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Bit by Bit, Uganda Is Laying the Groundwork for Future Unrest
Bit by Bit, Uganda Is Laying the Groundwork for Future Unrest
Report 77 / Africa

Nord-Ouganda: Comprendre Et Resoudre Le Conflit

Pendant près de dix-huit ans, l’insurrection entretenue par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dirigée par Joseph Kony a généré une grande souffrance dans le nord de l’Ouganda, avec notamment environ un million et demi de personnes déplacées à l’intérieur du territoire.

Synthèse

Pendant près de dix-huit ans, l'insurrection entretenue par l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dirigée par Joseph Kony, a généré une grande souffrance dans le Nord de l'Ouganda, avec notamment quelques 1,5 millions de personnes déplacées à l'intérieur du territoire. Le Sous-Secrétaire Général des Nations Unies chargé des Affaires humanitaires, Jan Egeland, a récemment qualifié la situation d'être l'un des pires désastres humanitaires au monde. L'une des atrocités les plus terribles depuis le début du conflit eut lieu en février 2004 avec le massacre par la LRA d'environ 200 civils, révélant de sérieuses carences dans l'aptitude du gouvernement à protéger la population et vaincre la rébellion. Le conflit ternit sérieusement le bilan du Mouvement National de Résistance (MNR) du Président Yoweri Museveni qui, par ailleurs, a apporté une certaine stabilité au pays. La communauté internationale a les moyens et pour le moins de bonnes raisons humanitaires de pousser en faveur d'une stratégie plus politiquement orientée pour résoudre le conflit.

Le conflit revêt quatre caractéristiques principales: en premier lieu, il s'agit d'une lutte entre le gouvernement et la LRA; en second, il oppose la LRA à prédominance Acholi et la population Acholi dans son ensemble qui subit le plus gros des violences avec des assassinats tous azimuts et l'enlèvement d'enfants pour en faire des soldats, des aides et des esclaves sexuels; en troisième lieu, le conflit est alimenté par l'animosité existant entre le Soudan et l'Ouganda, qui soutiennent chacun les rébellions oeuvrant sur le territoire de l'autre; en dernier lieu, il prolonge le conflit Nord-Sud qui a marqué la politique et la société depuis l'indépendance.

L'insurrection des rebelles de la LRA n'a pas d'objectif politique clair (et négociable). Sa prétention à représenter les souffrances de la population Acholi est en contradiction avec ses méthodes. Parce que les actions de la LRA sont difficiles à cadrer dans une stratégie cohérente à même d'atteindre un résultat politique identifiable, il est difficile de bâtir une contre-stratégie efficace. En visant la population Acholi, la LRA a créé une diagonale du pire qui s'auto-perpétue, un ressentiment et un désespoir qui nourrissent le conflit, mais accentuent également l'écart entre le gouvernement et les populations locales.

La poursuite de l'option militaire par le Président Museveni lui permet de justifier en partie l'absence de réforme d'une armée sur laquelle repose principalement son régime. En effet, la guerre lui permet de justifier et de maintenir en Ouganda le statu quo politique, en refusant à son opposition d'asseoir un quelconque pouvoir, et offre de multiples occasions pour restreindre les libertés d'expression et d'association au nom de "la guerre contre le terrorisme". Aussi longtemps que la situation dans le Nord sera dominée par les problèmes de sécurité, le monopole du pouvoir et de la richesse par les Sudistes ne sera pas remis en cause.

Sans le soutien actif des Acholis, il est peu probable que le gouvernement soit en mesure de vaincre la LRA. Alors qu'il est nécessaire de changer la donne politique et sécuritaire du conflit, la réponse de Museveni à la pression internationale ainsi qu'aux propositions de négociation telles que l'Initiative de Paix pour le Nord de l'Ouganda (NUPI) lancée par Washington, relève, au mieux, du scepticisme. Même si le désir de la LRA en faveur d'un véritable dialogue semble minime, le gouvernement a rarement agi de bonne foi lorsque toute une variété d'acteurs cherchaient à promouvoir un règlement. Le fait qu'il soit peu probable que la LRA réponde favorablement à un effort concerté en vue de négocier, ne dispense pas le gouvernement de sa responsabilité de faire une tentative. Cela signalerait à la fois à ses opposants et partisans, ainsi qu'à la population du Nord de l'Ouganda, qu'il poursuit véritablement toutes les options. Il serait également bon d'impliquer le gouvernement de Khartoum, seul soutien extérieur connu de la LRA, dans une stratégie de négociation.

La plupart des discussions sur la résolution du conflit se focalisent sur la fausse dichotomie opposant une solution militaire à celle négociée. Les deux approches présentent des éléments de solution et des limites. Une solution strictement militaire pourrait traiter les manifestations immédiates du problème du Nord de l'Ouganda: la LRA; mais elle éloignerait d'autant la fin de la division entre le Nord et le Sud, et la réconciliation nationale. Dans tous les cas, les carences opérationnelles de l'armée rendent improbables une telle solution. De la même manière, les négociations ont leurs limites, qui peuvent être manipulées par les belligérants pour en tirer profit sur le champ de bataille, et conduire à une flambée de violence.

Une grande faiblesse de la LRA réside dans la place centrale qu'occupe Joseph Kony non seulement dans l'organisation elle-même et dans sa tactique mais aussi dans sa raison d'être. Les tensions signalées au sein de sa direction, surtout dans un contexte militaire et politique détérioré, pourraient être l'occasion de diviser la rébellion en isolant ou en évinçant Joseph Kony.

Un autre ingrédient majeur pour le succès de toute recette stratégique serait le vrai effort de prise en compte des doléances nordistes. Les Acholis doivent se sentir davantage appartenir à la société ougandaise. Le MNR n'a simplement pas su unifier le pays après les troubles causés par les politiques coloniales de division ethnique et les décennies de conflit armé. Rectifier le tir requerra des initiatives spécifiques sur le plan politique, économique et social pour faire de la région Nord un enjeu au sein du gouvernement central et pour améliorer la prise de décision au niveau local. Il est dans l'intérêt des leaders acholis de mettre au point des mécanismes permettant d'articuler les opinions de leur peuple et dans celui de Museveni et du MNR de favoriser l'émergence de dirigeants acholis efficaces et crédibles.

Il n'y a pas encore suffisamment de pression exercée sur la LRA pour rendre possible une ouverture politique. Alors que le gouvernement de Museveni devrait faire une tentative de négociation franche et sans condition, créer un climat propice aux négociations ne devrait pas signifier pour autant renoncer à exercer une pression politique et militaire sur la rébellion, y compris d'invoquer l'aide de la Cour Pénale Internationale (CPI) et celle du gouvernement soudanais, étant donné la nature de la LRA.

Au regard du conflit, le rôle de la communauté internationale a été central et le sera pour parvenir à une résolution. Le gouvernement doit être attentif aux conseils des donateurs, de qui il reçoit à peu près la moitié de son budget. Dans un bon nombre de domaines, tels que la prévention du Sida, ses performances sont encourageantes et la communauté internationale en est que mieux disposée à son égard, cependant le conflit dans le Nord annule une bonne partie de cette bienveillance. Les amis de l'Ouganda ont un intérêt et sont en droit d'insister sur le désastre humanitaire que perpétue l'insurrection de la LRA. L'initiative américaine serait sans doute plus prometteuse si Washington travaillait davantage de concert avec ses éventuels partenaires européens.

Nairobi/Bruxelles, 14 avril 2004

Op-Ed / Africa

Bit by Bit, Uganda Is Laying the Groundwork for Future Unrest

Originally published in African Arguments

Economically and politically, Uganda's government’s actions are leading to growing frustrations and lawlessness.

After 30 years of President Yoweri Museveni, Uganda’s system of government has shifted from broad-based and constitutional to one increasingly reliant on authoritarian power and patronage.

Although Museveni and the ruling National Resistance Movement (NRM) has won elections – most recently in 2016 – allegations of rigging and vote buying abound. The president’s popular support is waning, while the arrest of political opponents and activists has significantly undermined his international legitimacy.

As detailed in a recent International Crisis Group report, Uganda faces a growing crisis of governance on numerous fronts. Politically, economically and socially, the government’s actions could be laying the groundwork for future civil strife.

Staying in Power

Museveni will likely run for re-election on 2021. But in order to do this, the 73-year-old president will have to modify the constitutional provision that bars presidential candidates older than 75. A proposal to make this change was introduced to parliament this October. It was put on hold following protests, but despite its unpopularity, it will likely be voted through eventually.

Museveni’s early years restored stability after years of civil war. But alongside his use of clientelism and political authoritarianism, he has buttressed his position by tightening control over key institutions, including the army and police. The president has centralised political power into his own hands and those of his family.

For many Ugandans [...], a political transition is not the priority. They are more concerned with the daily struggle of poverty, unemployment, food shortages, the rising cost of living and lack of access to land or social services.

What an eventual transition might look like, or how it could come about, is yet to be determined. The opposition Forum for Democratic Change (FDC) looks too frayed by repression and its leaders’ rivalries to take the lead. Instead, the emergence of new political actors and youth protest movements may represent a greater challenge for the president. These include the reggae star turned MP Bobi Wine, who offers hope to those suffering from the inequities of Museveni’s era.

International partners and donors concerned about the country’s direction should encourage the government to return to the idea – discussed after the divisive 2016 election – of a credible National Dialogue that would enhance relations between the opposition and government, and ensure a peaceful transition to a post-Museveni era.

A Daily Struggle

For many Ugandans, however, a political transition is not the priority. They are more concerned with the daily struggle of poverty, unemployment, food shortages, the rising cost of living and lack of access to land or social services. Underdevelopment is widespread. Annual economic growth, which ranged between 6-10% during the boom years of 2000-2011, has fallen to an estimated 4.6% in 2017.

Sharp declines in the financial sector and in global demand for commodities, a lack of bureaucratic support, and continuing instability in neighbouring South Sudan give little hope for improvement.

Uganda’s youth suffer most from these conditions. This makes them more susceptible to political mobilisation or, in the worst cases, criminal recruitment. Programmes designed to improve livelihoods tend to be swallowed by the patronage system and function as little more than hand-outs in exchanges for political support.

As President Museveni manoeuvres to extend his 30-year rule, a wide range of political and administrative reforms are urgently needed to avoid unrest.

Corruption in government has also affected the public sector, which delivers poor quality services, especially in health and education. Ugandans living in rural areas and surviving through subsistence agriculture are struggling with unpredictable weather patterns, environmental degradation, farm fragmentation and insufficient government support.

The army-led Operation Wealth Creation aimed to boost agricultural production but proved utterly inadequate, focusing on seed distribution instead of the main problem for farmers: the lack of fertilisers and irrigation.

Increasing Lawlessness

Alongside political and economic uncertainty, a process of administrative decentralisation, which has doubled the number of districts between 2002 and 2017, has also bred identity politics and ethnic polarisation.

After 15 years with no local elections at village level, the government released a roadmap for new council elections for November 2017. However, they were postponed, apparently for fear elections would lead to a loss of strong local NRM representation.

Local security and crime has also increased due to the ineffectiveness and politicisation of the police force, which is relied upon by government to disrupt opposition activity. This is part of a wider structural problem, including the deterioration of local governance and the expansion of informal security networks. International and domestic human rights organisations have reported a range of violations by the police including arbitrary arrests, physical abuses and extortion.

Furthermore, a dysfunctional land ownership system has led to community-level violence and disputes. This is made worse by popular mistrust of police and politicians as well as ambiguities associated with customary ownership, corruption and land grabs.

As President Museveni manoeuvres to extend his 30-year rule, a wide range of political and administrative reforms are urgently needed to avoid unrest. Elections for local councillors should be held at the earliest possible date. The government should act to restore trust in institutions. Land ownership reforms should take place only after wide-ranging public consultation, while the creation of further administrative districts should be halted.

Despite its shrinking, the amount of political space may still be far above the levels reached during civil conflicts in the 1980s. However, pervasive corruption, polarised politics and authoritarian trends are setting the scene for future civil strife.