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Liberia et Sierra Leone: Reconstruire des Etats en faillite
Liberia et Sierra Leone: Reconstruire des Etats en faillite
Liberia: Sirleaf Needs to Use Powers to the Fullest
Liberia: Sirleaf Needs to Use Powers to the Fullest
Report 87 / Africa

Liberia et Sierra Leone: Reconstruire des Etats en faillite

Synthèse

Les interventions au Libéria et en Sierra Leone ne parviennent pas à produire les conditions nécessaires pour que ces Etats deviennent stables et capables d'exercer toutes les responsabilités souveraines pour le compte de leurs populations résignées. C'est essentiellement dû au fait qu'elles traitent le processus de rétablissement de la paix comme la simple application d'une liste de vérification opérationnelle avec des mesures cosmétiques pour les diverses institutions et processus, sans prendre en compte les dynamiques politiques sous-jacentes. Dans le meilleur des cas, le Libéria est sur la voie que la Sierra Leone a empruntée il y a plusieurs années. Une nouvelle stratégie est nécessaire pour que ces deux pays ne restent pas des Etats fantômes, à la merci de nouveaux combats et d'un nouveau naufrage. La communauté internationale doit véritablement s'engager à long terme (non sur deux à cinq ans comme à présent, mais sur quinze à vingt ans) pour permettre à de nouvelles forces politiques de se développer.

Pour les deux pays, la liste des priorités opérationnelles comprend: le déploiement des soldats de la paix, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR) des combattants, le rapatriement des réfugiés, la réforme des secteurs judiciaires et sécuritaires, et des élections comme quasi dernière étape. Le délai de réalisation (deux à cinq ans) est trop court. Des individus au passé criminel sont traités comme interlocuteurs politiques dignes de ce nom. Les institutions judiciaires et celles chargées de faire respecter la loi n'ont jamais fonctionné de façon efficace, et leur rétablissement sans réforme n'est pas une solution. Les nouvelles armées nationales n'ont pas encore été testées et leur adhésion à l'ordre constitutionnel est incertaine. Les voix émanant de la société civile et capables de catalyser de réels changements ont tendance à être marginalisées et l'économie est laissée en proie aux déviations criminelles.

Une stratégie plus efficace est requise. Une fois la sécurité restaurée, la communauté internationale devrait déléguer plus rapidement une responsabilité politique accrue tout en ciblant ses interventions afin d'aider à bâtir des institutions apolitiques et professionnelles chargées de faire respecter la loi en vue d'établir l'Etat de droit, de défendre les droits des citoyens et de favoriser un espace public dans lequel ces derniers peuvent faire valoir leurs propres solutions. Au Libéria, elle devrait également assumer la responsabilité de la collecte des recettes des ports, des aéroports, des douanes, de l'enregistrement maritime et de l'exportation du bois et des diamants. Dans la mesure où la perception de ces revenus est opaque depuis le début, la corruption y est facile. Mais une fois que les fonds commencent à circuler de manière transparente, il reviendrait aux Libériens de décider de leur usage, même si des contrôleurs internationaux, comme élément d'un dispositif de surveillance public et indépendant des offres publiques d'achat, devraient être maintenus pour aider la société civile à prévenir de gros abus.

Le même mal existe en Sierra Leone, mais le même remède ne convient probablement pas car un gouvernement élu est déjà en place et sans doute peu enclin à abandonner autant de contrôle. Ici, les mesures de transition visent plutôt à tenter d'introduire des mécanismes de contrôle dans les étapes finales du processus de collecte des recettes, où déjà beaucoup d'entre elles se sont évaporées. Toutefois, le Royaume-Uni a déjà promis son engagement à long terme en matière de sécurité. D'autres mesures nécessaires consistent à défendre une meilleure liberté de presse et d'expression, à doter la Commission anti-corruption des pouvoirs judiciaires et d'établir un mécanisme public de prise en compte des plaintes qui soit applicable aux districts gouvernementaux nouvellement élus.

Les approches proposées ne peuvent réussir qu'avec une échéance beaucoup plus grande que celle que la communauté internationale n'a  était disposée à envisager jusqu'ici. Le Libéria et la Sierra Leone ont mis plusieurs décennies pour s'effondrer et cela prendra des décennies pour restaurer les structures sécuritaires, politiques et économiques. La nouvelle Commission de rétablissement de la paix proposée par le Haut Comité sur les Menaces, les Défis et les Changements, qui a présenté son rapport au Secrétaire Général des Nations Unies le 2 décembre 2004, pourrait être le vecteur institutionnel requis pour mettre en œuvre les engagements durables nécessaires dans ces pays et dans beaucoup d'autres à travers le monde.

Dakar / Bruxelles, le 8 Décembre 2004

Op-Ed / Africa

Liberia: Sirleaf Needs to Use Powers to the Fullest

Originally published in allAfrica

Liberia has come a long way from the bloody civil wars that raged from 1989 until former president Charles Taylor left office in 2003.

In less than a decade, two credible elections have been held, the last in November. But Taylor's imprisonment for war crimes in Sierra Leone has done little to help with reconciliation. Indeed, Liberians remain divided, and by some of the problems that plunged the country into conflict.

Corruption, nepotism linked to oil contracts, impunity; a security sector in disarray; high youth unemployment; and flaws in the election laws have polarised society and corroded politics. Unless President Ellen Johnson Sirleaf uses her limited powers to the fullest to reconcile the nation more insecurity beckons.

Even last year’s relatively-successful polls highlighted these divisions. Inflammatory rhetoric by some politicians and sporadic violence in the run-up to the elections, then opposition allegations of cheating after the vote, show how fragile things are.

Young people are increasingly resentful that they can’t find work, even as Liberia’s elite grow richer. Community relations are also tense, notably between the residents of Nimba in the north, and Grand Gedeh, to the east.

Security is a central issue. The recent conviction of Taylor was welcomed world wide, but Liberians are uneasy that others like him have not been prosecuted for crimes committed not next door but in their own country. Some say they will not feel safe until those responsible for the atrocities are behind bars.

A new campaign led by the Grand Bassa county representative for a law to establish a war crimes court in Liberia is encouraging news and the initiative should be supported by the government. Yet the numerous recommendations made by the Truth and Reconciliation Commission in 2009 have yet to be implemented.

To address the problem, the government needs to clarify how the recommendations tie into the national peace and reconciliation initiative launched by President Johnson Sirleaf. It should also adopt a recommendation by the Special Independent Commission of Inquiry to pass a law against hate crimes. Civil society and donors must invest in strengthening the media, notably by building a media training centre and encouraging worker exchange programs with countries that have an established and vibrant press.

On top of that, people have little confidence in the police. The Liberian National Police was totally revamped in 2004, but its officers failed to control some of the election-linked violence, and they were accused of using excessive force against peaceful protestors. This has only undermined public confidence and cast doubts over the extent of police reform.

The United Nations, wary of the force’s abilities, has decided to keep its police contingent at current numbers even as it draws down its soldiers in the UN Mission in Liberia (UNMIL) over the next three years. The government must urgently seek funds for further police training and to buy essential equipment.

Liberia’s next elections are not due until 2017, but the voting laws must be revised. The opposition claims of cheating were driven by the National Election Commission (NEC)’s inability, or unwillingness, to stop the ruling Unity Party from allegedly using state resources.

Parliament ought to debate and introduce new laws so that the NEC can control party funding and set tougher criteria for parties to stand in the polls. The criteria could include demands for financial transparency, significant representation in all regions and the respect of democratic standards in their internal structure.

A special fund could also be established for party reform, to strengthen their legitimacy and capacity. In addition, efforts should be made to educate voters and polling staff, some of whom were uncomfortable last year with the counting and tallying methods, according to observers.

Finally, national development must be bolstered. Young people, many of whom fought in the conflicts, must be given long-term economic opportunities so they don’t return to violence. Investment should be poured into neglected communities like Westpoint in the capital Monrovia, and unstable areas like Grand Gedeh near the Côte d’Ivoire border.

President Johnson Sirleaf is leading a divided country and is doing so with a limited mandate. But Liberia could easily be destabilised by disputes over natural resources, a weak police force and a frustrated younger generation with few prospects for the future.

So she must spur the government to boost the economy and do more to fight corruption, as well as encourage reconciliation – without encouraging impunity – and reforms, both electoral and in the security sector. Only then does Liberia stand a real chance to definitively turn its back on the conflicts of the past.