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Burundi: From Electoral Boycott to Political Impasse
Burundi: From Electoral Boycott to Political Impasse
Table of Contents
  1. Executive Summary
Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire
Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire
Report 169 / Africa

Burundi: From Electoral Boycott to Political Impasse

Burundi risks reversing the decade of progress it has enjoyed since its civil war ended unless the government resumes political dialogue with the opposition.

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Executive Summary

Six months after a string of landslide electoral victories by the ruling Conseil National pour la Défense de la Démocratie et Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), Burundi is descending ever deeper into a political impasse that risks reversing a decade’s progress. Instead of strengthening democracy, the 2010 communal, parliamentary and presidential elections ended in the marginalisation of the opposition – a major element of which (the Forces Nationales de Libération, FNL) went underground – and in the emergence of a new rebellion. Combined with a weak governance system, this could lead to a democratic setback. Only resumption of political dialogue between government and opposition, the end of the FNL’s clandestine activities and the strengthening of democratic institutions can reverse the dangerous trend. The international community must encourage these steps before it is too late.

After the Independent National Electoral Commission (CENI) announced in May 2010 the CNDD-FDD had received 64 per cent of the vote in the local elections, the opposition parties, which had been confident of victory, denounced “massive electoral fraud”. However, all national and international observers, the media and civil society recognised the vote as free and fair, despite some irregularities. The opposition responded by forming a coalition (l’Alliance des Démocrates pour le Changement au Burundi, ADC-Ikibiri) and said further involvement in the electoral process depended on dismissal of the CENI and cancellation of the local election. When their demands were rejected, most boycotted the remaining elections, resulting in overwhelming victories for the ruling party – 91 per cent of the vote in the presidential contest and 81 per cent and 94 per cent respectively in those for the lower and upper houses of the legislature – which thereby consolidated its control over all state institutions.

On the pretext that there had been violent incidents during the presidential elections, the security services arrested many members of the opposition in June and July 2010. To avoid arrest, the main ADC leaders left the country or went underground. After the chairman of the FNL, Agathon Rwasa, took the latter course, the leadership of his movement was taken over by a dissident minority with the support of the authorities. There have been frequent clashes since then between the security forces and unidentified armed men in the west of the country. Even though the latter are designated as “armed bandits” by the authorities, there is no doubt about the links between them and some opposition leaders. Burundi is not near a return to full civil war, but by marginalising and repressing the opposition, the CNDD-FDD is in effect reinforcing a nascent rebellion and doing harm to democracy.

Since the elections, there have been no official talks between the opposition parties and the government, and the permanent forum of political parties has become an empty shell. At the same time, the new government has inherited serious governance problems. Growing corruption, lack of an independent justice system, weak oversight institutions and a stalled transitional justice agenda are each immediate threats to democratic consolidation. Moreover, full integration of Burundi into the East African Community (EAC) may require a constitutional review that will be an opportunity to either strengthen or weaken democratic institutions. The crisis risks spilling across the border to the eastern Congo, where FNL fighters appear to have reformed links with armed groups in the Kivu region.

Despite the deteriorating political and security context, attempts to defuse the crisis have been limited. Several local organisations and some international partners have called for dialogue and restraint, but for the most part, the international community has been slow to act, despite the leverage its aid provides. To halt the dangerous trends, the institutional dialogue between all the political actors should be resumed within the framework of a reorganised permanent forum of the political parties. Likewise, a program for consolidation of democratic governance that involves strengthened institutional checks and balances as well as civil society initiatives needs to be jointly defined and implemented. Simultaneously, religious leaders, through the ecumenical conference, should mediate between the FNL and the government in order to bring Rwasa back into politics and end clandestine activities by his supporters.

Nairobi/Brussels, 7 February 2011

Interview / Africa

Burundi: les problèmes qui minent l'institution militaire

Originally published in Yaga Burundi

Le 5 avril dernier, l’International Crisis Group sortait un rapport sur les tensions et dissensions qui s’observent au sein de la Force de Défense Nationale (FDN) depuis le début de la crise née de la volonté de Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat en avril 2015. Le rapport fait le contour des problèmes qui minent l’institution militaire. Thierry Vircoulon, un des auteurs du rapport, a répondu aux questions de Yaga.

Peut-on considérer le Cndd-Fdd aujourd’hui comme l’Uprona des années 70-80 qui avait la mainmise sur toutes les institutions de défense et de sécurité ?

Oui, on a bien vu dès le début de cette crise qui vient de durer deux ans que la police et le Service national de renseignement ont joué un rôle majeur dans la répression des manifestants dès 2015. Deuxièmement les dissensions qui ont eu lieu dans l’armée après la tentative de putsch ont finalement été contrôlées par le régime qui a réussi à éviter, en tout cas jusqu’à présent, qu’il y ait une autre tentative de renversement du pouvoir.

Dans votre rapport vous soulignez qu’en 2016 le gouvernement n’a pas appliqué les quotas 50-50, tel que précisé par les Accords d’Arusha, mais plutôt 60% pour les Hutus et 40% pour les Tutsis pendant ses recrutements dans l’armée. Peut-on craindre que ça puisse continuer, c’est-à-dire voir le régime appliquer 70-30 puis 80-20, pour enfin arriver à une armée 100% hutu ?

Non, je ne pense pas. Au fait, c’est le porte-parole de l’armée qui avait fait l’annonce sur les 60-40%. Le régime va essayer de rester sur ce quota-là, qui est prévu par les Accords d’Arusha mais pour les institutions civiles. Plutôt la question qui se pose est de savoir s’il va réussir à trouver les 40% de Tutsi pour les recrutements. Mais aussi on peut se demander s’il va y avoir beaucoup de recrutements pour les années à venir dans l’armée.  Je pense le contraire. Les recrutements vont diminuer parce que l’armée va de plus en plus avoir des difficultés financières. Et puis il conviendrait aussi de noter que les dernières mises à la retraite ne sont pas à l’avantage des officiers tutsi puisque ce sont les plus concernés.

Votre rapport précise aussi que l’intégration entre ex-FAB (anciens militaires des Forcées armées) et ex-PMPA (anciens rebelles) avait été un succès, que les deux parties ont appris à mieux se connaitre. Ce qui d’ailleurs explique en partie pourquoi des officiers issus des deux camps ont pu mener ensemble le putsch raté de 2015. Ça veut dire que le pouvoir actuel tire profit de la tension actuelle entre les ex-FAB et ex-PMPA, que ça le met à l’abri d’un autre putsch ?

Le rapport dit que l’intégration a été un succès mais n’a pas conduit à la cohésion de l’institution militaire. Même avant la crise, au sein de la FDN, le clivage entre ex-FAB et ex- PMPA restait très fort et n’avait pas été gommé par l’intégration. La grande faiblesse du processus d’intégration est de n’avoir pas généré de la cohésion. Et dans la situation actuelle il y a une grande méfiance voire une paranoïa entre les personnels militaires, chacun faisant très attention  à ce qu’il dit à ses collègues, parce qu’on a peur d’être dénoncé par les autres. Et le faite que ce clivage entre ex-FAB et ex-PMPA n’ait jamais été complètement dépassé  génère cette paranoïa interne, que le régime entretient pour en être le premier bénéficiaire.

Le défi majeur du pouvoir actuel qui constituait aussi un risque de déstabilisation de la transition, en tout cas selon toujours votre rapport, a été le processus de démobilisation de 15  000 hommes ex-PMPA contre 41 000 ex-FAB pour atteindre l’objectif d’une FDN faite de 25 000 militaires entre 2004 et 2008. Mais ceci a été une réussite. Comment se fait-il que le régime puisse réussir là où il pouvait échouer facilement pour enfin échouer là où le risque d’échec n’était pas si éminent, c’est-à-dire maintenant ?

D’abord le pouvoir qui était là quand on a créé la FDN ce n’est pas le même que celui qui est là aujourd’hui. Lors du premier mandat de Pierre Nkurunziza, le Burundi était dans une situation de pouvoir partagé. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et l’intégration accompagnée par le processus de démobilisation a été une réussite parce qu’elle était soutenue internationalement, aussi parce qu’il y avait un accord des élites burundaises là-dessus, qui correspondait au projet partagé par tous au Burundi à ce moment-là. Et comme je l’ai déjà mentionné, la FDN n’a pas pu dépasser le clivage entre ex-FAB  et ex-PMPA, ce qui est resté le problème de l’ « après-intégration ».  Et une des raisons pour laquelle ce clivage est resté, c’est parce que le régime a instauré au sein de la FDN ses propres structures de commandements des ex-FDD, un double commandement qui a sérieusement nui à la cohésion de l’armée burundaise.

Et que faut-il craindre maintenant ?

Le grand risque pour l’armée burundaise est celui d’appauvrissement à cause des problèmes financiers du gouvernement, en plus des aides extérieures apportées à l’armée qui ont considérablement diminué suite à la suspension de différentes coopérations militaires, sans parler de la réduction du nombre de ceux qui peuvent aller en mission de maintien de la paix. Et dans cet appauvrissement de l’armée, il y a le danger d’une déliquescence progressive. La FDN va perdre son image d’une institution privilégiée. Sur le plan socioéconomique, avant comme après les Accords d’Arusha, les militaires ont toujours eu un statut très envié dans la société burundaise : facilité d’accès au crédit pour construire, un système d’appui financier bien mis en place,… tout ceci risque de s’évaporer dans les prochains jours.