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Les FDLR doivent desarmer
Les FDLR doivent desarmer
République Démocratique du Congo : pas de délai de grâce pour le nouveau gouvernement
République Démocratique du Congo : pas de délai de grâce pour le nouveau gouvernement
Op-Ed / Africa

Les FDLR doivent desarmer

Originally published in Le Soir

Pourchassé par les armées du Congo (RDC) et du Rwanda et isolé politiquement par la communauté internationale, le groupe rebelle Hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a entamé depuis janvier 2009 une campagne de représailles massives contre la population des provinces du Kivu. Après 15 années de présence armée au Congo, Ignace Murwanashyaka, le président des FDLR qui réside en Allemagne, a conduit ses combattants dans une impasse politique et stratégique totale.

Le 6 août dernier, le président rwandais Paul Kagame était à Goma, la capitale du Nord-Kivu, pour s’entretenir avec son homologue congolais Joseph Kabila de coopération économique régionale et des suites de la campagne militaire que leurs forces avaient menée conjointement contre les FDLR au début de l’année. Alors que les deux anciens adversaires discutaient dans un hôtel de la ville, l’armée congolaise conduisait l’opération Kimia II à travers le Nord et le Sud-Kivu, pour désarmer les quelque 6.000 combattants restant des FDLR. En Europe, des diplomates étudiaient de nouvelles approches juridiques pour sanctionner les dirigeants du mouvement vivant dans leur pays, complices des violations des droits de l’homme commises par leurs troupes au Congo.

La situation actuelle des FDLR offre un contraste saisissant avec celle qui prévalait en 2002, lorsque le groupe rebelle bénéficiait encore du soutien officiel du gouvernement congolais.

A cette époque, les 15.000 à 20.000 combattants des FDLR constituaient une force d’appoint essentielle pour Kinshasa, dans son bras de fer permanent avec Kigali. Les dirigeants du mouvement, dont certains avaient participé au génocide de 1994 avant de se réfugier au Congo, tentaient d’imposer par la force leur retour politique au Rwanda. Malgré leur idéologie révisionniste et leur recours à la lutte armée, ils constituaient alors toujours des interlocuteurs légitimes aux yeux de membres modérés de l’opposition rwandaise en exil. Sur le terrain, les FDLR bénéficiaient également de la collaboration de certains Congolais, reprochant au Rwanda son occupation et les crimes de guerre commis contre les populations civiles pendant les deux guerres de 1996-1997 et de 1998-2003.

Suite à l’accord de paix de Pretoria de juillet 2002 qui contraint Kabila à mettre fin à l’alliance officielle entre Kinshasa et les FDLR, les membres du groupe armé rebelle n’ont plus eu les moyens militaires de combattre véritablement le régime de Kigali, comme en témoignait déjà l’échec cuisant de l’opération Oracle du Seigneur contre le Rwanda en mai-juin 2001. La hiérarchie des FDLR a donc maintenu ses combattants mobilisés, par l’espoir que la communauté internationale soutienne le concept de « dialogue inclusif interrwandais ». L’ouverture de ce dialogue, similaire au dialogue intercongolais de 2002 ayant conduit à la participation de divers chefs rebelles à un gouvernement de transition, aurait alors contraint Kagame à partager le pouvoir avec eux.

Aujourd’hui, la réalité est très différente de la propagande élaborée par la hiérarchie des FDLR pour motiver ses combattants. L’accumulation des témoignages documentant depuis sept ans la systématisation des crimes commis contre les populations civiles démontre que le groupe n’est pas un mouvement d’opposition armé en exil, mais une organisation criminelle d’occupation. Les années de fuite au Congo ont transformé le mouvement rebelle en une organisation tout entière vouée au pillage des ressources naturelles du Kivu.

Pour imposer leur contrôle aux populations locales, les FDLR multiplient régulièrement les atrocités, dont les massacres et les viols collectifs. Lors de l’opération Umoja Wetu menée par la coalition Rwanda-Congo de janvier à février 2009, les villageois du Nord-Kivu ont spontanément collaboré avec l’armée rwandaise. Surpris et furieux de ce qu’ils ont considéré être une trahison, les responsables du mouvement ont alors ordonné une campagne de représailles contre les civils congolais. Malgré les violations des droits de l’homme imputables aux soldats congolais, ce sont les rebelles rwandais qui portent la responsabilité principale des 800.000 nouveaux déplacés congolais observés depuis le début de l’année par les Nations unies au Kivu.

In fine, en dépit des lacunes démocratiques graves du régime rwandais, aucun projet politique ne saurait justifier cet asservissement des populations congolaises. L’absence de résultats significatifs obtenus par Umoja Wetu ou Kimia II démontre moins la capacité de résistance opérationnelle des FDLR aux tentatives de désarmement forcé que l’obstination de leurs responsables politiques à refuser la réalité de leur isolement et la dégradation considérable de leur situation stratégique ces derniers mois.

Les dirigeants des FDLR ne reprendront pas le pouvoir à Kigali par la force et aucun acteur extérieur n’imposera à Kagame leur présence dans un gouvernement de transition. La seule option des combattants du groupe rebelle réside dans le désarmement et leur réintégration à la vie civile au Rwanda ou dans un pays tiers.

En refusant d’admettre l’échec irrémédiable de son projet politique, Ignace Murwanashyaka retient en otage la population des Kivu de même que l’ensemble des combattants voulant désarmer. Il lui faut désormais tirer les conséquences de son isolement et de ses échecs, mettre fin à cette guerre qui n’a pas de sens ou tôt ou tard, assumer les conséquences judiciaires de ses actes.
 

DR Congo MPs celebrate on 10 December 2020, as legislators remove the Assembly's speaker, in the latest round of a bitter dispute between the current President and supporters of his predecessor. Arsene Mpiana / AFP
Q&A / Africa

République Démocratique du Congo : pas de délai de grâce pour le nouveau gouvernement

Après des mois de manœuvres politiques, le président Félix Tshisekedi s’est affranchi de son prédécesseur, Joseph Kabila et, à la suite de l’investiture d’un nouveau gouvernement issu de sa nouvelle majorité, il détient désormais l’effectivité du pouvoir. Dans ce Q&A, l’expert de Crisis Group Onesphore Sematumba explique que les difficultés ne semblent pourtant pas écartées.

Dans quel contexte politique s’inscrit ce gouvernement?

L'investiture le 26 avril du premier gouvernement de l'« Union sacrée », la nouvelle majorité parlementaire du président Félix Tshisekedi, met fin à la période prolongée de domination du système politique par son prédécesseur Joseph Kabila. Suite à la nomination le 12 avril de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Sama Lukonde, celui-ci a obtenu le vote de confiance d’une large majorité des députés – 410 votes favorables sur 412 députés présents – malgré les tensions survenues autour de la répartition des postes ministériels. Avec l’investiture de ce gouvernement, Tshisekedi a désormais les coudées plus franches pour mettre en œuvre ses réformes pour le reste de son quinquennat.

Après l'élection controversée de 2018 qui a donné à Tshisekedi la présidence malgré de forts soupçons de fraude en sa faveur émis par certains observateurs, dont ceux de la Conférence épiscopale nationale du Congo, le nouveau président a été forcé d'accepter l'emprise continue de Kabila sur la politique et le pouvoir. Le Front commun pour le Congo (FCC), coalition de Kabila, a gagné les législatives, raflant 342 sièges sur les 500 à l’Assemblée nationale. Dans les provinces, le FCC avait également remporté la quasi-totalité des gouvernements et des parlements provinciaux. Ces résultats ont permis à Kabila de négocier en faveur de ses propres alliés d'importantes institutions et ministères d'Etat aux niveaux national et provincial.

La coalition entre le FCC de Kabila et le Cap pour le Changement (CACH) de Tshisekedi, formée après ces élections, a connu des tensions depuis ses débuts, donnant lieu à une épreuve de force faite de négociations et de blocages interminables qui ont paralysé le fonctionnement des institutions. Cette coalition a permis au CACH de participer au gouvernement en dépit de son maigre score aux législatives – avec moins de 50 députés – mais elle a néanmoins empêché Tshisekedi de gouverner. Alors que ce dernier avait prêté serment le 24 janvier 2019, il fallut cinq mois pour que les deux partenaires conviennent de la nomination de Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre. Celui-ci a, par la suite, formé un gouvernement de 67 membres au sein duquel le FCC occupait les postes clés tels que la Défense, la Justice et les Mines.

En nommant trois nouveaux juges à la Cour constitutionnelle en octobre 2020, le président s’est assuré la loyauté de cette institution soupçonnée naguère d’avoir été au service de Kabila.

Face à ce défi, Tshisekedi a entrepris de desserrer l’étau du FCC et de briser l’emprise de Kabila sur les institutions en débauchant les députés alliés de Kabila, usant de méthodes que les députés restés fidèles à l’ancien président ont jugées non démocratiques. En nommant trois nouveaux juges à la Cour constitutionnelle en octobre 2020, le président s’est assuré la loyauté de cette institution soupçonnée naguère d’avoir été au service de Kabila. En novembre, Tshisekedi a initié des consultations politiques élargies aux composantes de la société civile qui ont abouti, un mois plus tard, à la proclamation de la dissolution de la coalition. Il a entrepris de recréer une nouvelle majorité. La Cour constitutionnelle, en permettant aux membres du Parlement de sortir de leurs regroupements politiques précédents et d’entrer dans de nouvelles alliances, a offert aux députés l’opportunité de changer de camp sans risquer d’être exclus de leurs partis d’origine et, partant, de perdre leurs sièges de députés. Ainsi, Tshisekedi a convaincu un grand nombre de députés du FCC de rejoindre la nouvelle majorité de l’Union sacrée, aux côtés des partisans des deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Tshisekedi a ensuite enregistré une série d’autres victoires sur Kabila, renversant le rapport de forces en sa faveur. De décembre 2020 à janvier 2021, les députés de la nouvelle majorité ont destitué par motions successives les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que le Premier ministre Ilunga et son gouvernement. Le 15 février, suite à des négociations entre les différentes composantes de l’Union sacrée, Tshisekedi a nommé Jean-Michel Sama Lukonde au poste de nouveau Premier ministre. Originaire du Grand Katanga et ancien directeur général de la principale compagnie minière du pays, la Gécamines, le jeune Premier ministre, 43 ans, est issu de l’Avenir du Congo (ACO), un petit parti politique sans assise nationale. Dépourvu d’une réelle stature et sans ambition affichée pour les élections prévues pour 2023, le nouveau chef de gouvernement devrait travailler dans l’ombre du président, ce qui permettrait à ce dernier de mettre en œuvre sa politique pour les deux dernières années du quinquennat.

La formation du gouvernement a été la première épreuve du nouveau Premier ministre. Dès sa nomination, celui-ci a promis de mettre rapidement en place une équipe gouvernementale resserrée et prête à prendre les problèmes du pays à bras-le-corps. Néanmoins, après deux mois de tractations autour des postes ministériels à l’intérieur de la nouvelle majorité, le gouvernement est à peine moins pléthorique que le précédent, avec 57 membres. Mais 80 pour cent de ses ministres sont de nouvelles figures, ce qui marque une certaine rupture par rapport à la précédente équipe gouvernementale, dont certains ministres étaient aux affaires depuis les régimes de Joseph Kabila, de son père et prédécesseur Laurent Kabila, et de l’ancien dictateur Joseph Mobutu.

À quels défis ce nouveau gouvernement est-il confronté?

Le défi immédiat pour Tshisekedi sera de contrôler toutes les différentes forces au sein de sa nouvelle coalition. Les difficiles négociations qui ont abouti à la formation de ce nouveau gouvernement sont symptomatiques de la fragilité de sa nouvelle majorité, formée autour du consensus pour déboulonner Kabila mais sans projet politique commun à mettre en place.

Le défi immédiat pour Tshisekedi sera de contrôler toutes les différentes forces au sein de sa nouvelle coalition.

À peine le gouvernement proclamé le 12 avril, la coalition a déjà commencé à montrer ses premières fissures. Près de 200 députés transfuges du FCC de Kabila se sont constitués en une « coalition des députés révolutionnaires » pour dénoncer les déséquilibres dans le nouveau gouvernement, certaines provinces ayant bénéficié de plusieurs ministères alors que d’autres n’en ont aucun. Ils ont accusé Sama Lukonde de n’avoir pas récompensé leur « traversée » par leur intégration au gouvernement. Le 14 avril, à travers un mémorandum adressé à Tshisekedi, ce groupe a menacé de bloquer l’investiture du gouvernement Sama Lukonde si les ajustements n’étaient pas faits pour répondre à leurs frustrations. Le 26 avril, après que le Premier ministre et Tshisekedi ont rencontré les députés, l’Assemblée nationale a cependant accordé sa confiance au nouveau gouvernement et entériné son ambitieux programme à une majorité écrasante. A l’issue d’une plénière chaotique, dans une salle envahie par les militants du parti présidentiel, les députés ont voté la confiance sans véritable débat.

La pluralité des espaces de décision, susceptible de reproduire les blocages au sein du gouvernement de coalition, constitue l’autre faiblesse de cette équipe. D’abord, la nomination de fortes personnalités issues de l’opposition aux postes de vice-Premiers ministres, notamment Eve Bazaiba, secrétaire générale du Mouvement pour la libération du Congo de Bemba, et Christophe Lutundula, haut cadre d’Ensemble pour la République de Katumbi, va diminuer sensiblement la marge de manœuvre de Tshisekedi au sein d’une Union sacrée dont il ne sera pas tout à fait le seul maître à bord. Les autres dirigeants des partis politiques qui ont intégré l'Union sacrée utiliseront également leurs positions pour faire pression afin que leurs intérêts soient respectés. Ils pousseront en permanence leurs alliés promus ministres à peser sur les choix du gouvernement, ce qui pourrait entraver toute velléité de Tshisekedi de développer un programme gouvernemental unique et non partisan.

En effet, la perspective des élections générales de décembre 2023, auxquelles tout porte à croire que les grands protagonistes du gouvernement Sama Lukonde vont concourir, pourrait bientôt devenir un point de fixation et provoquer des rivalités préjudiciables à la cohésion gouvernementale. Le président devra également tenir compte des manœuvres des deux principaux poids lourds de l'opposition, Bemba et Katumbi, mais aussi d'autres candidats potentiels, comme l'ancien allié et directeur de cabinet de Tshisekedi, Vital Kamerhe, emprisonné depuis 2020 pour actes de corruption. Le parti de Kamerhe a obtenu quatre ministères, où il a placé ses proches. Même si Kamerhe est exclu de toute élection pour les dix prochaines années, son parti va influencer les votes dans son fief du Sud-Kivu, qu'il se dispute avec Bahati Lukwebo, l'actuel président du Sénat. Si Bemba reste inéligible suite à sa condamnation pour corruption par la Cour pénale internationale, son retour dans l’arène à la faveur d’une décision politique de Tshisekedi demeure possible. Quant à Katumbi, il a déjà entrepris la structuration et l’implantation de son parti dans les 26 provinces du pays en prévision des prochains scrutins.

Ce gouvernement sera-t-il en mesure de lutter contre la violence à l'est?

Comme l’a dit Tshisekedi lors de sa réception des députés le 24 avril, « la priorité des priorités » de ce gouvernement est de mettre fin à la violence à l’est du pays. Depuis le début du mois d’avril, les populations à l’est organisent des manifestations contre l’inefficacité de l’armée congolaise et des Casques bleus des Nations unies face aux tueries et autres exactions des groupes armés. Au Nord-Kivu, qui fait face à des massacres majoritairement imputés au groupe d’origine ougandaise Forces démocratiques alliées, les populations multiplient les actions de défiance envers le pouvoir central. En Ituri, les miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo ont, après une relative accalmie, mené de nouvelles attaques contre les civils. Au Sud-Kivu, des groupes armés maï maï locaux et des rebelles d’origine étrangère comme les Burundais de la Résistance pour le droit au Burundi (RED-Tabara) mènent des attaques ciblées contre des civils dans les hauts plateaux d’Uvira. Au Katanga, le groupe sécessionniste Bakata-Katanga de Gédéon Kyungu et d’autres milices continuent à terroriser les populations, sur fond de revendications sécessionnistes.

« La priorité des priorités » de ce gouvernement est de mettre fin à la violence à l’est du pays.

Jusqu'à présent, Tshisekedi a eu tendance à mettre l’accent sur la réponse militaire aux défis sécuritaires de l’est du pays. Sa proclamation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri le 1er mai, qui prévoit le remplacement de l’administration civile par l’administration militaire, le prouve à nouveau. Pourtant, son armée n’a engrangé que de très maigres résultats sur le terrain. Au Nord-Kivu comme en Ituri, les groupes armés ont même souvent réoccupé avec une étonnante facilité les quelques positions conquises par l’armée régulière.

Compte tenu des mauvais résultats des campagnes militaires, le gouvernement devrait donc envisager d'autres formes de relations avec les groupes armés. Pour ce faire, il devrait accélérer la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration communautaire des anciens combattants (DDR) convenu avec les principaux bailleurs de fonds depuis novembre dernier et bloqué à cause des querelles politiques à Kinshasa. Organiser une grande campagne de démobilisation sera cependant un grand chantier, le gouvernement devra tirer les leçons de l’échec des programmes de DDR précédents, dû principalement au manque d’engagement politique des autorités congolaises et à leur incapacité à résoudre les questions qui sous-tendent la violence structurelle. Si la campagne de démobilisation ne suffisait pas, Tshisekedi et son gouvernement devraient encore avoir recours à la force militaire pour contrer certains miliciens.

La nouvelle donne politique à Kinshasa devrait faciliter la tâche à Tshisekedi ; il dispose désormais d’une nouvelle équipe en place et il n’est plus distrait par la bataille avec son prédécesseur. Mais il va devoir composer avec un gouvernement qui, de par les intérêts divergents et les rivalités individuelles et partisanes entre les parties prenantes, porte les germes des blocages à venir. Il devra également gérer les conditionnalités des bailleurs qui attendent qu’il tourne la page de l'ère Kabila pour débloquer leurs financements.

Il est donc crucial que Tshisekedi s’attelle à la question des groupes armés. « Il n’y a plus de temps à perdre », écrivait Katumbi sur Twitter le 26 avril, ajoutant que « l’investiture du gouvernement Sama Lukonde ouvre la voie de la paix à l’est ». Tshisekedi doit en effet se mettre au travail. Certains responsables politiques sont déjà soupçonnés de conclure des accords avec différents acteurs armés avant l’élection de 2023, afin d’exercer des pressions politiques à Kinshasa, ou éventuellement de provoquer des violences s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Tshisekedi, qui a désormais les coudées franches d’un point de vue institutionnel, devrait tout mettre en œuvre pour couper les liens entre les groupes armés et les responsables politiques qui, depuis les années 1990, les instrumentalisent à des fins politiques ou mercantiles. C’est la seule voie pour que le Congo bénéficie enfin des réformes qu’il a annoncées.