’ils ont réussi à faire dans bien des cas.

En mars 2010, les services de renseignement ougandais ont signalé que Kony avait brièvement fait une incursion au sud de la région du Darfour, au Soudan, dans l’espoir de recevoir un soutien du gouvernement de Khartoum, son ancien bienfaiteur. Il semble maintenant qu’il soit revenu en RCA, là où la majeure partie de ses forces demeurent. Mais, avec des groupes si mobiles et si dispersés, il est difficile de cerner avec exactitude sa localisation ainsi que le nombre actuel de combattants de la LRA. Cependant, au fur et à mesure que l’armée ougandaise tue et capture davantage d’officiers Acholi, le noyau de fidèles de Kony se rétrécit. Cela fragilise la cohésion de la LRA, qui repose principalement sur le contrôle qu’exerce, via la peur et la violence, le commandement sur ses troupes. Les moyens d’écoute fournis par les Etats-Unis à l’armée ougandaise rendent aussi toute communication, autre que par messagers, dangereuse pour la LRA. En dépit de ces failles organisationnelles, les combattants de la LRA, même en situation de survie, continuent d’infliger des souffrances épouvantables et ils commettront probablement d’autres atrocités, que Kony soit capturé ou tué.

Afin d’en finir avec ce mal chronique vieux de vingt-ans, une nouvelle stratégie est nécessaire. Celle-ci doit accorder la priorité à la protection des civils, à la coordination entre acteurs militaires et civils à l’intérieur et entre les différents pays, et à l’appropriation nationale. Le besoin permanent de la LRA en nouvelles recrues et la capacité d’information des populations civiles sur la localisation et les activités du groupe font de leur protection à la fois un impératif moral et une nécessité tactique. Ce n’est que par la mutualisation des renseignements et la coordination des activités dans l’ensemble des zones affectées que l’armée ougandaise, ses partenaires nationaux, l’ONU, et la population civile pourront espérer se débarrasser de la menace de la LRA. Cependant, l’opération ougandaise et les missions de l’ONU ne peuvent offrir qu’un soutien temporaire aux Etats où la LRA est active. Ces derniers doivent donc, dès à présent, mettre en place des structures pour s’assurer qu’ils pourront faire face à ce qu’il restera de l’organisation et de ses combattants quand les militaires étrangers seront partis.

Par ailleurs, même une victoire complète sur la LRA ne garantit pas de manière certaine la fin de l’insécurité dans le Nord de l’Ouganda. Pour cela, le gouvernement doit traiter les causes profondes du malaise de la région d’origine de la LRA, à savoir le sentiment populaire de marginalisation politique et économique, et il doit aussi œuvrer à la réhabilitation de cette région.

Nairobi/Bruxelles, le 28 avril 2010

Ugandan President Yoweri Museveni, Sudanese President Omar al-Bashir and South Sudanese President Salva Kiir, participate in a peace meeting in khartoum on 25 June 2018 ASHRAF SHAZLY / AFP
Statement / Africa

Improving Prospects for Peace in South Sudan at the African Union Summit

Talks between President Salva Kiir and former First Vice President Riek Machar in the Sudanese capital Khartoum offer the only, albeit slim, hope of a breakthrough in South Sudan’s brutal civil war. African leaders should offer cautious support during the Nouakchott AU summit.

On 27 June 2018, South Sudanese President Salva Kiir and former First Vice President Riek Machar, the principal adversaries in South Sudan’s civil war, signed a Declaration of Agreement in Khartoum. The declaration does not resolve major points of contention between the two leaders, deferring them to talks which are ongoing in the Sudanese capital. Moreover, nearly five years of mediation and a 2015 peace deal have failed to end South Sudan’s brutal civil war. Circumspection as to whether the Khartoum negotiations can do so is thus warranted. But for now, those talks offer the only hope, however slim, of a breakthrough. The African Union’s Peace and Security Council, and the leaders of Algeria, Chad, Nigeria, South Africa and Rwanda, who have been involved in past rounds of negotiations, should use their meetings on 30 June in Nouakchott, Mauritania to lend the Khartoum talks cautious support, while laying out clearly what they expect from next steps and the measures they would take against parties obstructing progress.

The 27 June Khartoum Declaration, brokered by Sudanese President Omar al-Bashir, has three primary objectives. First is a “permanent ceasefire”, coming into effect on 30 June. This will be monitored by the parties themselves, with African forces invited to “supervise” it. Secondly, the parties promised to sign a “Revised Bridging Proposal” to form a new transitional government and revise security arrangements defined in the last peace deal, the 2015 Agreement on the Resolution of the Conflict in the Republic of South Sudan. This bridging proposal sets the stage for a three-year transitional period; negotiations in Khartoum over its provisions are proceeding on the basis of a draft circulated by the Intergovernmental Authority on Development (IGAD), the Horn of Africa regional body leading mediation efforts. Thirdly, the declaration provides for Sudan to work “in collaboration and coordination” with its southern neighbour to secure and rehabilitate oil fields in the former Unity state.

Nearly five years of mediation and a 2015 peace deal have failed to end South Sudan’s brutal civil war.

Machar, who has been allowed to leave his nearly two-year confinement in South Africa for the talks, hopes to assume his prior position as first vice president. The government rejects his return to South Sudanese politics. The deal reportedly on offer for Machar is the freedom to live in another African country but stay out of South Sudan, while his Sudan People’s Liberation Movement/Army – In Opposition (SPLM/A-IO) faction would enjoy representation in the new cabinet and other transitional bodies. IGAD has not communicated its final position with regard to Machar.

There are good reasons to regard the declaration with scepticism. The last cessation of hostilities between the parties, which was endorsed by both Kiir and Machar in December 2017, broke down quickly. Moving from the declaration’s vague terms to details on transitional arrangements and power-sharing will be no small feat. Parties could easily revert to their previously deadlocked positions. Machar himself would need to be compelled to relinquish his political role in South Sudan; thus far he has rejected doing so. Other opposition leaders would need to believe the agreement served their interests and that they cannot hold out for a better deal hoping that IGAD leaders’ positions change or U.S. antipathy towards Kiir, which has been growing, works in their favour. For his part, Kiir and his supporters still need to grant a share of power to their rivals and accept rebels’ integration into the security forces on terms that are similar to those they have rejected in the past. Even were the parties to reach a more comprehensive deal on paper, enforcing their compliance in practice would likely prove an uphill struggle.

Moving from the [Khartoum] declaration’s vague terms to details on transitional arrangements and power-sharing will be no small feat.

That said, Bashir’s mediation, endorsed by other IGAD leaders, counts several points in its favour. The threat of a UN arms embargo and UN and AU sanctions against South Sudanese leaders if talks fall apart hangs over the parties. IGAD’s impatience with those leaders is mounting, as is pressure from other African leaders and donors on the regional body to secure a deal. Clear economic dividends for the South Sudanese parties are on the table, namely the revenue from renewed oil production and, potentially, from improved foreign relations; indeed, the agreement with Sudan on the oil fields played a large part in motivating the parties to sign the declaration. Lastly, China, which enjoys leverage as South Sudan’s most significant economic partner, would benefit from the declaration’s provisions on oil production, providing parties further incentive to reach and honour an agreement.

Meetings of the AU Peace and Security Council, and of Algeria, Chad, Nigeria, South Africa and Rwanda (the non-IGAD African states, collectively known as the C5, that have been involved in the South Sudan mediation) – both at the level of heads of state – will take place on 30 June during the Nouakchott AU summit. Those meetings offer African leaders an opportunity to express cautious support for the Khartoum process, pressure parties to adhere to the 30 June ceasefire and nudge them toward a more comprehensive agreement. Next steps should include:

  • African leaders, including the heads of state of IGAD (notably those of Ethiopia, Kenya, Uganda and President Bashir himself) and of non-IGAD member Egypt, given Cairo’s ties to Juba, should push the South Sudanese parties to negotiate and reach a peace agreement that ensures multi-party governance at national and sub-national level. They should signal the Peace and Security Council will impose punitive measures if the ceasefire is violated or progress at talks in Khartoum stalls;
     
  • During their 30 June meeting, the Algerian, Chadian, Nigerian, South African and Rwandan, or C5, heads of state should commit to more consistent diplomatic engagement on South Sudan, including regular conversations with South Sudanese leaders and their IGAD counterparts;
     
  • AU members should discuss – and call for further meetings with IGAD to clarify – the mandate, reporting lines and financing of African forces invited to “supervise” the ceasefire and how these forces relate to IGAD's Ceasefire and Transitional Security Monitoring Mechanism which is currently monitoring on the ground;
     
  • IGAD should establish the new South Sudanese-led ceasefire monitoring body provided for in the declaration and ensure it includes all parties. This would allow security actors ranging from the most senior to local commanders to communicate regularly and act quickly if clashes break out;
     
  • IGAD should clarify its position on Riek Machar and, irrespective of Machar’s status, guarantee his SPLM/A-IO faction representation in transitional arrangements, including the government and local authorities as well as the South Sudanese-led ceasefire monitoring body;
     
  • IGAD leaders should pledge to closely monitor and publicly report on compliance with whatever deal is struck, including by personally intervening in the event of violations to minimise risks of a gradual breakdown, as occurred in 2015-2016; such pledges also would help build donor confidence in IGAD’s commitment to the process;
     
  • The UN Security Council should extend by one month its deadline for considering an arms embargo and/or sanctions in the event of continued fighting or parties’ failure to reach agreement – from 30 June to 30 July. If at that time parties have broken the ceasefire or shown little progress toward a deal it should consider imposing those punitive actions; and
     
  • The AU Peace and Security Council and UN Security Council should take the opportunity of their joint meeting on 19 July to coordinate their efforts on South Sudan and potentially issue a joint communiqué.

The Khartoum declaration and the negotiations ongoing in the Sudanese capital leave much room for doubt. Many South Sudanese would prefer a deal that reflects their aspirations rather than divvying up power and resources among those most responsible for the war plaguing their country. But, at least for now, there is no viable alternative. The choice is not between this process and a better one, but between it and none at all. Besides, while the broad contours of a deal – power sharing between warring groups – are clear, the Khartoum declaration’s ambiguous language means the AU and those African leaders involved in the mediation may still be able to shape a settlement that serves the interests of South Sudan’s population by reducing the instability and violence wracking their country. The Khartoum talks offer at best a slender hope, but one that the AU and African leaders should pursue.