icon caret Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Line Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Youtube
A Marriage of Inconvenience: Montenegro 2003
A Marriage of Inconvenience: Montenegro 2003
Table of Contents
  1. Executive Summary
Report 169 / Europe & Central Asia

Le désir d’indépendance du Monténégro

Il est fort probable que les monténégrins se prononcent en faveur d’une séparation de l’Union de la Serbie-Monténégro en avril 2006. Il est temps pour l’Union européenne, dont la diplomatie en 2001-2002 a été à l’origine de cette confédération manifestement dysfonctionnelle, d’annoncer clairement qu’elle acceptera la décision des monténégrins quelle qu’elle soit et d’encourager ceux qui s’opposent à l’indépendance à participer au référendum.

Synthèse

Il est fort probable que les monténégrins se prononcent en faveur d’une séparation de l’Union de la Serbie-Monténégro en avril 2006. Il est temps pour l’Union européenne, dont la diplomatie en 2001-2002 a été à l’origine de cette confédération manifestement dysfonctionnelle, d’annoncer clairement qu’elle acceptera la décision des monténégrins quelle qu’elle soit et d’encourager ceux qui s’opposent à l’indépendance à participer au référendum. À un moment où la communauté internationale doit se concentrer sur la résolution du statut du Kosovo, il est important pour l’UE de ne pas sembler apporter un quelconque soutien, involontaire ou non, aux forces nationalistes serbes. Celles-ci sont encore dangereuses et pourraient se risquer à mener des actions déstabilisantes non seulement pour le Monténégro mais aussi pour l’ensemble de la région.

La Charte constitutionnelle de l’Union d’États de Serbie-Monténégro du 4 février 2003 permet à chacune des parties d’entamer des procédures pour obtenir son indépendance et ce dès février 2006. Les sondages d’opinion au Monténégro indiquent que les forces en faveur de l’indépendance devraient être majoritaires, encore qu’on ne puisse avoir aucune certitude. L’Union semble ne trouver d’écho favorable dans aucun des deux États qui la composent mais la question de l’indépendance reste un sujet sensible tant pour des raisons émotionnelles et nationalistes que du fait de l’incertitude liée aux droits de propriété et concernant la retraite des citoyens de l’une de ces deux républiques qui résident dans l’autre. Il s’agit aussi d’un sujet sensible sur le plan international étant donné les incertitudes quant à l’impact que l’indépendance pourrait avoir sur: le climat politique dans une Serbie encore profondément nationaliste et qui a grandement besoin de se réformer; le climat politique et constitutionnel dans une Bosnie-Herzégovine toujours fragile; et le climat diplomatique qui entoure les négociations sur le Kosovo qui viennent de débuter.

Ceci mis à part, le Monténégro a fait un certain nombre de progrès pour lesquels il mérite le droit de prendre ses propres décisions en dehors de toute pression extérieure. C’est la seule république de l’ancienne Yougoslavie qui ait formé un gouvernement véritablement multiethnique sans conflit interne. C’est également le seul pays à s’être porté volontaire pour prendre en charge des réparations après les guerres des années 1990. Il entretient de bonnes relations avec ses voisins le Kosovo, la Bosnie et la Croatie. Son économie est en grande partie autosuffisante depuis 1999 et ses réformes (privatisation, restitution des propriétés nationales et ajustement du secteur bancaires) sont bien en avance par rapport à celles de la Serbie, comme le prouve son taux supérieur d’investissement privé étranger par habitant. Ces différences se reflètent dans les évaluations officielles de l’UE et dans les processus parallèles de stabilisation et d’association récemment mis en place par l’UE. Le gouvernement monténégrin semble aussi faire des efforts pour combattre le crime organisé, qui préoccupe depuis longtemps la communauté internationale. À Podgorica, on estime que cette occasion d’avancer plus vite vers l’adhésion à l’UE est prise en otage par les politiques serbes, souvent rétrogrades.

Dans ce contexte, les voisins du Monténégro (en dehors de la Serbie), les États-Unis et un certain nombre d’États membres de l’UE semblent prêts à accepter les résultats du référendum: le Monténégro semble remplir les critères que l’UE a utilisés pour reconnaître les autres républiques de l’ancienne Yougoslavie et il a agi comme un État indépendant de facto depuis 1999. Mais d’autres États membres, de même que l’appareil de politique étrangère du Conseil et de la Commission européenne, demeurent préoccupés par les implications qu’auraient l’indépendance au point d’inciter la Commission de Venise du Conseil de l’Europe à repousser l’annonce des pré-conditions pour le référendum, estimant qu’elles auraient des conséquences sur le processus de stabilisation et d’association, encourageant par là l’opposition anti-indépendance, au moins tacitement.

Tout effort de geler la question de l’indépendance avant que le statut final du Kosovo ne soit résolu risque de répéter les erreurs du début des années 1990, quand la réticence occidentales à faire face à l’éclatement imminent de la Yougoslavie encourageait les extrémistes. Certains signes montrent que des éléments nationalistes serbes, tant à Belgrade que dans l’opposition anti-indépendance au Monténégro, interprètent le malaise de l’UE comme un feu vert pour rejeter le dialogue avec le gouvernement, boycotter le référendum et peut-être recourir à la violence. Certains examinent la possibilité pour une région serbe autonome de faire sécession à l’intérieur du Monténégro, une idée qui n’est pas sans rappeler les prémisses des guerres de Bosnie et de Croatie.

L’indépendance du Monténégro comporte des risques. Sans doute le plus grave d’entre eux est que la réaction immédiate de la Serbie pourrait donner l’avantage aux éléments les plus extrémistes de la République. Toutefois, sur le plus long terme, une résolution du statut du Monténégro (de même que de celui du Kosovo) devrait contribuer à la stabilité régionale en encourageant la Serbie à se concentrer enfin sur ses propres problèmes. Elle pourrait commencer par mener à bien les réformes annoncées de l’armée et des services de sécurité et mettre fin à l’utilisation des ports monténégrins pour la contrebande d’armes, d’immigrants et d’autres biens à destination de l’UE.

Dans tous les cas de figure, l’UE doit envoyer un message clair et cohérent. Elle doit montrer qu’elle est disposée à accepter la décision des monténégrins concernant leur future, quelle qu’elle soit, à condition que le vote soit transparent et démocratique et qu’il respecte les normes internationales reconnues.

Belgrade/Podgorica/Bruxelles, 7 décembre 2005

Report 142 / Europe & Central Asia

A Marriage of Inconvenience: Montenegro 2003

It is time for new policies and new approaches on Montenegro. International engagement with that republic in recent years has brought significant positive results.

Executive Summary

It is time for new policies and new approaches on Montenegro. International engagement with that republic in recent years has brought significant positive results. It bolstered the pro-Western government of Djukanovic when it faced the threat from Milosevic. It has helped promote reforms that have set Montenegro on the way to becoming a modern democracy, with a market economy and an independent, effective criminal justice system. However, efforts to promote regional stability have been hampered by an unnecessary obsession with keeping Montenegro and Serbia in a single state. The international community’s overriding interest in the region should be to find stable, long-term solutions. Cobbling together interim solutions that lack legitimacy for those who must implement them and that are unlikely, therefore, to be functional in practice, is not the way to build stability.

The formation of a new state union of Serbia and Montenegro, following the March 2002 Belgrade Agreement, has failed to resolve the future relationship of the two republics. The tortuous negotiations that eventually produced the new union’s Constitutional Charter demonstrated the lack of common purpose or consensus. Throughout the negotiations, from November 2001 until December 2002, only heavy engagement and pressure from the European Union (EU) kept the process on track.

The agreement on a new union takes no account of the status of Kosovo, notionally still an autonomous province of Serbia, but in practice a UN protectorate. As long as Kosovo’s future remains unresolved, the territory and the constitutional make-up of Serbia, and of the joint state of Serbia and Montenegro, remain undefined. The agreement between Serbia and Montenegro only partially addresses the future of the defunct Federal Republic of Yugoslavia and does not represent a stable solution for the territories of the former state.

The EU’s determination to press Montenegro into retaining the joint state was largely driven by its fear that early Montenegrin independence would force an unready international community to address Kosovo’s status prematurely. Consequently the EU and the wider international community have opted for interim, inherently unstable solutions for Serbia, Montenegro and Kosovo alike, rather than tackling the causes of instability.

The international community should no longer oppose Montenegrin independence but should instead be ready to support whatever solution Montenegro and Serbia can agree upon for their future relationship. It, and the EU in particular, should be ready to assist those two republics to work out a satisfactory arrangement, while adopting a neutral stance on what the form of that relationship is to be.

A major focus of international policy should be to promote needed reforms. Already, considerable resources have been devoted to this end, and they have brought good results. However, the negative attitude of much of the international community towards Montenegro, as an alleged haven of organised crime, has led to a distorted approach in which the prevalence of organised crime is sometimes linked to the status issue.

Organised crime and corruption are indeed problems in Montenegro, as elsewhere in the region. Some steps have been taken, although concerns remain about the degree of commitment Montenegrin authorities demonstrate when the allegations that need to be investigated relate to senior officials. The focus should be on helping, and when necessary pressing Montenegro, as well as other entities in the region, to show greater zeal in carrying out reforms and in tackling organised crime and corruption.

Particular stress should be placed on reform of the criminal justice system, especially to end political interference. Assessments of progress should be based above all on concrete results. In particular, any suspicion that some figures are above the law, due to their high connections, and that sensitive cases are covered up should be dispelled.

Strict conditionality should be applied on assistance to Montenegro, based on performance. Assessments of reform programs need to go beyond ticking off legislation adopted and focus on implementation. In particular, the international community should insist upon effective measures to tackle corruption. Where there is not adequate evidence of action, assistance programs should be shut down. Credit should be given where it is due, and pressure should be applied where progress is lacking, but no assessment should be influenced by a desire to influence Montenegro on the status issue.

Given its budgetary problems, the Montenegrin government depends on international assistance. Until now the leverage that fact of political life implies has largely been used in the ill-conceived effort to keep the republic in a union with Serbia. Instead, it should be used to force real change in the way that Montenegro is governed.

Podgorica/Brussels, 16 April 2003