icon caret Arrow Down Arrow Left Arrow Right Arrow Up Line Camera icon set icon set Ellipsis icon set Facebook Favorite Globe Hamburger List Mail Map Marker Map Microphone Minus PDF Play Print RSS Search Share Trash Crisiswatch Alerts and Trends Box - 1080/761 Copy Twitter Video Camera  copyview Whatsapp Youtube
Haití, Tres Años Después
Haití, Tres Años Después
Report 46 / Latin America & Caribbean

Gouverner Haïti : le temps du consensus national

Sans un pacte national inclusif traitant des problèmes urgents, le président Michel Martelly risque de signer l’échec de sa présidence et Haïti de subir l’abandon de la communauté internationale.

  • Share
  • Save
  • Print
  • Download PDF Full Report

Synthèse

Haïti est lancée dans une course contre la montre pour prouver à ses propres citoyens, aux bailleurs de fonds et aux potentiels investisseurs que le progrès et la stabilité sont possibles. Les retards incessants dans l’organisation d’élections libres et équitables pourraient bien être, dans l’immédiat, le plus grand défi. Cependant, à l’instar de ses prédécesseurs, le président Michel Martelly, qui s’efforce de gouverner le pays depuis un an et demi, ne dispose pas d’une base politique stable pour créer un ralliement autour de sa stratégie de développement des « cinq-E » : emploi, Etat de droit, éducation, environnement, énergie. Afin d’amorcer le changement tant promis, il devra consolider l’accord fragile conclu à la veille de Noël 2012 afin qu’une institution électorale crédible organise rapidement les élections sénatoriales, municipales et locales, maintes fois repoussées. Il devra également réunir les principaux acteurs dans le cadre d’un dialogue national autour de trois questions : la sélection des membres du Conseil constitutionnel ; une solution au problème de la nomination peu crédible du président de la Cour suprême et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire ; et la poursuite d’autres politiques publiques essentielles de court et long terme.

S’il est crucial de mettre fin à l’imbroglio autour des élections, cela ne suffira pas. Des réformes supplémentaires sont indispensables pour éviter l’immo­bi­lisme politique durant le mandat de Martelly. Le chemin long et sinueux qui a mené au processus d’amendement constitutionnel qui vient de s’achever, et le débat sans issue sur la formation du Conseil électoral permanent (CEP), sont la preuve du manque de confiance et de l’absence d’un consensus politique. A l’aube d’une période électorale difficile, dont le calendrier n’est toujours pas défini, Haïti a besoin, plus que jamais, d’un accord national pour permettre la reconstruction et le développement. De nombreux secteurs soutiennent en théorie le dialogue national, mais peu le poursuivent dans la pratique. Pourtant, l’intensification du débat autour de l’organisation des élections sénatoriales, municipales et locales de 2013 peut offrir une nouvelle chance. En effet, un accord de gouvernance pourrait enfin créer une mobilisation générale au niveau national et assurer le soutien des bailleurs de fonds en faveur des changements mis en avant depuis le tremblement de terre de 2010. Après l’échec des nombreux efforts pour arriver à un consensus national sur des questions fondamentales, même les bailleurs les plus importants sont frustrés par le manque de capacités de direction, de gouvernance et de responsabilité.

Des décennies d’inaction du gouvernement, de frustration grandissante et de diminution du seuil de tolérance des citoyens laissent peu de place à l’erreur. La majorité des Haïtiens est en pratique quasiment exclue du système politique, et il est de plus en plus difficile pour n’importe quelle administration de gouverner efficacement. Le calendrier électoral prévu par la Constitution n’est jamais respecté, les mandats des élus prennent donc fin sans que leur succession soit assurée, entrainant l’instabilité institutionnelle. Les élections sont ni plus ni moins qu’une lutte entre des élites politiques et économiques avec une myriade de partis peu représentatifs qui peinent à mobiliser l’électorat et divisent le parlement. Depuis 2006, la participation électorale ne cesse de chuter, à l’image de la confiance de l’opinion publique.

Un jeu politique à somme nulle ne permet pas de répondre à l’insécurité et l’in­stabilité. Il est préférable d’atteindre un consensus sur les priorités et de définir la stratégie pour y parvenir. Il est de plus en plus évident qu’une gouvernance efficace est impossible sans accord entre les dirigeants économiques, religieux, professionnels et politiques, au risque de voir une multiplication des troubles internes. L’Amérique latine est riche d’exemples intéressants quant à la manière de conclure des accords stables et efficaces qui peuvent être progressivement appliqués à travers des politiques concrètes et durables. La « Concertación por la Democracia » au Chili, l’Accord pour la justice et la sécurité au Guatemala, l’« Acuerdo Nacional » au Pérou et, plus récemment, le « Pacte pour le Mexique », illustrent comment des priorités communes ont été définies et des engagements ont été pris par les partis politiques et la société civile. Ils ont prouvé que le dialogue doit dès le début être inclusif pour parvenir à une prise de décision efficace et une mise en œuvre efficace.

Les défis auxquels Haïti est confrontée ne sont pas difficiles à percevoir. Il s’agit principalement de l’exigence d’une bonne gouvernance, de la construction d’un consensus parmi les élites, de la mise en place effective de stratégies de réduction de la pauvreté et du renforcement de l’Etat de droit. Malheureusement, ces défis n’ont jamais été abordés efficacement. Aujourd’hui, il est difficile d’être optimiste pour Haïti. Pour chaque pas en avant sur une de ces questions, plusieurs pas en arrière se sont produits – ou, au mieux, le statuquo a prévalu. Le changement provient néanmoins des bailleurs, qui, las, commencent à exiger que l’impasse prenne fin. Si Haïti souhaite s’en sortir, ses dirigeants doivent montrer, rapidement, le meilleur d’eux-mêmes. C’est un vœu pieux sur lequel le pays s’appuie, mais c’est sûrement tout ce qu’il lui reste. Sans un pacte national, le président Martelly risque malheureusement de signer l’échec de sa présidence et Haïti de subir l’abandon de la communauté internationale.

Port-au-Prince/Bogotá/Bruxelles, 4 février 2013

Haití, Tres Años Después

Originally published in Reforma

Tres años después del terremoto que sacudió a Haití, el país se encuentra en una carrera contra el tiempo para convencer a sus ciudadanos, a donantes y a posibles inversionistas de que el progreso y la estabilidad son realmente factibles y no sólo una ilusión.

De todos los desafíos, el continuo retraso en llevar a cabo elecciones libres y justas representa el más urgente de todos. El Presidente Michel Martelly lucha desde hace 18 mesespor gobernar una nación dividida. Carece de una base política estable para obtener la aprobación a su estrategia de desarrollo de cinco puntos: empleo, Estado de Derecho, educación, medio ambiente y energía.

Ahora Martelly debe partir sobre la base del tenue acuerdo de Nochebuena de 2012 con el fin de que un órgano electoral creíble desarrolle prontamente las demoradas elecciones al senado, municipales y locales.

Para leer el resto del artículo haga clic aquí