icon caret Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Line Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Youtube
遏制尼日利亚的暴力(二):“博科圣地”叛乱
遏制尼日利亚的暴力(二):“博科圣地”叛乱
Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun
Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun
Report 216 / Africa

遏制尼日利亚的暴力(二):“博科圣地”叛乱

执行摘要

“博科圣地”的反叛活动已持续四年之久,导致友邻反目,造成4000多人死亡,近百万人背井离乡,几百座学校及政府建筑遭到破坏。尼日利亚东北部是全国最贫穷的地区之一,“博科圣地”使得当地本已凋敝的经济雪上加霜。这一组织让尼日利亚的联邦安全部门疲于应付,其反叛活动无休无止,正在向尼日利亚北部的其他地方渗透,并有可能扩散到尼日尔及喀麦隆。这一激进的伊斯兰武装组织充分利用该区域大多数居民对于国家治理、腐败、有罪不罚及发展不足问题的不满情绪,将使尼日尔、喀麦隆这样的弱国无力应对。“博科圣地”是对尼日利亚安全的严重挑战,同时它也反映出该国面临的更深层的安全威胁。尼日利亚联邦政府、各州政府以及整个区域应当制定并实施全面的计划,不仅要应对安全危机,而且要着手消除导致诸多问题的不公正现象。如若不然,“博科圣地”或者类似的组织必将继续扰乱尼日利亚广大地区的稳定。但是,政府的反应大部分以军事行动为主,似乎完全没有采取其他措施的政治意愿。

由于资源诅咒以及根深蒂固的猖獗腐败,大多数尼日利亚人如今比起1960年国家独立时更加贫穷。农业曾经是尼日利亚经济的支柱,但现在发展得也很艰难。在尼日利亚的许多地方,政府无法提供安全、良好的公路、水源、医疗、稳定的电力以及教育。边远北部地区情况尤其严重。对政府的失望及疏离感导致许多人加入民族、宗教、社区或是公民“自助”团体,其中有些团体对国家持敌对态度。

正是在这样的环境中,缺乏社会归属感的群体创立了名为“博科圣地”(大意一般翻译为“禁止西方教育”)的组织。这个伊斯兰派系认为,尼日利亚北部地区为腐败的伪穆斯林所控制。为了纠正这一现象,“博科圣地”及其支持者希望在北部建立一个严格遵守沙里亚法(伊斯兰教教法)的伊斯兰国家。

“博科圣地”的早期领导人穆罕默德·优素福是一位富有领袖魅力的教士。他试图通过非暴力手段来实现上述目的。 “博科圣地”宣称2002年左右,当时的博尔诺州州长候选人阿里·莫杜·谢里夫曾经将优素福收编,以获得优素福支持其大规模的青年运动,作为回报,谢里夫承诺如果胜选,将全面推行沙里亚法,并允诺优素福的追随者担任州政府高官。尽管事件经过尚存争议,但整个区域也基本相信这一说法。谢里夫否认与“博科圣地”有过任何此类安排或关系。随着“博科圣地”影响力的上升,有人指控博尔诺州的宗教事务官员曾向优素福提供资源,不过州政府倒从未全面推行过沙里亚法。

优素福此后对政府及官员腐败的批评越来越严厉,他的名望大增,“博科圣地”也扩大到了包奇、约贝、卡诺等州。一位高级安全官员评论道:“政客创造了这个怪物,然后又失去了对它的控制。”尼日利亚国家安全局曾几次逮捕并审问优素福,但从未对他提起诉讼,据说是由于有权势的官员从中干预。优素福据称也接收过外部萨拉菲派人士(包括奥萨马·本·拉登)提供的资金,用于为追随者的小额信贷项目提供资金,以及为难民和无业青年提供福利与食宿。

2009年,“博科圣地”成员与警察之间的一系列冲突升级成为武装叛乱。军队镇压了反叛分子,造成几百名追随者死亡,并摧毁了该组织主要的清真寺。优素福被捕,并被移交给警察。不久之后,他就被法外处决了。

“博科圣地”转入了地下,并于一年后对警员、警察局及军营发动袭击,明确要为优素福及其同志之死报仇。组织发言人要求起诉相关责任人,释放被关押成员,修复清真寺,并向被军队杀死的教派成员提供补偿。2010年以来,该组织的攻击范围不断扩大,不仅针对安全部队、政府官员及政客,还针对基督徒、持批评意见的穆斯林教士、传统领袖、联合国机构、酒吧及学校。最近,“博科圣地”开始转向纯粹的恐怖活动,将目标锁定为世俗公立学校的学生、参与脊髓灰质炎疫苗接种的医疗工作者以及支持政府的村庄。

2013年5月,古德勒克·乔纳森总统宣布博尔诺、约贝及阿达马瓦州进入紧急状态,在联防队员的协助下,总统增派的军队将“博科圣地”驱逐出了大多数的城镇。乔纳森总统还设立了谈判委员会,试图与“博科圣地”的领导人达成协议,但收效甚微。2014年3月18日,国家安全顾问穆罕默德·桑博·达苏基宣布要以“软性”方式消除恐怖主义的根源,但尼日利亚是否以及如何采取此类措施尚有待观察。

“博科圣地”内部一直没有严格的等级制度,如今这一组织比以往都更加分散,许多领导人散布于阿达马瓦山区、喀麦隆以及尼日尔。其暴力领袖阿布巴卡尔·谢考处于孤立状态,对于基层组织的日常控制或许微乎其微。整个组织正在分裂为不同的派系,其中就包括经验较为丰富、更针对外国目标的“安萨鲁”。除非政府通过根本性的政治改革,解决治理不力、腐败及发展不足的问题,从而获得当地人民全心全意的支持,这些基本畅行无阻的团体很难被完全压制。北部许多地区的安全问题也可能会加剧政治暴力,破坏2015年选举的可信度,进一步损害政府的合法性。

阿布贾 / 达喀尔 / 内罗毕 / 布鲁塞尔,2014年4月3日

Op-Ed / Africa

Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun

Originally published in Le Monde

Dans la région camerounaise de l’Extrême-Nord, les forces de défense et de sécurité affrontent depuis 2014 le mouvement djihadiste Boko Haram, apparu au Nigeria. Au moins 1 900 civils et 200 militaires ont été tués par Boko Haram, et l’Extrême-Nord compte aujourd’hui 240 000 déplacés internes. Mais ce sinistre état des lieux ne dit rien des problèmes sociaux liés au conflit, en particulier des grossesses adolescentes, des mariages d’enfants et de la situation des enfants victimes de Boko Haram.

A l’occasion de travaux de recherche à Maroua, Mokolo, Mora et Kousseri, en février et mars, portant sur les comités de vigilance et les combattants de Boko Haram qui se sont rendus, International Crisis Group (ICG) a pu approfondir son analyse de ces aspects généralement méconnus du conflit, auxquels le gouvernement camerounais comme les donateurs internationaux devraient porter une plus grande attention.

Des militaires en position de force

Avant le conflit, l’Extrême-Nord était déjà l’une des régions comptant le pourcentage le plus élevé de grossesses adolescentes et de mariages d’enfants. Selon le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), en 2011, parmi les jeunes filles âgées de 20 à 24 ans, 12,5 % avaient eu un premier enfant avant l’âge de 15 ans (contre 6,4 % à l’échelle nationale) et 47,2 % avant 18 ans (contre 29,9 %).

S’agissant des mariages d’enfants, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), en 2013, 31,9 % des jeunes filles de l’Extrême-Nord étaient mariées avant l’âge de 15 ans (contre 13,4 % à l’échelle nationale) et 67,7 % avant 18 ans (contre 38,4 %). Depuis 2014, ces deux tendances s’accentuent dans la région alors qu’elles reculent dans le reste du pays.

En raison du conflit, les militaires sont parfois les seuls jeunes hommes présents dans certaines localités, ceux originaires de la zone ayant rejoint Boko Haram, ayant été tués ou étant partis pour gagner leur vie, se mettre en sécurité ou échapper aux recrutements forcés de Boko Haram et aux soupçons des forces de sécurité. Disposant du pouvoir et de ressources financières dans un contexte de forte précarité, les militaires sont en position de force vis-à-vis des jeunes filles. Dès lors, il n’est pas toujours aisé de déterminer si les relations sexuelles sont consenties. Mais des cas de viol sont avérés.

Dans le climat qui a prévalu de 2014 à 2017, entre suspicions et délations, certaines jeunes filles ont cherché des partenaires militaires pour protéger leurs familles. Des soldats ont par ailleurs imposé des relations sexuelles à des jeunes filles en les menaçant d’accuser des membres de leur famille d’appartenir à Boko Haram. Ces jeunes filles de l’Extrême-Nord ne sont évidemment pas tombées enceintes que de militaires, mais aussi de civils, voire de membres de Boko Haram.

Dans le village de Salack, où se situe le quartier général pour la région du Bataillon d’intervention rapide, 263 grossesses adolescentes ont été recensées en 2017, selon une étude de la Mission catholique qui n’a pas été rendue publique. Ce serait trois fois plus qu’avant le conflit. Le pourcentage de mariages d’enfants augmente aussi, car la précarité et la raréfaction des ressources sont telles que de nombreuses familles poussent leurs jeunes filles à se marier le plus tôt possible. D’autres jeunes femmes se prostituent.

Plus généralement, il faut s’interroger sur les nouvelles formes de parentalité et leurs conséquences dans la région. Ainsi, les familles monoparentales et les femmes chefs de ménages sont désormais nombreuses dans certaines localités, ainsi que parmi les communautés de déplacés, car les hommes ont souvent été plus ciblés que les femmes lors des attaques de Boko Haram.

Enfants soldats, orphelins et blessés

Le conflit avec Boko Haram a touché les enfants de diverses manières. L’Extrême-Nord compte aujourd’hui des milliers d’enfants soldats, d’orphelins ou d’enfants blessés dans des attentats perpétrés par le mouvement djihadiste. Mais peu de moyens sont alloués à leur prise en charge, qui n’est pas une priorité des pouvoirs publics et des ONG. Ainsi, l’Institution camerounaise de l’enfance (ICE) manque cruellement de moyens et de soutiens. Depuis 2015, cet organisme basé à Maroua et rattaché au ministère des affaires sociales est l’une des rares structures à suivre des enfants victimes de Boko Haram ainsi que des mineurs détenus en raison de leurs liens avec le mouvement.

Parmi les enfants pris en charge par l’ICE, ceux ayant appartenu ou collaboré avec Boko Haram sont pour la plupart des jeunes garçons et venant des villes frontalières les plus touchées par le conflit que sont Kolofata, Banki, Amchidé, Fotokol et Goulfey. Ils sont très majoritairement camerounais. Leur âge varie de 4 et 18 ans, mais la plupart ont entre 13 et 16 ans. Au sein de Boko Haram, la plupart étaient chargés de diverses corvées (puiser de l’eau, cultiver la terre, porter des messages et acheter des choses), mais certains officiaient comme guetteurs ou espions. Un tiers d’entre eux étaient des combattants. Certains ont suivi leurs parents quand ces derniers ont rejoint Boko Haram, d’autres ont été enlevés.

Le Cameroun fait face dans l’Extrême-Nord à l’un des défis sécuritaires les plus importants de sa jeune histoire.

La plupart des enfants ont été amenés à l’ICE par l’armée. Certains présentaient des signes de « radicalisation », selon les responsables de l’institution : ils refusaient de serrer la main des femmes ou de jouer avec des non-musulmans. Pour les « déradicaliser », l’ICE a fait appel à un imam et associé dialogues éducatifs, activités de groupe et animations socioculturelles. Les pensionnaires sont pris en charge dans l’enceinte de l’ICE et le site n’est pas clos. Selon le directeur, « la clôture est psychologique. Les enfants sortent et reviennent, ils ne vont pas loin. Un imam intervient chaque semaine pour des entretiens individuels et collectifs avec ceux qui sont radicalisés. Nous leur offrons aussi des jeux de rôle, des sketchs, des jeux de société et nous observons leurs attitudes ».

Les pensionnaires de l’ICE restent en moyenne un an, voire deux pour quelques-uns, surtout des Nigérians, Nigériens, Tchadiens et Centrafricains, en raison des difficultés à identifier leurs parents. En trois ans, l’ICE est parvenu à réinsérer 275 enfants enrôlés comme membres ou collaborateurs de Boko Haram dans leur famille d’origine. En mars, seuls douze enfants étaient encore pensionnaires à l’ICE, leurs familles n’ayant pu être identifiées. L’un des enfants recueillis par l’institution, un ex-combattant surnommé « Général » et décrit par les responsables de l’ICE comme « radicalisé », s’est échappé en août 2017.

Petite délinquance et criminalité

Avec seulement cinq employés et un budget annuel de moins de 100 millions de francs CFA (moins de 150 000 euros), l’ICE a des ressources très limitées, d’autant qu’elle s’occupe aussi de la réinsertion dans des familles de mineurs libérés de la prison de Maroua. Aucun psychologue professionnel ne suit les pensionnaires, et le personnel de l’ICE doit de facto assumer ce rôle. Ainsi, en lieu et place d’un programme de scolarisation, l’ICE a initié un programme d’alphabétisation. Selon le directeur, « certains enfants parviennent à dire des phrases en français après un an », ce qui représente un progrès dans cette région, la plus pauvre du Cameroun et celle où le taux de scolarisation est le plus faible.

Occasionnellement, l’ICE obtient un soutien du Comité international de la Croix-Rouge, du Fnuap, du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et d’associations locales comme l’Association pour la protection des enfants éloignés de leurs familles (Apeef). Mais ces soutiens sont plutôt modestes et se limitent parfois à des formations pour son personnel.

A cause de ce manque de moyens, l’ICE a récemment renoncé à prendre à charge des enfants enlevés par Boko Haram ou nés en captivité qui faisaient partie d’un groupe de 410 anciens captifs arrivés dans le département du Mayo-Tsanaga en 2017. Par ailleurs, certains des mineurs réinsérés dans leurs familles retombent dans la petite délinquance et la criminalité, car les réinsertions ne s’accompagnent pas d’un véritable suivi ou d’une aide matérielle pour favoriser la scolarisation et l’insertion économique des anciens pensionnaires.

Pour leur réinsertion économique, les pensionnaires privilégient les métiers de la menuiserie, de la mécanique et de la couture, qu’ils pratiquaient parfois déjà au sein de Boko Haram. Ces métiers se trouvent aussi être les plus prisés par les anciens membres combattants adultes de Boko Haram. Ils sont réticents à opter pour le commerce, car les échanges commerciaux avec le Nigeria – principal débouché des produits de l’Extrême-Nord – restent fortement perturbés.

Ouvrir une enquête sur les cas de viols

Le Cameroun fait face dans l’Extrême-Nord à l’un des défis sécuritaires les plus importants de sa jeune histoire. Les difficultés économiques persistantes et même les questions du développement et de la réforme de la gouvernance locale ne doivent pas masquer des problèmes sociaux importants qui découlent du conflit avec Boko Haram.

Le gouvernement et les donateurs prennent actuellement conscience de la nécessité de financer la démobilisation et la réinsertion des membres de Boko Haram ainsi que d’une partie des membres des comités de vigilance, car cela permettrait d’accélérer les redditions des combattants camerounais et d’empêcher un possible basculement de certains comités de vigilance dans le banditisme et divers réseaux criminels après le conflit.

Dans la même perspective, ils devraient renforcer leur aide à la réinsertion socio-éducative et économique des enfants victimes de Boko Haram, dans le cadre d’une politique cohérente, et leur soutien aux familles monoparentales. Le ministère de la défense devrait également ouvrir une enquête sur tous les cas de viols ou abus sur mineurs commis par les militaires et sanctionner les auteurs le cas échéant. Il devrait enfin incorporer au règlement intérieur de l’armée et de la police des dispositions encadrant les relations sexuelles entre forces de sécurité et populations dans les zones de conflit.