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Die Deutschen machen sich von einem Diktator abhängig
Die Deutschen machen sich von einem Diktator abhängig
Report 181 / Europe & Central Asia

Islam et identité en Allemagne

L’expérience de l’Allemagne, qui abrite la deuxième communauté musulmane en Europe occidentale après la France, montre que la présence d’une importante population musulmane au cœur de l’Europe n’entraîne pas nécessairement l’émergence de groupes islamistes violents ni la déstabilisation de l’ordre social.

Synthèse

L’expérience de l’Allemagne, qui abrite la deuxième communauté musulmane en Europe occidentale après la France, montre que la présence d’une importante population musulmane au cœur de l’Europe n’entraîne pas nécessairement l’émergence de groupes islamistes violents ni la déstabilisation de l’ordre social. Les hommes politiques reconnaissent désormais que l’Allemagne est un pays d’immigration, qui compte un nombre important de Turcs et de musulmans installés de façon permanente. Les immigrants ont à présent la possibilité d’obtenir la citoyenneté allemande, même si cela se fait selon des conditions difficiles. On constate que ni les courants politiques ni les courants jihadistes de l’islamisme n’ont eut beaucoup d’attrait sur les personnes d’origine turque, qui représentent les trois quarts de la population musulmane en Allemagne, et les quelques terroristes suspectés qui ont été identifiés étaient soit des Allemands convertis soit des binationaux d’origine arabe. Toutefois, certaines questions doivent encore être résolues si l’on veut créer une véritable intégration qui garantira la paix sociale et la stabilité en Allemagne. Alors que le système politique s’est attelé à identifier ou à créer un interlocuteur islamique unique, des questions pratiques demeurent prioritaires, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi. Ceux-ci sont très importants aux yeux du grand nombre de désavantagés que l’on trouve parmi plus de deux millions de personnes d’origine turque et des centaines de milliers de musulmans d’autres origines présents dans le pays.

Le présent document fait partie d’une série de rapports de Crisis Group sur l’islamisme et sur l’impact de celui-ci en Europe. Le cas de l’Allemagne est fortement influencé d’une part par le fait que sa population musulmane est dominée par des individus originaires d’un pays, la Turquie, qui se veut laïc et qui possède une expérience des normes démocratiques, et d’autre part par le fait que la religion ne représente pour cette population qu’un élément d’identification parmi d’autres. Ce rapport se penche sur les éléments jihadistes mais accorde une attention particulière aux thèmes qui sont plus directement liés à la question fondamentale suivante : que faut-il faire pour intégrer véritablement cette population musulmane, puisque les Allemands conviennent que c’est ce qui doit être fait ?

La relation entre la population musulmane d’Allemagne, en majorité turque, et la communauté nationale allemande était encore récemment conditionnée par le refus de la classe politique de reconnaître que les Gastarbeiter (travailleurs immigrés, littéralement “invités”) étaient dans le pays pour y rester. C’est le comportement allemand plutôt que turc qui était le premier facteur empêchant une véritable intégration. L’incertitude des Turcs quant à leur éventuel retour “chez eux” et une tendance à la ségrégation linguistique et sociale ont été renforcées pendant deux générations par les pratiques administratives allemandes. Toutefois, depuis 2000, le point de vue et la politique de l’Allemagne ont changé ; la réalité de l’immigration et de l’installation définitive est désormais reconnue et une volonté nouvelle d’élargir la citoyenneté s’est développée, au moins sur le principe. Néanmoins, l’idée selon laquelle l’intégration devrait précéder la naturalisation (les Turcs et autres musulmans devraient d’abord s’intégrer et prouver leur “allémanité” avant de pouvoir acquérir la citoyenneté allemande) continue de freiner le processus de manière considérable.

On ne peut pas attendre des personnes d’origine turque qu’elles s’intègrent complètement dans la société allemande tant que la citoyenneté et leur pleine participation à la vie publique resteront soumises à conditions. En rejetant presque toute la responsabilité de l’ajustement et de l’intégration sur la population immigrée, cette attente irréaliste tend à encourager les autorités et la classe politique à fuir la responsabilité qui leur incombe de faciliter cette intégration et inhibe l’émergence d’un consensus entre les partis politiques sur les principes qui devraient présider au processus d’intégration.

L’accent qui est mis actuellement sur l’« idéologiquement correct », comme l’illustre la proposition d’utiliser pour la demande de naturalisation des questionnaires qui exigent des demandeurs qu’ils se plient à l’avis de l’opinion publique sur certaines questions, conduit les autorités à stigmatiser comme “non-allemande” par nature une opinion de la population immigrée qui souscrit dans le même temps à des variantes totalement non-violentes de la pensée islamique. Cela conduit également à surveiller de près certaines organisations et leurs membres même lorsque ces organisations respectent la loi. Ce contrôle de la pensée s’applique aussi bien aux Turcs qu’aux autres musulmans et constitue une discrimination hostile en principe et fréquemment provocatrice dans la pratique.

Ceci complique les consultations entre les autorités et les chefs religieux musulmans en matière de gestion de la vie et des pratiques religieuses musulmanes. Toutefois, les efforts du gouvernement turc pour monopoliser la représentation des musulmans en Allemagne par le biais d’une organisation, l’Union turco-islamique des affaires religieuses (DİTİB) – qui est sur le plan juridique une association allemande mais en réalité un satellite de l’État turc et un instrument de la tentative de celui-ci de se prémunir contre l’éventuelle croissance de l’opposition au sein de la diaspora turque – sont un autre facteur de complication. Ceci entre en conflit avec la nature plurielle de la population musulmane allemande, qui comprend notamment des Arabes sunnites et chiites et des Kurdes ainsi que des fidèles de courants alternatifs de l’islamisme turc représentés en particulier par le mouvement de la communauté islamique de la Vision nationale (Milli Görüş). Les autorités allemandes se trouvent face à un dilemme : elles ont besoin de la coopération d’Ankara sur certains aspects pratiques mais ne peuvent se permettre de céder aux prétentions monopolistiques du DİTİB sans porter atteinte à l’intégration de tous les courants légitimes (constitutionnels) d’opinion religieuse et politique parmi la population immigrée.

Les autorités doivent garantir tant au niveau fédéral que provincial (c’est-à-dire au niveau des Länder) que, quelle que soit leur forme, les aménagements constitutionnels pris en vue de la consultation des chefs religieux respectent la pluralité des points de vue et des organisations existantes mais aussi que ces consultations n’excèderont pas leurs attributions, à savoir la gestion consensuelle de la pratique religieuse musulmane. C’est en premier lieu aux partis, et non à un forum religieux soutenu par le gouvernement, d’assurer la représentation politique des Allemands d’origine turque sur les aspects sociaux, économiques et politiques, et les partis doivent donc faire des efforts en ce sens. Ils ne devraient pas simplement les représenter en tant que Turcs ou musulmans mais en tant que membres de la société allemande ayant une variété d’intérêts. Les partis doivent se pencher sur les questions générales qui revêtent une importance particulière pour cette population, notamment l’égalité des chances en matière d’éducation, mais ils doivent également être présents au niveau local dans les quartiers turcs et impliquer les Turcs (et autres musulmans) dans le débat et dans les activités des partis.

C’est le succès ou l’échec de ce genre d’efforts politiques qui déterminera en fin de compte si l’Allemagne peut continuer à connaître la paix sociale à mesure que se déroule le processus d’intégration. Et le déroulement de ce processus lors de la prochaine décennie aura inévitablement des répercussions sur l’attitude que l’Allemagne adoptera envers plusieurs questions sécuritaires vitales pour l’Europe, notamment l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE) ou les efforts faits pour garantir la paix au Moyen-Orient.

Berlin/Bruxelles, 14 mars 2007

Op-Ed / Europe & Central Asia

Die Deutschen machen sich von einem Diktator abhängig

Originally published in Die Zeit

An Usbekistan zeigt sich, wie widersprüchlich die deutsche Außenpolitik ist: Die Regierung unterstützt einen Diktator, um die Militärbasis zu sichern.

In diesen Tagen werden die Karten der deutschen Politik neu gemischt. Gespannt wartet die Öffentlichkeit unter anderem darauf zu erfahren, wer der neue Außenminister wird. Unabhängig davon, wer den Posten bekommt, wird sich der neue Chefdiplomat sicherlich als erstes mit dem Thema Afghanistan konfrontiert sehen. In Zeiten wachsenden Unmutes in der deutschen Bevölkerung über den Einsatz am Hindukusch, muss Deutschland nicht nur seine Strategie für Afghanistan, sondern auch unbedingt für den gesamten zentralasiatischen Raum überdenken. Allen voran, das äußerst fragwürdige Verhältnis zu Usbekistan.

Seit 2002 unterhält die Bundesrepublik in der usbekischen Stadt Termez einen Lufttransportstützpunkt. Von hier aus werden die deutschen Truppen versorgt. Von hier aus starten die Bundeswehrsoldaten nach Afghanistan. Doch Usbekistan ist nicht irgendein Staat. Es herrscht ein diktatorisches Regime, eines der schlimmsten auf der Welt.

Am Fall Usbekistan zeigt sich die widersprüchliche Zentralasienpolitik Deutschlands. Sie wirft viele Fragen auf: Obwohl die Deutschen in Afghanistan eine sogenannte Friedensmission betreiben, starten und versorgen sie ihre Truppen von einem Land aus, in dem Menschen wegen ihrer politischen Gesinnung verhaftet, gefoltert und getötet werden.

Während die Deutschen in Afghanistan Schulen bauen und verstärkt in Bildung investieren, werden  auf der usbekischen Seite jeden Herbst über zwei Millionen Schulkinder ab dem Alter von neun Jahren vom Staat dazu gezwungen, auf den Baumwollplantagen zu arbeiten. In Afghanistan finanziert Deutschland den Aufbau freier Medien, in Usbekistan werden Journalisten und Menschenrechtler verfolgt. An der Universität Kabul unterstützten die Deutschen den Aufbau eines IT-Zentrums, in Usbekistan herrscht Internetzensur. In Afghanistan bildet die Bundesrepublik Hunderte Polizisten aus, in Usbekistan töteten Sicherheitskräfte im Jahr 2005 beim Massaker von Andischan Hunderte von Menschen. Verschiedene Sanktionen der EU gegen das usbekische Regime waren nur von kurzer Dauer. Sie wurden auf Drängen Berlins schon bald wieder aufgehoben. Nur eine Sanktion besteht noch: das Waffenembargo.

Das steht Ende Oktober auf der Arbeitsagenda des nächsten EU-Außenministertreffens in Luxemburg. Die Chancen stehen gut für eine Aufhebung, nicht zuletzt weil das Embargo nur bestehen kann, wenn alle 27 Mitgliedsstaaten der Aufrechterhaltung zustimmen. Dass Berlin auch diesmal auf der Seite der Usbeken stehen wird, ist ein offenes Geheimnis.

Es liegt an der kommenden schwarz-gelben Regierung, die deutsche Zentralasienstrategie zu reformieren. Vor allem sollte Berlin überlegen, wie es die Antagonismen beseitigen kann, um eine klare Linie der Friedens- und Menschenrechtspolitik zu verfolgen. Das würde zum Beispiel heißen, mehr Druck auf Usbekistans Präsident Islam Karimov auszuüben, um Verbesserungen der Lebensbedingungen seines Volkes zu bewirken. Die Usbeken müssen dringend an den Bereichen Wirtschaft, Menschenrechte, Kinderzwangsarbeit und an den Beziehungen zu den zentralasiatischen Nachbarn arbeiten. Die Deutschen hingegen sollten überdenken, ob sie ihre militärischen Operationen tatsächlich von der Willkür eines Diktators abhängig machen wollen. Eher lohnt es sich, sich auf die Förderung von Bildung zu konzentrieren, um eine künftige Generation von Staats- und Regierungschefs zu begünstigen, die besser ist als die gegenwärtige. Auch brauchen usbekische Migranten und Flüchtlinge in Zentralasien stärkere Unterstützung von westlichen Staaten.
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Langfristig bringt eine solche Politik mehr Sicherheit, als wenn man nach den Regeln eines Diktators spielt, um die Probleme kurzfristig zu lösen. Noch einen Krisenherd kann Zentralasien nicht verkraften und sich der Westen, auch Deutschland, nicht mehr leisten.