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DR Congo: A Recount and Talks to Find a Way Out of the Crisis
DR Congo: A Recount and Talks to Find a Way Out of the Crisis
This photo, taken at Place de L'Indentite in Lubumbashi, shows the Katanguien Identity monument, 22 May 2016. AFP/Junior Kannah
Report 239 / Africa

Katanga : Le cœur minier de la RDC sous tension

Alors que le régime ne cesse de retarder la prochaine échéance électorale, la montée des tensions et la répression étatique au Katanga, une région riche en ressources, pourraient être les prémices d'une escalade de la violence. Sans un dialogue national crédible et l'amélioration des relations entre le pouvoir central et les nouvelles provinces, le pays pourrait plonger dans une crise semblable à celle qu'il a connu à la fin des années 1990.

Synthèse

Le Katanga est au cœur de tensions politiques croissantes qui agitent la République démocratique du Congo (RDC). Le retard intentionnel dans les préparatifs des élections prévues en novembre et la mise en œuvre bâclée et politisée de la décentralisation et du découpage de certaines provinces, y compris celle du Katanga, ont nourri des tensions entre la région et le gouvernement central, et entre opposition et majorité gouvernementale du Président Joseph Kabila.  Celles-ci ont pris une allure ouvertement politique lorsque l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle, amenant Kabila à lancer une enquête et à délivrer un mandat d’arrêt pour menace à la sécurité nationale. Les institutions fragiles du Congo sont sous pression. Il est urgent d’établir un dialogue national crédible portant sur la gestion de la transition, d’obtenir un engagement à ne pas modifier la Constitution à des fins politiques et à ne pas prolonger la transition pour préserver le statu quo, et d’avancer dans la préparation des élections de façon tangible. Afin d’éviter une crise risquant de se prolonger et des violences probables, l’ONU et les partenaires internationaux doivent soutenir et développer les efforts mis en œuvre par l’Union africaine (UA) pour engager le dialogue.

Le Katanga est un élément central de l’histoire politique tumultueuse de la RDC, d’abord en tant que siège d’un mouvement sécessionniste qui a cependant échoué au moment de l’indépendance, puis en tant qu’important champ de bataille durant la deuxième guerre du Congo (1997-2003). Sous Kabila père, puis sous son fils Joseph qui lui a succédé à sa mort en 2001, les Katangais ont occupé de nombreuses positions clés aux seins du gouvernement et des forces de sécurité. Le mécontentement envers Joseph Kabila n’a cessé de croître depuis les élections de 2011, au Katanga et ailleurs. L’échec, à travers le pays, à financer correctement les administrations provinciales, est venu exacerber, au Katanga, un sentiment d’ayant-droit né de l’immense contribution de ses exportations minières au budget national. Tout ceci a pris un tournant politique en 2014 lorsque Katumbi et des membres importants de l’élite locale, anciens alliés de Kabila pour la plupart, se sont exprimés contre le projet manifeste de ce dernier de rester au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième – et, selon la constitution, dernier – mandat prévu en décembre 2016. Le climat de répression s’est amplifié et le gouvernement central a renforcé la présence militaire pourtant déjà importante dans la région. 

Début 2015, notamment en réaction à une opposition croissante, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre le découpage des provinces, tel que prévu par la Constitution, faisant ainsi passer leur nombre de onze à 26. Le Katanga s’est retrouvé divisé en quatre nouvelles provinces. Tandis que certaines élites locales se réjouissent de pouvoir diriger leurs propres administrations, beaucoup au Katanga se plaignent de ce qu’ils perçoivent comme une tentative de diviser pour mieux régner. Le découpage a été bâclé, mal préparé, sous-financé et a coïncidé avec une crise budgétaire due avant tout à la chute de la demande en produits miniers du Katanga.

Katumbi s’est déclaré opposant principal à Kabila au moment-même où le parti gouvernemental, dont il était membre, se divisait. Si l’opposition s’en retrouve renforcée, elle est également divisée. Le 4 mai 2016, Katumbi a déclaré sa candidature à une élection présidentielle pourtant encore éloignée, alimentant ainsi les tensions. L’annonce d’une enquête judiciaire lancée à son encontre a provoqué des manifestations importantes à Lubumbashi, la plus grande ville du Katanga, et le candidat présidentiel a quitté le pays pour des examens médicaux.

La crise nationale qui se profile fragilise le climat politique déjà tendu et pourrait prendre la forme d’une augmentation de la violence armée, de la répression étatique et des divisions au sein des forces de sécurité. Ces évolutions pourraient avoir lieu, et certaines ont d’ailleurs déjà été observées au Katanga qui a toutes les chances d’être au cœur d’un conflit politique violent représentatif des problèmes nationaux. Des tensions graves existent entre les communautés, notamment entre les groupes ethniques locaux, les migrants et les déplacés internes, dont le nombre a augmenté de 50 000 à 500 000 entre 2011 et 2014. La crise économique risque d’augmenter les ressentiments et de rendre plus difficile la résolution des problèmes.

Cette crise, qui pourrait représenter une menace sérieuse pour la stabilité de la région, et pour les efforts internationaux de maintien de la paix, doit être évitée. Tandis que le jeu politique national est de plus en plus polarisé à mesure que l’échéance électorale se rapproche, certains acteurs, y compris au niveau local, ont encore fortement intérêt à dissiper les tensions pour prévenir l’émergence d’un conflit. Des mesures précoces contre des groupes armés illicites, et en particulier contre ceux qui les soutiennent, contribueraient à éviter que ces groupes ne deviennent un bien plus grand problème à terme. Les politiciens doivent renoncer à utiliser des groupes armés pour faire pression sur leurs opposants, et les autorités nationales doivent agir, avec le soutien de la mission de stabilisation de l’ONU (MONUSCO), pour les en décourager. La MONUSCO doit user de son influence à bon escient et déployer plus de moyens au Katanga, surtout dans les domaines du suivi des droits humains et de la police. Mais son influence diminue et face à une tempête imminente, des mesures plus radicales, telles qu’une réduction de ses forces, devront éventuellement, le moment venu, être envisagées.

Afin de pallier au manque de confiance entre le centre et les provinces, les flux financiers doivent être plus réguliers, transparents et conformes aux règlements en place. Les auditeurs nationaux et la société civile doivent pouvoir surveiller ces transactions et leur usage. Pour résoudre les problèmes de la RDC à l’échelle nationale et provinciale, il faudra plus de confiance et de dialogue, et des progrès notables vers la tenue des élections. L’initiative de dialogue actuellement paralysée, facilitée par Edem Kodjo de l’UA, doit être poursuivie et d’autres canaux de communication doivent être maintenus pour permettre des échanges entre les élites sur les questions d’intérêt national et provincial. Les partenaires internationaux doivent soutenir le dialogue, comme le fait l’UA, et s’assurer que la question centrale des relations entre le centre et les provinces reste sur la table des négociations. 

Nairobi/Bruxelles, 3 août 2016

Supporters of Martin Fayulu chant slogans and carry placards as he delivers his appeal contesting the CENI results of the presidential election at the constitutional court in Kinshasa, on 12 January 2019. REUTERS/Kenny Katombe
Statement / Africa

DR Congo: A Recount and Talks to Find a Way Out of the Crisis

The DR Congo is facing a major political crisis over the 30 December election’s result. A recount would allow subsequent negotiations to take place on the basis of a clear understanding of who won.

A dispute over the results of the DR Congo’s 30 December election cast a dark shadow over what should be a historic transition of power but a surprisingly robust reaction by regional actors offers a genuine chance for a course correction. According to official tallies, opposition leader Felix Tshisekedi was the winner, but these stood in stark contrast to a parallel count by Congolese Catholic Church observers, which indicated a landslide for Martin Fayulu, another opposition leader. Data leaked from sources within the electoral authorities confirm the church’s figures, strongly suggesting an effort to rig the vote in favour of the opposition candidate more palatable to incumbent President Kabila and his allies. On 17 January, the African Union (AU) unexpectedly issued a statement questioning the official results, calling for a suspension of final results, and dispatching a delegation to Kinshasa on 21 January to help Congolese parties reach consensus on next steps. To both reflect the will of the people and avoid a dangerous confrontation, that delegation should push for a recount, so that subsequent negotiations on a way forward can take place on the basis of a clear understanding of who won. All international actors should throw their weight behind the AU’s initiative, appeal for calm and encourage the putative winner, Fayulu, to adopt a conciliatory approach toward his rivals.

On Sunday 30 December, millions of Congolese voted for a new president and provincial and national lawmakers. The presidential election pitted Emmanuel Ramazani Shadary, the preferred candidate of incumbent President Joseph Kabila, against two opposition leaders, Felix Tshisekedi and Martin Fayulu, the latter supported by two political heavyweights, Jean-Pierre Bemba and Moïse Katumbi, who had been barred from contesting the vote. Despite repeated delays and the unwarranted exclusion of around 4 per cent of the electorate, balloting passed off in relative calm.

Since then, however, a major political crisis has erupted over the results. Before the Independent National Electoral Commission (CENI) released its official tallies, the Episcopal Council of the Congolese Catholic Church, known as CENCO, which had deployed some 40,000 observers to monitor the polls, reported that its parallel tabulation had revealed a clear winner and, though it could not legally name a victor before official results were proclaimed, sources close to the church confirmed a landslide win for Martin Fayulu. In contrast, the CENI’s provisional results, released on 10 January, indicated Tshisekedi was the victor, with 38.6 per cent of the vote to Fayulu’s 34.8 per cent and Shadary’s 23.8 per cent. The provisional results also showed President Kabila’s political coalition winning a large majority in of the national legislative and provincial elections, thus appearing to ensure his coalition’s continued political dominance.

By now, the CENI results have been widely discredited, viewed as the result of manipulation by the electoral authorities to secure a win for an opposition candidate that Kabila and his allies view as more conciliatory. Indeed, data leaked from the CENI makes clear that Fayulu decisively won, perhaps with as much as some 60 per cent of votes (similar to CENCO’s estimates). Fayulu has rejected the results and appealed to the Constitutional Court, which is generally regarded as pro-Kabila. By law the Court must adjudicate the election dispute by 19 January.

Initial reactions from Western and African diplomats were muted. Some Western countries questioned the CENI’s results, but many appeared to view Tshisekedi’s win as presenting a silver lining: Kabila’s preferred candidate had been roundly defeated, Kabila himself was out – no mean feat given his earlier determination to stay on – and perhaps the DR Congo could turn a page on the mismanagement and corruption of his rule. Declaring the vote a sham and trying to force a Fayulu presidency, they feared, could provoke a dangerous backlash from pro-Kabila forces who still dominate the security forces – a crisis for which they lacked the will or capacity to deal. In contrast, many surmised, backing Tshisekedi’s, or at least not rocking the boat, might strengthen his hand against Kabila, who it seems is intent to retain influence through parliament and the powerful security sector.

Moreover, it was unclear early on how the region would respond and, without African support, Congolese leaders could portray Western pressure as unwarranted meddling. African leaders began by reacting cautiously as well, calling for any challenges to results to be pursued legally and for consensus. That a statement critical of the elections by Zambian President and chair of the Southern African Development Communities’ (SADC) Organ on Politics, Security and Defense, was rebuked by some of his counterparts illustrated the depth of divisions in the region.

The surprise came on 17 January, when an ad-hoc high-level meeting of the AU put out the strongest statement from the continent. Saying “there were serious doubts” about the provisional results, it called for the “suspension of the proclamation of the final results [by the court] of the elections”. The AU announced it would send a high-level delegation on Monday 21 January to Kinshasa to “interact with all Congolese stakeholders, with the view to reaching a consensus on a way out of the post-electoral crisis in the country”.

The dramatic AU statement and forthcoming visit offer a path forward. The delegation should push for some form of recount or audit, potentially monitored by SADC or the AU, both of which fielded observers for the vote. Such a process could be concluded quickly, since electronic election data, transmitted by the voting machines, is available (observers’ vote tallies based on copies of results sheets in the polling stations might potentially be used to validate that data). This exercise should be conducted for presidential, parliamentary and local elections. Indeed, the starting point for any credible negotiations among Congolese leaders should be a clear understanding of who genuinely won on 30 December. All international actors should throw their weight behind such a process.

Of course, a recount presents risks. Politics in Kinshasa are already deeply polarised and a recount could divide them still further. It is unclear how Tshisekedi’s supporters would respond to having his victory, in their eyes, snatched away. Perhaps more dangerous still, President Kabila and his allies, particularly powerful figures in the security sector, could well resist, given the wariness with which they regard Fayulu, Bemba and Katumbi. Indeed, on 18 January, both the government and Felix Tshisekedi allies rejected the AU’s call to delay the proclamation of the final result of the presidential vote. The government accepted talking to the AU’s delegation but Tshisekedi’s party clearly fears being denied the presidency.

Yet if a recount carries risks, the alternative of acquiescing in the rigged results would be much worse. CENCO tallies and the leaked CENI data suggest the Fayulu ticket attracted almost two-thirds of the vote. Even allowing that some of those votes may have been cast more in protest at Kabila than in support of Fayulu, that still leaves a large constituency that would feel its vote stolen. Supporters of Fayulu and those of his powerful backers Bemba and Katumbi have not yet taken to the streets, but they could easily do so in the future.

The goal of African and Western leaders should be to both ensure that the will of the Congolese people is respected, and prevent a destabilising and costly confrontation. They can promote this outcome by taking several steps. To begin, they should strongly urge all Congolese parties to call for calm and eschew violence. The purported victor, Fayulu, and his allies have a special responsibility to reassure those in both Tshisekedi’s and especially Kabila’s camp. At the same time, the AU delegation should warn that if Tshisekedi’s inauguration goes ahead, it and the regional organisations of which the DR Congo is a member would consider punitive measures, including refusing to recognise the new government with all that would entail for those involved.

More broadly, African and Western leaders ought to combine diplomatic pressure for a recount with equal pressure for negotiations over a consensual political arrangement. This arrangement, which ultimately will have to be decided by the Congolese, could involve, inter alia, inclusive, broad-based power-sharing, a national unity government or the organisation of new elections after two or three years (as Lamuka, the coalition backing Fayulu, had originally foreseen).

Regardless of the precise formula, the outcome should allow the DR Congo’s leaders to leave their political trenches and work with their international and regional partners to begin dealing in earnest with the key sources of instability in large parts of the country and the dire socio-economic situation that most Congolese citizens continue to endure. If they act wisely, they at long last have a chance to do that.