icon caret Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Line Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Whatsapp Youtube
En Algérie, la rue met le pouvoir face à ses contradictions
En Algérie, la rue met le pouvoir face à ses contradictions
Foreign Minister of Algeria Ramtane Lamamra congratulates Bilal Agh Cherif, secretary general of The Coordination of the Movements of Azawad (CMA), after Cherif signed a preliminary peace agreement in Algiers, on 14 May 2015. REUTERS/Zohra Bensemra
Report 164 / Middle East & North Africa

Algeria and Its Neighbours

L’Algérie est en passe de devenir un intermédiaire indispensable de la stabilité en Afrique du Nord et au Sahel. Toutefois, le pays a besoin de meilleures stratégies à long terme pour faire face aux pressions financières, à un voisinage dans la tourmente, à des menaces jihadistes transfrontalières, aux tensions continues avec la France et le Maroc, et enfin avec une transition politique générationnelle non résolue qui paralyse les institutions.

  • Share
  • Save
  • Print
  • Download PDF Full Report

Synthèse

L’Algérie est en passe de devenir un intermédiaire indispensable de la stabilité en Afrique du Nord et au Sahel. Alors que l’insécurité, l’ingérence étrangère et la polarisation augmentent partout dans la région, ce pays a promu, à certains moments importants, le dialogue et le renforcement de l’Etat comme les meilleurs moyens pour sortir ses voisins de la crise et préserver dès lors sa propre sécurité à long terme. Ce que d’aucuns appellent « le retour » de l’Algérie à la politique régionale, après une longue absence depuis sa guerre civile ou « décennie noire » dans les années 1990, a été positif à bien des égards : son approche de la promotion de l’inclusion et du compromis pour stabiliser ses voisins, mue par un intérêt personnel éclairé, offre une occasion à un système international qui a lutté pour faire face aux défis engendrés par les soulèvements arabes. Mais les ambitions algériennes ont des limites auto-im­posées. Une scène politique nationale moribonde, un régime déchiré par les factions et l’incertitude quant au futur successeur d’Abdelaziz Bouteflika, un président malade, ont embrumé l’horizon politique. Les relations avec d’autres puissances ayant du poids dans la région, notamment le Maroc et la France, disposent encore d’une marge d’amélioration.

Après plus d’une décennie passée à privilégier les relations avec les Etats-Unis et l’Union européenne (UE), l’Algérie « recalibre » sa politique étrangère. Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, un diplomate de carrière et africaniste respecté, a revitalisé la diplomatie à l’égard du continent et ses environs, démontrant ainsi le souhait de son pays d’être le point d’ancrage d’un voisinage perturbé. Cela a été en partie une réaction nécessaire à des turbulences sans précédent aux frontières de l’Algérie. Le long d’une grande zone de l’est et du sud de ses frontières terrestres de 6 500 kilom, le pays doit en effet composer avec des Etats grandement affaiblis et des menaces jihadistes. Les soulèvements arabes et la crise malienne et leurs conséquences suscitent pour la première fois en Libye, en Tunisie et au Mali, tout comme dans la vaste région du Sahel, des risques liés à la sécurité transfrontalière. L’attaque jihadiste de janvier 2013 contre un complexe de traitement de gaz naturel à Ain Amenas l’a amplement prouvé.

Depuis le bouleversement régional de 2011, l’Algérie a joué un rôle important, parfois crucial, dans les crises politiques et sécuritaires de trois de ses voisins. En Libye, elle a soutenu les négociations de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et mené sa propre diplomatie discrète depuis la mi-2014 pour réconcilier les factions belligérantes. Au Mali, elle a accueilli les pourparlers tenus sous son égide entre le gouvernement et les factions rebelles du nord, pour stabiliser le pays et pour empêcher également le sécessionnisme du nord. En Tunisie, elle a appuyé de manière discrète mais cruciale le consensus entre les islamistes et les laïcs qui a été la source de la stabilité de ce pays depuis 2014. Lamamra et d’autres hauts responsables ont dans ces cas-là défendu les solutions politiques plutôt que la polarisation, l’agitation sociale et les conflits armés. Compte tenu de la rareté des acteurs capables et désireux de jouer un rôle constructif dans la région cela est très positif, en particulier au Sahel qui est peut-être le plus grand espace non gouverné au monde, tout du moins partiellement.

Des contraintes pèsent néanmoins sur l’aspiration à un rôle de premier plan dans la région. Elles concernent d’abord la politique intérieure, où le régime a fait preuve de moins de souplesse. La succession de Bouteflika fait craindre une ouverture à une concurrence entre les élites et à l’agitation populaire. Les appels pour préparer une ouverture politique réussie ont été repoussés, incitant certains dans l’opposition à accuser le président et son entourage de rigidité et de stagnation. En toile de fond immuable à ces préoccupations, le contexte régional rendra plus risquée une transition déjà délicate, l’attention des institutions militaires et des services de renseignement, dont le rôle est démesuré en politique intérieure et en gouvernance, étant tournée vers l’autre côté des frontières. La détérioration de la situation sécuritaire régionale touche également la politique intérieure, puisqu’elle ne constitue que l’un des champs de bataille dans les nombreuses divisions notoires sans précédent entre la présidence et un puissant « Etat profond » centré sur les services de renseignements militaires.

Inversement, la politique intérieure, où le changement est d’une lenteur extrême, entrave toute tentative d’adapter la doctrine de politique étrangère (et la doctrine militaire qui s’y rapporte) à l’évolution de la situation. Traditionnellement portée sur les relations d’Etat à Etat, l’Algérie a commencé, et doit continuer, à étayer ses relations diplomatiques traditionnelles en nouant des liens avec les acteurs non étatiques qui se multiplient dans la région. Longtemps influente sur les affaires africaines, mais occupant une place relativement marginale dans le monde arabe, elle devrait coopérer avec les Etats du Golfe, qui s’affirment de plus en plus en Afrique du Nord, et leur plaider sa cause par la persuasion et non en se contentant de lancer des piques. Les relations avec la France, l’ancienne puissance coloniale, et le Maroc voisin sont déchirées par des tensions et des rivalités souvent inutiles, otages d’une histoire que la plupart des Algériens n’ont pas vécue.

Le pays s’aiderait davantage en surmontant, ou du moins en diminuant, ces tensions dans la mesure du possible. Le changement générationnel en cours de l’ensemble des dirigeants politiques et des institutions offre une occasion de le faire, à condition qu’il y ait des homologues compréhensifs. Une plus grande participation algérienne à titre d’intermédiaire pragmatique de la stabilité et des compromis politiques au Maghreb et des conflits au Sahel doit être saluée, surtout à une époque d’insécurité régionale et de polarisation idéologique accrues.

Alger/Bruxelles, 12 septembre 2015 

The opponents protest against Bouteflika's re-candidacy in Algiers, Algeria on 04 March 2019. President Bouteflika will run for a fifth term in office but vows to call for early polls if he is reelected in April, his campaign manager announced on Sunday. Farouk Batiche / Anadolu Agency

En Algérie, la rue met le pouvoir face à ses contradictions

Une série de protestations contre « le mandat de trop » s’est emparée du pays depuis l’annonce de la candidature du président Bouteflika à l’élection d'avril. Dans ce questions-réponses, notre analyste Michaël Ayari, de retour d’Algérie, se penche sur les ressorts d’une mobilisation inédite et examine les scénarios possibles.

Que se passe-t-il ?

Le 10 février 2019, dans une lettre à la nation, le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, a annoncé son intention de briguer un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle d’avril prochain, malgré une santé fragile qui l’empêche de s’exprimer publiquement, et à fortiori de faire campagne – il a été victime de plusieurs accidents vasculaires cérébraux depuis 2013. De nombreux Algériens ont interprété cette annonce comme la proclamation d’un nouveau quinquennat, vu le manque de transparence des scrutins. Une série de protestations contre « le mandat de trop » s’est alors emparée du pays. Leur ampleur est inédite et leur issue incertaine.

Ces protestations, qui se concentrent principalement sur le refus de cette nouvelle candidature, ont largement dépassé en intensité celles de 2014 contre le quatrième mandat. Le 1er mars, elles ont réuni entre 700 000 et 800 000 personnes à Alger et près de 2 millions dans le reste du pays, d’Annaba (Est) à Tlemcen (Ouest), même dans des régions jusque-là peu mobilisées.

Malgré l’ampleur de ces protestations, le directeur de la campagne de Bouteflika, Abdelghani Zaalane, a déposé le 3 mars devant le Conseil constitutionnel la candidature du président de la République, actuellement hospitalisé à Genève (Zaalane est le gendre du chef d’état-major de l’armée, Gaïd Salah). Le même jour, dans une lettre lue par une présentatrice à la télévision publique, Bouteflika s’est engagé, s’il est réélu, à mettre en place une « conférence nationale inclusive et indépendante » afin de « débattre, concevoir et adopter des réformes » sur le plan constitutionnel, institutionnel, politique et économique ; à établir un « mécanisme indépendant » pour organiser une élection présidentielle anticipée ; et à convoquer un référendum sur une nouvelle constitution qui ouvrirait la voie à une nouvelle République et à un nouveau « système », afin d’assurer « la transmission générationnelle ».

L’annonce de la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat a suscité un sentiment d’humiliation nationale.

Dans cette même lettre, le président-candidat a aussi affirmé avoir « entendu les cris du peuple ». Sans succès. La rue algérienne a interprété ces mots comme un énième affront, voire comme une provocation. Si cette déclaration a répondu en partie aux demandes des manifestants et de certains partis politiques d’opposition (une conférence nationale inclusive, une commission indépendante pour organiser les élections, et une nouvelle constitution), de nombreux Algériens estiment que le président de la République, au pouvoir depuis vingt ans, n’est plus en mesure de prendre l’initiative et de fixer le rythme des réformes. Les manifestations continuent. Une nouvelle série de protestations est attendue pour le vendredi 8 mars, qui se trouve être aussi la Journée internationale des femmes, généralement marquée par des rassemblements.

En attendant, plusieurs mouvements d’opposition, dont les islamistes et le parti Talaie al Horiat (l’Avant-garde des libertés) d’Ali Benflis, ancien Premier ministre (2000-2003) et candidat aux présidentielles de 2004 et 2014, se sont réunis à Alger le 4 mars. Ils ont appelé à appliquer l’article 102 de la Constitution, qui permet de déclarer la vacance de la présidence en cas d’incapacité du président de la République à gouverner en raison de son état de santé. Ils ont aussi demandé le report du scrutin.

Comment analyser ce mouvement de protestation ?

L’annonce de la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat a suscité un sentiment d’humiliation nationale. Beaucoup de manifestants estiment que l’actuel chef de l’Etat ne représente plus les forces vives de la nation et que son instrumentalisation par des groupes d’intérêts qui gravitent autour de lui confine à l’absurde, vu son état de santé. Certains affirment également que le pays a perdu trop de temps et que, si Bouteflika avait cédé sa place en 2014, des réformes sociétales auraient déjà pu hisser l’Algérie au rang des grandes nations économiques.

Au-delà du refus d’un cinquième mandat, le mouvement en cours exprime quelque chose de plus profond. Il est alimenté par le désir de se réapproprier la rue, alors que les manifestations sont interdites dans la capitale depuis 2001. Les slogans ne sont pas sans rappeler ceux qui avaient animé le soulèvement tunisien de décembre 2010-janvier 2011 : « Game Over », « Le peuple veut la chute du régime/système », « Voleurs, vous avez pris le pays », « Algérie, libre et démocratique ». Mais contrairement à ce qu’on a pu observer en Tunisie, la question du mépris (hogra) dont souffrent les individus et régions marginalisés sur le plan économique passe au second plan.

Le mouvement possède également une dimension socio-culturelle. Les classes moyennes urbaines comme les classes populaires demandent que chacun puisse « profiter de la vie en Algérie et dépasser le traumatisme de la décennie noire » (1992-2002), et que personne ne doive « plus mourir en mer en traversant la Méditerranée vers l’Europe dans l’espoir d’y trouver l’eldorado et d’accéder aux plaisirs de la société de consommation ». Pour les manifestants, les réponses à ces aspirations existent, mais le « clan de Bouteflika » – le président de la République, sa famille, son directeur de campagne, le Premier ministre et une poignée d’hommes d’affaires du sérail – empêche leur mise en œuvre par son incapacité à trouver un successeur consensuel.

Jusqu’à présent, une forme d’union nationale est de mise lors des manifestations. Les revendications régionalistes sont absentes, et diverses catégories sociales défilent ensemble de manière pacifique face à un adversaire commun. La présence de familles (femmes, enfants, personnes âgées) dans les cortèges est un élément marquant en ce qu’il contraste avec ce qu’on a pu observer par le passé.

Enfin, les protestataires aspirent à un changement tout en affirmant leur soutien à l’armée nationale, « issue du peuple », mais aussi à d’autres forces de sécurité, comme le montre le slogan « Frères, frères, les policiers sont nos frères ».

Beaucoup d’observateurs dans le monde entier évoquent un mouvement spontané. Qu’en est-il sur le terrain ?

A Alger, rares sont les manifestants qui affirment que ce mouvement est entièrement spontané. La plupart d’entre eux disent ne se faire aucune illusion quant à la présence d’acteurs de l’ombre issus de différents secteurs de la société algérienne, qui alimentent ce mouvement à défaut de l’avoir suscité.

Nombre de ces acteurs participent en effet à ces protestations ou les soutiennent discrètement. C’est le cas de généraux mis à la retraite anticipée ces dernières années, de cadres et agents de sécurité frustrés par la dissolution du Département du renseignement et de la sécurité en 2015, et d’hommes d’affaires à la stature internationale, empêchés par les premiers cercles du pouvoir de développer pleinement leurs activités économiques. C’est aussi le cas de hauts fonctionnaires, de syndicats autonomes, d’associations de jeunesse, de militants des droits humains, d’étudiants, de journalistes, d’avocats, et de partis d’opposition intégrés au « système ».

Leur caractère pacifique ou violent dépendra principalement de la réponse des forces de sécurité.

La plupart de ces acteurs estiment nécessaire de « réinstitutionnaliser » le pays en neutralisant les forces « extraconstitutionnelles » (le clan Bouteflika) qui affaibliraient la résilience de l’Etat face aux défis économiques, sociaux et régionaux. Ceux-ci risquent de devenir encore plus aigus dans les années à venir, notamment si les réserves de change diminuent de manière significative, que l’inflation augmente et que le contexte sécuritaire se dégrade dans les pays voisins.

Enfin, ces acteurs semblent converger sur la nécessité de réduire le caractère informel, opaque et fragmenté du pouvoir pour « sauver le pays ». L’objectif, au-delà des discours pro-démocratie, est de rétablir les équilibres régionaux tacites au sein des centres de pouvoir, hérités de la guerre d’indépendance (1954-1962), et de renouer avec un minimum de règles pour réduire le règne de l’arbitraire dans le processus officiel de prise de décision.

Quels sont les scénarios possibles ?

Ce mouvement de protestation émerge dans un contexte régional et international particulier. Les Algériens sont tiraillés entre le souvenir de leur printemps démocratique raté de 1988-1991, la crainte d’un retour des violences de la décennie noire, l’aspiration à la liberté et la conviction que le mouvement actuel ne constitue pas une rupture par rapport au « système » mais s’y inscrit (notamment via le rôle de l’armée). Ils veulent éviter un scénario à l’égyptienne (polarisation entre islamistes et anti-islamistes, suivie d’un retour violent à l’autoritarisme) ou à la syrienne (guerre civile), et se rendent compte que les vertus de la démocratie libérale sont remises en cause au niveau international et même en Tunisie. Il est donc très difficile de dire ce qu’il adviendra, en particulier parce que tout dépendra de l’intensification ou de l’affaiblissement de l’élan mobilisateur dans différents secteurs de la société.

Mais vu la diversité des acteurs qui aspirent au changement, il est probable que les protestations montent crescendo tant que Bouteflika maintiendra sa candidature. Leur caractère pacifique ou violent dépendra principalement de la réponse des forces de sécurité. Si celles-ci se montrent aussi professionnelles que lors des récentes protestations, se gardant de charger les foules sauf lorsque celles-ci convergent vers les bâtiments publics, il y a de fortes chances que les violences demeurent limitées du côté des manifestants.

L’article 102 de la Constitution pourrait éventuellement être appliqué. Il serait mis fin au mandat de Bouteflika pour des raisons de santé. Dans ce cas, le président du Conseil de la nation (chambre haute du parlement) assumerait la charge de chef de l’Etat pour une durée de 90 jours au maximum, au cours de laquelle une élection présidentielle serait organisée.

Les partis d’opposition, qui se contentent de suivre le mouvement de peur d’être accusés de récupération, risquent d’avoir du mal à faire entendre leur voix dans le cadre d’un débat politique ouvert sur les solutions potentielles. D’autant que si les mobilisations de masse s’intensifient, de nouvelles forces politiques et associatives émergeront, portant des revendications pour l’instant marginales, comme l’élection d’une Assemblée nationale constituante.

En parallèle, l’armée pourrait être tentée de piloter ouvertement un éventuel processus de transition. Le général à la retraite Ali Ghediri, candidat à la présidentielle, pourrait représenter une personnalité consensuelle, incarnant la « rupture dans la continuité ».

Les Algériens ont tiré les leçons de leur douloureux passé. Mais ils semblent une fois de plus contraints d’expérimenter avec des formes inédites de libéralisation politique, comme ce fut le cas en 1988, avec des conséquences incertaines. Certes, la polarisation entre islamistes et anti-islamistes n’est plus d’actualité. Les partis d’inspiration islamiste qui participent aux élections et sont représentés au sein du parlement et des assemblées populaires régionales et communales pourraient tirer profit de ces contestations et négocier une meilleure représentation politique, mais dans le contexte actuel, leur rôle, tout comme celui des salafistes quiétistes, apparait très marginal. Le risque de violences entre pro- et anti-cinquième mandat, voire entre partisans de la « réinstitutionnalisation » et défenseurs du statu quo, en revanche, est réel. Toute rupture avec le passé devra donc se faire progressivement et dans le respect de l’ordre constitutionnel. Ce ne sera pas facile.