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Les élections en Irak : un moyen de sortir du bourbier ?
Les élections en Irak : un moyen de sortir du bourbier ?
As New U.S. Envoy Appointed, Turbulent Afghanistan’s Hopes of Peace Persist
As New U.S. Envoy Appointed, Turbulent Afghanistan’s Hopes of Peace Persist
Iraqi supporters of Sairun list celebrate with Iraqi flags and a picture of Shi'ite cleric Moqtada al-Sadr after results of Iraq's parliamentary election were announced, in Najaf, Iraq 15 May, 2018. REUTERS/Alaa al-Marjani

Les élections en Irak : un moyen de sortir du bourbier ?

Les résultats des élections législatives irakiennes du 12 mai ne sont pas encore définitifs, mais il apparait déjà que la formation d’un gouvernement de coalition nécessitera probablement de longues négociations. Joost Hiltermann, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’International Crisis Group, analyse les principales tendances.

Que peut-on dire des résultats préliminaires ? Y a-t-il des surprises ? Faut-il s’attendre à un changement radical dans la façon dont l’Irak sera gouverné ?

La victoire d’une composante du spectre politique chiite islamiste est moins surprenante que la nature de cette composante : les Sadristes, longtemps diabolisés en Occident et peu appréciés à Téhéran. Les Sadristes ont gagné en faisant alliance avec les communistes, également vilipendés par l’Occident et l’Iran, mais à une époque plus ancienne. L’antipathie des puissances extérieures n’est pas la seule chose que les Sadristes, partisans du chef religieux populiste Moqtada al-Sadr, et les communistes ont en commun. Ce qui a réuni ces deux forces apparemment très différentes sur la liste Sairoun (En Marche), c’est leur rejet d’une corruption profondément enracinée et un attachement commun à une réforme institutionnelle ; leur opposition à une intervention étrangère et leur reconnaissance du besoin de rééquilibrer l’influence des forces extérieures (que ce soit l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite ou les Etats-Unis) les unes par rapport aux autres ; et leur position, exprimée publiquement, en faveur d’une approche non confessionnelle de l’édification de l’Etat.

Il y a un lien indirect entre la victoire d’une coalition anti-corruption et le faible taux de participation estimé à un peu moins de 45 pour cent. Beaucoup de gens sont restés à l’écart parce qu’ils estimaient que leurs votes ne produiraient pas le changement voulu, à savoir une refonte radicale d’un système politique qui se nourrit de népotisme, de favoritisme fondé sur l’appartenance aux partis, et de corruption pure et simple. Il se pourrait, si la liste Sairoun réussissait à former une coalition gouvernementale dont elle constituerait le cœur, qu’elle puisse poursuivre un programme de réforme avec le soutien non seulement de sa propre base, mais aussi de beaucoup de ceux qui ont refusé de voter – du moins si le rejet du système politique n’affecte pas la capacité de cette coalition à gouverner.

Ce dont l’Irak a besoin, c’est d’un gouvernement visionnaire.

Néanmoins, la réussite n’est en rien garantie. Les Sadristes et les communistes peuvent finir par former une coalition gouvernementale. Mais le retour inévitable de certains des politiciens de la « vieille garde » entrainera des compromis qui limiteront tout effort de réforme, non seulement parce que ces politiciens ont d’autres priorités, mais aussi parce qu’ils ont beaucoup à perdre d’un effort pour lutter contre la corruption. En outre, dans un pays tributaire presque exclusivement de ses exportations pétrolières pour ses revenus, et avec une corruption endémique depuis que l’ONU a imposé des sanctions internationales en 1990, amplifiée par les injections massives et incontrôlées de liquidités américaines après 2003, il est difficile de voir comment le nouveau gouvernement peut s’immuniser contre cette maladie. L’Irak devra également relever le défi posé par les groupes paramilitaires qui agissent de manière autonome par rapport à l’Etat et constituent une menace à long terme pour son intégrité et son efficacité.

Ce dont l’Irak a besoin, c’est d’un gouvernement visionnaire suffisamment fort pour diversifier l’économie et la sortir de sa dangereuse dépendance au pétrole, et intégrer pleinement les groupes paramilitaires dans les institutions de l’Etat et les forces de sécurité officielles. Le pays a besoin d’un gouvernement central désireux et capable de trouver un compromis historique avec le gouvernement régional kurde sur le partage du pouvoir dans les territoires contestés et une distribution équitable des revenus pétroliers provenant de ces régions. On peut s’interroger sur les chances d’un gouvernement formé par une coalition restreinte de produire des résultats aussi cruciaux.

La victoire de Sairoun est-elle un revers pour l’Iran ?

Ce n’est pas l’amour fou entre l’Iran et cette alliance de Sadristes et de communistes. Pourtant, je soupçonne que Téhéran peut s’accommoder d’un gouvernement dont cette alliance constituerait la composante la plus forte. Par le passé, les dirigeants iraniens n’ont montré aucune préférence sur qui doit gouverner l’Irak, tant que les islamistes chiites restaient au pouvoir, même dans le cadre d’une alliance avec des Arabes sunnites, des Kurdes ou – à Dieu ne plaise – des communistes (dans ce cas des anciens communistes). Pour les dirigeants iraniens, la question n’est pas celle des personnalités au pouvoir à Bagdad, mais d’avoir un gouvernement de coalition qui ne nuira pas aux intérêts stratégiques de l’Iran. L’Iran ne veut pas être attaqué par son voisin, comme il l’a été en 1980, et il voit comme sa meilleure défense un Irak relativement faible, avec un gouvernement qui ne répond pas nécessairement aux ordres de Téhéran mais qui ne franchit aucune de ses lignes rouges. Le fait est qu’aucun gouvernement irakien d’après 2003 ne l’a fait. En effet, tous les dirigeants irakiens ont soigneusement conservé l’équilibre entre les intérêts iraniens et américains. On peut s’attendre à une continuité à cet égard, même avec les Sadristes et les communistes au pouvoir.

Les Gardiens de la Révolution islamique d’Iran étaient prêts à lâcher le Premier ministre Nouri al-Maliki en 2014, juste après sa victoire aux élections législatives et alors qu’il pouvait facilement rester au pouvoir pour un troisième mandat de quatre ans. A leurs yeux, Maliki avait échoué à poursuivre une politique qui aurait empêché l’Etat islamique de s’emparer du tiers du pays en se nourrissant du mécontentement des Arabes sunnites que le Premier ministre avait alimenté par de sévères pratiques répressives, et donc échoué à ne pas nuire aux intérêts de l’Iran. Téhéran a également été prêt à accepter Haider al-Abadi, un membre relativement inconnu du parti Daawa de Maliki, qui était soutenu par les Etats-Unis, en tant que nouveau Premier ministre. En fin de compte, l’Iran est aussi conscient de ses propres limites en Irak. Il sait qu’il doit tenir compte des déclarations du plus grand chef religieux chiite, le grand ayatollah Ali al-Sistani à Najaf, ou s’éloigner encore plus d’une population irakienne qui se méfie historiquement des desseins iraniens. Bien qu’il soit né en Iran, Sistani est un garant de l’« irakianité » aux yeux de nombreux Irakiens.

Les médias irakiens exagèrent l’existence de ce que les Irakiens voient comme deux larges coalitions. La première, qu’ils appellent « coalition iranienne », comprend la coalition Fatah (Conquête), arrivée en deuxième position, et la liste Etat de droit de Maliki, arrivée en quatrième position. L’autre, comprenant les vainqueurs et la liste Nasr (Victoire) d’Abadi, a été baptisé la « coalition américaine ». Il est assez amusant – peut-être pas pour les Américains – de remarquer que selon cette perception, les Sadristes font partie de la coalition « américaine ». La raison de cette franche séparation est que les Irakiens analysent leurs diverses problématiques dans le cadre d’une lutte acharnée entre l’Iran et les Etats-Unis. Ils placent les listes du Fatah et de l’Etat de droit, associées à leurs groupes paramilitaires, dans le camp iranien, bien qu’il faille faire attention à ne pas présumer que tous ceux qui ont voté pour ces deux listes ressentent une affinité particulière pour l’Iran. L’autre camp est dénommé « Américain » par facilité, mais il serait plus exact de dire qu’il est anti-iranien, ou plus précisément patriotique : son programme n’est pas imprégné par le besoin de servir un intérêt iranien spécifique en plus de l’intérêt général irakien.

Moqtada al-Sadr sera-t-il le prochain Premier ministre ?

Même s’il faut faire attention à ne pas considérer la victoire de Sadr comme un coup de chance ou une conséquence du faible taux de participation, on peut sans risque écarter la possibilité qu’il devienne Premier ministre. Ce n’est pas ce qu’il a en tête et chef du gouvernement n’est pas une position à laquelle il aspire. Moqtada al-Sadr est le dernier représentant reconnu de la célèbre famille Sadr de Najaf. Son père, Mohammed Mohammed Sadeq al-Sadr, était un éminent dirigeant religieux chiite, assassiné par le régime de Saddam Hussein en 1999, avec deux autres fils. Son beau-père (le cousin de son père), Mohammed Baqir al-Sadr, était peut-être encore plus célèbre en tant que chef religieux et fondateur idéologique du parti Daawa. Il a été exécuté avec sa sœur Bint al-Huda par le régime en 1980.

Muqtada est la progéniture survivante de martyrs légendaires, ce qui explique en grande partie sa popularité et sa légitimité auprès de sa base, en particulier dans l’immense bidonville chiite de Bagdad, Revolution City, qui fut rapidement rebaptisé Sadr City après 2003. Même s’il n’a pas une instruction formelle ou un niveau d’éducation religieuse particulièrement élevé – ou peut-être à cause de cela –, il préfère rester à l’écart de l’exercice du pouvoir, et tirer les ficelles.

Il faut également garder à l’esprit que dans le paysage politique fragmenté de l’Irak d’après 2003, le Premier ministre n’est souvent issu d’aucun des blocs chiites les plus forts, mais plutôt du centre mou. En 2005, Ibrahim Jaafari est devenu Premier ministre grâce à un compromis entre les deux partis les plus forts sortis des urnes : les Sadristes (alors inexpérimentés politiquement et incapables de gouverner) et le Conseil suprême d’Abdul-Aziz al-Hakim (qui vient de la deuxième célèbre famille religieuse de Najaf). Jaafari appartenait au parti Daawa, le parti islamiste chiite originel d’Irak, établi après la chute de la monarchie en 1958, et dont les dirigeants et les rangs ont été décimés par Saddam Hussein dans les années 1980. En 2003, le parti était extrêmement faible, mais conservait sa position parmi les chiites. Jaafari était donc un choix sûr pour les vainqueurs des élections en 2005, ainsi que pour Téhéran (même si Jaafari avait été en exil au Royaume-Uni, et pas en Iran).

Un an plus tard, lorsque le gouvernement de transition prit fin, le Conseil suprême et les Sadristes sortirent de nouveau les plus forts de la consultation. Cette fois-ci, ils choisirent Maliki comme Premier ministre, également membre de Daawa, après que les Kurdes eurent opposé leur veto à Jaafari ; à cette époque, les Kurdes étaient encore forts à Bagdad. Maliki a reconstruit Daawa, utilisant l’argent du pétrole pour acheter des soutiens et renforcer son pouvoir – plus que celui de son parti. Puis il a été trop loin et a été contraint de céder sa position à Abadi en 2014.

Aujourd’hui, Abadi n’est arrivé qu’en troisième position, mais je ne le considérerais pas en dehors de la course à la primature. Les deux blocs les plus forts sont cette fois les Sadristes et la liste du Fatah (en quelque sorte une continuation du Conseil suprême), qui arrive en deuxième position. Sadr a déjà indiqué qu’il était prêt à s’engager dans toutes sortes d’alliances, mais pas avec le Fatah ou L'État de loi. Dans un parlement de 329 sièges, il devra donc atteindre le seuil des 165 sièges en réunissant des groupes plus petits. S’il peut conclure un accord avec Nasr d’Abadi, Hikma d’Ammar al-Hakim, l’Union Patriotique du Kurdistan et les deux principales listes arabes sunnites Wataniya et Qarar, alors Abadi a une chance. C’est un grand défi, mais pas plus grand que celui de ses adversaires.

Dans le cadre d’un tel arrangement, les Sadristes pourraient s’adresser à une personne comme Abadi, parce que le Premier ministre actuel a acquis une bonne réputation au cours des quatre dernières années et qu’il est assez faible pour être contrôlé. Ensuite, je m’attendrais à des compromis politiques pour ce que l’on appelle dans le monde arabe les ministères « régaliens » – Intérieur, Défense, Finances, Affaires étrangères et, dans le cas de l’Irak, peut-être du pétrole. Mais les ministères de service – tels que la Santé, l’Education, les Transports et la Planification – pourraient bien revenir à des technocrates, conformément à la forte volonté de Sadr et des communistes de prendre en main les questions de gouvernance et d’instaurer une réforme.

Faut-il donc plutôt parler de continuité avec une possibilité de changement ?

Exactement. Avec un point notable : la victoire de Sairoun marque la première fois que des dirigeants irakiens qui ne sont pas d’anciens exilés ont remporté une élection. Nous ne devrions pas sous-estimer l’importance de ce précédent. Les Irakiens qui ont survécu à des décennies de dictature ont toujours considéré les exilés de retour avec beaucoup de suspicion après 2003, persuadés que leur intention était de s’emparer du pouvoir et des ressources irakiennes. Dans la majorité des cas, les faits leur ont donné raison. Les anciens exilés ont établi une kleptocratie qui a gaspillé les revenus pétroliers et a dépouillé le pays. La jeunesse irakienne peut difficilement avoir plus d’ambition que de trouver un emploi au gouvernement par le biais d’un patronage partisan, de rejoindre l’armée ou un groupe paramilitaire ou les insurgés, ou encore de partir à l’étranger. Ce ne sont pas des options très attrayantes, ni le moyen pour un pays de se reconstruire.

L’Irak s’est peut-être débarrassé du fléau du groupe Etat islamique, mais l’appareil d’Etat est pourri jusqu’à la moelle et la société déliquescente. Les politiciens irakiens qui n’ont jamais quitté l’Irak et ont survécu à l’ancien régime, avec toute la légitimité que cela confère, peuvent-ils faire mieux que les exilés ? Il y a des raisons d’être sceptique. La corruption est apparue avec les sanctions puis la décomposition institutionnelle accélérée par une série de bévues américaines à partir de 2003, qui a réduit la réglementation et le contrôle, plus qu’avec le retour des exilés en tant que tel. Ajoutez à cela la répartition des postes du secteur public en fonction de l’appartenance à un parti, ce qui a permis aux partis politiques de transformer les ministères qu’ils contrôlaient en bastions à même de distribuer de gros contrats à des proches et à des loyalistes.

L’Irak s’est peut-être débarrassé du fléau du groupe Etat islamique, mais l’appareil d’Etat est pourri jusqu’à la moelle et la société déliquescente.

L’Irak aura donc besoin de plus que de simples mesures correctives prises par le prochain gouvernement, ou le suivant, pour sortir avec succès de quatre décennies de guerre, de sanctions, d’occupation et de guerre civile. Nous devrions regarder cela comme un effort générationnel. Et qui ne peut réussir que si l’environnement régional reste stable. Avec le récent retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire sur l’Iran et les tensions qui en résultent au Moyen-Orient, un tel scénario est maintenant très incertain. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que les Etats-Unis et l’Iran continuent de voir qu’en dépit de leurs grandes divergences dans la région, en Irak, leurs intérêts communs, évidents depuis 2003, sont primordiaux et méritent d’être préservés. Il ressort clairement des résultats des élections que, pour leur part, les Irakiens sont prêts à continuer à trouver un équilibre entre les deux parties pour leur propre bien et le redressement de leur pays.

Afghan residents walk near destroyed houses after a Taliban attack in Ghazni on 16 August 2018. AFP/Zakeria Hashimi
Commentary / Asia

As New U.S. Envoy Appointed, Turbulent Afghanistan’s Hopes of Peace Persist

The new U.S. adviser on Afghanistan, Zalmay Khalilzad, has a tough assignment: fostering peace between the Afghan government and the Taliban. Crisis Group’s Borhan Osman says that recent violence has soured the public mood, but that leaders on all sides still appear committed – at least rhetorically – to peace talks.

On 4 September 2018, Secretary of State Mike Pompeo announced that former U.S. ambassador to Afghanistan Zalmay Khalilzad would join the State Department as an adviser on Afghanistan. Khalilzad will, in the Secretary of State’s words, “assist in the reconciliation effort”; his appointment is a welcome signal of Washington’s renewed intent to find a negotiated settlement to the war pitting the Afghan government and its international allies against the Taliban insurgency. For now, a formal peace process still seems some way off. Indeed, Khalilzad’s appointment comes as optimism that swept the country during an unexpected ceasefire in early June has withered, as levels of bloodshed again soar. But confidence-building steps between the parties that reduce the war’s horrific civilian toll, could be within reach and are worth Ambassador Khalilzad pursuing with insurgent leaders.

I saw the shift in mood first hand during two trips to Ghazni, a city 140km southwest of the capital Kabul. Visiting on 21 August, at the beginning of the religious holiday, Eid al-Adha, I witnessed turbaned men weeping with grief after prayers in the busiest mosque in the city. The men hugged each other, sobbing as they exchanged greetings. The religious holiday is usually a time of celebration, but the mood in Ghazni was sombre. The men finished their prayers and walked home past bullet-riddled walls and burned buildings. They saw none of the usual Eid festivities: no hollering youths, no children wearing new clothes, no folk dances to the sound of drums. Hundreds of bodies had been recovered from the streets only a week earlier, after one of the largest Taliban offensives in recent years saw insurgents occupy much of the city and engage in fierce street battles with Afghan security forces. Ghazni mourned.

The Taliban mounted the attack on 10 August, taking most of the city. Fighting engulfed all neighbourhoods, as the insurgents also had dismantled the government’s remaining presence in nearby towns, allowing them to surround the city and enter from four directions at once. The Taliban’s operations also involved a five-day siege of the city, cutting off the city’s electricity and telecommunications. Most civilians were trapped amid shortages of clean water and food. Taliban fighters used homes and markets as fighting positions, presumably leading to many civilian deaths. For their part, government forces were accused by residents of indiscriminate shelling. Airstrikes by U.S. and Afghan warplanes forced the insurgents to retreat, but further contributed to the destruction of the city and loss of life. “Everybody stuck in the city during the fight experienced a death”, said one resident, recalling how his neighbour’s three children were killed in an airstrike. “They were the darkest days of my life”, said another resident. “It was like a doomsday”. A former teacher who had fought the Soviets in Ghazni in the 1980s told me that the latest fighting was more intense than the battles of any previous war.

The change of public mood over a period of two months indicates how quickly hope can thrive, then fade away.

The sadness that marked Ghazni at the start of Eid al-Adha stood in sharp contrast to the scenes I had witnessed in the city only two months earlier, when worshippers had shed tears of joy following an historic ceasefire. The previous Eid holiday – Eid al-Fitr in June – had been a moment of wild celebration. In Ghazni, as across much of the country, Taliban and Afghan government forces had laughed and joked together, performing traditional dances to the beat of patriotic songs. Afghan special forces had posed for selfies with Taliban fighters. Many believed then that peace was imminent.

These days, Afghans wonder in despair if the war will ever end. The change of public mood over a period of two months indicates how quickly hope can thrive, then fade away. A majority of people do not remember peace and easily lose sight of prospects for ending the seventeen-year war between the Afghan government and international forces, on one hand, and the Taliban insurgency, on the other.

The disappointment sharpened when the government failed to start another truce at the end of August. Building on the June ceasefire and subsequent Taliban-U.S. talks, President Ashraf Ghani sought a three-month halt to fighting that would have started on 21 August. His government reached out to the Taliban in hopes of reaching a bilateral cessation of hostilities, but the insurgent movement ramped up its attacks instead, with Crisis Group estimating (based on a tally from officials and journalists in major hotspots) the dead on all sides at more than 1,000 combatants and civilians in the second week of August.

The most brazen offensive was the Ghazni onslaught in mid-August, contributing to half of the deaths nationwide that week. For the Taliban, this escalation of violence seems to reflect the group’s intent to respond with military pressure of its own to counter the government and U.S. forces’ ramped-up military efforts. The Taliban appears bent on hitting the government hard and expanding the territory under its control, to show strength and demoralise its enemy. The insurgents are conducting a war of attrition, chipping away at government enclaves and inflicting unsustainable casualties among pro-government forces.

The escalation in violence has raised questions about whether the Taliban are genuinely interested in peace. An insurgent commander I met outside Ghazni, who led a company-size group during the attack on the city, felt differently. He framed the recent offensives as part of the Taliban’s effort to accelerate “the broader plan” for ending the war. His remarks in some ways mirrored those of the outgoing senior U.S. commander, General John Nicholson, who in his final statement to the media on 22 August said that U.S. military efforts have resulted in “progress” toward a political settlement. In other words, both sides of the war believe that pressure on the battlefield has helped make their opponents more willing to negotiate.

Yet this “fight and talk” strategy carries serious risks. The successful June ceasefire was seen by many as a potential game changer, paving the way for U.S. officials to sit down with Taliban representatives for two full days in late July. But a widening trust gap emerged in subsequent weeks, with missteps by all parties: the Taliban, the U.S. and the Afghan government. The Taliban, arguably first and foremost, spoiled the mood by escalating attacks at precisely the time when others were working toward a renewed ceasefire. This decision was the most significant contribution to the reversal of momentum toward a peace process. An increase in insurgent attacks lead to an uptick in civilian harm, particularly in densely populated urban areas. The movement’s major attacks against Afghan forces in the north, west and south of the country in August came only a month and half after it had scaled down its campaign following the June ceasefire. It would have been ideal to extend the détente into the summer fighting season to allow the diplomatic process to get started. 

The leaderships of all sides still appear committed to – or at least show rhetorical support for – peace talks

For its part, the U.S. continued its escalating campaign of airstrikes, which have more than doubled since last year. The growing air campaign contributed to a 52 per cent increase in civilian casualties from airstrikes this year, according to the UN, though the biggest cause of civilian harm remains insurgent attacks. The airstrikes could make it hard for the Taliban to justify peace talks with the U.S. when bombs are falling among its grassroots supporters. Furthermore, assertions by U.S. officials that military pressure on the Taliban made the insurgents more receptive to talks have added to the atmosphere of mistrust. Conversations I had in Ghazni and elsewhere suggested that Taliban military planners might have ordered the August offensive at least in part to push back against any impression that U.S. military action was forcing them into negotiations, and to demonstrate that they can outdo the Americans in exerting pressure on the battlefield.

There were missteps by the Afghan government, too. In early August, the Afghan intelligence service, the National Directorate of Security, rescued around 250 self-declared Islamic State fighters from imminent death or capture by the Taliban in the northern Jawzjan province. The Taliban’s elite forces were pushing to eliminate the small pocket of militants nominally fighting under the black flag of the so-called Islamic State Khorasan Province (IS-KP). Taliban leaders were angry and suspicious when the government thwarted their offensive, whisking away IS-KP cadres in helicopters and sheltering them in government guest houses. The Taliban saw this operation as evidence that the Afghan government, and by extension the U.S., were using the terrorist group to undermine the Taliban at any cost rather than making genuine peace. This misperception was strengthened by the U.S. bombing of Taliban fighters engaged in the subsequent offensives against IS-KP elsewhere in the country. In reality, the U.S. military and Afghan forces have engaged in determined efforts to decapitate IS-KP and reduce its strength. An airstrike against the IS-KP leadership on 25 August reportedly killed one of the group’s top commanders.

It now appears that the three-month ceasefire on which President Ghani was banking will not materialise. It will now be harder to hold the parliamentary elections scheduled for 20 October and – given that insecurity is often linked to disenfranchisement or fraud – raise the risk of a contested vote.

Still, it is too early to write off the peace process. The leaderships of all sides still appear committed to – or at least show rhetorical support for – peace talks. President Ghani’s ceasefire offer despite the recent carnage showed political bravery; on 21 August, he reiterated his call for peace, his speech not faltering even as mortars started falling nearby, punctuating his words with explosions. From the U.S. side, Ambassador Khalilzad’s appointment signals the U.S.’s intent regarding peace talks. As for the Taliban, it issued a statement in the name of its leader just before Eid al-Adha committing themselves to “bringing peace and security”, insisting on the importance of direct talks with the U.S. and paying more attention to peace than any similar statements from the insurgent leadership in the past. Despite the Taliban’s escalation, the belief direct talks can deliver apparently remains high within different Taliban quarters. Formal peace negotiations remain a distant prospect, but leaders on all sides of the conflict have rarely devoted so much attention to peacemaking.

That the Taliban appears intent to continue fighting even while talking with the U.S. does not necessarily mean those talks are futile

What does not appear likely, however, is a major military de-escalation between the parties. The U.S. and Afghan governments are seeking respite from a barrage of Taliban attacks this year, but that aim may be too ambitious for now.

The Taliban commander I met outside Ghazni, who was well informed about the peace talks with the Americans, told me he saw nothing wrong with escalating attacks. I asked him if the Taliban should halt or reduce violence to signal good faith in negotiations.

“No”, he answered. “A ceasefire or stopping attacks on government centres [cities] would be premature before a peace deal”.

“But what happens to peace talks then?” I asked.

“Those in charge of talks [from the Taliban] will talk while we do the fighting. As the last ceasefire showed, when our leader instructs us to halt fighting, everybody will immediately obey. We will become brothers with the government soldiers”.

“Does that mean you seek military victory?”

“No. There has not been a political solution so far because our enemies wanted to eliminate us. They wanted a military solution. I am 100 per cent sure that when there are direct talks with the Americans, we would certainly reach a political solution if they are honest”.

This and other conversations I have had in recent months with Taliban interlocutors suggest that it will be hard to reach agreement on de-escalation between military forces in the short term. Warfare has long been the Taliban’s defining characteristic and the movement is unlikely to scale back operations until a political deal is reached. The Taliban are thus likely to confound U.S. and Afghan governments expectations that peace talks will come after incremental reductions in violence. The Taliban view such proposals with suspicion, saying their enemies are not interested ending the war but in “peeling off” elements of their movement to weaken them.

That the Taliban appears intent to continue fighting even while talking with the U.S. does not necessarily mean those talks are futile, but it undoubtedly complicates efforts for peace. Negotiations under current conditions will almost certainly involve setbacks of the kind witnessed in recent weeks. They will test the patience of the Afghan public, fuelling the scepticism of some members of the political opposition about a peace process. Small demonstrations have already occurred as young protesters demand an end to what they call the government’s “appeasement policy”.

But even if a de-escalation is not possible, shifts in tactics by both sides that reduce civilian casualties might be a realistic confidence-building measure.

But even if a de-escalation is not possible, shifts in tactics by both sides that reduce civilian casualties might be a realistic confidence-building measure. Crisis Group’s interlocutors among the Taliban claim that the insurgents have adopted more cautious rules of engagement since they detonated an ambulance packed with explosives on a busy street in Kabul in January. The attack, a clear violation of the laws of war, killed more than 100 people, provoked widespread outrage and brought condemnation from the UN and other quarters. In the following months the Taliban appear to have reduced suicide attacks within cities, particularly truck bombs, making IS-KP the largest contributor to civilian casualties in suicide and complex attacks thus far in 2018.

Still, there is far more the Taliban can and should do. They continue attempting to encroach on urban areas, where the risk of civilian casualties is often highest. In the early weeks of his diplomacy, Ambassador Khalilzad could seek confidence building steps involving the Taliban avoiding such attacks, in return for the U.S. tamping down airstrikes and the Afghan forces refraining from shelling villages. Measures along these lines could significantly reduce the scale of carnage, even if only among civilians. If those steps are not feasible, at a minimum the Taliban may be willing to engage in three-way discussions with the U.S. and Afghan governments about alternatives for mitigating civilian harm and about improving access for the delivery of basic services in areas contested or controlled by the insurgency. Even those steps could help create a better atmosphere for talks.

The Ghazni bloodshed will not be the final setback, the last horrific spate of violence that Afghanistan will suffer on its long road toward a negotiated end to the conflict. But all stakeholders in Afghanistan should try to keep faith that peace remains possible. That means continuing to talk even as fighting persists.

This text was corrected on 6 September 2018. An earlier version incorrectly stated that the Taliban issued a statement at the end of August, when in fact it was issued just before Eid al-Adha in mid-August.