Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Youtube
The Sahel: Promoting Political alongside Military Action
The Sahel: Promoting Political alongside Military Action
A fighter from the Coordination of Azawad Movements (CMA) stands on his vehicle covered in mud for camouflage outside Anefis, Mali, on 26 August 2015. REUTERS/Souleymane Ag Anara
Briefing 115 / Africa

Mali: la paix venue d’en bas?

Les pactes signés récemment à Anéfis par des représentants des groupes armés alliés au gouvernement et ceux des groupes rebelles viennent compléter les progrès jusque-là mitigés réalisés en faveur de la paix au Mali. Bien qu'insuffisants, et non sans risque, ces pactes sont le résultat de processus locaux et abordent des questions ignorées par l'accord de Bamako signé en juin. Ils pourraient offrir une opportunité sérieuse de mettre la mise en œuvre du processus de paix sur de bons rails.

Synthèse

Après un été 2015 marqué par de nouveaux affrontements au Nord Mali, une détente surprenante est survenue en octobre à l’issue de pourparlers entre des responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), principale coalition rebelle, et ceux de la Plateforme d’Alger, regroupement de mouvements proches de l’Etat malien. Pendant trois semaines, des négociations ont eu lieu à Anefis, théâtre de combats récents et ville-carrefour au sud-ouest de Kidal. Elles ont débouché sur des « pactes d’honneur » signés au nom des principales communautés nomades de la région. A Bamako, le pessimisme des derniers mois cède le pas à un optimisme prudent. Cette réconciliation « venue d’en bas » peut relancer l’application de l’accord de Bamako en panne depuis l’été. Il faut cependant en faire un usage habile car le processus d’Anefis comporte aussi des risques que se reconstitue au Nord un système politico-économique à l’origine de nombreuses violences.

Les rencontres d’Anefis marquent une réappropriation par une partie des acteurs locaux d’un processus de paix jusqu’alors largement impulsé par les partenaires extérieurs. Il ne faut cependant pas se méprendre sur ceux qui ont pris l’initiative: il s’agit moins de responsables communautaires « traditionnels » que de dirigeants politico-militaires et d’hommes d’affaires qui dirigent les groupes armés. Mais c’est précisément en cela que les pactes d’Anefis peuvent renforcer le processus de paix de Bamako : ils impliquent des acteurs locaux majeurs et renforcent la confiance que ces derniers placent dans un accord de paix imposé de l’extérieur. Les rencontres d’Anefis permettent d’aborder des questions centrales pour les élites politico-militaires du Nord du Mali, celles des flux économiques, du partage de pouvoir et des rivalités intercommunautaires, autant d’enjeux délicats que les négociations d’Alger n’ont pas su ou voulu aborder.

Le processus de paix reste cependant fragile. L’attaque de l’hôtel Radisson le 20 novembre rappelle que les groupes radicaux tenus à l’écart du processus de paix demeurent une force de nuisance. Par ailleurs, il ne faut pas confondre un moment d’accalmie avec le retour d’une paix durable. La période actuelle doit servir à poser les jalons d’une application de l’accord de Bamako, non pas comme une fin en soi, mais pour permettre un changement réel de la gouvernance au Mali. En privé, la majorité des acteurs avouent pourtant avoir renoncé à cette ambition. Le risque persiste donc de voir le Mali renouer avec les formes passées de la mauvaise gouvernance et de la violence au Nord. Pour l’éviter, les parties maliennes et leurs partenaires devraient se remobiliser autour d’une application intelligente de l’accord de Bamako, une application ambitieuse qui, dans le temps, permettrait de « démilitariser » l’économie et la politique dans le septentrion malien. Pour cela, plusieurs mesures devraient être prises :

  • le Mali et ses principaux partenaires, réunis dans l’équipe de médiation élargie, devraient soutenir des initiatives locales, comme les rencontres intercommunautaires, afin d’élargir le processus d’Anefis au-delà des seules élites politico-militaires ; en parallèle elles devraient ménager un droit de poursuite légal des grands criminels, en particulier ceux impliqués dans les trafics de drogue et d’armes, fussent-ils acteurs de ce processus.
     
  • Les mêmes acteurs doivent faire du processus de démobilisation, désarmement, réintégration (DDR) leur priorité. Pour cela, les parties maliennes doivent se conformer au texte de l’accord de Bamako, notamment sur les mécanismes relatifs à la période intérimaire, et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) doit se concentrer sur la préparation, logistique comme politique, du processus.
     
  • A Bamako, l’équipe de médiation internationale et les parties maliennes doivent clarifier les rôles de chacun dans la mise en application et le suivi de l’accord de paix. Ils devraient également relancer la discussion sur la formation d’un gouvernement d’union nationale afin de renforcer le processus de paix et faciliter l’appli­cation de l’accord.
     
  • Cette période d’accalmie doit enfin être mise à profit pour rompre avec les modes de gestion hérités du passé : les projets de développement au Nord doivent s’ac­compagner de mécanismes concrets de contrôle et de lutte contre la corruption qui garantiront que les investissements ne profitent pas aux seules élites mais se font au plus près des populations. De son côté, l’État doit rompre avec la politique de division des communautés qui nourrit la « militarisation » du Nord et fragilise la sécurité de l’Etat malien.

Dakar/Bruxelles, 14 décembre 2015

Commentary / Africa

The Sahel: Promoting Political alongside Military Action

Rural insurgencies across the Sahel are destabilising the region and undermining local security and governance. In this excerpt from our Watch List 2018, Crisis Group urges the EU and its member states to continue support for the Alliance for the Sahel and promote local dialogue to buttress law and order.

This commentary on promoting political and military action in the Sahel region is part of our annual early-warning report Watch List 2018.

The Sahel region faces particularly acute challenges. Rural insurgencies across parts of Mali, Burkina Faso and Niger are expanding. Jihadi groups exploit local conflicts to secure safe havens and win new recruits. Other militias are being formed, whether to defend communities, conduct criminal activities or both. Sahelian states, supported by Western powers, rely ever more heavily on force. The new G5 Sahel joint force (FC-G5S), encompassing army units from five Sahelian states, must avoid angering local communities and stoking local conflicts. It should be accompanied by local mediation and peacebuilding initiatives, outreach to communities and, where possible, efforts to engage militant leaders.

Mali’s stalemated peace process

In Mali, the epicentre of the Sahel crisis, implementation of the June 2015 Bamako peace agreement that aimed to turn the page on the country’s 2012-2013 crisis, has stalled. Having acted as chief broker of the agreement, Algiers appears to have lost interest in leading the process. No African or other actor has stepped in.

Jihadist groups capitalise on local disputes in rural areas.

Malian leaders’ attention has shifted to the July 2018 presidential election. In parts of the country, particularly central and northern Mali, a credible vote appears a remote prospect, due to insecurity and state weakness. But any attempt to postpone the vote would likely spark street protests: President Ibrahim Boubacar Keïta has struggled both to restore security and stimulate development, and is increasingly unpopular even in his core constituencies of Bamako and other southern cities.

Nor have state authorities, ousted from much of the north during the 2012-2013 crisis, returned. Security continues to deteriorate in central Mali (Mopti region) and further south (Segou region), fuelling tension among communities. Jihadist groups capitalise on local disputes in rural areas, recruiting new fighters and launching attacks against national and international forces. Their reach is extending into neighbouring countries.

An expanding crisis

Northern Burkina Faso is suffering its own insurgency: notwithstanding spillover from Mali, violence there largely obeys its own logic and feeds off local dynamics. The emergence of Ansarul Islam, a Burkinabe jihadist group that has perpetrated a string of attacks against security forces and state institutions, reflects widespread discontent with the prevailing social order in the country’s north. Ouagadougou and most of its foreign partners recognise that a military campaign alone will not end the conflict, but their response needs to better factor in the deep social roots of the crisis, which means greater efforts to stimulate or facilitate communal dialogue. Ultimately, as militants operate between Mali and Burkina Faso, the crisis also requires that Mali secure its borders and both states deepen their police and judicial cooperation.

In Niger, the October 2017 killing of U.S. Special Forces and Nigerien soldiers near the border between Mali and Niger brought international attention to a long-neglected region that has become the Sahel’s latest jihadist front line. An armed group claiming links to the Islamic State has repeatedly targeted Nigerien security forces. In response, Nigerien authorities briefly backed Malian armed groups as proxy counter-terror forces along the border. Such action can prove counterproductive, adding to the already vast quantities of weaponry in the region and fuelling intercommunal conflict. The large number of armed young men in the border area between Mali and Niger – frequently now with combat experience, including fighting both against and alongside jihadist groups – are a key source of instability. Their demobilisation and reintegration into society is a critical component of any effort to end violence.

Chad is vulnerable to instability in southern Libya, where Chadian rebels have found refuge, and in the Lake Chad basin, where the Boko Haram crisis has spread. President Idriss Deby has positioned his military as a bastion against jihadism. This stance has brought financial and political support from Western powers and largely spared him their criticism, notwithstanding the country’s fragility, growing political and social discontent, and deep economic recession. Many businesses have gone bankrupt. Unemployment, especially among youth, is high. The International Monetary Fund suspended budget support in November 2017 after Chad failed to reach an agreement to restructure loans granted by a mining and oil company. Mounting political and socio-economic challenges pose a grave long-term threat to Chad; left to fester, these problems would till fertile ground for violent actors of all stripes, including jihadists.

Going beyond military solutions

After considerable delays, the G5 Sahel joint force has started to deploy at the Mali-Niger-Burkina Faso border. But it is struggling with funding shortfalls and to define its role, particularly in relation to other forces in the Sahel, from UN peacekeepers to French and U.S. counter-terrorism forces. To secure the support of local populations, the joint force should respect the rights of those living in its operations zones. Efforts to de-escalate local conflicts and, where possible, open or exploit existing lines of communication with militant leaders should accompany military action.

Sahelian states remain worryingly dependent on security assistance. Indeed, foreign donor priorities, to some degree, drive the Sahelian states’ security policies: the focus on curbing human trafficking and migrant smuggling in the region in good part reflects European worries about migration and terrorism. Yet overly strict security measures can upset fragile local economies and balances of power between central state and nomadic communities or between local authorities and ethnic or religious groups.

In this light, the Alliance for the Sahel, launched in July 2017 by France, Germany and the EU, and designed to address both security and development challenges in the Sahel region, could be a step in the right direction, if European short-term concerns over migration and terrorism do not trump efforts to reform local governance, especially in neglected rural areas. The EU and its member states should also support government initiatives to strengthen local law and order – again critical in rural areas – through its EU Capacity Building Missions (EUCAP) Sahel Mali and EUCAP Sahel Niger.

In particular, the EU, including its special representative for the Sahel, should warn governments against relying on militias as proxy counter-terrorism forces. It should instead encourage regional leaders to promote bottom-up reconciliation through local dialogues, especially in Mali. In Chad, the EU and its member states should not only pursue short-term security objectives but also seek to check, as best possible, the government’s authoritarian impulses so that political space does not shrink further.