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Élection présidentielle au Niger: un climat sous tension, des lendemains incertains
Élection présidentielle au Niger: un climat sous tension, des lendemains incertains
Soldats américains et nigériens tués dans une embuscade au Niger
Soldats américains et nigériens tués dans une embuscade au Niger
Op-Ed / Africa

Élection présidentielle au Niger: un climat sous tension, des lendemains incertains

Originally published in Jeune Afrique

Dimanche 21 février 2016, les Nigériens se rendront aux urnes pour élire leur prochain dirigeant et devront choisir entre l’actuel président Mahamadou Issoufou et 14 autres candidats. L’élection d’Issoufou en 2011 avait mis un terme à une transition démocratique relativement pacifique suite au coup d’État militaire de 2010. Sa victoire, obtenue grâce à une alliance au second tour avec d’autres ténors de la scène politique nigérienne, avait suscité une vague d’optimisme dans le pays et restauré la confiance des principaux partenaires du Niger.

Longtemps figure de l’opposition, à la tête d’un parti de militants, Issoufou s’est fait élire sur la base d’un projet ambitieux, le programme de la Renaissance, qui suscitait l’espoir de la population en promettant développement économique, fin de l’insécurité alimentaire et lutte contre la corruption et l’impunité. Cinq ans plus tard, l’atmosphère de cette nouvelle élection présidentielle, et plus particulièrement l’attitude générale vis-à-vis de la candidature du président Issoufou, a bien changé. L’espoir de renouveau est largement retombé. La majorité des Nigériens n’ont plus guère confiance dans une classe politique vieillissante, qu’elle soit issue du pouvoir ou de l’opposition. Le régime, qui en a conscience, apparaît focalisé sur son maintien au pouvoir et sur la défense de ses intérêts. Ce climat pré-électoral tendu augure de lendemains plus difficiles qu’en 2011.

À la décharge du président Issoufou, le contexte régional a bien changé depuis 2011. Le chaos libyen au nord, la crise malienne à l’ouest et l’extension inquiétante de Boko Haram au sud-est constituent autant de menaces fragilisant la stabilité du pays. Face à cela, le régime a progressivement mis au second plan son programme de la Renaissance pour privilégier les aspects sécuritaires, encouragé en cela par ses partenaires occidentaux. Le budget de la défense a fortement progressé alors que ceux des secteurs sociaux n’ont pas connu le même envol.

Même s’il tente aujourd’hui de défendre son bilan, le projet présidentiel n’a pas débouché sur un changement substantiel du mode de vie des Nigériens. Les services publics sont toujours très insuffisants, l’espace politique reste marqué par la corruption. Là aussi, à la décharge du président Issoufou, la tâche était gigantesque dans ce pays classé dernier sur l’indice du développement humain. Il est dès lors apparu plus facile d’afficher un bilan positif sur la défense à court terme des intérêts sécuritaires plutôt que d’insister sur les résultats en matière de développement socio-économique à long terme.

À ce bilan mitigé s’ajoute une détérioration de la situation politique interne. Depuis deux ans, le régime s’enferme progressivement dans une lente dérive autoritaire. Il a d’abord consacré beaucoup d’énergie à affaiblir les partis d’opposition en suscitant des scissions. Ces derniers mois, il a ensuite multiplié harcèlements et arrestations, même temporaires, à l’égard d’opposants, de journalistes et de militants de la société civile. La situation au Niger n’est certes pas aussi préoccupante que dans d’autres pays de la région mais il est inquiétant de voir un régime, élu avec un soutien populaire fort en 2011, instrumentaliser aujourd’hui l’argument sécuritaire pour neutraliser toute critique interne.

L’arrestation en novembre dernier d’Hama Amadou, ancien président de l’Assemblée nationale, principal opposant à Issoufou, justifiée par son implication présumée dans une affaire de trafics d’enfants, le contraint aujourd’hui à mener campagne depuis sa prison. Que Hama Amadou soit coupable ou non, cette affaire n’est pas le meilleur signal de la bonne santé du système politique nigérien.

En décembre, l’annonce d’une tentative avortée de coup d’État militaire, fondée ou non, a jeté un peu plus de doute sur la stabilité de la septième République du Niger, un pays marqué par plusieurs interventions de l’armée dans l’espace politique. Bien que l’histoire récente n’est pas été marquée par de fortes violences électorales, les émeutes meurtrières en janvier 2015 à Niamey, Zinder et Agadez, expressions d’un mélange de colère sociale, d’indignation religieuse et de sentiment anti-français suite à des propos maladroits du président sur l’affaire Charlie Hebdo, témoignent d’un potentiel de violence non négligeable pouvant être manipulé.

La fébrilité actuelle du pouvoir face à la rue est en partie le résultat de sa propre stratégie pour neutraliser toute opposition. Une partie de ceux qui contestent le pouvoir, au sein de l’armée, des milieux radicaux ou des partis politiques, sont aujourd’hui convaincus que le changement viendra de la rue et non pas des urnes.

Malgré ce contexte pré-électoral tendu, le pouvoir n’a pas joué la carte de l’apaisement en déclarant que le président Issoufou sortirait « vainqueur par K.O. » dès le premier tour des élections, un fait sans précédent si ce n’est après le coup d’État de 1996 et l’élection contestée du général Ibrahim Baré Maïnassara. Quant à l’opposition, si ses demandes d’expertise internationale ont permis de corriger un certain nombre d’erreurs dans le processus électoral, son refus d’accepter le vote par témoignage pour les électeurs ne disposant pas de papiers d’identité, une pratique courante lors des précédentes élections, ne montre pas plus une volonté d’apaisement.

Par leurs querelles incessantes, le parti au pouvoir comme l’opposition prennent non seulement le risque d’élections sous tension mais ils contribuent également au discrédit croissant de la classe politique aux yeux de la population. Même si le président Issoufou est réélu, il devra assumer un second mandat sur des bases plus fragiles que le précédent, sans l’élan populaire qui l’avait porté au sommet en 2011.

Mis à part l’Organisation internationale de la Francophonie, la représentante spéciale pour l’Union européenne et le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, les autres partenaires du Niger, en particulier les alliés militaires occidentaux, sont restés silencieux face à la lente dégradation du climat politique. Pour ces pays, la stabilité à court terme du Niger l’emporte sur la nécessité de garantir un système politique ouvert. Et pourtant, pour prévenir la montée de l’extrémisme violent qui menace la région du Sahel, le meilleur rempart réside dans la capacité des États à retrouver la confiance des populations en les représentant et en défendant leurs intérêts. Au-delà du scrutin de dimanche prochain, c’est peut-être là le véritable enjeu pour le Niger.

This article first appeared in Jeune Afrique.

Contributors

Deputy Project Director, West Africa
jhjezequel
Research Assistant, West Africa
cherbibhamza
Nigerien service members react to contact during Exercise Flintlock 2017 in Diffa including African, European and North American Special Operations Forces, Niger, March 2017. Zayid Ballesteros (The appearance of U.S. Department of Defense (DoD) visual information does not imply or constitute DoD endorsement.)
Commentary / Africa

Soldats américains et nigériens tués dans une embuscade au Niger

A deadly ambush near the Niger-Mali border on 4 October claimed the lives of at least five Nigerien soldiers and marked the unprecedented killing of American forces in the region. In this Q&A, Deputy West Africa Project Director Jean-Hervé Jezequel and Research Assistant Hamza Cherbib say that jihadist violence cannot be divorced from deeper inter-communal tensions related to local competition over resources and illicit economic activity.

Que s’est-il passé et où?

Selon des sources sécuritaires américaines et nigériennes, le 4 octobre 2017 une patrouille conjointe de forces spéciales des deux pays est tombée dans une embuscade près de Tongo Tongo, un village situé dans la région de Tillabéry (à environ 120 kilomètres de la capitale, Niamey), à quelques kilomètres de la frontière malienne. Le nombre de morts est encore incertain, mais au moins cinq soldats nigériens et trois soldats américains ont été tués. D’autres soldats sont blessés ou portés disparus. Des sources nigériennes ont déclaré que les véhicules de patrouille avaient été emportés ou détruits.

La patrouille a probablement été attaquée par des jihadistes opérant dans la région, mais il n’y a encore eu aucune revendication. La responsabilité de cette attaque pourrait cependant s’éclaircir dans les jours à venir. Les forces spéciales américaines sont déjà présentes dans deux bases au Niger, à Aguelal et à Diffa, en soutien aux efforts des forces armées nigériennes contre les groupes jihadistes. Par ailleurs, les Etats-Unis installent également une base aérienne et des drones près d’Agadez (nord du Niger) et disposent d’effectifs à l’aéroport de Niamey, déployés aux côtés des forces françaises et nigériennes.

Il ne s’agit pas de la première attaque dirigée contre les forces de sécurité dans la zone. Les forces nigériennes ont déjà subi des attaques répétées depuis le début de l’année 2017, y compris des attaques visant des unités spéciales de lutte contre le terrorisme dont les hommes sont entrainés par les Etats-Unis. L’attaque de Tongo Tongo est, en revanche, la première à causer la mort de soldats américains.

Que sait-on des groupes jihadistes opérant dans la région?

Au cours des derniers mois, plusieurs attaques ciblant les forces de sécurité présentes au niveau de la frontière entre le Mali et le Niger ont été revendiquées par l’Etat islamique (EI) dans le grand Sahara, la branche locale de l’EI dirigée par Abou Walid Al Sahraoui. Celle de la prison de Koutoukalé en octobre 2016, repoussée par les forces de sécurité nigériennes en est un exemple.

Récemment, une autre attaque a été revendiquée par le Jamaat Nosrat el-Islam wal-Muslimin (GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), une coalition jihadiste de groupes de militants créée en mars 2017 et ayant collaboré par le passé. Le chef du GSIM, Iyad Ag Ghali, un Touareg malien, a prêté allégeance à al-Qaida et d’autres responsables ont des liens clairement établis avec al-Qaida.

Que révèlent ces attaques de la situation à la frontière entre le Mali et le Niger?

L’attention de la communauté internationale se concentre sur les jihadistes dont l’idéologie est perçue comme la source du problème. Pourtant, d’autres aspects sont à prendre en compte. En effet, les attaques ciblant le personnel militaire ne sont que la partie visible de l’iceberg. Bien moins médiatisée, la violence armée fait de nombreuses victimes civiles dans les régions de Tillabéry et de Tahoua, en particulier auprès des communautés nomades isolées.

Ainsi, en juillet 2017, des représentants locaux de la communauté peul (un des groupes ethniques les plus représentés en Afrique de l’Ouest et qui comptent de nombreux pasteurs) ont déclaré que des milices rivales recrutant parmi les Touareg et les Doosaak (un groupe nomade proche des Touareg et souvent confondu avec eux, mais qui parle une langue distincte), avaient tué 46 civils durant le mois, prétendument dans le cadre d’opérations de lutte contre le terrorisme. A l’inverse, des représentants touareg accusent régulièrement les Peul de tuer les membres de leurs communautés avec le soutien des jihadistes.

La violence jihadiste est souvent mêlée aux tensions entre les communautés concernant l’accès aux ressources naturelles et le trafic. 

En réalité, la violence jihadiste et les tensions entre communautés du fait de la rivalité pour l’accès aux ressources naturelles et le contrôle des trafics s’entremêlent étroitement. Dans ce contexte, il devient difficile de déterminer les causes et la nature précise de nombreux incidents.

S’agit-il d’un problème interne au Niger ou est-ce lié à l’extension des conflits qui se déroulent dans les pays voisins de la région du Sahel?

Les dirigeants nigériens affirment souvent que les responsables de ces attaques sont issus du Mali voisin et en particulier de la région de Ménaka où les groupes jihadistes sont bien implantés (Commentaire de Crisis Group « Forced Out of Towns in the Sahel, Africa’s Jihadists Go Rural », 11 janvier 2017). Mais ces évènements ne peuvent se résumer à une simple propagation de la crise malienne. En plus des tensions communautaires évoquées, qui sont le reflet de dynamiques nigériennes locales, la plupart des sources s’accordent pour dire que les groupes jihadistes se sont enracinés au nord de la région de Tillabéry. Ces groupes auraient fait des adeptes en particulier, mais pas uniquement, chez les jeunes Peul désireux de combattre les communautés rivales, de protéger des activités commerciales ou de défendre leur communauté.

Les dynamiques communautaires et la lutte contre le jihadisme s’entremêlent dangereusement et cela a des répercutions désastreuses pour les populations. Les autorités soupçonnent souvent les jeunes Peul d’entretenir des liens de proximité avec les groupes jihadistes. Le gouvernement nigérien aurait autorisé des groupes armés touareg imghad et doosaak du Mali à pourchasser des éléments jihadistes sur son propre territoire. Profitant de ce prétexte, ces groupes auraient pris régulièrement pour cible des Peul de la région de Tahoua et de Tillabéry. Des représentants peul ont déclaré à Crisis Group qu’ils soupçonnaient la France de soutenir également ces groupes à travers l’opération Barkhane, une mission militaire de lutte contre les groupes jihadistes au Sahel dont les soldats sont déployés au Tchad, au Niger, au Burkina Faso et au Mali. En juillet 2017, les groupes armés maliens auraient ainsi tué des dizaines de pasteurs peul.

Mais la communauté peul entretient-elle réellement des liens étroits avec les groupes jihadistes?

Les groupes jihadistes ont effectivement tendance à recruter parmi les jeunes Peul dans cette zone même si d’autres groupes sont également visés. Cela participe d’une stratégie visant à instrumentaliser les conflits intercommunautaires, les griefs locaux mais aussi le mécontentement lié à la mauvaise gouvernance, au manque de services, au chômage et à la corruption. Crisis Group a analysé cette problématique dans un rapport antérieur (Mali central : la fabrique d’une insurrection?, 6 juillet 2016). Néanmoins, l’idée d’un « jihad peul » est un amalgame dangereux qui occulte une toute autre réalité : les raisons qui poussent certains éléments peul à rejoindre les rangs de groupes jihadistes résultent plus souvent des tensions inter ou intra-communautaires qu’ils ne sont le fruit de profondes convictions idéologiques ou religieuses.

D’autres pays de l’Afrique de l’Ouest connaissent des situations similaires (Herders against Farmers: Nigeria’s Expanding Deadly Conflict , 19 septembre 2017). Malheureusement cette situation pousse de plus en plus les Etats du Sahel tels que le Niger, dont l’appareil sécuritaire est déjà très sollicité par les menaces venant du Nord (Libye) et du Sud-Est (Boko Haram), à faire appel à des milices ethniques chargées d’appuyer la lutte contre le terrorisme. Ces milices risquent alors d’aggraver les tensions intercommunautaires et, par conséquent, de pousser davantage de jeunes Peul à chercher la protection des groupes jihadistes. Ces derniers saisissent l’occasion pour nouer des relations encore plus étroites avec les communautés locales rurales et semi-nomades en favorisant les mariages ou les liens commerciaux, en garantissant une protection ou en mettant en œuvre des mécanismes de résolution des conflits pour les communautés marginalisées.

Pensez-vous qu’après cette attaque les Etats-Unis ou d’autres puissances risquent de changer leur politique à l’égard du Niger et de la région du Sahel?

Comme nous l’avons indiqué, c’est la première fois qu’une attaque vise des soldats américains dans la région. Les opérations militaires soutenues par la France et les Etats-Unis et ciblant l’EI dans le grand Sahara, le GSIM et les groupes associés, risquent de se multiplier. On ne sait pas encore si cela se traduira par un revirement de la position des Etats-Unis en faveur de la force du G5 Sahel, une opération militaire régionale composée de forces issues de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad. Cette opération a été créée pour lutter contre le terrorisme, contre le trafic de migrants, le trafic d’armes et de drogue dans le Sahel et devrait être déployée à la fin de cette année. Cependant, cette force souffre d’un déficit de financement. La France a tenté d’obtenir un soutien financier des Nations unies, mais Washington s’y est opposé, préférant fournir des aides bilatérales aux pays concernés.

Le déploiement d’une force régionale de lutte contre le terrorisme au Sahel pourrait constituer une première étape positive vers la prise en main par les Etats africains de leur sécurité. Mais de nombreuses questions entourent le rôle supposé et le mandat précis du G5 Sahel, et notamment ses relations avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et l’opération française Barkhane déjà déployées dans la région. L’ennemi de cette force n’est pas non plus clairement identifié : de nombreux groupes armés du Sahel – qui ne sont pas tous des groupes jihadistes – sont impliqués dans des trafics. Si le G5 ne parvient pas à clarifier son mandat, à définir quels seront les groupes ciblés et ses relations avec les autres forces, son déploiement risque d’accroitre l’instabilité et de créer un embouteillage sécuritaire dans la région.

Que peuvent faire le gouvernement nigérien et ses partenaires occidentaux?

Dans l’immédiat, la tentation est grande d’augmenter l’ampleur des opérations militaires. Pour le Niger et ses partenaires occidentaux, ces opérations sont essentielles pour contrer les groupes de militants qui attaquent les forces de sécurité et dont la violence et l’intolérance menacent à la fois l’Etat et la société.

Il est urgent de mettre un terme au cycle de violence dont les conséquences vont bien au-delà des attaques à l’encontre des soldats occidentaux et nigériens. 

Néanmoins, ce serait manquer de discernement que de réduire les actions au seul cadre militaire. Il est urgent de mettre un terme aux cycles locaux de violence dont les conséquences affectent les civils bien plus encore que les soldats occidentaux et nigériens, une situation qui constitue un terreau fertile pour les groupes jihadistes. Cela implique avant tout de traiter les problèmes relatifs à la gestion pacifiée et au partage des ressources naturelles, de mettre en œuvre des mécanismes de résolution des conflits et de garantir la sécurité de toutes les communautés.

Il est également indispensable d’ouvrir des canaux de communication avec l’ensemble des groupes armés. Début 2017, le gouvernement du Niger aurait établi des contacts avec des groupes jihadistes, mais cette amorce de discussion s’est avérée difficile du fait d’un manque de confiance mutuelle et a finalement pris fin après la reprise des attaques contre les forces de sécurité. Des responsables nigériens ont alors déclaré à Crisis Group qu’à ce stade, aucune discussion sérieuse ne pouvait avoir lieu avec ces groupes et qu’il ne restait que l’option militaire.

Là encore, cette solution risque d’être vouée à l’échec. Il faudrait plutôt mettre en place des mécanismes pour séparer le noyau dur des militants de ceux qui rejoignent ces groupes par désespoir ou parce qu’ils n’ont pas de solution alternative. La priorité du gouvernement devrait notamment être de rétablir des relations pacifiées avec les groupes nomades au nord de la région de Tillabéry, et en particulier avec les Tolebbe (un groupe peul), une des dernières communautés du Niger à ne pas avoir de chef de canton reconnu par l’Etat.

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Deputy Project Director, West Africa
jhjezequel
Research Assistant, West Africa
cherbibhamza