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Irak: Apaiser les craintes de la Turquie à l'égard des ambitions kurdes
Irak: Apaiser les craintes de la Turquie à l'égard des ambitions kurdes
Iraq: Protests, Iran’s Role and an End to U.S. Combat Operations
Iraq: Protests, Iran’s Role and an End to U.S. Combat Operations

Irak: Apaiser les craintes de la Turquie à l'égard des ambitions kurdes

Au nord de l'Irak, couve un conflit largement inaperçu qui, s'il éclatait, pourrait précipiter la guerre civile, la dislocation du pays et, dans le pire des cas, une intervention de la Turquie.

Synthèse

Au nord de l'Irak, couve un conflit largement inaperçu qui, s'il éclatait, pourrait précipiter la guerre civile, la dislocation du pays et, dans le pire des cas, une intervention de la Turquie. Les tensions dans la région pétrolifère de Kirkouk, où s'affrontent les ambitions politiques, les revendications historiques et les intérêts économiques des principales communautés (Kurdes, Arabes, Turkmènes et Assyro-chaldéens), se sont accrues depuis que les forces américaines ont renversé le régime baathiste en avril 2003. La violence prend désormais des formes préoccupantes. Avec son importante population kurde, la Turquie surveille la situation avec une inquiétude grandissante. Les Etats-Unis et l'Union Européenne doivent faire davantage pour résoudre la question de Kirkouk et aider Ankara à protéger ses intérêts vitaux sans agiter le spectre de plus en plus illusoire mais déstabilisant d'une intervention militaire.

La situation a empiré, à cause de la dégradation de l'état des affaires en Irak et des acteurs politiques, notamment kurdes, qui cherchent à effacer les graves injustices issues de la politique d'arabisation du régime déchu, en revenant en nombre et revendiquant Kirkouk comme capitale d'une future région kurde -- ou d'un Etat. Les tensions ont été quelque peu contenues par la présence des troupes américaines et par les dispositions politiques intérimaires mises en place par les Etats-Unis -- un conseil provincial vaguement représentatif des quatre communautés -- qui, contre toute attente, ont tenu. Mais alors que Washington est de plus en plus préoccupé par l'instabilité dans le reste du pays, la situation à Kirkouk pourrait bien échapper à tout contrôle et les communautés se retrouver aspirées dans une spirale de violence sans issue.

Du point de vue d'Ankara, le chaos ou la guerre civile en Irak, la création d'un Etat kurde dans le nord avec Kirkouk comme capitale qui servirait d'aimant ou de modèle pour la population kurde de Turquie, ou une combinaison de tout cela, sont les pires des scénarios envisageables. A la merci de forces hors de son contrôle, la Turquie ancre désormais sa stratégie dans un engagement en faveur du processus politique à Bagdad et donc en faveur d'une solution pacifique à la question de Kirkouk. Mais elle compte également sur une évolution positive des négociations d'adhésion à l'Union Européenne pour calmer les appétits de sécession que sa population kurde pourrait toujours nourrir.

Il serait toutefois imprudent de compter sur celles-ci comme une assurance contre la menace d'actions militaires, si les intérêts nationaux de la Turquie s'avéraient menacés. L'entrée dans l'Union Européenne se fera, au mieux, dans plusieurs années. Les pressions publiques suscitées par la manipulation par Ankara de la question des Turkmènes irakiens, et la poursuite du déploiement de troupes turques sur le sol irakien pourraient créer une dynamique de leur propre chef et précipiter une éventuelle intervention militaire à Kirkouk. Les perspectives de succès du processus politique irakien s'éloignent face à l'aliénation croissante des Arabes sunnites et à l'insurrection qui se propage. Somme toute, les perceptions d'une menace accrue pourraient créer d'elles-mêmes une dynamique interventionniste que des esprits plus modérés à Ankara pourraient être incapables de contrôler.

Une amélioration à venir des relations entre la Turquie et les autorités kurdes d'Irak serait encore le meilleur rempart contre les risques. En effet, la Turquie a d'ores et déjà fait beaucoup, en acceptant aujourd'hui un arrangement fédéral pour les Kurdes d'Irak qui, ne serait-ce que deux ans plus tôt, aurait été considéré comme un anathème. De même, le commerce et les liens économiques ont augmenté. Mais d'autres étapes doivent toutefois être franchies, fondées sur des intérêts mutuels: la Turquie a besoin d'entretenir de bonnes relations avec les Kurdes pour empêcher le chaos dans le nord, et l'entité kurde, vulnérable et enclavée, pourrait en retour n'avoir d'autre choix que de compter sur la Turquie pour sa protection.

Des mesures visant à instaurer un climat de confiance sont nécessaires pour changer d'atmosphère, établir des mécanismes à mêmes de désamorcer les conflits émergents, et permettre à la Turquie de jouer un rôle plus constructif dans la résolution pacifique de la question de Kirkouk. Celles-ci comprennent l'arrêt mutuel de l'emploi de rhétorique incendiaire, une baisse des tensions à Kirkouk, notamment à travers une surveillance internationale particulièrement active, et la résolution du problème persistant du Parti insurgé des Travailleurs du Kurdistan (PKK) (désormais appelé Kongra-Gel), dont les vestiges de ces forces restent terrées dans le nord de l'Irak.

Les Etats-Unis, qui demeurent l'allié stratégique de la Turquie, et l'Union Européenne, ont un intérêt commun à encourager la Turquie à jouer un rôle constructif. Ils devraient oeuvrer davantage en vue de résoudre la question de Kirkouk, en renforçant les relations entre Ankara et la direction kurde irakienne, ainsi qu'en encourageant des investissements qui donneraient à la population kurde du sud-est de la Turquie la preuve des gains qu'ils tireraient de l'accession de la Turquie à l'Union Européenne. En définitive, le défi est de donner à la Turquie, à travers de telles mesures, les moyens d'exercer une influence positive sur le cours des évènements dans le nord de l'Irak en général, et à Kirkouk en particulier.

Ankara / Amman / Bruxelles, le 26 Janvier 2005

Iraq: Protests, Iran’s Role and an End to U.S. Combat Operations

This week on Hold Your Fire!, Richard Atwood and Naz Modirzadeh talk to Crisis Group’s Lahib Higel about the Tishreen uprising that upended Iraqi politics and what President Biden’s announcement that U.S. forces will end their combat mission in Iraq means for the country.

After a meeting with Iraqi Prime Minister Mustafa al-Kadhimi earlier this week, U.S. President Joe Biden announced that American forces would end their combat mission in Iraq by the end of 2021. Biden’s announcement comes after a turbulent few years for Iraq. Mass protests saw young people camp out in city and town squares across much of the country despite harsh crackdowns by security forces and Iran-backed paramilitaries. Although demonstrations forced one government to step down and have largely dissipated this year, few of the protesters’ grievances have been addressed, and it is far from clear whether elections in October this year offer a chance for political renewal. In this week’s episode, Richard Atwood and Naz Modirzadeh are joined by Lahib Higel, Crisis Group’s senior analyst for Iraq, to talk about Iraqi politics, Iran’s role, how much of a threat ISIS poses, and what an end to U.S. combat operations likely means for the country. 

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For more information, explore Crisis Group’s analysis on our Iraq page.

This is the last episode of the first season of Hold Your Fire!. Please do get in touch with any feedback for the hosts or ideas for the next season at podcasts@crisisgroup.org.

Contributors

Interim President
atwoodr
Naz Modirzadeh
Board Member and Harvard Professor of International Law and Armed Conflicts
Senior Analyst, Iraq
LahibHigel