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Comment sauver le Sahel
Comment sauver le Sahel
A Major Step Toward Ending South Sudan’s Civil War
A Major Step Toward Ending South Sudan’s Civil War
Op-Ed / Africa

Comment sauver le Sahel

Originally published in Slate Afrique

Au Sahel, l'instabilité croissante se heurte à une Afrique du Nord divisée ainsi qu'à l’absence d’une politique étrangère européenne.

Mise à jour du 26 juillet: Le ministre français des Affaires étrangères,  Laurent Fabius, est attendu aujourd’hui à Niamey, la capitale du Niger. Cette visite constitue la première étape d'une tournée africaine centrée sur le Mali, qui le mènera les 27 et 28 juillet, au Burkina Faso, au Sénégal et au Tchad.  

A l’heure où les rebelles tentent d'asseoir leur emprise sur le nord du Mali (qu’ils ont conquis à la fin du mois de mars), la communauté internationale redoute la création d’un Etat islamiste sécessionniste au cœur de l'un des «Etats défaillants» les plus pauvres de l’Afrique de l’Ouest.

Ce nouvel Etat constituerait, en effet, une base renforcée d’opérations au bénéfice des jihadis et des organisations criminelles de la région.

De son côté, le mouvement islamiste Boko Haram, partisan de la ligne dure, continue de semer la discorde, en prêchant une version radicale de l’Islam au grand dam des leaders musulmans traditionnels et de l’Etat nigérian.

Ce dernier semble dans l’incapacité de mettre un terme aux actes de violence épouvantables qui frappent la population civile et les églises chrétiennes.

L’importance stratégique de la Libye

Neuf mois ont passé depuis le meurtre de Mouammar Kadhafi. La Libye est désormais, en grande partie, contrôlée par des milices locales, et sa situation est loin d’être pleinement stabilisée.

Les trafiquants d’armes vendent du matériel issu de l’ancien arsenal du dictateur à travers le Maghreb et le Sahel — et ils en revendent aussi une partie à l’armée libyenne.

Les flux croissants de cocaïne latino-américaine, qui utilisaient jusqu’ici la Guinée Bissau comme espace de transbordement, passent désormais par le Mali et ses voisins immédiats.

A nouveau, le spectre de la sécheresse plane sur le Sahel. Selon les organismes d’aide internationaux, dix-huit millions de personnes pourraient être bientôt victimes de la malnutrition et de la famine. 

Le retour des criquets est une autre conséquence imprévue de la chute de Kadhafi: des essaims incontrôlés venus de Libye et d’Algérie progressent vers le sud, menaçant les terres cultivées du Niger et du Mali (le dispositif libyen de lutte antiacridienne a été anéanti pendant la révolution).

Le président du Niger et plusieurs hauts fonctionnaires français ont déclaré que le nord du Mali (ainsi que divers pays voisins) risquaient fort de devenir des «Afghanistan d’Afrique de l’Ouest».

L’hiver dernier, le Mali a été envahi par des combattants touareg venus de Libye. Dans le sud libyen, les combats se font encore plus violents qu’ils ne l’étaient pendant la révolte anti-Kadhafi.

Les régions du sud et de l'est ont été touchées par des conflits ethniques suivis de fragiles cessez-le-feu imposés par des milices du nord; les combats ont déjà provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes.

Le sud de la Libye abrite la majeure partie des puîts d’eau et de pétrole du pays; cette zone est donc d’une grande importance stratégique pour l’ensemble de la région.

L'Algérie et le Maroc, deux frères ennemis

Face à tous ces bouleversements et à l’incertitude qui frappent la région, l’Algérie et le Maroc sont les seuls pays d’Afrique du Nord-Ouest à disposer de services de sécurité pleinement opérationnels et bien équipés, d’une politique étrangère établie et de la capacité de mettre sur pied — s’ils le désiraient — de nouveaux cadres de sécurité.

Or, ces deux frères ennemis sont malheureusement coincés depuis 1975 dans une impasse mexicaine. L'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental faisant ici office de pomme de discorde.

Malgré quelques rapprochements intermittents au cours des derniers mois, Maroc et Algérie se tournent souvent le dos — privant par là même l'ensemble la région de plusieurs avantages non négligeables en matière d'économie et de sécurité.

Il est bon de commémorer — et de revisiter — l'histoire; toutes les histoires. Depuis l'indépendance de l'Algérie (il y a précisement cinquante ans), ses dirigeants se sont toujours méfiés des intentions de la France comme de celles de nombreux pays occidentaux.

L'Algérie a, depuis son indépendance, apporté un soutien appuyé à l'OLP (Organisation de libération la Palestine); elle a entraîné ses commandos comme elle a formé ceux de l'ANC (African National Congress), et  apporté un appui sans ambigüité à Nelson Mandela, pendant ses années de détention.  

Le nationalisme arabe a fait de ce pays un faucon de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Ses revenus pétroliers et gaziers permettent de comprendre pourquoi l’Algérie ne s'est jamais complètement engagée en faveur du processus de Barcelone (dont l'impact sur l'économie de la région s'est avéré bien plus modeste que ne l'affirmaient les responsables de l'Union européenne).

L'Algérie est parvenue à contenir une insurrection menée par des islamistes après le coup d'Etat antidémocratique de 1992 — mais cette lutte lui a coûté cher, et fut une grande leçon de prudence pour ses dirigeants et son peuple.

Ce pays refuse en outre d'accepter l'ingérence des puissances étrangères dans la région; d'où sa réticence face à la campagne menée en 2011 contre le colonel Kadhafi, ce voisin pourtant honni.

Quant aux aspirations nationalistes du peuple sahraoui, elles sont soutenues par une génération d'Algériens particulièrement déterminés (et eux-mêmes nationalistes). Lorsque le président algérien Abdelaziz Bouteflika a déclaré (en 2005) que la cause des sahraouis était «sacrée pour nous», il était très sérieux.

Des frontières qui demeurent fermées

La politique étrangère du Maroc est à l'exact opposé de celle de l'Algérie. Toujours prêt, pendant la Guerre froide, à venir en aide aux pays du bloc de l'Ouest, lorsque ces derniers intervenaient en Afrique (à commencer par le Congo-Kinshasa dans les années 1960),  le Maroc a favorisé et encouragé l'ouverture de relations (discrètes) entre Israël et les Palestiniens à l'époque où les deux entités avaient officiellement rompu tout dialogue diplomatique.

On se souvient que le roi Hassan II avait, en 1987, demandé l'adhésion du royaume à l'Union européenne, et ce sans succès. Lors d'une conférence à l'université de Harvard, l'ambassadeur marocain aux Etats-Unis avait évoqué ce refus, affirmant que «la souris [le Maroc] avait effrayé l'éléphant [l'UE]».

Malgré cet épisode, le Maroc n'a rien changé à sa stratégie, et continue de cultiver des liens étroits avec l'Europe. Le plan marocain d'autonomie pour le Sahara occidental a été bien accueilli par les Etats-Unis et la France; il a par ailleurs contribué à réconcilier la dynastie alaouite (vieille de trois-cents quatre-vingt ans) avec son peuple.

Une relation altérée par deux coups d'Etat (contre le roi Hassan II, en 1972 et 1973) ainsi que par les traumatismes de la répression. Au cours des années 2000, l'«Instance équité et réconciliation» a indemnisé les victimes des violations des droits de l'homme perpétrées entre 1956 et 1999; plus de cinq mille familles étaient concernées (et au moins un quart d'entre elles étaient sahraouies).

Il y a bien eu le réchauffement des relations entre ces deux poids lourds d'Afrique du Nord dans les années 1980, réchauffement qui avait permis la construction du gazoduc Pedro Duran Farell durant la décennie suivante.

Pour autant leurs frontières demeurent fermées, et les deux pays ont tendance à s'ignorer mutuellement. Le Maroc peut toujours compter sur l'ancienne puissance coloniale pour le soutenir au sein des conseils de l'UE, au FMI et à la Banque mondiale — services que cette même puissance rend rarement à l'Algérie.  

L’impact des querelles hispano-marocaines

Le Maroc se querelle parfois avec l'Espagne au sujet des enclaves de Ceuta et Melilla (qu'il souhaite récupérer). Ceci ne facilite d'ailleurs guère les affaires des touristes européens qui essaient de franchir la frontière avec Ceuta pour renouveler leurs visas marocains — ce qui est de plus en plus difficile.

Chez les nationalistes marocains les plus engagés, la volonté de retrouver une version des frontières précoloniales — au sud comme au nord — est aussi «sacrée» que le soutien du nationalisme sahraoui chez leurs frères algériens.

De récents événements survenus en Afrique du Nord-Ouest tendent cependant à prouver qu'un changement radical (dans la façon de penser, comme dans la stratégie politique) est désormais nécessaire, non seulement au Maroc et en Algérie, mais aussi dans l'Union européenne; c'est là la seule façon d'endiguer les violences et de permettre à la région de retrouver la prospérité.

L'inquiétante situation du Sahel met à mal la stabilité de l'Algérie et du Maroc, et fragilise la Tunisie et la Libye — mais elle menace également l'Europe.

Voilà bien longtemps que l'Union européenne peine à coordonner des stratégies judicieuses et efficaces vis-à-vis de ses proches voisins (la Russie, le Moyen-Orient, la Turquie et l'Afrique du Nord), et la crise (existentielle) de l'euro a éclipsé le reste des questions inscrites à l'ordre du jour diplomatique.

Ceci a provoqué une montée de l'isolationnisme dans l'ensemble de l'Europe, notamment en Espagne et en Italie, pays «frontières» méditerranéens frappés de plein fouet par la crise.

Jusqu'à la fin de la Guerre froide, le Vieux Continent pouvait se permettre de créer ses propres institutions et de tenter de définir les contours de la culture européenne.

Dans les années 1990, l'Europe a toutefois été prise de court par la désintégration de la Yougoslavie; et à la fin de cette même décennie, elle avait abandonné l'idée d'une politique moyen-orientale européenne, pour s'aligner sur celle des Etats-Unis.

Les relations avec la Turquie ne se sont pas améliorées au cours des dernières années; la France et l'Allemagne ont fait part de leur appréhension quant à la possible admission au sein de l'Union de cet allié militaire de longue date.

La situation pourrait connaître une légère évolution sous l'impulsion du nouveau président français, François Hollande, du moins si les déplacements sans obligation de visa voient le jour.

L’UE aurait tort d’avoir une stratégie à plusieurs volets

En Afrique du Nord, la tradition veut que l'Union européenne s'incline face à la «sphère d'influence» de la France (et les Etats-Unis font souvent de même).

L'UE n'a jamais tenté de rapprocher le Maroc de l'Algérie et du Polisario, laissant cette tâche ingrate aux Nations unies — et à une succession de négociateurs de paix (américains, pour la plupart), qui ont mené des initiatives certes sincères, mais jusqu'ici infructueuses.

L’Europe aurait tort d’orchestrer — ou du moins d’autoriser — la mise en place d’une stratégie à plusieurs volets visant à diviser pour mieux régner, dans le seul but d’engendrer une stabilité illusoire: c’est là une position classique, vide de toute créativité.

Elle doit comprendre que la politique du «non-Maghreb» a un coût (tant économique que sécuritaire), et que ce sont des pays du sud comme du nord du bassin méditerranéen qui payent le prix de cette erreur. Cette situation affecte la sécurité et le potentiel économique de l’Europe.

Si l’Algérie et le Maroc choisissent de prolonger leur querelle historique — sans comprendre à quel point les facteurs sécuritaires et économiques ont changé depuis 1975, et si l’Europe (notamment la France) peinent à intégrer les leçons des guerres d’Irak et d’Afghanistan (qui tendent à prouver que l’ingérence étrangère en terre musulmane est futile et n’engendre — au mieux — que le ressentiment et la colère), les conséquences ne se feront pas attendre.

Leur incapacité à renforcer l’unité régionale — alors même que les menaces se multiplient — ne fera qu’encourager al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar Dine (les «défenseurs de la foi») dans leur conquête progressive du Sahel, à l’heure où les drones américains doublent leur patrouille dans l’est de la Libye — entre autres régions.

AQMI détient toujours des otages occidentaux (sans doute pour décourager les bombardements européens ou américains), et l’on a signalé la présence de combattants bien entraînés dans la région (originaires des Etats du Golfe, d’Afghanistan et du Pakistan).

Si la situation venait à dégénérer plus avant, un grand nombre de migrants iraient rejoindre les quatre cent mille personnes qui ont déjà fui le nord du Mali pour rejoindre le sud et les pays voisins.

Dans ce contexte, une intervention militaire extérieure comporterait plus de risques que d’avantages pour les pays concernés.

La stratégie diplomatique de la France est double

Certains observateurs ont fait le lien entre la «proclamation d’indépendance» des Touaregs de l’Azawad (nord du Mali) et la couverture initiale de la chaîne française d’information internationale France 24 (si tant est que cette chaîne indépendante reflète la position officielle de la France).

Selon eux, ces éléments semblaient indiquer que le précédent président de la République française privilégiait cette stratégie, qui pourrait permettre à la fois de contenir AQMI et de protéger les intérêts de la France (notamment dans les mines d’uranium du Niger voisin).

Mais une alliance s’est ensuite nouée entre Ansar Dine (proche d’AQMI) et le mouvement touareg renaissant — preuve qu’il peut être particulièrement dangereux de jouer les Machiavel dans cette partie du monde.

Au printemps dernier, Alain Juppé, alors ministre français des Affaires étrangères, a souligné le rôle important que pourrait jouer l’Algérie dans la résolution du conflit; sages paroles.

L’affaire, dans son ensemble, tend à indiquer que la stratégie diplomatique de la France est double. D’un côté, elle se joue allégrement de la fierté et des intérêts de l’Algérie (il y a un peu plus d'un an, la même chaîne France 24 — indépendante, mais qui «reflète» les positions françaises — a ainsi expliqué à plusieurs reprises que «l’Algérie aidait Kadhafi»).

Le Français Yves Bonnet, ancien directeur de la DST (Défense et Sécurité du Territoire), se fait souvent le porte-parole de la seconde politique.

Cette dernière paraît plus en phase avec les réalités géopolitiques, et semble consciente des avantages que comporterait une collaboration avec l’Algérie (visant à sécuriser et à stabiliser ses frontières du sud et de l’est, qui sont étendues et difficiles à garder).

Le conflit du Sahara occidental est resté «gelé» pendant une génération. Il est aujourd’hui rejoint par les luttes qui gagnent peu à peu l’ensemble du Sahara, ventre mou du Maghreb — et, par extension, de l’Europe. Etant donné leurs expériences afghanes et irakiennes, ainsi que l’insécurité qu’a engendrée leur intervention éclair en Libye, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni auraient tout intérêt à adopter des stratégies plus subtiles dans la région du Sahel.

Rompre avec la stratégie de l’autruche

Toute intervention armée (qu’elle soit directe ou qu’elle passe par un pays d’Afrique de l’Ouest) ne fera qu’ajouter au chaos qui règne dans la région.

L’Europe doit rompre avec la stratégie de l’autruche — et se muer (pour la première fois de son histoire) en médiateur désintéressé au Maghreb et au Sahel.

Elle doit soutenir tous les efforts visant à mettre en lumière les coûts économiques de la politique du «non-Maghreb» d'une part et, de l'autre, les bénéfices que pourraient engendrer une sécurité renforcée et une coopération économique régionale, en Afrique comme en Europe.

L’Union européenne, la France et les Etats-Unis prouveraient alors qu’ils n’ont pas peur de faire face aux vrais défis de notre temps. Au siècle dernier, l’appel d’air provoqué par l’instabilité de la Yougoslavie a failli par deux fois (au moins) détruire l’Europe.

Si l’insécurité croissante n’est pas endiguée au plus vite dans le Sahel, et que ces troubles coïncident avec une aggravation de la crise de l'euro, alors l’appel d’air des tempêtes qui pointent à l’horizon pourrait bien avoir des conséquences tout aussi dramatiques — non seulement pour les pays du Sahara, mais aussi pour l'Europe.
 

Contributors

Former Project Director, North Africa
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Francis Ghilès
Senior Research Fellow, CIDOB
South Sudanese President Salva Kiir (L), South Sudan's opposition leader Riek Machar (R) and Mohamed Hamdan Daglo (C)"Hemeti" hold hands together as they speak to media after their peace talk at the State House in Juba, South Sudan. AFP/Majak Kuany
Statement / Africa

A Major Step Toward Ending South Sudan’s Civil War

After months of delays and deadlock, bitter rivals Salva Kiir and Riek Machar finally clinched an agreement to form a unity government in South Sudan. Regional leaders must now maintain pressure on both men and other conflict parties to keep the fragile deal on track.

On 22 February, Riek Machar and other opposition leaders were sworn in as vice presidents in a new South Sudan unity government. This step came as part of a deal aimed at ending six years of conflict. President Salva Kiir declared the war officially over and asked for forgiveness from his long-time archrival, Machar, who in turn pledged to work in partnership with Kiir. The unity government’s formation, delayed twice over the last nine months amid political deadlock, is a major advance that gives the country’s leaders a chance to build upon a ceasefire between Kiir’s forces and Machar’s that has largely held for over a year. While the news is encouraging, South Sudan is hardly out of the woods. Kiir and Machar – whose past attempts to share power have foundered – will now need to work in concert to unify the national army, resolve disputes over control of key cities and make peace with holdout rebel groups. Continued pressure from regional leaders who played a key role in pushing the two leaders to strike a bargain will almost certainly be critical to the new arrangement’s success.

The deal came not a moment too soon. The fragile ceasefire dating back to the September 2018 accord that lays out a peace framework might well have started to unwind had the parties not reached a deal by the 22 February deadline they set for themselves. A return to fighting would have been devastating for a population that is exhausted by war and a country that lies shattered. Even a year after the two main belligerents stopped fighting, major towns are in ruins, emptied of most of their inhabitants. Ghost neighbourhoods stretch on and on in settlements across the country, the homes stripped of roofs and walls caved in. Up to 400,000 may have died in the conflict that started in December 2013, a staggering number in any country, but especially in one of only twelve million. Millions more were displaced. Bringing the South Sudanese people together will require the work of generations, but the first task is to preserve the new government’s unity.

Kiir and Machar have for years been, and may always remain, bitter political rivals.

That will be no small task. Kiir and Machar have for years been, and may always remain, bitter political rivals. Each is under pressure from hardliners in his camp to extract as much benefit as he can from the new government. The resulting wrangling could throw their respective forces back into conflict. Yet there are also reasons to believe that progress is possible. Both have shown more commitment to the peace process than in the past. That the ceasefire held as long as it did is encouraging, as are the compromises the two rivals reached to enable the 22 February swearing-in ceremony.

One major sticking point that required compromise concerned the number and demarcation of states within South Sudan, which has major consequences for the distribution of power across the country. During the war, largely in an attempt to appease demands from within his Dinka ethnic group, the country’s largest, Kiir had redrawn the boundaries to create first 28 and then 32 states. In order to reach a deal, he agreed to revert largely to the country’s pre-war internal boundaries, demarcating ten states and creating three “administrative areas”, one of them new. Kiir’s change of mind required him to fire 32 governors and reverse some of his most hotly contested gerrymandering.

To be sure, Kiir made this concession only under high-level pressure from the Intergovernmental Authority on Development (IGAD), the regional bloc mediating the peace deal, and, the man who by some accounts is his strongest ally, President Yoweri Museveni of neighbouring Uganda. But that does not diminish the magnitude of the concession or its significance to the peace process. It succeeded in breaking the deadlock, giving Machar the political space to return to the capital Juba without losing grip of his factious coalition, some of whose members had threatened to keep fighting if Kiir’s wartime state boundaries stayed unchanged.

A second hurdle was finding a responsible answer to the sticky question of Machar’s personal security in Juba. Crisis Group had previously warned that Machar should not bring his own forces into the capital, as he did in 2016, when the two men last tried to form a unity government under the terms of an earlier peace agreement. On that occasion, his forces clashed with Kiir’s amid political disagreements, scuttling the peace deal and reigniting the war. In the present context, Machar asked Kiir to allow UN peacekeepers to provide security in Juba. Kiir refused, but regional and international pressure on Machar to compromise following Kiir’s concession on state demarcation was successful. Machar returned to Juba without his own security force, relying on Kiir’s personal guarantee for his safety, at least for the time being. It was a bold move for Machar given that twice, in 2013 and again in 2016, Kiir’s forces have chased him out of the capital.

With those two contentious issues out of the way, the parties were able to close the deal by 22 February even though they left other major sticking points – including how to speed up the lagging unification of troops loyal to Kiir or to Machar in a single army – to be addressed as the new government moves into action to cement the peace. Although the two leaders will no doubt be focused for days, weeks or even longer on horse trading over who should occupy government positions and influential governorships under the peace deal’s power-sharing formula, they cannot afford to put aside these substantive matters for long.

Managing the many armed groups across the country is a particularly pressing concern.

Managing the many armed groups across the country is a particularly pressing concern. The promised army reform is a huge challenge, the first phase alone meant to bring together 83,000 troops. While the process of melding the erstwhile antagonists into a single force will likely last for years, fighters will be watching closely in the short term for signs of progress. Thousands of Machar’s troops have already amassed at designated training sites near Juba and elsewhere in anticipation of unification, but they are also a reminder of how quickly peace could unravel if Kiir and Machar do not keep their competition in check. Also sobering is that rival rebel commanders have refused to assemble together and that both sides have embarked on new recruitment drives to inflate their respective ranks. In order to create needed momentum for unification, the forces already at joint training sites should proceed to graduation and unified deployment so that sceptics, particularly in the opposition forces, do not lose faith in the process.

The unity government will also need to work with the new governors being installed to address long-simmering conflicts that predate this civil war, particularly over control and inclusive governance of two major cities, Wau and Malakal. The government will also need to reach peace deals with insurgencies that did not sign the 2018 agreement, particularly Equatorian rebels led by Thomas Cirillo, and maintain the ceasefire reached with Cirillo and other holdout parties in January. Encouragingly, the government has committed to proceeding with political negotiations with these groups in the Rome peace track, mediated by the Sant’Egidio community.

The regional powers that pushed Kiir and Machar to make the compromises enabling the 22 February deal likewise cannot rest. History has shown that only pressure from South Sudan’s neighbours can compel its two top leaders to make major concessions. Certainly, that was the case in the run-up to 22 February. Two weeks earlier, IGAD met in Addis Ababa on the sidelines of the African Union (AU) summit, as the two warring leaders remained locked in their positions. Museveni, along with Sudanese Prime Minister Abdalla Hamdok, reportedly pushed Kiir to return to the pre-war state demarcation of ten states. South African President Cyril Ramaphosa, who chairs the AU’s C5 countries mandated to support the South Sudanese peace process, also conducted his own shuttle diplomacy in Addis Ababa following the months of mediation efforts by his deputy, David Mabuza, on the dispute over states. The Kenyan special envoy, Kalonzo Musyoka, reinforced these efforts. It worked. Now, their collective attention and effort will be needed to help the unity government get on its feet and prevent any future fallout between Kiir and Machar from derailing South Sudan’s journey back from war.

Donors also have a role to play. Top donor countries, including the Troika of the U.S., UK and Norway, as well as the EU and others, applied important diplomatic pressure in the run-up to last week’s compromises. Escalating U.S. sanctions on Kiir’s government and threats to levy more on both sides added to the pressure. Continued unity of purpose among donors, in both the carrots they offer and the sticks they wield, will be key to pushing Kiir and Machar to keep their commitments to peace.

Church leaders, global and local, should lobby South Sudanese and regional leaders publicly and privately to keep the peace accord on track.

Meanwhile, church leaders, global and local, should lobby South Sudanese and regional leaders publicly and privately to keep the peace accord on track, as they did before the unity government was formed. Vatican City could have a particularly important part to play. Kiir continues to refer to his April 2019 visit to the Vatican, where in a striking gesture, Pope Francis knelt on the ground and kissed his and his rival’s feet. The president now hopes for a papal visit to South Sudan to commemorate the country’s move toward peace.

Many South Sudanese reasonably doubt that Kiir and Machar can ever work together. With elections looming in three years, and Machar planning to challenge Kiir for the presidency, the relationship will remain fraught. Still, there are grounds for some cautious optimism. Fatigued by the long war, many South Sudanese fervently wish to put the years of bloody conflict behind them once and for all. The parties have thus far avoided repeating some of the mistakes of the past – such as dividing Juba between duelling security forces. Moreover, although it took substantial external pressure to arrive at this point, the magnitude of the compromises they have made suggest that both Kiir and Machar are more willing participants in this unity government than in the last failed one. The two long-time belligerents will now have to make a habit of the kinds of concessions that made last weekend’s deal possible, striking the bargains that are necessary to keep the fragile unification process on track and to allow their young country to end the brutal war that has already gone on far too long.