Afghanistan : pour une solution collective
Afghanistan : pour une solution collective
The U.S. and the Taliban after the Killing of al-Qaeda Leader Ayman al-Zawahiri
The U.S. and the Taliban after the Killing of al-Qaeda Leader Ayman al-Zawahiri
Op-Ed / Asia

Afghanistan : pour une solution collective

La question du dialogue avec les Taliban fait peut-être l’objet d’âpres débats à Washington, mais à Kaboul le silence règne. Depuis la décision de Quetta Shura, l’organisation du mollah Omar, de suspendre un dialogue « stérile » avec les États-Unis le mois dernier, la capitale afghane s’attend au pire. Le printemps est une saison de guerre. La confusion engendrée ces dernières semaines par une attaque suicide déjouée contre le ministère de la Défense a fait monter la température à Kaboul. Quel que soit le refrain de la Maison blanche, les Afghans savent que les discours de guerre et de paix alternent au rythme des saisons.

Cela est devenu d’autant plus clair il y a trois semaines, lorsque le représentant européen pour la milice Hizb-e Islami, dirigée par l’ancien Premier ministre Gulbuddin Hekmatyar, s’est également opposé à toute discussion avec les États-Unis. Cette volte-face, quelques mois seulement après l’envoi d’une délégation de la milice à Kaboul en décembre pour rencontrer les représentants des États-Unis, de l’Otan et du gouvernement afghan, ne surprend pas ceux qui connaissent les jeux de pouvoirs inconstants de Hekmatyar. Comme nous l’avons signalé dans notre récent rapport sur les pourparlers en Afghanistan, le plan de paix en quinze points proposé par Hizb-e Islami, s’il paraissait viable lors de sa présentation l’an dernier, est mort-né, victime des dissidences au sein du groupe.

Les négociations avec les insurgés ont peu de chances de réussir sans le soutien et l’encadrement de la communauté internationale. Le retrait prévu des forces de l’Otan dans deux ans renforce le sentiment d’insécurité et les élections présidentielles de 2014, qui verront les élites afghanes se disputer le pouvoir, risquent d’entraîner une escalade de la violence. Il incombera alors à l’ONU de combler le vide laissé par les troupes internationales. Un accord de paix pour garantir que les avancées de la décennie passée ne soient pas vaines dépendra de son succès à mettre en place des négociations structurées et à créer une équipe de médiateurs unis.

Les difficultés rencontrées par les gouvernements américains et afghans pour conclure un accord de paix étaient évidemment prévisibles. Le président Hamid Karzaï, malgré ses appels aux insurgés de rendre les armes et de reconnaître la Constitution lors de la Jirga (assemblée traditionnelle) nationale consultative pour la paix, a aujourd’hui adopté une politique de résistance ferme mais passive pour favoriser la réconciliation. Lorsqu’il n’est pas en train de critiquer Doha ou Washington, il s’élance vers l’Arabie Saoudite tel un Don Quichotte afghan à la poursuite d’une paix que ni lui ni son gouvernement ne souhaitent véritablement.

En attendant, Karzaï a réussi à obtenir de la communauté internationale un financement de 784 millions de dollars pour le Programme pour la réintégration et la paix en Afghanistan (PRPA), dans l’espoir de convaincre certains insurgés de rendre les armes. Un peu plus de 3 000 combattants se sont inscrits au programme, qui leur offre un maigre salaire pendant trois mois et la possibilité d’être effacés de la liste de personnes à capturer ou éliminer de la FIAS (Force internationale d’assistance et de sécurité). Selon cette dernière, le programme proposerait également d’offrir aux hauts chefs de l’insurrection un salaire de 1 000 dollars par mois pour les amadouer.

Toutefois, la plupart des inscrits au programme sont des Afghans du Nord, qui ne sont pas pachtounes, ce qui limite considérablement le succès de la campagne anti-insurrection menée par les États-Unis dans le Sud du pays. Le PRPA s’avère être un remède peu efficace.

Peu d’espoir donc, pour une résolution rapide et « propre » du conflit. Les États-Unis et l’Otan ne pourront pas, à eux seuls, éliminer les refuges des insurgés au Pakistan, amener la paix dans la région pachtoune et réduire la corruption à Kaboul tout en jouant à « trouvons un accord » avec les Taliban. Les détenteurs traditionnels de pouvoir associés à l’Alliance du Nord (rassemblement d’opposition afghan contre les Taliban) n’ont pas l’intention de laisser cela arriver, et la région ne manque pas de fauteurs de troubles comme l’Iran. Un accord avec les seuls Taliban ne suffira pas à garantir la paix en Afghanistan. Il faudra bien plus que des discussions sur les discussions pour parvenir à une solution politique.

Le 11-Septembre n’est pas seulement un événement marquant dans l’histoire américaine, il a également eu des répercussions internationales. Les négociations n’aboutiront pas tant que les États-Unis n’auront pas abandonné leur réticence à toute intervention de l’ONU dans ce qu’ils qualifient d’affaire purement américaine. Ils auront tout autant besoin du Conseil de sécurité pour s’extirper de leur engagement militaire en 2014 qu’en 2001. Peu importe à quel point les États-Unis et l’Otan souhaitent quitter l’Afghanistan, une résolution « responsable » du conflit doit passer par un effort concerté et soutenu de la communauté internationale sur le long terme.

Podcast / Asia

The U.S. and the Taliban after the Killing of al-Qaeda Leader Ayman al-Zawahiri

This week on Hold Your Fire! Richard Atwood speaks with Crisis Group’s Asia Director Laurel Miller about U.S. policy in Afghanistan, the Taliban’s foreign relations and what the killing of al-Qaeda leader Ayman al-Zawahiri in the Afghan capital Kabul says about the threat from transnational militants in Afghanistan a year into Taliban rule.

On 31 July, a U.S. drone strike killed al-Qaeda leader Ayman al-Zawahiri in the Afghan capital Kabul. Zawahiri appears to have been living in a house maintained by the family of powerful Taliban Interior Minister Sirajuddin Haqqani. His death came almost a year after U.S. troops pulled out of Afghanistan and the Taliban routed the former Afghan security forces and seized power. The Taliban’s uncompromising rule over the past year has seen girls denied their right to education, many other rights and freedoms curtailed and power tightly guarded within the Taliban movement. The Afghan economy has collapsed, owing in large part to the U.S. and other countries’ freezing Afghan Central Bank assets, keeping sanctions against the Taliban in place and denying the country non-humanitarian aid. Levels of violence across the country are mostly down, but Afghans’ plight is desperate, with a grave humanitarian crisis set to worsen over the winter. The Taliban’s apparent harbouring of Zawahiri seems unlikely to smooth relations between the new authorities in Kabul and the outside world. 

This week on Hold your Fire! Richard Atwood speaks with Crisis Group’s Asia Program Director Laurel Miller about U.S. policy in Afghanistan and the Taliban’s broader foreign relations after Zawahiri’s killing. They discuss what his presence and death in Kabul mean for U.S. policy and what they say about the threat posed by transnational militants sheltering in Afghanistan. They look into how countries in the region are seeking to protect their interests in Afghanistan, including by engaging with the de facto Taliban authorities, and how those countries – particularly Pakistan, which has faced an uptick of violence in the past year – view the danger from foreign militants in Afghanistan. They also look in depth at Washington’s goals in Afghanistan a year after the withdrawal and what balance it should strike between engaging the Taliban or seeking to isolate them. Just over a year after the U.S. withdrawal and Taliban takeover, they reflect back on Washington’s decision to pull out troops. 

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For more on the situation in Afghanistan, check out Crisis Group’s recent report Afghanistan’s Security Challenges under the Taliban.

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