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Madagascar : sortir du cycle de crises
Madagascar : sortir du cycle de crises
Table of Contents
  1. Synthèse
Madagascar's Back on Track - Destination Unknown
Madagascar's Back on Track - Destination Unknown
Report 156 / Africa

Madagascar : sortir du cycle de crises

Pour mettre un terme à la crise à Madagascar – qui s’est aggravée avec l’expiration d’un ultimatum de l’Union africaine le 16 mars – la médiation devrait cesser d’essayer de mettre en place une transition fondée sur un partage du pouvoir, et tenter plutôt d’obtenir un accord sur la rédaction d’une nouvelle constitution et l’organisation rapide d’élections sous supervision internationale.

Synthèse

Madagascar est en crise depuis les troubles sanglants qui l’ont secoué début 2009. Plusieurs mois de médiation sous l’égide de l’Union africaine (UA), entre autres, n’ont pas permis de débloquer la situation. Malgré la signature de plusieurs documents, et l’annonce de l’Union africaine de sanctions individuelles contre les membres du regime le 17 mars, les négociations n’ont pas abouti, principalement à cause du refus du gouvernement Rajoelina de mettre en œuvre le partage du pouvoir accepté à Maputo en août. Bien que la violence ait été contenue depuis qu’il a pris le pouvoir en mars 2009, la légitimité du régime est remise en question tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, alors qu’une situation économique difficile pèse lourdement sur une population déjà appauvrie. Pour éviter toute escalade, la médiation devrait cesser d’essayer de mettre en place une transition fondée sur un partage du pouvoir, et tenter plutôt d’obtenir un accord sur la rédaction consensuelle d’une nouvelle constitution et l’organisation rapide d’élections sous supervision internationale.

De janvier à mars 2009, Andry Rajoelina, alors maire de la capitale, Antananarivo, rassemble dans la rue plusieurs dizaines de milliers de personnes et exige la démission du gouvernement du président Marc Ravalomanana. Il forme une alliance de circonstance avec l’opposition politique et une partie de la société civile, et organise de grands rassemblements qui dégénèrent en pillages massifs, dans lesquels au moins 70 personnes perdent la vie. Rajoelina forme un gouvernement parallèle, la Haute autorité de la transition (HAT), et demande le 7 février à ses partisans de prendre le palais présidentiel. Les forces de sécurité ouvrent le feu sur la foule et font près de 30 morts.

Les tentatives de médiation des Eglises et des Nations unies (ONU) échouent alors que les deux protagonistes s’enfoncent dans une logique de provocation. Les manifestations se poursuivent, ponctuées d’arrestations ciblées et de répression par les forces de l’ordre, jusqu’à ce qu’un camp militaire se mutine et rallie Rajoelina. Acculé, Ravalomanana cède le pouvoir à un directoire militaire composé de trois généraux le 17 mars 2009, qui le transfère immédiatement au maire. L’Union africaine et d’autres condamnent cette prise de pouvoir anticonstitutionnelle.

Les accords de partage du pouvoir signés à Maputo en août et à Addis-Abeba en novembre représentaient une opportunité de mettre en place une transition consensuelle en réunissant au sein du gouvernement les quatre mouvances politiques représentées par Rajoelina, Ravalomanana, et deux anciens présidents, Didier Ratsiraka et Albert Zafy. Mais bien qu’il ait signé les accords, Rajoelina et son entourage ont depuis bloqué leur mise en place, pour conserver tous les postes importants, et menacé d’organiser des élections de manière unilatérale. Le manque de volonté politique de réaliser des compromis de la part de protagonistes qui semblent plus préoccupés par leur rente de situation que par une solution dans l’intérêt de la nation a rendu un authentique partage du pouvoir pratiquement impossible.

L’impasse de 2009 est la responsabilité d’une élite politique qui a constamment sapé la création d’institutions stables et démocratiques au profit de ses propres intérêts politiques et économiques. Ses pratiques sont également à l’origine des autres crises politiques (1972, 1991 et 2002) qui ont déstabilisé Madagascar depuis son indépendance. Ses membres sont chaque fois parvenus à préserver leurs réseaux de pouvoir, rendant inévitable l’apparition de nouvelles crises.

Une nouvelle constitution et des élections constituent la seule option réaliste pour sortir de ce cycle de crises à répétition. Madagascar a besoin de rétablir des institutions légitimes et d’initier des réformes administratives. La priorité de l’équipe de médiation devrait donc être la négociation d’un accord entre les quatre mouvances politiques, qui permettrait la rédaction rapide d’une nouvelle constitution, un référendum constitutionnel et la tenue d’élections libres et équitables, ainsi que la clarification des termes de l’amnistie décidée à Maputo.

L’organisation des élections ne peut pas reposer exclusivement sur la HAT. Les quatre mouvances devraient accepter que le référendum constitutionnel et les élections soient organisés et supervisés par une mission conjointe UA/ONU. Durant cette période, les activités de la HAT devraient être réduites à l’expédition des affaires courantes. Tout membre qui désirerait se présenter aux élections devrait d’abord démissionner. Andry Rajoelina pourrait, lui, garder ses fonctions jusqu’aux élections, auxquelles il pourrait se présenter, comme négocié à Maputo. Cela permettrait de répondre à la fois aux demandes de la HAT, qui insiste sur l’orga­nisation rapide d’élections, et à celles des trois autres mouvances, qui veulent un contrôle impartial du processus électoral. Cela empêcherait également les disputes autour des postes ministériels et permettrait d’éviter une transition trop longue.

Pour que cette solution fonctionne, l’UA et l’ONU devraient nommer un envoyé spécial conjoint chargé de superviser l’élaboration d’une nouvelle constitution, ainsi que l’organisation d’un référendum constitutionnel et d’élections générales. Une mission de police UA/ONU devrait être mise en place et placée sous la responsabilité de l’envoyé spécial. Elle serait chargée de travailler en étroite collaboration avec les forces de sécurité malgaches pour sécuriser le processus électoral. La communauté internationale, déjà représentée dans le Groupe de contact, devrait rester impliquée, et son rôle de garant inscrit dans l’accord politique.

Nairobi/Bruxelles, 18 mars 2010

Op-Ed / Africa

Madagascar's Back on Track - Destination Unknown

Originally published in City Press

Madagascar, one of the world’s poorest countries, has been mired in political crisis, since 2009, when 34-year-old former radio disc jockey Andry Rajoelina toppled President Marc Ravalomanana in a military coup d’état.

Social and economic conditions are dire. Investment and aid have been cut off. Poverty is on the rise. Insecurity and lawlessness prevail, and in the south dozens of civilians have been killed by heavily armed bandits.  Compounding the deteriorating humanitarian situation, swarms of locusts now threaten 13 million farmers’ livelihood, as well as food security for all Malagasies. 

There is, however, a ray of hope. Presidential elections, which have been scheduled and re-scheduled repeatedly since the coup, are now slated to take place on 25 October (with a run-off before Christmas if no candidate receives more than 50 per cent of the vote). Campaigning officially commenced last week. An internationally recognised free and fair election is key to ending Madagascar’s isolation, bringing back foreign investment and aid, and offering a pathway out of the current economic abyss. 

That’s the best-case scenario; the country does not have a good democratic track record. In September 2011, an election roadmap brokered by the regional Southern African Development Community (SADC) was followed by an uncertain and tentative sixteen-month transitional power sharing arrangement. It did not resolve political deadlock between Ravalomana (living in exile in South Africa) and the transition leader, Rajoelina.

Earlier this year, the political winds looked promising. Both men agreed to withdraw from the presidential race in a good-faith agreement brokered by the international community to defuse the tense political situation. In a matter of weeks, both reneged. Ravalomanana put forward his wife, Lalao, in his stead, violating the agreement’s spirit if not the letter. Rajoelina broke it more directly, announcing that he would be a candidate himself. Another former president, Didier Ratsiraka,, also threw his hat in the ring. 

Remarkably, the electoral court accepted their candidacies, despite all three failing to comply with eligibility criteria. Outraged, the international community refused to finance the vote and threatened sanctions if the three did not withdraw; they refused. An impasse ensued, with the politicians playing self-interested games while Madagascar slumped deeper into stagnation. 

Recent developments have generated renewed momentum. A reconstituted electoral court ruled on 17 August that all three candidates (along with several others) did not qualify and would be excluded. The decision took domestic and international actors by surprise, but unlocked withheld finances and opened the way for the first legitimate elections in over two decades.

But uncertainty remains, exacerbated by several bomb blasts in the capital Antananarivo during September. The disqualifying of popular candidates like Ravalomana and Rajoelina has heightened tensions. Current regime insiders also have much to lose from surrendering power. Former presidents are invariably pushed into exile and it remains to be seen whether the outgoing government will continue to have a stake in the political system. With many uncertainties, it seems unlikely the regime will bow out graciously. 

But in a country where the cynics are nearly always vindicated, there is still cause for optimism. Both the camps of Ravalomanana and Rajoelina have identified proxy candidates. While Rajoelina has tapped several regime insiders, Ravalomanana’s movement will be represented by Dr. Jean Louis Robinson, who served in his cabinet and worked closely with the World Health Organization. There are 31 other candidates, of varying quality. 

If elections proceed peacefully and the Malagasy people and the international community deem the process and outcome credible, the country may have some real hope for recovery. If a return to electoral manipulation is allowed, the crisis will continue and some violence will be likely.

This outcome is not inevitable, but Madagascar’s politicians need to stop playing games and focus on national interests. Only then can the crisis end and the real work of dealing with locusts, bandits, and crippling poverty begin.