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Quand la droite religieuse israélienne part à la découverte de la paix en Irlande du Nord
Quand la droite religieuse israélienne part à la découverte de la paix en Irlande du Nord
In Ireland, Israel’s Religious Right Engages with Ideas for Peace
In Ireland, Israel’s Religious Right Engages with Ideas for Peace
Op-Ed

Quand la droite religieuse israélienne part à la découverte de la paix en Irlande du Nord

Originally published in ORIENT XXI

Quelles leçons tirer des accords qui ont mis fin au long conflit en Irlande du Nord ? Une délégation de la droite religieuse israélienne s’est rendue sur place en février 2017. Les convictions de ses membres en ont-elles été changées ?

Les blocages du processus de paix israélo-palestinien sont tellement nombreux qu’il est intéressant de remettre en question les postulats diplomatiques habituels et d’examiner les choses sous un angle nouveau. Dans cet esprit, j’ai eu envie d’approcher la communauté sioniste religieuse d’Israël, généralement considérée comme très intransigeante, favorable à un « Grand Israël » sur les bases de la Torah et dont l’expression politique est représentée par exemple par le Foyer juif de Naftali Bennett.

Au contact de cette communauté, j’ai compris progressivement à quel point il était néfaste de l’exclure du processus de construction de la paix si on la veut durable. J’ai entrevu la possibilité de surmonter cette exclusion en organisant pour ses membres un séjour auprès de l’organisation britannique Forward Thinking, qui propose des voyages d’études en Irlande du Nord et en République d’Irlande afin de permettre aux parties à un conflit en cours de rencontrer des groupes que tout oppose dans le nord du pays, ainsi que leurs interlocuteurs à Belfast et Dublin. Après des décennies de violence, l’Irlande du Nord est en effet parvenue à mettre en œuvre un accord de paix.

Les sionistes religieux avaient de nombreuses raisons de trouver cette proposition complètement irréaliste. Premièrement, la plupart des leaders religieux sionistes n’ont jamais traversé les frontières d’Israël, considéré comme terre sacrée. Certains quittent même rarement leur yeshiva (école religieuse), où ils se consacrent exclusivement à l’étude des textes sacrés en hébreu et en araméen. La plupart ne lisent aucune autre langue et quelques-uns sont même très réticents à l’idée de lire les principaux écrits académiques juifs.

LE « GRAND ISRAËL » SANS LES PALESTINIENS

En Israël et ailleurs, nombreux sont ceux qui considèrent que la communauté religieuse sioniste se compose de « faucons »[fn]NDLR. Qui défendent des positions particulièrement agressives ou musclées dans le conflit.Hide Footnote de fondamentalistes. Cette communauté est influente, elle représente environ 15 % de la société et 20 % de la coalition au pouvoir[fn]Lire le rapport de l’International Crisis Group : Leap of Faith : National Religious and the Palestinian-Israeli ConflictMiddle East Report n° 147, novembre 2013.Hide Footnote . La plupart de ses membres — même s’ils ne représentent pas la totalité — sont clairement favorables aux colonies qui ont proliféré en Cisjordanie, appelée par les sionistes des noms bibliques de « Judée » et « Samarie », le cœur de leur terre ancestrale mythique. Le noyau idéologique de cette communauté croit et formule sans détour que la rédemption ne pourra être obtenue que lorsque le peuple d’Israël dirigera la totalité de la « terre d’Israël » selon la Torah. Cette notion d’entité totale ne laisse aucune place à l’État palestinien. Elle remet également en question de nombreuses conceptions libérales de séparation entre l’État et les religions et de protection des droits des minorités. La communauté religieuse est favorable à la colonisation actuelle sur les terres qui appartiennent aux Palestiniens au regard du droit international et, si elle condamne la violence exercée par les colons eux-mêmes, elle entend que l’État hébreu assure leur sécurité.

Cependant, il me semble évident qu’aucun accord de paix ne pourra naitre sans la participation des communautés religieuses quelles qu’elles soient. Jusqu’à ce jour, elles ont été exclues de la construction de la paix qui est essentiellement un projet laïc formulé dans le jargon de la diplomatie et du droit international. Ce projet est d’une grande importance, mais il ne cadre pas avec la vision du monde des communautés religieuses traditionnelles, qui voient les négociations de paix comme une tentative de passer outre leurs préoccupations, mais aussi leurs systèmes judiciaires, juif ou islamique. Aucun processus de paix israélo-palestinien ne saurait aboutir sans qu’un changement ne s’opère dans ce domaine. En effet, les trois systèmes juridiques, juif, musulman ou international étant incompatibles, il faudra qu’ils évoluent vers la plus grande harmonie possible. Si l’on ne trouve pas un moyen de dessiner les contours d’une paix qui émane aussi du schéma de pensée des communautés religieuses et leur permette de l’adapter et de l’adopter, elles continueront à résister aux efforts de paix et à les rendre vains.

« ÉVITER LE BAIN DE SANG »

Mes premiers contacts avec la droite religieuse sioniste datent de 2013 et de la rédaction du rapport de l’International Crisis Group[fn]Ibid. Voir une traduction partielle en français : « Paix au Proche-Orient : comment surmonter l’obstacle des sionistes religieux »L’Obs, 9 juillet 2014.Hide Footnote sur son rôle dans le conflit israélo-palestinien. Pour l’occasion, je demande à un rabbin que je connais bien et qui est ancré dans la communauté religieuse, Doron Danino, de rassembler le groupe destiné à partir en Irlande, car c’est à eux de s’approprier et de mener ce processus. Nous parvenons à réunir deux responsables politiques, le ministre adjoint de la défense Elie Ben Dahan et le vice-président du Parlement Betzalel Smotrich, et six rabbins reconnus, dont un des leaders spirituels les plus influents de la communauté sioniste religieuse, le rabbin Yaacov Ariel. Tous soutiennent le projet de colonisation, certains étant eux-mêmes colons.

Les rabbins sont d’abord réticents : ils n’entendent s’éloigner d’Israël que s’ils estiment cela bénéfique au peuple juif. Deux célèbres rabbins refusent de se joindre au groupe, car ils n’ont aucun doute en leurs croyances et n’ont rien à apprendre des étrangers. D’autres estiment que leurs nouveaux pouvoirs politiques — les religieux font partie de la coalition au pouvoir depuis 2015 — s’accompagnent de nouvelles responsabilités. L’un des rabbins finit par affirmer qu’il ira « parce que nous tentons vraiment de sauver des vies, de sauver des juifs. Nous devrions faire tout notre possible pour éviter le bain de sang. » Cette décision débloque la situation et permet le départ en février 2017.

À Belfast et à Dublin, nous rencontrons des responsables religieux, politiques, des militants, d’anciens négociateurs, et d’anciens combattants de milices, les signataires de l’Accord du Vendredi saint et de celui de Saint-Andrews.

Je ne suis pas le seul à faire des découvertes : certains des participants n’ont jamais pris l’avion. Ils sont ravis de découvrir Israël sur la carte du monde diffusée par les écrans de l’avion et impressionnés par le petit miracle technologique des tapis à bagages de l’aéroport. Nous commençons par une visite guidée le long des lignes de conflit de Belfast. Ils sont presque heureux de découvrir que l’on peut mettre un terme à la violence tout en restant dans des communautés distinctes, que la paix ne mène pas à une intégration complète et harmonieuse. Ils sont rassurés de voir que l’on peut gérer un conflit sans pour autant arriver à une résolution totale qui serait synonyme d’assimilation. Leur crainte est que la paix encourage les juifs à se marier en dehors de leur communauté, à s’intégrer à une culture non juive et donc à perdre leur identité juive.

À Belfast et à Dublin, nous rencontrons des responsables religieux, politiques, des militants, d’anciens négociateurs, et d’anciens combattants de milices, les signataires de l’Accord du Vendredi saint[fn]NDLR. L’« accord du Vendredi saint », également appelé « accord de Belfast » a été signé le 10 avril 1998 par les principales forces politiques d’Irlande du Nord acceptant une solution politique pour mettre fin aux trente années (1969-1998) de troubles sanglants. Il tire son nom de la date de signature, le vendredi précédant Pâques, célébré par tous les chrétiens.Hide Footnote et de celui de Saint-Andrews[fn]NDLR. Accord entre les gouvernements du Royaume-Uni, l’Irlande et tous les partis politiques majeurs de l’Irlande du Nord signé le 13 octobre 2006. Il a eu notamment pour résultat la restauration de l’assemblée nord-irlandaise.Hide Footnote . Je me rends rapidement compte que les questions que posent les participants ont toujours un double sens : elles portent sur le conflit en Irlande bien sûr, mais elles font également écho au conflit israélo-palestinien. Nous mettons en parallèle l’utilisation du terme « caractère sacré de la terre » par les Irlandais et celle qu’en font les religieux nationaux juifs.

À DUBLIN COMME À JÉRUSALEM

Les Israéliens projettent peu à peu leur conception religieuse nationale du conflit au Proche-Orient sur le conflit irlandais. Pour certains d’entre eux, Dublin représente Tel-Aviv ou Jérusalem. Selon eux, les Irlandais catholiques sont la population autochtone de l’Irlande, tout comme les juifs sont la population autochtone d’Israël. La terre des juifs s’étend, à leur sens, d’une partie de la Jordanie actuelle jusqu’à la Méditerranée – la terre que Dieu a promise aux juifs au temps d’Abraham. Les juifs d’Israël sont simplement rentrés chez eux, ils ne sont pas des colons. L’Irlande du Nord représente la Cisjordanie. Ce sont peut-être les protestants qui ne devraient pas être là ; ce seraient eux les colons. L’Angleterre serait l’équivalent de l’arrière-pays arabe, des États arabes. L’ironie de tout cela est qu’en Irlande du Nord, les protestants sont davantage pro-israéliens et les catholiques plus propalestiniens.

D’une réunion à l’autre, je vois que ce groupe qui a peu d’expérience internationale et une connaissance limitée d’autres conflits commence à élargir sa réflexion et à remettre en question certains de ses postulats. Par exemple, au cours des 25 dernières années, les négociateurs israéliens et palestiniens ont tenté de trouver un accord qui mette officiellement un terme au conflit et qui abolisse une fois pour toutes les revendications des deux parties. Pour la droite religieuse israélienne, cette position est très problématique et fait partie d’une solution laïque. Ils veulent mettre fin au massacre, mais la paix qu’ils invoquent dans leurs prières va au-delà. Une paix réelle pour eux est liée à la prophétie d’Isaïe selon laquelle les épées seront transformées en socs de charrue quand un temple sera érigé au lieu où se situe la mosquée Al-Aqsa [Isaïe 2 : 4]. Quand ils se rendent compte que le conflit en Irlande du Nord semble avoir été résolu sans expulser personne de son logement et sans qu’aucune des deux parties ne trahisse fondamentalement ses positions, ils trouvent cela très positif.

En d’autres termes, mes compagnons de voyage comprennent ce que représente cet accord pour les Irlandais qui, après des siècles de violence, pensaient que c’était chose impossible. Ils se rendent compte que le « statut final » peut attendre et qu’on peut trouver des compromis et des positions intermédiaires si l’on ne foule pas aux pieds la simple possibilité de la paix pour laquelle ils prient. La droite religieuse nationale, du moins d’après les représentants présents dans le groupe, est divisée sur les objectifs à atteindre. Certains affirment qu’il faut trouver un modus vivendi avec les Palestiniens, sans qu’il faille obtenir une victoire sur eux, mais sans accepter non plus d’abandonner indéfiniment les revendications territoriales. D’autres estiment que les Palestiniens doivent être totalement vaincus, que le seul obstacle est le manque de volonté d’Israël. Ils pensent que la discussion portant sur une solution à deux États, même si elle ne se concrétise jamais, laisse aux Palestiniens l’espoir de voir naitre un jour un État palestinien, et que tout traitement distinct des « implantations » par l’État israélien est terriblement néfaste. Ils déclarent qu’il faut faire comprendre aux Palestiniens qu’il n’y aura pas d’État palestinien et qu’ils doivent accepter de vivre sous l’autorité juive avec des « droits égaux, à l’exception du droit de vote ». Évidemment, il ne s’agit plus de droits égaux, mais c’est ainsi qu’ils le formulent.

Nous avions quitté Israël avec des idées essentiellement de la droite religieuse. À notre retour, les lignes ont un tout petit peu bougé.

Par conséquent, si un changement s’est produit au cours de ce voyage, c’est davantage dans la vision de l’annihilation de l’identité nationale palestinienne. Nous avions quitté Israël avec des idées essentiellement de la droite religieuse. À notre retour, les lignes ont un tout petit peu bougé. Même les participants qui parlent encore de vaincre les Palestiniens sont désormais d’avis qu’il est probablement préférable de reconnaitre une forme d’identité palestinienne pour que les Palestiniens vaincus acceptent la nouvelle réalité. Il est intéressant de noter qu’au sein de l’International Crisis Group nous constatons, dans nos discussions avec le Hamas, la même tendance à accepter ce type de « zone grise » relative à un statut final.

LA POSSIBILITÉ D’UN COMPROMIS

Dans l’avion du retour, le débat est animé. Certains trouvent des similitudes entre les deux conflits, d’autres affirment que « l’Irlande du Nord n’a rien à voir avec Israël. Les gens ont abandonné leur foi, ils sont principalement laïcs, ils ont accepté des compromis inacceptables. » Mais j’entends également un nouveau contre-argument : « Ils ne se tuent pas, ils ne reprennent pas les armes. Et en même temps, ils n’abandonnent pas leurs principales aspirations. Comment cela peut-il s’appliquer politiquement chez nous, à notre retour ? »

Le groupe a également pris confiance. En partant, ils exigeaient la discrétion absolue. À leur retour, ils n’hésitent pas à partager leurs impressions avec le principal journal national religieux dans un article intitulé « La parabole de l’Irlande du Nord ». Tout d’un coup, les rabbins aux longues barbes apparaissent sur tous les médias sociaux, posant devant les murs de la paix en Irlande du Nord. Cela suscite l’intérêt des médias : l’un d’entre eux est interviewé dans l’émission de radio la plus populaire d’Israël, « Reshet Beit », pour évoquer les réflexions suscitées par ce voyage. De l’extérieur, on pourrait penser que les « faucons » religieux sont tous les mêmes, mais au sein de cette communauté, la discussion s’anime très sérieusement autour de la possibilité théologique de parvenir à un compromis, de la disponibilité des mécanismes de facilitation de la paix et du rapprochement des dimensions politiques et religieuses du conflit.

Faisant fi des critiques, les membres du groupe ouvrent un nouvel espace de dialogue entre eux, permettant d’envisager des pistes pour une solution au conflit israélo-palestinien. Un rabbin donne une conférence sur le voyage en Irlande du Nord devant trois cents étudiants de yeshiva, ce qui a également des répercussions au sein des familles. Le caractère très masculin de cette visite a été critiqué, un groupe de femmes reconnues au sein de la communauté religieuse nationale partira donc aussi en Irlande avant la fin de l’année.

Sur WhatsApp, un parti politique de droite interpelle le groupe : « Vous allez voir les Européens pour tirer des enseignements. Ce sont des chrétiens ! Que tentent-ils de faire ? Nous convertir ? »Un des participants répond ce que tous les militants de la paix en Israël disent depuis un siècle : « Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir la paix. »

Crisis Group's Senior Analyst for Israel/Palestine Ofer Zalzberg (right) and Israeli national religious Jewish leaders standing in front of Stormont Parliament, Belfast, Northern Ireland, in February 2017. CRISIS GROUP/Ofer Zalzberg

In Ireland, Israel’s Religious Right Engages with Ideas for Peace

Our Israel Senior Analyst Ofer Zalzberg joins nine leaders of Israel’s national religious community as they seek ideas for peace in meetings with the architects of Northern Ireland’s peace process. Unexpectedly, he finds the trip inspires subtle shifts in their thinking – and in his own.

BELFAST, Northern Ireland – So much is stuck in the Israeli-Palestinian peace process that it makes sense to question habitual premises and take a new approach. For me, that means deepening my engagement with one of the constituencies traditionally seen by outsiders as one of the most intransigent: Israel’s national religious Jewish community.

The more I interact with them, the more I see how detrimental it is that they are excluded from peacemaking. An opportunity to address this exclusion arises when I talk with the British organisation Forward Thinking, which organises study trips to Northern Ireland and the Republic of Ireland for parties in conflict to meet two diametrically opposed communities in the north of the country and their interlocutors in Belfast, Dublin and London. After decades of violence, Northern Ireland is managing to implement a peace settlement. I discuss with Forward Thinking the findings of our research about the importance of this constituency. They agree to back a study visit for leaders from this community, if we can pull it off.

There are many reasons this seems like a highly unlikely proposition for all concerned. One is that most of the leaders of the national religious ideological core have never left the borders of Israel due to its sanctity. Some rarely even leave their yeshivas, or religious colleges, where they focus almost exclusively on the study of sacred texts in Hebrew and Aramaic. Most don’t read other languages, and many have a real reluctance even to engage with mainstream Jewish academic literature.

In Israel, [the national religious Jewish community] is perceived by many to be the hawks, the fundamentalists.

In Israel, this community is perceived by many to be the hawks, the fundamentalists. They are powerful, representing about 15 per cent of society and 20 per cent of the governing coalition. Most of them – though not all – support the settlements that have proliferated in the West Bank, which the Palestinians see as the core of any future Palestinian state, and which Jews view as Judea and Samaria and as the mainstay of their ancestral homeland. The ideological core of this community believes redemption will come when, bluntly put, the People of Israel (Jews) rule the entire Land of Israel according to the Torah of Israel. This notion of organic wholeness leaves no room for Palestinian statehood. It also challenges many liberal notions about separating state and religion and protecting minority rights.

Yet after seven years of Crisis Group work, it is obvious to me that there is no hope of a peace deal at all without engaging religious communities. Up until now, they have been excluded by peacemaking that is essentially a secular project couched in the language of diplomacy and international law. These are wonderful things, but they are not part of the world view of the traditional religious populations. This has led religious communities to view the negotiations as an attempt to override not just their own concerns but also their own legal systems, Jewish and Islamic. For Israeli-Palestinian peacemaking to succeed, this will have to be changed; indeed, to the extent the three legal systems are incompatible, they will need to evolve, as harmoniously as possible. If a way is not found to make peace that allows religious populations to operate within their worldview and to adjust it, they will fight it and peace efforts will likely continue to fail.

A Neglected Constituency

I first became aware of the national religious right as a community in 2013, while researching a Crisis Group report on their role in the Israeli-Palestinian conflict. I have come to understand that they are certainly interested in peace, but that they have a different view of what that peace will be. I also know many of them quite well now. They occasionally know of me too, because the national religious media is mentioning Crisis Group as the first international actor to try to bring their community into peacemaking efforts. I join hands with an energetic well-connected national religious rabbi whom I have known for years, Doron Danino, to convene the group because ownership of the process must be in the hands of the community itself. Approaching leading figures one by one, based on Rabbi Doron’s priorities, we bring the group together: two politicians, the deputy defence minister and the deputy speaker of the Knesset, and six prominent rabbis, including one of the community’s most influential spiritual leaders.

A prominent rabbi says he will go [to Ireland] “because we are really trying to save lives, the lives of Jews."

In their minds, the only reason that can overcome their reluctance to leave Israel is if it will do the Jewish people good. For instance, spending four days in Ireland means four days not teaching the Torah, which in their eyes certainly does good for the Jewish people. Two prominent rabbis decline, saying they are certain in their beliefs and there is nothing to learn from outsiders. But among others is a sense that their new political power means they have greater responsibilities. Ultimately, a prominent rabbi says he will go “because we are really trying to save lives, the lives of Jews. We should do anything in our power to avoid bloodshed”.

Myself, I don’t want to go. When the preparation work is completed my work is done, I tell the participants and Rabbi Danino. But they insist that I join the group, as someone with experience bridging Irish and Middle Eastern conflicts, and who speaks Hebrew and English. The clinching argument is that they are only nine people, and in traditional Judaism, we need ten men (a minyan) to hold a public prayer. I have to say yes. For the next week, I pray with the group three times a day. As the days go by, unexpectedly I feel more a participant than organiser. Soon I too begin to look at the conflict in Ireland through a new lens. I see things I have not seen when I visited over a decade ago as a peace activist, taking part in facilitating disarmament workshops. My impression strengthens that religion is being re-interpreted all the time – whatever the religious fundamentalists claim – and that I should do my part as an agnostic person to become more post-secular, in the sense of not thinking that my secular beliefs should be imposed on others.

Mapping New Worlds

I’m not the only one to make new discoveries. A few of the members of our group have never flown in an airplane before. They are excited to discover Israel’s place in the world on the little airplane TV map and to experience the minor modern miracle of airport baggage retrieval belts.

We begin with a guided tour along Belfast’s lines of conflict. My group has a really big surprise. They ask: we are being told there is no violence, so why are these walls still here? On the other hand, they are almost happy to discover that you can end violence and still keep communities apart. That peace doesn’t lead into full, harmonious integration. That you can address a conflict in a way that does not bring the kind of full resolution that leads to assimilation. And for them, this is actually reassuring. Culturally, they are afraid that peace will lead to Jews marrying outside the community, immersing themselves in non-Jewish culture and then stopping being Jews.

I quickly realise that every question my group asks has two layers: about the conflict in Ireland, of course, but also another about our own conflict and what it means for the reality back home.

In Belfast, we meet religious leaders, political leaders, activists, former negotiators and former militia fighters. It’s a very complex conflict and it’s hard to follow all of the nuances. Broadly, we all gradually get it, and not just on one level. I quickly realise that every question my group asks has two layers: about the conflict in Ireland, of course, but also another about our own conflict and what it means for the reality back home. We naturally contrast the way the Irish employ the term “sanctity of land” and the way national religious Jews do it. When we ask about the way the Irish believe in divine promise we think about what we Israeli Jews believe about divine promise.

Our rabbis have their beards, kippahs, curled hair, and long-held views. It is very challenging for them to listen to pastors and priests, because for most of them Christians are heretics engaging in idolatry and abandoning pure monotheism with their doctrine of the trinity of God, Jesus and the Holy Spirit. And the history of Christian persecutions of Jews, since the early days of the Catholic Church, is ever present in their minds.

Still, the atmosphere in the meetings with the Irish soon becomes relaxed. The actors in the Northern Ireland peace drama meet a lot of visitors, but these are still people with a mission, who really feel that they managed to do something good that they want to share with others. Forward Thinking has us meet the top people: the heads of churches, a former prime minister, people who actually signed the Good Friday Agreement and the St Andrews Agreement. After you go through such a peace process you understand how very complex your conflict is and how easy it is from the outside to misjudge others who are entrapped in conflict.

The group listening to a talk on the history of the Irish conflict from Professor John Brewer at Belfast's Queen’s University, in February 2017. CRISIS GROUP/Ofer Zalzberg

The Israeli participants prove to be superb listeners, which is more than I expected. Forward Thinking as well said at the end of the trip that the group was exceptionally inquisitive and sharp. Perhaps it’s because there is no need to talk about the Israeli-Palestinian conflict and defend their own positions. But there’s something else. They are really struck by a priest who discreetly hides his cross in his pocket. They find his attitude toward them is very respectful and it helps develop a deep empathy. They discover that Catholicism has changed dramatically from a few decades ago. Specifically, it no longer argues that Christianity replaces Judaism or that God no longer views Jews as the chosen people. One pastor does offend the rabbis, saying: “Jesus is the messiah and we believe in it and that is the true faith”. But the Forward Thinking organiser apologises profusely without being asked to. Such kindness from non-Jews impresses the rabbis. They came to study Catholics and Protestants killing each other, and they end up thinking about Christian-Jewish relations. One of the rabbis turns to me and says: “I have to revisit everything in terms of our attitude to Christianity. We need to issue new rulings about the kind of interaction that is permissible with Christians. They systematically treated us very decently”.

The Israelis also begin to project their own national religious mapping of their Middle Eastern conflict onto the Irish one. For some of them, our next destination, Dublin in the Republic of Ireland, is Tel Aviv or Jerusalem. They see the Catholic Irish as the indigenous population of Ireland, just as they view the Jews as the indigenous population of Israel. They consider the Jewish homeland extends from parts of modern day Jordan to the Mediterranean Sea – the land God promised to the Jews in Abraham’s time. The Jews of Israel have just come back home, they are not colonial settlers. For them, Northern Ireland is the West Bank. It is the Protestants who are perhaps there without a good reason, as settlers. And Britain is the Arab hinterland, the Arab states. This is ironic, given that in Northern Ireland, it is the Protestants who tend to be pro-Israeli and the Catholics who tend to be pro-Palestinian.

A Subtle Shift

Along the way, my companions tease out other lessons. We’re just on a study tour of Ireland, so of course we’re very far from doing something that is going to resolve the Israeli-Palestinian conflict in any immediate way. We’re not expecting new answers with a capital A for those seemingly intractable issues like Jerusalem, refugees or security. But as we go from meeting to meeting, I see a group that has little experience either internationally or with other conflicts begin to broaden its thinking and question some fundamental assumptions. People see that it’s not just in Israel that talking to three people can produce ten opinions.

For instance, the urge of Israeli and Palestinian negotiators for the last 25 years has been to get an agreement that formally ends the conflict and resolves competing claims once and for all. For Israel’s religious right, this is very problematic and part of a secular package. They want an end to the killing. But the kind of peace they pray for is about getting much more. For them for example true peace is linked to Isaiah’s prophecy in which swords are turned into ploughshares when a Temple is erected at the center of what today Muslims consider to be the al-Aqsa Mosque. So when they find out that the Northern Ireland conflict seems resolved both without transferring people out of their homes and also without formally conceding any fundamentals of the positions of either party, these features seem very good from their point of view.

My companions experience what it means for Irish people to reach an agreement on something that, after centuries of violence, had seemed entirely impossible to them.

In short, my companions experience what it means for Irish people to reach an agreement on something that, after centuries of violence, had seemed entirely impossible to them. That “final status” is something that can be left for the future. And that compromises and in-between positions can be agreed if the mere possibility of the peace they pray for is not negated.

The national religious right, at least in terms of the voices that were in the group, is in any event divided on what the end goal should be. One side says: look, we have to find some modus vivendi with the Palestinians, not based on defeating them, but also not based on accepting to give up our claims to the land indefinitely. But the other side still thinks: the Palestinians must be defeated, and the only problem is that Israel is not trying to do so; that any talk about two states, even if nothing is being done about it, still leaves room for Palestinians to hope that there will be a Palestinian state; and that any separate treatment of “settlements” by the Israeli state is disastrously wrong. They say the Palestinians must be made to understand that there will be no Palestinian state and must acquiesce to live under Jewish authority with “equal rights except the right to vote”. Of course these are not equal rights, but this is how they describe it.

So if there is a shift I observe during the trip, it is in some of the group’s approach to the problem of eradicating Palestinians’ sense of national identity. We left Israel with a wide range of national religious right ideas. And when we return, that spectrum narrows somewhat. Even participants who still talk of defeating Palestinians now think that for these Palestinians to accept the new reality, maybe it is better for Israel to recognise some kind of Palestinian identity. Interestingly enough, we in Crisis Group are witnessing much the same trend of accepting gray areas in final status issues in our contacts with a Palestinian Islamist organisation, Hamas.

Britain’s Different Kind of Muslim

On the way back, we stop in London. This is the result of one of our conversations to secure the participation of the rabbis. As the rabbi put it: “With all due respect, we want to hear what the Protestants, the Catholics have to say. But our conflict is not with the Protestants and not with the Catholics. The conflict is not even an Israeli-Palestinian conflict. It is a Jewish-Muslim conflict, it is a theological conflict. So, can we meet Muslims?” It’s true that between the Jordan River and the Mediterranean Sea there are very few mainstream Muslims who would agree to meet this group. And there aren’t many Muslim leaders in Belfast.

So on the way back, we stop off in England. We arrange to meet Muslim scholars, an imam and Muslim experts. Some of the Muslim experts are serving members of the British Army, who thus provide a different perspective on Muslim participation in state and society. The dialogue is significant because the answers to my group’s questions are much more nuanced and self-critical regarding Islam than what they hear back home. It helps them see that Palestinian motivations that they see as religious may actually stem from Palestinian national aspirations. For instance, when it comes to Jerusalem’s contested Holy Esplanade, which Jews call the Temple Mount and Palestinians call the Noble Sanctuary, my group is shocked to hear the London Muslims say that they see no problem with Jews praying in the sanctuary’s al-Aqsa mosque.

Another insight is that much of the talk about Europe being secular and marked by full separation of state and religion is false. They learn that England has a queen who is the head of the Anglican Church and that this is not necessarily problematic for non-Christians. All the members of our group see Israel as a Jewish state, but some of the rabbis in our group end up strengthened in their view that the problem in Israel might lie in the organisation of state and religion, and that new approaches might help address the religious layers of the Israeli-Palestinian conflict. They feel that Israelis should look more at European countries to learn what such models mean for the rights of the dominant nation, freedom of religion, status of minorities, and public education.

The Plane Back Home

On the plane ride back home, my group animatedly debates all the ideas they have encountered. Some see similarities with the conflict in the British Isles and others say “Northern Ireland is totally different. The people have given up on their faith, they are largely secular, they have compromised on things they shouldn’t have”. But I hear a new counter-argument too: “Look, they are not killing each other, they are not rearming. And at the same time, they aren’t giving up on their major aspirations. What does it mean politically for us when we go home?”

All of the group enjoy the chance to consider and analyse a conflict in a way they can’t at home.

All of the group enjoy the chance to consider and analyse a conflict in a way they can’t at home, where they can’t meet many Palestinians or Muslims on the other side. Talking to all the stakeholders from another conflict, hearing the dialectics between enemies and peacemakers, seeing escalation and de-escalation, experiencing the way saying something affects the other makes a difference. It helps them see a much more complex picture, for instance what the important roles played by Dublin and London might say about outsiders’ roles in the Middle East, the need for the elite to stay in touch with the people, or that concord between purported extremists is possible. They are able to compare the points of view of negotiators who deal with law and draft treaties, and those of religious leaders who have drafted complementary sermons for the churches.

The group gains confidence too. Going, they want total discretion. Coming back, they share their impressions with the main national religious newspaper in an article entitled “Northern Ireland as a Parable”. Suddenly the rabbis with the big beards are all over social media standing next to Ireland’s peace walls, talking heads want to know what’s going on, one of the rabbis gets on the biggest radio program in Israel to share trip insights, it’s a big thing. To outsiders it may appear as if the hawks at one end of the Israeli political spectrum are all the same, but within this community there is a very serious conversation about the theological possibility of compromise, about whether we have the mechanisms that allow for peace, about connecting the political and religious layers of the conflict.

Pushing back against critics, they are creating a new space to discuss ways out of the Israeli-Palestinian conflict. One rabbi gives a talk on the Northern Ireland trip to 300 yeshiva students, which trickles back to all their families. The all-male character of the group comes under attack, so later this year a group of prominent women from the national religious community will go to Ireland too. One critic in the WhatsApp group of a right-wing political party challenges the group: “You are going to the Europeans to learn from them. Christians! What are they trying to do? To convert us?” And one of the group members retorts with what all peace activists of Israel have been saying for the last century: “You have to do whatever you can for peace.”

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