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De dangereuses petites pierres : les diamants en République centrafricaine
De dangereuses petites pierres : les diamants en République centrafricaine
Table of Contents
  1. Synthèse
In the Central African Republic, Peace Requires More Than a Bigger U.N. Force
In the Central African Republic, Peace Requires More Than a Bigger U.N. Force
Report 167 / Africa

De dangereuses petites pierres : les diamants en République centrafricaine

Dans certaines régions diamantifères de la République centrafricaine (RCA), l’extrême pauvreté et les conflits armés menacent la vie de milliers de personnes. Une réforme du secteur minier s’impose.

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Synthèse

Malgré la richesse de leurs sous-sols, certaines régions diamantifères de la République centrafricaine (RCA) restent frappées du sceau de l’extrême pauvreté et d’une violence à répétitions. Une apparente fatalité contre laquelle le Président François Bozizé n’a jusqu’ici pas tenté de lutter de façon rigoureuse. Sa mainmise sur le secteur du diamant renforce son pouvoir et favorise l’enrichissement d’une minorité, mais ne contribue pas à atténuer la pauvreté de milliers de mineurs informels. L’effet conjugué d’un Etat prédateur, de la criminalité et de l’extrême pauvreté aboutit à des cycles de violence, en incitant les factions politiques rivales à entrer en rébellion tout en leur permettant de tirer profit du commerce illégal des diamants. Pour rompre ce cercle vicieux, la réforme en profondeur du secteur doit devenir une priorité essentielle de la stratégie de consolidation de la paix.

Historiquement, l’exploitation du diamant a bien plus bénéficié aux entrepreneurs étrangers et aux régimes cupides qu’aux Centrafricains. L’extraction industrielle ou semi-industrielle des diamants n’existe plus et leur exploitation est essentiellement artisanale et illégale : environ 80 000 à 100 000 mineurs creusent dans l’espoir de subsister en vendant leur production à des intermédiaires étrangers qui les revendent aux comptoirs d’exportation. Le gouvernement n’a ni la capacité de superviser cette chaîne de production dispersée, ni la volonté d’investir les revenus tirés du diamant dans le développement à long terme des communautés minières.

La fragilité chronique de l’Etat a aussi ancré au sein de l’élite politique une habitude de monopolisation des richesses nationales et de gains à court terme. Cette confusion entre exercice du pouvoir et prédation économique renvoie à l’histoire coloniale et postcoloniale. Jean-Bédel Bokassa, un temps « empereur » de la RCA, a monopolisé l’exportation des diamants. Ses cadeaux personnels au Président français Giscard d’Estaing sont devenus le symbole des excès de son régime impérial. Ange-Félix Patassé a confondu intérêts privés et gestion publique en développant sa propre compagnie d’exploitation du diamant. Bozizé est lui plus circonspect. Son régime maintient un étroit contrôle sur les revenus miniers grâce à une réglementation fiscale stricte et à une gestion opaque et centralisée.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, les compagnies minières sont quasiment toutes parties, notamment parce que les exigences répétées des autorités compromettent leur marge de profits. L’exploitation minière artisanale et informelle se développe rapidement, mais la fermeture en 2008 par le gouvernement de la plupart des compagnies d’exportation de diamants a sévèrement diminué les investissements dans la production, a fait disparaître de nombreux emplois et a contribué à l’essor de la malnutrition infantile dans les zones minières. Par ailleurs, le coût élevé des permis artisanaux et la corruption de la brigade minière entravent les tentatives des mineurs d’échapper au piège de la pauvreté, alors que la contrebande, due à la fiscalité la plus élevée de la région sur les exportations de diamants, prive l’Etat de recettes bien nécessaires.

Le refus du gouvernement de distribuer équitablement la richesse nationale a conduit certains individus cupides et des groupes marginalisés à prendre les armes afin d’obtenir un plus grosse part du gâteau. L’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) a signé un accord de paix avec le gouvernement mais poursuit l’extraction et la contrebande de diamants dans le Nord-est du pays. Si l’objectif de l’UFDR n’est plus la prise du pouvoir, les profits tirés de l’exploitation des diamants permettent à ce groupe armé d’attirer des mineurs qui espèrent améliorer leur sort, et constituent une forte incitation à ne pas déposer les armes. La Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), le groupe rebelle actuellement le plus actif, exerce son contrôle dans l’Est du pays. Sous couvert de rébellion, ce banditisme limite sérieusement les activités économiques de la région, risque d’empêcher le bon déroulement des élections dans la région, lors de leur tenue prévue pour le 23 janvier 2011, et menace les populations.

La réforme du secteur du diamant, intégrée à la réforme de la gouvernance et aux efforts de résolution des conflits, est impérative pour améliorer les conditions de vie des communautés minières, augmenter les maigres recettes de l’Etat et mettre fin aux conflits armés. Le gouvernement doit d’abord concentrer ses efforts sur la gouvernance du secteur minier. La stratégie de réforme devrait prioriser l’exploitation artisanale sur l’exploitation industrielle mais aussi réduire les incitations à la contrebande et renforcer les contrôles sur le lien entre trafic de diamants et groupes armés. L’engagement manifeste du pouvoir à développer le contrôle démocratique et la transparence de la gestion minière devrait constituer la condition sine qua non pour le soutien des partenaires internationaux à une réforme du secteur du diamant qui est autant une question de volonté politique que de capacité.

Nairobi/Brussels, 16 December 2010

Op-Ed / Africa

In the Central African Republic, Peace Requires More Than a Bigger U.N. Force

Originally published in World Politics Review

The U.N. Security Coucil approved a resolution to extend the mandate of the U.N. Mission in the Central African Republic (MINUSCA) until 15 November 2018, also increasing the mission’s troop ceiling by 900. Richard Moncrieff, Project Director for Central Africa, states that the Central African Republic needs more than just troops to meet the country's security challenges.

On Nov. 15, the United Nations Security Council will meet to decide on the fate of the U.N. mission in Central African Republic, known by its acronym MINUSCA. In stark contrast to the debate over the U.N. mission in the neighboring Democratic Republic of Congo, which the U.S. pushed to reduce last April after citing its ineffectiveness and cost, few in New York expect cuts to the Central African Republic (CAR) mission. 

To the contrary, U.N. Secretary-General Antonio Guterres visited CAR at the end of October and called for increasing the mission’s authorized troop ceiling, currently just over 12,000, by an additional 900 troops. Adama Dieng, his adviser on genocide prevention, and Stephen O’Brien, the undersecretary for humanitarian affairs, both also visited the country in recent months and warned of the escalating violence and a distressing humanitarian catastrophe there. The troubling situation and the pockets of success the U.N. force has achieved so far have left the U.S. relatively favorably disposed to increasing troop numbers, despite serious concerns over allegations of sexual abuse by some contingents. 

The U.N. mission is in an increasingly complicated position on the ground. Having made some gains in late 2016 and early 2017 by pushing armed groups out of some towns and deterring some attacks, the U.N. force has since appeared overwhelmed by the scale of the crisis as well as by its own rigidity. Poor mobility—the mission has two operational helicopters in a country larger than France—a lack of intelligence, and an unwillingness to react quickly when such intelligence is available have rendered it ineffective in the face of rising violence among competing militias. 

This has put the U.N. under intense pressure in the capital, Bangui. When Guterres spoke to CAR’s parliament on Oct. 27, government and opposition politicians managed a rare moment of unity, criticizing the U.N. for its passivity and, according to some, even complicity in the face of the violence. Aside from wanting a far more proactive posture from the U.N., the parliamentarians want to see CAR’s national army up and running, despite slow progress on training and its history of incompetence and abuse. Guterres, sensing the mood, acknowledged that the army would start deploying soon. Unless his U.N. force can up its game, calls for ever greater—and ever riskier—deployment of the national army will increase.

The U.N. force certainly needs more troops, and the Security Council should increase the ceiling. It also needs greater mobility and a stronger willingness to react quickly and decisively. But these measures alone would still limit the U.N. mission to merely putting out fires. The U.N., and other international actors, also need to address the incentive structure that is driving the violence.

Read the full article at: World Politics Review