Statut du Kosovo : les prochains mois seront difficiles
Statut du Kosovo : les prochains mois seront difficiles
Table of Contents
  1. Overview
How to Relaunch the Kosovo-Serbia Dialogue
How to Relaunch the Kosovo-Serbia Dialogue
Briefing 45 / Europe & Central Asia

Statut du Kosovo : les prochains mois seront difficiles

En novembre 2006, l’Envoyé spécial des Nations unies Martti Ahtisaari a annoncé que la présentation de sa proposition de statut définitif pour le Kosovo serait quelque peu retardée en raison des élections qui auront lieu en Serbie le 21 janvier 2007. Il se pourrait que ce retard ne soit pas le dernier et le processus de détermination du statut pourrait désormais se prolonger au-delà de la mi-2007, d’où une inquiétude croissante.

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Synthèse

En novembre 2006, l’Envoyé spécial des Nations unies Martti Ahtisaari a annoncé que la présentation de sa proposition de statut définitif pour le Kosovo serait quelque peu retardée en raison des élections qui auront lieu en Serbie le 21 janvier 2007. Il se pourrait que ce retard ne soit pas le dernier et le processus de détermination du statut pourrait désormais se prolonger au-delà de la mi-2007, d’où une inquiétude croissante. Les dirigeants kosovars sont nerveux et ne sont pas sûrs de pouvoir contenir la pression publique au-delà du mois de mars. Face à une Russie qui durcit sa position et une Serbie aussi obstinée que jamais, l’Union européenne doit absolument se montrer unie – d’abord au sein du Groupe de contact, qui a géré le dossier Kosovo depuis 1999, puis au Conseil de sécurité où devraient être prises les décisions finales – afin de maintenir le processus sur les rails mais cette unité est loin d’être acquise.

Certains signes indiquent que plusieurs États membres de l’UE hésitent à modifier le statut du Kosovo face à une opposition serbe persistante. Si Bruxelles ne réussit pas rapidement à trouver un consensus interne fort, elle risque d’avoir à faire face à une nouvelle crise majeure. Il s’agit d’un enjeu particulièrement important pour l’Allemagne, qui assurera la présidence de l’UE pour six mois à partir du 1er janvier. Les États-Unis préfèrent une solution rapide mais ne peuvent rien proposer alors que Moscou menace de plus en plus d’utiliser son droit de véto au Conseil de sécurité si l’UE ne s’implique pas davantage.

Alors que la communauté internationale hésite, les kosovars albanais ont l’impression que les obstacles devant eux sont de plus en plus hauts : “Rien n’est assez bon ; on critique tout ce que nous faisons”, se lamente l’un d’entre eux. Ahtisaari a clairement affirmé son intention de présenter des propositions complètes et non équivoques très vite après les élections serbes. Il aura pourtant besoin d’un soutien solide de la part de la communauté internationale pour faire avancer les choses car le temps presse pour le Kosovo. On peut sans doute blâmer la majorité albanaise, qui n’a pas su tirer parti des opportunités qu’on lui a présentées en matière de gouvernance et qui est plus prompte à menacer de provoquer le chaos qu’à s’efforcer de dissiper les craintes de la minorité serbe. Mais c’est un fait que le risque d’implosion s’accroît à mesure que le Kosovo avance dans l’année 2007 sans que son statut soit résolu.

Un processus bâclé qui ne permettrait pas de consolider la perspective d’un État kosovar dans ses frontières actuelles et qui limiterait le soutien de l’UE et d’autres organisations multilatérales ne ferait que semer les graines de nouveaux processus destructeurs.  La rancœur s’ancrerait profondément chez les albanais à travers la région, renforçant une idéologie pan-albanaise qui s’oppose aux frontières existantes, et faisant éventuellement le lit de l’islam radical.

Certains craignent que la communauté internationale ne soit pas en mesure de consacrer l’énergie ou la volonté suffisante pour résoudre le statut du Kosovo sans éviter une crise sur le terrain. “Ne pas prendre de décision, c’est prendre une décision”, observe un diplomate des Nations unies. “Si la situation sur le terrain semble stable, le Conseil de sécurité préfèrerait ne rien faire plutôt que de prendre des mesures difficiles”, ajoute un autre. Un représentant de l’UE traitant des questions de sécurité décrit sans détour l’attitude de beaucoup au sein de la communauté internationale : “Laissons la situation pourrir, on verra après. La solution pour le Kosovo viendra après une crise, peut-être des violences, en mars”.

Il ne faut pas leur donner raison. La communauté internationale doit tenir les promesses qu’elle a faites explicitement aussi bien que de façon implicite. En particulier :

  • Le Groupe de contact ne devrait permettre aucun nouveau report des propositions d’Ahtisaari après le 21 janvier 2007 et il ne devrait pas édulcorer ces propositions. Il devrait les renvoyer rapidement devant le Conseil de sécurité pour que celui-ci les examine.
     
  • Le Conseil de l’UE devrait présenter, tant à l’opinion publique européenne qu’au Conseil de sécurité, les conditions et autres critères relatifs à l’exercice des responsabilités au Kosovo après la détermination du statut. La présidence de l’Allemagne devrait se donner pour priorité d’unir les États membres de l’UE derrière les propositions d’Ahtisaari.
     
  • Le Conseil de sécurité devrait agir rapidement et soutenir les propositions d’Ahtisaari lorsqu’elles lui seront présentées et admettre qu’un nouveau délai ne ferait qu’augmenter les risques de crise au Kosovo.
     
  • Les institutions du Kosovo devraient renforcer la bonne gouvernance afin de gagner en légitimité aux yeux du public et être prêtes à exercer de nouvelles responsabilités de manière efficace dès que le statut du Kosovo aura été résolu.
     
  • La Serbie devrait être encouragée à s’impliquer dans le projet d’indépendance du Kosovo et en tirer le maximum de bénéfice pour ses intérêts à long terme ainsi que ceux de la minorité serbe du Kosovo mais il faut bien lui faire comprendre qu’elle ne dispose pas d’un véto sur la décision de la communauté internationale concernant le statut du Kosovo.

 Pristina/Bruxelles, 20 décembre 2006

I. Overview

There is growing concern that the short postponement UN Special Envoy Martti Ahtisaari announced in November 2006 for presentation of his Kosovo final status proposals to take account of Serbia’s 21 January elections may not be the last delay in a process that now could extend into the second half of 2007. Nervous Kosovo Albanian leaders worry they may not be able to contain public pressures beyond March. With Russia’s position hardening and Serbia as obstinate as ever, EU unity is vital – but far from assured – to keep the status process on track, first in the small Contact Group that has managed Kosovo affairs since 1999, then in the Security Council where ultimate decisions should be made.

A number of EU states are showing signs that they are reluctant to change Kosovo’s status in the face of continued Serbian opposition. If Brussels fails to coalesce quickly around a strong internal consensus, it risks inheriting a major new crisis. This is an urgent challenge especially for Germany, which assumes the six-month EU Presidency on 1 January. The U.S. strongly favours an early resolution of Kosovo’s status but it cannot bring one about in the face of increasingly specific threats from Moscow to use its Security Council veto without the EU doing its share of the heavy lifting.

As the international community hesitates, the Kosovo Albanian perception is that the hurdles ahead are becoming higher. “Nothing we do is good enough; any step we take is criticised”, one lamented. Ahtisaari has signalled clearly he intends to present comprehensive, unambiguous proposals shortly after the Serbian elections. The international community will need to give him strong support if matters are to move from there, however, because time is running out for Kosovo. Blame can partially be laid at the door of its majority Albanians, who have failed to make as much as they should with the limited governance opportunities they have been given and who are too quick to threaten chaos rather than work harder at easing the fears of the Serb minority. But it is a fact of life that the risk of implosion does become greater the deeper Kosovo goes into 2007 without its status settled.

A botched status process that fails to consolidate the prospect of a Kosovo state within its present borders and limits the support the EU and other multilateral bodies can provide would seed new destructive processes. A sense of grievance would become ingrained among Albanians throughout the region, strengthening a pan-Albanian ideology corrosive of existing borders and possibly even enriching the soil for radical Islam.

Some officials fear the international community may not be able to focus sufficient energy or will to resolve Kosovo status without a crisis on the ground. “Not making a decision is making a decision”, a diplomat at the UN observed. “If the situation on the ground seems stable, the Security Council would rather do nothing than something difficult”, another noted. A European official dealing with security bluntly described the attitude of not a few in the international community: “Let it rot, then we’ll see. The Kosovo solution will rely on a big mess or violence in March”.

This must be proved wrong. The international community must deliver upon its promises, implied and explicit. Specifically:

  • The Contact Group should not permit delay in Ahtisaari’s proposals after 21 January 2007 and should not water them down. It should refer them quickly to the UN for Security Council consideration.
     
  • The EU Council should give its preparations and requirements for assuming post-status responsibilities in Kosovo more prominence, both for European public opinion and the Security Council. The incoming German Presidency should make uniting member states behind the Ahtisaari proposals a top priority.
     
  • The Security Council should act promptly and positively when it receives Ahtisaari’s proposals, recognising that delay would likely mean a return of Kosovo to its agenda soon in crisis circumstances.
     
  • Kosovo institutions should strengthen good governance so as to gain more legitimacy with their public and be prepared to exercise new responsibilities effectively once status is resolved.
     
  • Serbia should be encouraged to engage with the Kosovo independence project and extract the maximum benefit for its own long-term interests and those of the Kosovo Serb minority but be left in no doubt that it does not have a veto over the international community’s status decision.

 

Pristina/Brussels, 20 December 2006

How to Relaunch the Kosovo-Serbia Dialogue

Online Event to discuss Crisis Group's report "Relaunching the Kosovo-Serbia Dialogue", in which we discussed what currently stands in the way of a new status quo and what it will take to relaunch the process with the Pristina elections in view.

Thirteen years after Kosovo broke away from Serbia, the two countries remain mired in mutual non-recognition, with deleterious effects on both. The parties need to move past technicalities to tackle the main issues at stake: Pristina’s independence and Belgrade’s influence over Kosovo’s Serbian minority.

In this conversation, we discussed what currently stands in the way of a new status quo and what it will take to relaunch the process with the Pristina elections in view.

How to Relaunch the Kosovo-Serbia Dialogue (Online Event, 28th January 2021)

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