Arrow Left Arrow Right Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Twitter Video Camera Youtube
الضربات العسكرية لا تشكل رداً بسيطاً على صعود القاعدة في اليمن
الضربات العسكرية لا تشكل رداً بسيطاً على صعود القاعدة في اليمن
Kobani’s central market destroyed by mortars from the Islamic State, December 2014. MAGNUM/Lorenzo Meloni

Exploiter le chaos : l’Etat islamique et al-Qaeda

  • Share
  • Save
  • Print
  • Download PDF Full Report

Synthèse

L’Etat islamique (EI), les groupes liés à al-Qaeda, Boko Haram et d’autres mouvements extrémistes sont les protagonistes des crises les plus meurtrières d’aujourd’hui, ce qui complique les efforts pour y mettre fin. Ils exploitent les guerres, la faillite des Etats et les bouleversements géopolitiques au Moyen-Orient, s’implantent en Afrique et constituent ailleurs une menace en constante évolution. Enrayer leur avancée nécessite d’éviter les erreurs qui ont permis leur ascension. Cela implique de distinguer les groupes selon leurs objectifs ; de faire un usage plus différencié de la force ; de ne pas repousser les militants sans avoir au préalable une alternative crédible ; et de considérer établir des voies de communication, même avec les plus radicaux. Il est également vital de désamorcer les crises dont ils se nourrissent et de prévenir l’apparition de nouveaux conflits, en poussant les dirigeants au dialogue, à l’intégration et aux réformes, et en réagissant avec mesure aux attaques terroristes. L’essentiel est que la lutte contre « l’extrémisme violent » ne distraie pas, ni n’aggrave, des menaces plus graves encore, notamment les rivalités croissantes entre puissances, régionales et internationales.

L’influence des « jihadistes » (un terme que Crisis Group emploie avec réticence mais que les groupes examinés dans ce rapport utilisent pour se définir ; pour une explication plus complète de son usage dans le rapport, voir page 2) s’est étendue de façon spectaculaire au cours des dernières années. Certains mouvements sont maintenant des forces armées puissantes, contrôlant des territoires, supplantant l’Etat et gouvernant par un mélange mesuré de coercition et de cooptation. Rien ne suggère que des moyens militaires sont suffisants pour les vaincre. Pourtant, ils poursuivent, à des degrés divers, des objectifs incompatibles avec le système d’Etat-nation, rejetés par la majorité des habitants des régions concernées et difficiles à satisfaire dans des accords négociés. La plupart semblent résilients, capables de s’adapter à des dynamiques changeantes. La géographie des crises aujourd’hui indique que des groupes similaires marqueront beaucoup de guerres à venir.

L’EI a remodelé le paysage jihadiste : sa stratégie plus sanglante que celle d’al-Qaeda, avec lequel il a rompu en 2013 ; son califat déclaré dans une grande partie de l’Irak et de la Syrie et son emprise sur une bande côtière libyenne ; des milliers d’étrangers et des dizaines de mouvements enrôlés ; ses attaques dans le monde musulman et en Occident. En luttant sur de multiples fronts (contre les alliés de l’Iran, les régimes arabes sunnites et l’Occident), il a fédéré les courants sectaire, révolutionnaire et anti-impérialiste de la pensée jihadiste. Sa direction est essentiellement irakienne, mais le mouvement est protéiforme : insurgé millénariste et local ; source de protection pour certains, de mobilité sociale pour d’autres, et parfois véritable raison d’être ; fort d’éléments cherchant à consolider le califat, à prendre Bagdad ou même la Mecque, ou attirer l’Occident dans une bataille apocalyptique. Essentiellement, néanmoins, sa progression reflète l’histoire récente de l’Irak et de la Syrie : l’exclusion sunnite et l’anomie après une invasion américaine désastreuse ; les mauvais traitements quand Nouri al-Maliki était Premier ministre; et la brutalité du régime du président Bachar el-Assad et de ses alliés. Toute réponse doit prendre en compte les multiples visages de l’EI. Mais surtout, elle doit atténuer la souffrance sunnite au Levant et le dangereux sentiment de victimisation que cette dernière a engendré dans le monde arabe sunnite.

En partie occulté par la montée de l’EI, al-Qaeda a évolué. Les groupes qui lui sont affiliés au Maghreb, en Somalie, en Syrie et au Yémen restent puissants, parfois plus forts que jamais. Certains se sont greffés sur des insurrections locales, affichant un certain pragmatisme, s’abstenant de tuer des musulmans, et se montrant sensibles aux normes locales. Autour du bassin du lac Tchad, Boko Haram, le dernier d’une série de mouvements revivalistes, ayant pris racine dans un contexte de marginalisation politique et économique et de violence structurelle au Nord du Nigéria, s’est muée de secte isolée en menace régionale, bien que l’allégeance à l’EI ait joué un rôle mineur dans cette transformation. Différents types de mouvements (les talibans afghans, largement nationalistes, revitalisés depuis le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan, et les groupes pakistanais, dont des mouvements sectaires, des militants tribaux luttant contre l’Etat central et des groupuscules alignés sur son établissement militaire se concentrant sur le Cachemire ou l’Afghanistan) forment une scène jihadiste en pleine évolution dans le Sud de l’Asie.

Les causes de cette expansion défient toute description générique. Les modèles de radicalisation varient d’un pays à l’autre, d’un village à l’autre, d’un individu à l’autre. Les autocrates, l’exclusion politique, les interventions occidentales malheureuses, la mauvaise gouvernance, le verrouillage des modes d’expression politique pacifiques, la méfiance des périphéries délaissées vis-à-vis de l’Etat, le déclin de l’autorité des élites traditionnelles et le manque de perspectives de populations jeunes de plus en plus nombreuses, ont tous joué un rôle. Sans oublier l’attrait en berne des autres idéologies, en particulier de l’islam politique pacifique des Frères musulmans, principal concurrent idéologique des jihadistes, affaibli par l’éviction du président Mohammed Morsi et la répression qui a suivi en Egypte. Le prosélytisme de composants intolérants de l’islam a, par endroits, contribué à préparer le terrain. Les courants sectaires qui parcourent une grande partie du monde musulman sont à la fois renforcés par l’EI et lui apportent leur concours.

Mais si les racines sont complexes, le catalyseur est évident. Le glissement de la plupart des révolutions arabes de 2011 vers le désordre ou le chaos a constitué une aubaine exceptionnelle pour les extrémistes. Les mouvements se sont renforcés au fur et à mesure que les crises s’envenimaient et évoluaient, tandis que l’argent, les armes et les combattants circulent, et que la violence s’intensifie. L’inimitié croissante entre les Etats conduit les puissances régionales à moins se soucier des extrémistes que de leurs rivaux traditionnels, à exploiter la lutte contre l’EI pour combattre leurs ennemis ou à se servir des jihadistes comme leur bras armé. Au Moyen-Orient, en particulier, la progression des jihadistes résulte plutôt de l’instabilité plutôt qu’il n’en est le moteur ; est causée davantage par la radicalisation durant les crises que par une situation préexistante ; et doit plus aux affrontements entre leurs ennemis qu’à leurs propres forces. Un mouvement jihadiste parvient rarement à se consolider ou à gagner du terrain en dehors d’une zone de guerre ou d’un Etat en déliquescence.

La géopolitique empêche une réponse cohérente. Avant tout, il importe d’atténuer la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, qui engendre l’extrémisme sunnite et chiite, approfondit les crises dans la région et constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus graves à la paix et à la sécurité internationales. Apaiser d’autres tensions (entre la Turquie et les militants kurdes, par exemple, la Turquie et la Russie, les régimes arabes conservateurs et les Frères musulmans, le Pakistan et l’Inde, et même la Russie et l’Occident), est également essentiel. En Libye, en Syrie et au Yémen, la lutte contre les jihadistes exige de forger de nouvelles structures suffisamment attractives pour dégarnir leurs rangs et unir d’autres forces. Bien sûr, rien de tout cela n’est facile. Mais redoubler d’efforts pour circonscrire les nouvelles lignes de fracture serait plus avisé que de les dissimuler derrière une illusion de consensus contre « l’extrémisme violent ».

Il est également vital de tirer les leçons des erreurs commises depuis les attaques du 11 septembre 2001. Chacun de ces mouvements, en dépit des liens entre eux et des attaches transnationales de certains, est distinct et enraciné localement ; chacun nécessite une réponse spécifique. Ils peuvent, cependant, poser des dilemmes et pousser à des erreurs similaires. Les grandes puissances, au niveau international et régional, et les gouvernements dans les régions touchées devraient :

  • Différencier au lieu d’amalgamer : Faire d’islamistes non violents des ennemis, en particulier les Frères musulmans, alors qu’ils sont prêts à accepter le pluralisme politique et religieux et à participer à la vie politique, est voué à l’échec. Il est également important de distinguer les mouvements qui cherchent une place dans l’ordre mondial de ceux qui veulent le bouleverser. Même l’EI, ses branches locales et les groupes affiliés à al-Qaeda, bien qu’appartenant à cette dernière catégorie, ne sont pas monolithiques. Leurs hiérarchies ont des objectifs transnationaux, mais leurs bases ont des motivations diverses, la plupart du temps locales, leur degré de loyauté peut évoluer, voire être malléable en fonction des circonstances. Pour mettre fin à la violence, les gouvernements devraient différencier même au sein des mouvements radicaux et ne pas tous les considérer comme des ennemis à combattre.
     
  • Contenir, faute de mieux : Les puissances étrangères devraient toujours avoir une alternative crédible lorsqu’elles entreprennent de repousser des militants ; cela vaut aussi pour les gouvernements qui interviennent sur leur propre territoire. La stratégie adoptée aujourd’hui en Irak (raser des villes pour vaincre l’EI en espérant que les dirigeants sunnites à Bagdad puissent reconquérir, à l’occasion de la reconstruction, la légitimité qu’ils ont perdue) a peu de chance de satisfaire les plaintes des sunnites ou de créer des conditions leur permettant de se forger une nouvelle identité politique. En Libye, un bombardement massif ou le déploiement de troupes occidentales contre l’EI sans un règlement politique global serait une erreur, susceptible d’accentuer le chaos. Dans les deux cas, ralentir les opérations militaires comporte aussi des risques importants mais, sans une alternative crédible, cela constitue l’option la plus sûre, pour ceux qui envisagent d’y aller comme pour ceux qui se trouvent dans les zones concernées.
     
  • Utiliser la force judicieusement : Si la force doit, en général, faire partie de la réponse, les gouvernements ont été trop prompts à entrer en guerre. Des mouvements aux racines communautaires, qui exploitent des revendications légitimes et bénéficient parfois de soutiens à l’étranger, sont difficiles à éradiquer, aussi regrettable que soit leur idéologie. Les guerres en Somalie et en Afghanistan illustrent les limites de l’approche consistant à qualifier ses ennemis de terroristes ou d’extrémistes violents et à conjuguer les efforts pour bâtir des institutions étatiques centralisées avec une intervention militaire sans la présence d’une stratégie politique globale, comprenant la réconciliation. De même que la Russie ne pourrait pas reproduire aujourd’hui dans les zones touchées la stratégie de la terre brûlée en Tchétchénie (sans même tenir compte du coût humain), étant donné la porosité des frontières, la faillite des Etats et les conflits par procuration.
     
  • Respecter les règles : Trop souvent, les interventions militaires contre les extrémistes les aident à recruter ou laissent les communautés tiraillées entre leur main de fer et des opérations indiscriminées pouvant les toucher. La capacité des jihadistes à garantir une protection contre les attaques des régimes, d’autres milices ou des puissances étrangères, est l’un de leurs plus grands atouts, facteur généralement plus déterminant de leur succès que l’idéologie. Bien que souvent responsables d’atrocités, ils se battent dans des conflits où tous les acteurs violent le droit international humanitaire. Renouer avec le respect des règles doit être une priorité.
     
  • Limiter les assassinats ciblés : Les frappes de drones peuvent, dans certains cas, entraver les activités de ces groupes et leur capacité à nuire aux intérêts occidentaux, et les déplacements de leurs chefs. Mais elles nourrissent le ressentiment contre les gouvernements locaux et l’Occident. Les mouvements survivent à leurs dirigeants, qui sont souvent remplacés par des personnalités plus radicales. Prévoir l’impact d’un assassinat est difficile dans un contexte relativement stable ; le faire dans un contexte de guerre urbaine et de luttes jihadistes intestines (avec al-Qaeda et d’autres groupes combattant l’EI) est impossible. Au-delà des questions de secret, de légalité et de responsabilité qu’ils posent, les assassinats ciblés ne mettront pas fin aux guerres impliquant les jihadistes et n’affaibliront pas la plupart de ces mouvements de manière décisive.
     
  • Ouvrir des voies de communication : Les gouvernements devraient être plus disposés au dialogue, même avec les extrémistes, malgré les difficultés que cela pose. Des occasions ont été manquées qui auraient pu permettre une désescalade de la violence (avec certains dirigeants talibans et de al-Shabaab, avec Boko Haram et avec Ansar al-Charia en Libye, par exemple). Il incombe à ses dirigeants de décider si un groupe refuse tout accommodement, non aux gouvernements. Bien que les politiques ne doivent se faire aucune illusion sur la nature de la hiérarchie de l’EI et d’al-Qaeda, les chances d’ouvrir des canaux de dialogue discrets, via des responsables locaux, des médiateurs non étatiques ou autres, valent généralement la peine d’être saisies, en particulier sur les questions humanitaires, où il peut y avoir un intérêt commun.
     
  • Préciser le programme de « lutte contre l’extrémisme violent » (LEV) : En tant que correctif aux politiques sécuritaires de l’après 11 septembre, le programme LEV, initié principalement par des acteurs du développement, est salutaire ; il est tout aussi important d’identifier les problèmes sous-jacents qui peuvent, dans certains cas, permettre le recrutement d’extrémistes, et de privilégier l’aide au développement sur les dépenses militaires. Mais renommer certaines activités, liées aux obligations fondamentales des Etats envers leurs citoyens par exemple (comme l’éducation, l’emploi ou l’aide aux communautés marginalisées), comme des activités LEV nécessaires pour lutter contre les « causes profondes » de l’extrémisme violent, peut s’avérer être une vision de court terme. Présenter « l’extrémisme violent », une expression souvent mal définie et qui peut faire l’objet d’un usage abusif, comme une menace majeure pour la stabilité, risque de minimiser d’autres sources de fragilité, de délégitimer des revendications politiques et de stigmatiser des communautés comme potentiellement extrémistes. Les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent réfléchir attentivement à quoi labelliser LEV, étudier davantage les parcours qui mènent à la radicalisation et consulter largement parmi les populations les plus touchées.
     
  • Investir dans la prévention des conflits : L’avancée récente de l’EI et d’al-Qaeda rend plus urgente encore la prévention, à la fois pendant les crises pour arrêter la radicalisation et en amont. Toute autre dégradation de la situation, quelque part entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud, est susceptible d’attirer un élément extrémiste (que ces mouvements provoquent eux-mêmes des crises ou, plus probablement, profitent de leur aggravation. Même si les prescriptions génériques ont une valeur limitée, pousser les dirigeants vers une politique plus inclusive et représentative, répondre aux doléances des communautés et réagir avec mesure aux attaques terroristes est en général pertinent. Dans l’ensemble, en d’autres termes, prévenir les crises fera plus pour arrêter les extrémistes violents que ne le fera la lutte contre l’extrémisme violent pour prévenir les crises.

Des vagues de violence jihadiste ont marqué ces 25 dernières années : une première au début des années 1990, lorsque des volontaires du jihad anti-soviétique en Afghanistan ont rejoint d’autres insurrections ; une deuxième lancée par al-Qaeda, qui a culminé avec les attaques du 11 septembre ; et une troisième déclenchée par l’invasion américaine en Irak. Cependant, la quatrième vague, qui déferle aujourd’hui, est la plus périlleuse. Cela est dû en partie au contrôle territorial exercé par l’EI et à son adaptation idéologique (son exploitation du mécontentement sunnite locale et plus largement envers l’ordre établi). Mais sa dangerosité vient surtout des courants qui la parcourent, en particulier les bouleversements au Moyen-Orient et la dégradation des relations entre l’Etat et la société, là-bas et ailleurs. L’inquiétude des dirigeants du monde est fondée : les attaques de l’EI tuent leurs citoyens et menacent la cohésion de leurs sociétés. Ils subissent d’énormes pressions pour agir. Mais ils doivent le faire avec retenue. Tout faux pas (qu’il s’agisse d’une intervention militaire inappropriée à l’étranger, de répression à domicile, de conditionner l’aide à la lutte contre la radicalisation, d’élargir trop largement le champs des groupes à combattre ou de négliger des menaces plus graves encore en se laissant aveugler par la lutte contre « l’extrémisme violent ») risque d’aggraver ces courants profonds et, une nouvelle fois, de faire le jeu des jihadistes.

Bruxelles, 14 mars 2016

Yemeni security forces gather in Aden's Mansura district, where a car bomb was used by suspected al-Qaeda fighters to target the city's police chief on 1 May 2016. AFP/Saleh Al-Obeidi

الضربات العسكرية لا تشكل رداً بسيطاً على صعود القاعدة في اليمن

High civilian casualties from the latest U.S. counter-terrorism raid in Yemen risk aggravating rather than helping to resolve a conflict that is the principal reason for the growth of al-Qaeda in the devastated country. 

أول غارة جوية ضد الإرهاب أمر بتنفيذها الرئيس الأمريكي دونالد ترامب خلال نهاية الأسبوع استهدفت القاعدة في اليمن. إلى أي حد كانت العملية فعالة، وماذا نعرف عن الاستراتيجية الأوسع للإدارة الجديدة حيال اليمن؟

تشكل الغارة الجوية على البيضاء، إحدى الجبهات الرئيسية في الحرب الأهلية في اليمن، حيث تشارك القاعدة في شبه الجزيرة العربية وفرعها المحلي، أنصار الشريعة، في الصراع، مثالاً جيداً على ما لا ينبغي فعله. يتسبب استخدام الجنود الأمريكيين وسقوط عدد كبير من الضحايا المدنيين – حيث ذكرت المصادر المحلية مقتل عشر نساء وأطفال على الأقل - بتهييج المشاعر وتوليد الاستياء من أمريكا لدى سائر أجزاء الطيف السياسي اليمني وهو ما يصب في مصلحة القاعدة في شبه الجزيرة العربية. تتجاهل الغارة السياق السياسي المحلي، على حساب وجود استراتيجية فعالة لمحاربة الإرهاب. كان رجال القبائل الذين تم استهدافهم يرتبطون بصلات بالقاعدة في شبه الجزيرة العربية/أنصار الشريعة، لكن العديد منهم، إن لم يكن معظمهم، لا تحفزهم الأجندة الدولية للقاعدة في شبه الجزيرة العربية، بما في ذلك استهداف الغرب، بل يحفزهم أكثر صراع محلي على السلطة يُنظر فيه إلى القاعدة في شبه الجزيرة العربية على أنها حليف ضد الحوثيين (الميليشيا الزيدية/الشيعية) والمقاتلين المتحالفين مع الرئيس السابق علي عبد الله صالح. على المستوى المحلي، فإن الغارة لا تعزز فقط رواية القاعدة في شبه الجزيرة العربية حول الحاجة لإبداء معارضة عنيفة لما يزعمون أنه حرب أمريكية ضد المسلمين، بل تمنح القاعدة في شبه الجزيرة العربية أيضاً فرصة لاتهام الولايات المتحدة بمساعدة قوات الحوثي/صالح في حربها للاستيلاء على البيضاء، وهو اتهام من المرجح أن يلقى صدى لدى السكان المعادين للحوثي/صالح في هذه المنطقة. وهذه مفارقة، لأن الولايات المتحدة تساعد السعودية في قصف قوات الحوثي/صالح.

من المبكر جداً تحديد ماهية الاستراتيجية الأوسع لإدارة ترامب في اليمن، إذا كان هناك في الأصل أية استراتيجية. فيما يتعلق بمحاربة الإرهاب، يبدو أنه سيستمر في سياسة الرئيس السابق باراك أوباما بالاعتماد بشكل كبير على الطائرات دون طيار والعمليات الخاصة. إلا أن هجمات الطائرات دون طيار أظهرت فعالية محدودة ونزعة لإحداث آثار عكسية سياسياً عندما تتسبب بسقوط أعداد كبيرة من الضحايا المدنيين. رغم أنها وجهت ضربات متكررة للقاعدة في شبه الجزيرة العربية بقتل قادة ودعاة ومنظرين رئيسيين فيها، فإنها أخفقت في وقف نموها السريع – لأن الفرص التي توفرها الحرب تفوق الخسائر التي تحدثها الضربات.

ما مدى جدية التهديد الذي يشكله الفرع اليمني للقاعدة؟

القاعدة في شبه الجزيرة العربية أقوى من أي وقت مضى. في حين أن تنظيم الدولة الإسلامية هيمن على عناوين الأخبار في أجزاء أخرى من الشرق الأوسط وشمال أفريقيا، فإن القاعدة كانت قصة نجاح في اليمن. على مدى عملية الانتقال السياسي الفاشلة في البلاد، استغلت انهيار الدولة، وتبدُّل التحالفات، ونشوء اقتصاد الحرب وتنامي الطائفية لتوسيع قاعدة أنصارها، وتحدي سلطة الدولة وحكم بعض المناطق أحياناً. لقد تحولت إلى قوة معارضة مسلحة داخلية، وربطت نفسها بمعارضة "سنية" أكبر لتحالف الحوثي/صالح وتستخدم استراتيجية تعتمد على التدرج لتجنب الإساءة بعدوانية للأعراف المحلية والعمل مع المجتمعات المحلية لتحسين الخدمات والتقديم السريع للعدالة. وباتت القاعدة في شبه الجزيرة العربية جزءاً من اقتصاد حرب يشمل مختلف الفصائل السياسية، بما في ذلك مقاتلي الحوثي/صالح، وقد حصلت على موارد جديدة من خلال مداهمة المصارف، والسيطرة على ميناء المُكلا لأكثر من عام، ونهب قواعد الجيش والحصول بشكل غير مباشر على الأسلحة من التحالف الذي تقوده السعودية بدعم أمريكي والذي يدعم الحكومة اليمنية برئاسة الرئيس عبد ربه منصور هادي المعترف بها دولياً ضد قوات الحوثي/صالح.

رغم أن القاعدة في شبه الجزيرة العربية تبنت استراتيجية "اليمن أولاً" وذلك بمعالجة المظالم المحلية والاندماج في الصراعات المحلية، فإنها تستمر بموازنة الأهداف المحلية مع أهدافها العالمية، حيث تدعو إلى هجمات، خصوصاً هجمات يقوم بها "ذئاب منفردون"، ضد الغرب. ثمة جدل حول درجة التهديد الذي يشكله التنظيم للولايات المتحدة، بوجه خاص، إلا أن التهديد بعيد المدى يظل قائماً.

من هم أصدقاء وأعداء القاعدة في شبه الجزيرة العربية في اليمن؟

للنخب السياسية اليمنية تاريخ طويل من التعاون مع المجموعات الجهادية السنية واستمالتها، بما فيها القاعدة في شبه الجزيرة العربية. وهذا يخلق عقبات أمام محاربة التنظيم، حيث إن للنخب القدرة وأحياناً المصلحة في استخدامه لتحقيق مكاسبها المالية أو السياسية الخاصة. من ناحية أخرى، وبالنظر إلى أن القاعدة في شبه الجزيرة العربية وفرعها المحلي، أنصار الشريعة، هي بشكل أساسي تنظيمات يمنية لها مظالم محلية مشروعة – مثل الافتقار إلى تقديم العدالة، والخدمات والوظائف – فإن ثمة فرصاً لإضعاف قيادتها ذات التوجه الدولي من خلال معالجة هذه الشواغل المحلية.

في حين أن جميع الأطراف اليمنية والإقليمية المتحاربة تزعم أن القاعدة في شبه الجزيرة العربية وتنظيم الدولة الإسلامية عدوّان لها، فإنها جميعاً أسهمت في صعودهما. اندفاعة جبهة الحوثي/صالح العسكرية إلى المناطق ذات الأغلبية السنية أتاحت فرصاً واسعة للقاعدة في شبه الجزيرة العربية وتنظيم الدولة الإسلامية لحشر نفسيهما وسط معارضة "سنية" أوسع. لتحالف الحوثي/صالح نزعة ذات أثر عكسي تتمثل في جمع طيف كامل من الخصوم، بما في ذلك الانفصاليون الجنوبيون، والحزب الإسلامي السني، الإصلاح، والقاعدة في شبه الجزيرة العربية، وتنظيم الدولة الإسلامية. الكتلة المعادية للحوثي من جهتها كانت تعمل على أساس مبدأ "عدو عدوي صديقي"، وكانت تنقلب على القاعدة في شبه الجزيرة العربية وتنظيم الدولة الإسلامية حالما يتم إخراج الحوثيين من منطقة معينة. لقد ركز التحالف الذي تقوده السعودية على تقدم تحالف الحوثي/صالح، الذي يعتبره جزءاً من النزعة التوسعية الإيرانية، بوصفه الأولوية القصوى، فسمح للقاعدة في شبه الجزيرة العربية أن تحكم مناطق واسعة لفترات زمنية طويلة وحصد المزايا المالية المترتبة على ذلك. في نيسان/أبريل 2016، أخرجت قوات من الإمارات العربية المتحدة في التحالف القاعدة في شبه الجزيرة العربية من المُكلا، على سبيل المثال، إلا أن التنظيم لم يهزم بل انصهر في المناطق الداخلية. في هذه الأثناء، فإن التنظيم يستفيد من استمرار الصراع، خصوصاً على الجبهات. باختصار، فإن القاعدة في شبه الجزيرة العربية في موقع يشكل مفارقة من حيث إنها تشكل عدواً لجميع الأطراف في الوقت الذي يمكن اعتبارها المستفيد الأكبر من الحرب.

الأسبوع الماضي، قدم مبعوث الأمم المتحدة إلى اليمن إسماعيل ولد الشيخ أحمد إحاطة لمجلس الأمن وأوصى بفرض وقف فوري لإطلاق النار. ما مدى قرب الأطراف من التوصل إلى أي اتفاق لوضع حد للقتال؟

ليس هناك فرصة كبيرة في التوصل إلى تسوية في الوقت الراهن، بشكل أساسي لأن التحالف الذي تقوده السعودية وحكومة هادي يبدوان مصممين على تحقيق مكاسب عسكرية على طول ساحل البحر الأحمر قبل العودة إلى محادثات ذات معنى. في تشرين الأول/أكتوبر، وافق تحالف الحوثي/صالح على التفاوض على أساس "خطة كيري"، التي جمعت تنازلات أمنية وسياسية تسمح بانسحاب الحوثي/صالح من صنعاء، ونزع السلاح على مراحل، وتشكيل حكومة وحدة وطنية يكونون جزءاً منها. لكن لم يتضح إلى أي حد سيقدمون التنازلات حول تفاصيل الانسحاب ونزع السلاح، وهي التفاصيل المهمة بالنسبة للسعوديين وحلفائهم. 

في المحصلة، تبين أن تدخّل وزير الخارجية جون كيري كان ضئيلاً ومتأخراً أكثر مما ينبغي، حيث إن حكومة هادي رفضت الخطة، فيما يعد مؤشراً على فهمها بأن إدارة أوباما كانت قد أصبحت بطة عرجاء غير قادرة على الضغط على السعوديين للتوصل إلى اتفاق سلام. الآن، باتت جهود إعادة إطلاق المفاوضات ميتة فعلياً. رغم أن الأمم المتحدة تبقى مظلة جوهرية ليتم التفاوض تحتها حول تسوية، فبعد ثلاث جولات من محادثات السلام الفاشلة والمحاولات التي لا حصر لها لوقف إطلاق النار، فإنها فقدت مصداقيتها لدى جميع الأطراف ومن غير المرجح أن تستعيد مفاوضات ذات معنى في غياب تغير في حسابات المتحاربين الرئيسيين حيال ما يشكل تسوية مقبولة.

إذا كانت احتمالات إنهاء الحرب بتسوية تفاوضية تبقى بعيدة، ما الذي يمكن فعله على المدى القصير للحد من التهديد الذي تشكله القاعدة وغيرها من التنظيمات الجهادية؟

تتمثل الطريقة الأكثر فعالية في عكس مكاسب القاعدة في شبه الجزيرة العربية وذلك بمعالجة الظروف التي جعلت هذه المكاسب ممكنة، إي بإنهاء الحرب عبر تسوية سياسية دائمة وشاملة. وبما أن هذا يبقى احتمالاً بعيداً، فإن ثمة خطوات عدة من شأنها أن تقلص من نفوذ التنظيم. بالنسبة للدول والمجموعات العاملة في المناطق التي تقع حالياً أو كانت تقع سابقاً تحت سيطرة القاعدة في شبه الجزيرة العربية، مثل حكومة هادي، والميليشيات المرتبطة بها والإمارات العربية المتحدة، فإن هذه الإجراءات تشمل: منح الأولوية للأمن الأساسي، وتقديم الخدمات والعدالة، خصوصاً تسوية النزاعات بشكل سريع وشفاف؛ وفصل المجموعات الإسلامية السنية عن بعضها بعضاً بدلاً من جمعها؛ واستخدام الأدوات العسكرية والشُرَطية بحكمة وطبقاً للأعراف والقوانين المحلية. بالنسبة للولايات المتحدة وغيرها من الحكومات المهتمة بمحاربة القاعدة في شبه الجزيرة العربية، فإن هذا يعني الاستعداد لتقييم وتقييد الشركاء المحليين والإقليميين الذين يمكن أن يتسامحوا مع أو حتى أن يشجعوا القاعدة في شبه الجزيرة العربية/تنظيم الدولة الإسلامية لتحقيق مكاسب سياسية أو اقتصادية خاصة. كما أنه يعني تجنب الأعمال العسكرية ثقيلة الوطأة خارج استراتيجية سياسية، مثل الغارة التي شنت في 29 كانون الثاني/يناير في البيضاء، والتي من المرجح أن تفاقم المشكلة بدلاً من تهدئتها. يمكن لكتلة الحوثي/صالح أن تساعد من خلال تجنب المزيد من التوغلات العسكرية في المناطق ذات الأغلبية السنية، وهي التي ألهبت التوترات الطائفية وغذت الحملة الدعائية للقاعدة في شبه الجزيرة العربية وتنظيم الدولة الإسلامية. على جميع الأطراف اليمنيين والإقليميين المتحاربين الإحجام عن تصنيف أعدائهم بعبارات طائفية فجة.